Anthologie de la musique sacrée russe
À tous tant que nous sommes,
Du postillon jusqu’au plus grand poète,
Nos chants sont nostalgiques…
Alexandre Pouchkine (1799-1837)


«Hymne des chérubins» de Tchaïkovski:
Une méditation céleste
par Timothy Judd
Hymne des chérubins est un extrait de la liturgie de Saint-Jean Chrysostome, op. 41, une œuvre chorale a cappella sacrée achevée par Tchaïkovski en 1878. Il s'agissait du premier «cycle musical unifié» de décors de la Divine Liturgie de Saint Jean Chrysostome, l' un des services eucharistiques centraux de l'Église orthodoxe orientale. Le cœur du texte est attribué à Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople au Ve siècle.
«Un vaste domaine d'activité non ouvert est ouvert aux compositeurs ici», a écrit Tchaïkovski à un ami au sujet du texte. Dans une lettre à son proche mécène, Nadezhda von Meck, Tchaikovsky a mentionné le sens «poétique» qu'il a trouvé en assistant aux services religieux:
Je considère la liturgie de Saint-Jean Chrysostome comme l'une des plus grandes productions artistiques. Si nous suivons le service très attentivement et entrons dans le sens de chaque cérémonie, il est impossible de ne pas être profondément ému par la liturgie de notre propre Église orthodoxe… d'être surpris de sa transe par un éclat de choeur; être emporté par la poésie de cette musique; être ravi quand… les mots résonnent: «Louez le nom du Seigneur! - tout cela m'est infiniment précieux! Une de mes joies les plus profondes!
À l'époque, les responsables de l'Église russe ont rapidement censuré et interdit l'exécution de nouveaux décors de textes sacrés qu'ils jugeaient inacceptables. Une grande partie de la liturgie de Tchaïkovski a été rapidement confisquée par le directeur de la chapelle impériale de Saint-Pétersbourg. L'éditeur de Tchaïkovski, Pyotr Jurgenson, est entré dans une longue bataille juridique et a finalement gagné. Cette victoire révolutionnaire a permis aux futurs compositeurs russes de créer une musique sacrée sans examen bureaucratique.
La politique de l'époque s'estompe au fur et à mesure que nous entrons dans l'espace céleste et méditatif de l' hymne des chérubins de Tchaïkovski .
Les Vêpres - Rachmaninoff
Ces Vêpres se composent de quinze numéros séparés et se caractérisent par une plus grande homogénéité de style, la recherche de la magnificence sonore, et surtout par un retour abondant aux mélodies traditionnelles russes. L’influence du chant populaire y est en effet sensible dans l’écriture des parties vocales, dont le nombre réel varie fréquemment allant de l’unisson jusqu’à onze voix, complétée par une basse profonde. Le chœur est traité comme un orchestre faisant valoir tour à tour son ampleur ou les coloris de ses différents registres. Serguei Rachmaninov ( 1873-1942) est un compositeur pétri d’histoire russe, de foi et de ferveur. Les Vêpres ont été écrites en moins de deux semaines en janvier et février 1915. Compositeur, pianiste et chef d’orchestre russe, Serguei Rachmaninov commence dès l’âge de 20 ans une brillante carrière de virtuose et de compositeur. La Révolution Russe l’oblige à migrer en Amérique, dont il prendra la nationalité. Dès son plus jeune âge, sa grand-mère l’emmenait dans les églises et c’est ainsi que Rachmaninov fera une découverte capitale : le chant orthodoxe et la beauté du son des cloches que l’on retrouve dans plusieurs de ses œuvres dont les Vêpres.Son œuvre est d’un romantisme hérité de ses maîtres - Frédéric Chopin, Tchaïkovski et Rimski-Korsakov - et reste indifférente à l’évolution de son époque.Sergueï Rachmaninov est notamment connu pour ses célèbres concertos pour piano n°2 et n°3, son poème symphonique,L’île des morts et sa Rhapsodie sur un thème de Paganini et bien sûr ses Vêpres.
Le chant orthodoxe russe du dix-septième siècle à 1917 de Diletski à Rachmaninov
Introduction
La musique sacrée de la Russie est toujours a cappella : l’Église orthodoxe interdit l’usage des instruments. Jusqu’au dix-septième siècle, la totalité du répertoire sacré est constitué par le znamenny, le chant traditionnel de l’Église orthodoxe russe. On peut noter l’apparition, au seizième, de deux formes ornées du znamenny : le putevoï (qui présente des rythmes plus complexes) et le demestvenny (qui sort du carcan de l’Octoechos, les huit modalités qu’on retrouve également dans le chant grégorien) ; ainsi que celle, au dix-septième siècle, du chant de Kiev, qui est une simplification du znamenny.
Au départ, le chant znamenny est monodique, c’est-à-dire constitué d’une seule voix. À partir de la fin du seizième siècle, on voit apparaitre une première forme de polyphonie (il s’agit en réalité d’une monophonie harmonisée), mais il faudra attendre le dix-septième siècle pour qu’une réelle polyphonie (occidentale) se développe.
EDIT. On appelle cette première harmonisation (aux seizième et dix-septième siècles) de chant znamenny (ou du chant demestvenny) le chant strotchny. Il a été (et est toujours ?) largement méprisé, y compris par Odoïevski : « Les différentes voix n’entretiennent aucun rapport harmonique entre elles, les parties sont de toute évidence sans lien les unes avec les autres. Aucune oreille humaine ne peut supporter la succession de secondes que l’on rencontre ici à chaque pas. » Néanmoins, les manuscrits en sont nombreux (il avait donc du succès au XVIIe), et il a été mis en valeur par plusieurs enregistrements récents, notamment (une partie de) ceux d’Anatoli Grindenko avec le Chœur du Patriarcat Russe (chez Opus 111).
Période polono-urkrainienne (1600–1750) : Diletski
Le dix-septième siècle connait une importance occidentalisation de la culture russe. En ce qui concerne la musique, outre la notation occidentale, on voit se développer la polyphonie, le contrepoint, etc.
Le style qui se développe alors est le chant partesny. Ils s’agit de grands chœurs religieux largement polyphoniques et contrapuntiques, souvent écrits à huit ou à douze voix, parfois plus — jusqu’à trente-deux.
Le grand représentant de cette période est le premier compositeur russe qui ait laissé quelques traces : Nikolaï Diletski (ca 1630–1680), né en Ukraine et formé en Pologne. Le nombre de ses compositions conservées est relativement faible, et il est surtout connu pour être l’auteur du premier grand ouvrage de théorie musical russe (première édition écrite en polonais), la Grammaire musicale, dans lequel il présente les bases de la théorie musicale occidentale, avec notamment la première apparition du cycle des quintes.
Il se trouva à la tête d’une véritable école de compositeurs. Il est entre autres suivi par Pekalitski, Kalachnikov, Bavykine, Trediakovski et surtout par Vassili Titov (ca 1650–ca 1715). Celui-ci est notamment l’auteur de psaumes, de services et de nombreux concertos vocaux.
Période italienne (1750–1825) : Bortnianski
Cette période est marquée par la présence de compositeurs italiens à la Cour impériale, parmi lesquels Galuppi, Sarti, Paisiello et Cimarosa. Ceux-ci influencent les jeunes compositeurs, qui vont produire des œuvres dans un style très occidental. Les plus importants sont Bortnianski, Berezovski, Vedel, Degtiarev, Davydov et Tourtchaninov.
Maxime Berezovski (1745–1777), élève des italiens Zoppis et Martini, a composé un opéra, une symphonie et quelques œuvres sacrées.
Dmitri Bortnianski (1751–1825), qui a étudié avec Galuppi et a fait un voyage en Italie (où il a étudié notamment avec Martini et où il a composé quelques opéras), est le grand maitre du style italien. Il est nommé au poste de directeur de la Chapelle impériale. Son œuvre est d’une taille considérable ; il est l’auteur de 35 concertos pour chœur mixte à quatre voix, de 10 concertos pour deux chœurs, d’une messe, de mélodies religieuses, de psaumes, etc. Ses œuvres ont été éditées par Tchaïkovski à la fin du dix-neuvième siècle.
Stepan Degtiarev (1766–1813) est l’un des élèves de Sarti, et est parti se perfectionner en Italie. Bien qu’une partie de son œuvre soit perdue, il en subsiste de nombreux concertos vocaux.
Artem Vedel (1770–1808) est l’auteur de 31 chœurs, de 6 trios et de deux liturgies de saint Jean Chrysostome.
Période allemande : Lvov et l’école de Saint-Pétersbourg
L’Allemagne succède à l’Italie dans sa position dominante. Lvov succède à Bortnianski à la Chapelle impériale. Il est notamment suivi par Lomakine, Vorotnikov, Bakhmetev, Golitsyne et Strokine. Cette période est importante pour sa simplification du chant orthodoxe et pour ses débuts d’un retour au chant traditionnel (avec des résultats mitigés).
Alexeï Lvov (1798–1870), qui a fait un voyage en Allemagne et rencontré les grands compositeurs d’alors (Mendelssohn, Meyerbeer, etc.), est très influencé par la musique allemande. Il compose des harmonies à quatre voix, dans le style allemand, où la mélodie a moins d’importance et se trouve uniquement sur la voix aigüe. Il entreprend ainsi une réalisation complète du cycle de l’Octoechos pour quatre voix homophones, mais dénature ainsi les mélodies originales, les contraignant à l’harmonie tonale.
Malgré le développement de l’école de Moscou (cf. ci-dessous), beaucoup de compositeurs continueront à suivre les principes allemands de l’école de Saint-Pétersbourg. C’est le cas d’Alexandre Arkhangelski (1846–1924), d’Alemanov et de Vinogradov. C’est également cette tradition qui aura le plus d’influence sur les musiciens de la diaspora après 1917. Et encore aujourd’hui, ce sont les harmonisations de Lvov qui restent en usage aux offices.
L’école de Moscou : d’Odoïevski à Rachmaninov
En 1879, Piotr Illitch Tchaïkovski (1840–1893) fait publier sa Liturgie de saint Jean Chrysostome op.41. Même si à l’époque cette œuvre est considérée comme trop occidentale, on peut y voir la fin de la domination allemande et le retour au passé de l’Église russe. Ses Vêpres op.52 iront encore davantage dans cette direction. Il est ainsi le premier compositeur laïque à écrire les cycles intégraux d’une Liturgie de saint Jean Chrysostome et de l’office des Vêpres. On peut également citer son élève Sergueï Taneïev (1856–1915). Ce dernier aura comme élèves beaucoup de compositeurs importants, notamment, pour ce qui nous concerne, Kastalski, Gretchaninov, Tchesnokov et Rachmaninov.
C’est à partir de Vladimir Odoïevski (1804–1869), écrivain et critique musical, que le chant orthodoxe va connaitre ce retour au passé liturgique proprement russe (et non plus italien ou allemand). Odoïevski porte son intérêt sur le chant znamenny, qui n’avait survécu que dans les monastères, et prône sa restauration. Il s’entoure de musiciens, parmi lesquels Stepan Smolenski (1848–1909). Ont étudié avec ce dernier Kastalski, Nikolski, Tchesnokov et Rachmaninov.
Alexandre Kastalski (1856–1926) travaille à la restitution du chant religieux traditionnel (surtout le chant znamenny, mais aussi le putevoï et le demestvenny). Mais il étudie également le chant populaire, et contribue ainsi au renouvellement du chant liturgique en élaborant un style d’harmonisation fondé sur la polyphonie populaire, par opposition à l’influence italo-germanique qui avait dominé jusque-là. Il s’établit ainsi comme un important compositeur du nouveau style russe et influence des compositeurs comme Kompaneiski, Nikolski, Tolstiakov, Gretchaninov, Tchesnokov et Rachmaninov.
Alexandre Gretchaninov (1864–1956) est l’auteur de plusieurs messes et de divers chœurs religieux. Sa musique est conservatrice, mais inspirée. Il quitte la Russie en 1925 pour les États-Unis et continue à composer des œuvres sacrées.
Pavel Tchesnokov (1877–1944) est un autre grand représentant de ce renouveau de la musique spirituelle russe. Il compose un grand nombre d’œuvres sacrées jusqu’à 1917 (quand il est contraint de se tourner vers la musique profane), comprenant des liturgies (par exemple la Liturgie de saint Jean Chrysostome op.42), des vigiles, etc.
Sergueï Rachmaninov (1873–1943), qu’il est inutile de présenter ici, s’intéresse également à ce renouveau dans la musique religieuse. Comme Tchaïkovski, il composera une Liturgie de saint Jean Chrystostome (op.31, 1910) et des Vêpres (op.37, 1915). Ces deux œuvres incarnent l’aboutissement, en même temps que la disparition, du renouveau liturgique russe et de tout le chant orthodoxe.
Morceaux choisis
Diletski, Cantique de Pâques nº9 (Gobditch) : /watch?v=miei_Ex-3fs
Bortnianski, Concerto sacré nº32 (Polianski) : /watch?v=LCKSkLAo6V4
Lvov, Of thy mystical supper (Archavskaïa) : /watch?v=bvtPAP7aabA
Arkhangelski, À pleine voix, je crie vers l’éternel (Rybakova) : /watch?v=GcvjpXVbejk
Tchaïkovski, Liturgie de saint Jean Chrysostome (Polianski) : /watch?v=2bb2enlEUXY
Tchesnokov, Ne me renie pas dans ma vieillesse (Smirnov) : /watch?v=hn9JkJHRiZ4
Rachmaninov, Vêpres (Savtchouk) : /watch?v=3h3jUG7_QdM
Dernière édition par lucien le Jeu 12 Juin 2014 - 10:15, édité 9 fois
lulu Mélomane chevronné Sujet: Le chant orthodoxe russe Jeu 15 Aoû 2013 - 0:22
https://classik.forumactif.com/t6866-le-chant-orthodoxe-russe
Avec ce coffret, la célèbre étiquette russe Melodiya propose un vaste panorama de la musique sacrée russe, avec de multiples chœurs a cappella destinés à la liturgie orthodoxe depuis les chants monodiques (à partir du XIIe siècle) jusqu’à Rodion Chtchedrine.

Le premier disque est consacré à des chœurs d’hommes, notamment le chant neumatique appelé chant znamenny, l’équivalent oriental du chant grégorien, ainsi que ses variantes (chant demestvenny par exemple). On trouve également une version du célèbre Hymne des Chérubins. Avec le deuxième volume, on remonte le temps en s’arrêtant au XVIIe siècle, avec le développement de chœurs polyphoniques, mixtes, influencés par l’Occident, à travers deux figures, Nikolai Diletsky (1630-1680), important théoricien, et son disciple Vasily Titov.
À Saint-Pétersbourg, capitale de 1715 à la révolution de 1917, la Chapelle Impériale occupe un rôle important dans la vie musicale russe, notamment la musique religieuse. En 1796, dirigée jusque-là par des italiens, elle passe aux mains de Dimitri Bortnianski (1751-1825). Ce dernier entreprend une codification musicale de la liturgie orthodoxe et impose le monopôle de la Chapelle Impériale sur toute édition ou exécution de musique religieuse en Russie. Influencé par la musique occidentale, italienne en particulier, il écrit des chœurs souvent virtuoses (concertos choraux), sorte de grands motets a cappella qui figurent sur le quatrième disque de ce coffret. À partir de cette époque, la musique sacrée russe n’est plus seulement confinée au cadre liturgique mais également donnée dans les salles de concert. On trouve naturellement la musique de Tchaïkovski, le premier à avoir écrit une musique pour le cycle complet de la Liturgie de Saint Jean Chrysostome, la liturgie ordinaire de la confession orthodoxe, mais aussi des Vêpres, harmonisation de chants anciens. Pour illustrer la musique liturgique orthodoxe au début du XXe siècle, Melodiya présente des compositeurs qui se sont attachés à retourner aux sources, du chant znamenny notamment, plus propice à la prière et à la méditation : c’est le cas d’Alexandre Gretchaninov ou Pavel Chesnokov, de l’Institut synodal de Moscou mais aussi d’Alexandre Arkhangelski, de l’école de Saint-Pétersbourg. Beaucoup plus connu, Rachmaninov est bien représenté avec deux chefs- d’œuvre, sa Liturgie de Saint Jean Chrysostome (1910) et les Vêpres (1915), malheureusement sous forme d’extraits. Le dernier volume du coffret contient enfin des œuvres beaucoup plus récentes, en particulier un extrait du Concerto pour chœur mixte d’Alfred Schnittke et une cantate de Chtchedrine, L’Ange Scellé, pour chœur, solistes et flûte, qui allie tradition et modernité.
Étant donné le nombre d’interprètes et les dates d’enregistrement (de 1966 à 2008), la qualité artistique des versions proposées, comme les prises de son, varient beaucoup d’un disque à l’autre. On peut regretter par ailleurs la sous-représentation de certains compositeurs (Gretchaninov par exemple), la place accordée à d’autres (un volume entier consacré à Arkhangelski !).
Chants anciens russes ; Maîtres de la polyphonie ; Le concerto choral au XVIIIe et XIXe siècle ; Les compositeurs moscovites du début du XXe siècle ; Les compositeurs de Leningrad du début du XXe siècle ; Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Pièces sacrées pour chœur a cappella (extraits), Liturgie de Saint Jean Chrysostome op. 41 (extraits), Vêpres op. 52 (extraits) ; Serge Rachmaninov (1873-1943) : Liturgie de Saint Jean Chrysostome op. 31 (extraits), Vêpres op. 37 (extraits) ; Georgy Sviridov (1915-1998) : Chœurs pour Le Tsar Feodor Ivanovitch (extraits) ; Rodion Chtchedrine (né en 1932) : L’Ange Scellé ; Alfred Schnittke (1934-1998) : Concerto pour chœur mixte (extrait). Chœur de jeunes et d’étudiants de Moscou, direction : Boris Tevlin ; Chœur du Patriarcat de Moscou, direction : Anatoly Grindenko, Ariadna Rybakova ; Chœur de chambre Boris Lyatoshinsky de Kiev, direction : Victor Ikonnik ; Chœur d’Etat de Moscou, direction : Andrei Kozhevnikov ; Chœur de chambre de Moscou, direction : Vladimir Minin ; Chœur de chambre du Ministère de la Culture d’URSS, direction : Valery Polyansky ; Chœur de la Trinité Saint Serge, direction : L’Archimandrite Matfey ; Chœur de l’église de Moscou » Joie des Affligés », direction : Nicolai Matveyev ; Chœur de l’église de la Sainte Vierge Marie, direction : Nicolai Georgievsky ; Chœur de chambre du Conservatoire de Moscou, direction : Boris Tevlin ; Chœur de chambre de Leningrad, direction : Nikolai Kornev ; Chœur Alexandre Yourlov, direction : Yuri Ukhov ; Cappella Académique Glinka de Leningrad, direction : Vladislav Tchernouchenko. 8 CDs MEL CD 10 01661. Code barre : 4600317016617. Enregistré entre 1966 et 2008. ADD. Livret bilingue (russe, anglais). Durée : 9h24.