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Publié par J.L.D.

les chansons ont une histoire et

plus encore, s’inscrivent dans

l’Histoire, reflets d’un moment,

d’une époque.

« Si l’on veut connaître les hommes, je crois sincèrement qu’il faut étudier leurs chansons, au même titre que leurs monuments, leurs outils et leurs livres. »                 

Claude Duneton (1998)

Qu’y a-t-il derrière une chanson de quelques minutes??

l'amour, l'amitié, les relations humaines, la solitude, la mort, le temps...

La société:  (le Bien, le Mal, la liberté, le racisme, l'intégration,la nature, l'environnement, la pollution)...

la politique:  (le pouvoir, l'État, guerre, paix, révolution, répression, censure...)

l'Art, le Beau, l'être humain

les intentions de l'auteur-compositeur peuvent exprimer des sentiments (révolte,compassion,colère).

Critiquer:  (une idée principale, une situation, un gouvernement)

 Alerter:  (sur un phénomène, un problème)...

Raconter une histoire tout simplement ...!

Légère ou grave, rock ou électro, poétique ou engagée, la chanson se décline sur tous les tons sous toutes les formes. Qu'est-ce qu'une chanson au fond ? C'est à la fois des rimes riches, de la poésie musicale, une vision du monde, ou son contraire, du vent, du rien, du moins que rien! D'où l’importance (pour moi) des paroles dans une chanson quoi qu'en pensent et quoi qu'en disent certains. De belles rimes ne feront pas un bon texte, de même que de belles notes d'accompagnement ne sauveront pas la chanson.

J'en viens donc à la chanson à textes dont les auteurs et interprètes revendiquent toujours la qualité littéraire par rapport aux chansons dites de « variété » (au contenu plus plat, plus banal, voire même vulgaire) la chanson à textes peut être aussi un puissant vecteur oral, verbal, musical, diffusant des idées et des principes, pas seulement une distraction.
La chanson peut aussi oeuvrer comme un instrument de critique religieuse, politique, morale, sociale.

Le Quartet Buccal est un groupe de femmes qui chantent a capella des chansons qui sont , tour à tour, tendres et drôles.
Pourtant, ce n'est ni un Girl's Band, ni une chorale seventeen's, ni les Frères Jacques qui se seraient fait des couettes.
Le groupe est né de la rencontre décapante et rafraîchissante de quatre femmes qui n'ont pas la langue dans leur poche.
A trois, quatre ou onze, les artistes du Quartet Buccal conjuguent voix, corps, énergie avec humour et séduction.
Elles écrivent et composent pour installer un univers féminin dans un décor minimaliste.

Voici un petit paquet d’années que Véronique, Claire et Marisa bourlinguent sur les mêmes routes. . Elles ont des origines, comme on dit… Des parents ou des ancêtres, venus d’Italie, de Bretagne, du Mali, qui ont voyagé pour s’installer à Paris …

« En mil neuf cent trent’-sept, que faisiez-vous mon cher ? J’avais la fleur de l’âge et la tête légère ; Et si l’Espagne flambait dans un grand feu grégeois, Je chantais, et j’étais pas le seul, Y’a d’la joie ! [...]Le feu de la Ville Éternelle est éternel :Si Dieu veut l’incendie, il veut les ritournelles. À qui fera-t-on croir’ que le bon populo, Quand il chante quand même,est un parfait salaud ? »                       

Georges Brassens, « Honte à qui peut chanter » (Publication posthume 1985)

Origine de la chanson :

 "HONTE A QUI PEUT CHANTER"

Posté par : Aglamiettes 

Cette chanson n'a pas été enregistrée du vivant de Georges Brassens. (Interprètes : Jean Bertolat, Maxime Leforestier).     Elle fait référence à un poème d'Alphonse de Lamartine «A Némésis ».

Voici les deux strophes dont Brassens s'est inspiré, et auxquelles, en fait, il répond :

Honte à qui peut chanter pendant que Rome brûle,
S'il n'a l'âme et la lyre et les yeux de Néron,
Pendant que l'incendie en fleuve ardent circule
Des temples aux palais, du Cirque au Panthéon !
Honte à qui peut chanter pendant que chaque femme
Sur le front de ses fils voit la mort ondoyer,
Que chaque citoyen regarde si la flamme
Dévore déjà son foyer !
Honte à qui peut chanter pendant que les sicaires
En secouant leur torche aiguisent leurs poignards,
Jettent les dieux proscrits aux rires populaires,
Ou traînent aux égouts les bustes des Césars !
C'est l'heure de combattre avec l'arme qui reste ;
C'est l'heure de monter au rostre ensanglanté,
Et de défendre au moins de la voix et du geste
Rome, les dieux, la liberté !                     
                             

Analyse textuelle                                          

Alors que Lamartine dénonce ceux qui chantent quand le malheur s’abat, Brassens ironise : puisque les malheurs sont permanents, quand chanterait-on ? Le texte dresse une liste d’événements dramatiques du XXème siècle et des chansons que leurs contemporains chantaient malgré l’adversité, comme l'avaient fait avant eux Gavroche sur une barricade de 1848 ou la Mimi Pinson d’Alfred de Musset.                                                

Refrain :                                                                             

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant
Que Rome brûle, elle brûle tout le temps
Honte à qui malgré tout fredonne des chansons
A Gavroche, à Mimi Pinson.
«Que Rome brûle, ell' brûl' tout l' temps...»

- Allusion à l'empereur Néron, qui aurait mis le feu à Rome puis l'aurait regardée brûler en pinçant sa cithare et en chantant des vers de sa composition. Néron tua sa seconde femme Poppée en lui infligeant des coups de pied. La mère de Néron, Agrippine la Jeune, fût empoisonnée par son propre fils.

- "Elle brûle tout le temps" : Si on devait attendre que Rome cesse de brûler pour avoir le droit de chanter, on attendrait indéfiniment. Les guerres succèdent aux guerres de par le monde.

« À Gavroche, à Mimi Pinson. »

- Mimi Pinson :

Mimi Pinson est une allusion à un texte d'Alfred de MUSSET :
http://poesie.webnet.fr/poemes/France/musset/43.html

- Gavroche :

En dépouillant des corps pendant une bataille entre Républicains et Royalistes, Gavroche (dans Les Misérables, de V.Hugo) chantait, jusqu’à ce qu'il fut atteint par deux balles : Le garçon n'est interrompu que par une balle, ce qui n'empêche pas la bataille de se poursuivre... Voilà ce que Georges Brassens parodie : les moralistes qui voudraient voir les chansons se taire pendant que "Rome brûle" ; mais comme Rome brûle tout le temps...

En 1937 que faisiez-vous mon cher ?
J'avais la fleur de l’âge et la tête légère,
Et l'Espagne flambait dans un grand feu grégeois.
Je chantais et j'étais pas le seul "Y a d'la joie".

Couplet 1

« En 1937 que faisiez-vous mon cher ? »

1937 est, semble-t-il, l'année de la première venue de Georges Brassens à Paris, après son "auto- bannissement" de Sète.

« Et l'Espagne flambait dans un grand feu grégeois. »

- L'Espagne flambait : Allusion au temps de la guerre civile espagnole de la seconde moitié des années trente.

- Feu grégeois :

Composition incendiaire à base de salpêtre et de bitume, brûlant même au contact de l'eau.

« Je chantais et j'étais pas le seul "Y a d'la joie". »

- Ya d'la joie : Chanson de Charles Trenet (1937) qui symbolise l'euphorie du Front Populaire et des premiers congés payés.

Couplet 2

Et dans l'année 40 mon cher que faisiez-vous ?
Les Teutons forçaient la frontière, et comme un fou,
Et comme tout un chacun, vers le sud je fonçais,
En chantant "Tout ça, ça fait d'excellents Français".

« Les Teutons forçaient la frontière »

- « teutons » : peuples germaniques d'origines différentes. Ce terme servira plus tard de qualificatif caricatural pour désigner les Allemands.

« Et comme tout un chacun, vers le sud je fonçais, »

- Brassens travaillait à l'usine Renault/Billancourt en 1940. Il quitta Paris pour Sète, où il resta trois mois.

« En chantant : "Tout ça, ça fait d'excellents Français". »
Chanson interprétée par Maurice Chevalier qui vante les mérites de l'armée française :

"Et tout ça, ça fait
D'excellents Français,
D'excellents soldats,
Qui marchent au pas.
Ils n'en avaient plus l'habitude
Mais c'est comme la bicyclette ça s'oublie pas."

Couplet 3

A l'heure de Pétain, à l'heure de Laval,
Que faisiez-vous mon cher en plein dans la rafale ?
Je chantais, et les autres ne s'en privaient pas,
"Bel ami", "seul ce soir", "j'ai pleuré sur tes pas".
« A l'heure de Pétain, à l'heure de Laval, »

- Philippe Pétain : Chef d’État français de 1940 à 1944. Il collabore avec l'Allemagne nazie d'Adolf Hitler. Pierre Laval : Chef du gouvernement de Vichy sous Pétain de 1942 à 1944.

« Je chantais, et les autres ne s'en privaient pas, »

- Structure employée par Jean de La Fontaine dans La cigale et la fourmi :
- Que faisiez-vous [...] ?
- Je chantais [...] "

"Bel Ami", "Seul ce soir", "J'ai pleuré sur tes pas ".

- Bel Ami: Chanson de Louis Poterat, interprétée par Eva Busch (1941).

- Seul ce soir : Chanson interprétée par André Claveau (1941). 

Couplet 4

Mon cher un peu plus tard, que faisait votre glotte
Quand en Asie ça tombait comme à Gravelotte ?
Je chantais, il me semble, ainsi que tout un tas
De gens, "Le déserteur", "Les croix", "Quand un soldat".
« Quand en Asie ça tombait comme à Gravelotte ? »

- Gravelotte : Village de Moselle, lieu d'une violente bataille lors de la guerre franco-prussienne de 1870.

 De gens : "Le Déserteur", "Les Croix", "Quand un Soldat". » :

- Le Déserteur : Chanson de Boris Vian (1954) censurée à la radio.
- Les Croix : Un des premiers grands succès de Gilbert Bécaud (1953).
- Quand un soldat : Chanson de Francis Lemarque (1952).

Couplet 5

Que faisiez-vous mon cher au temps de l'Algérie,
Quand Brel était vivant qu'il habitait Paris ?
Je chantais, quoique désolé par ces combats,
"La valse à mille temps" et " Ne me quitte pas".
« Que faisiez-vous mon cher au temps de l'Algérie, »

La guerre d’Algérie est un conflit qui commence en 1945, puis se déroule de 1954 à 1962, principalement sur le territoire des départements français d'Algérie, avec des répercussions en France métropolitaine. Elle oppose l'État français à des indépendantistes algériens, principalement réunis sous la bannière du Front de libération nationale (FLN). La guerre d'Algérie, qui est aussi une double guerre civile, entre les communautés d'une part et à l'intérieur des communautés d'autre part, entraîne de graves crises politiques jusqu'en France métropolitaine, avec pour conséquences le retour au pouvoir de Charles de Gaulle et la chute de la Quatrième République, remplacée par la Cinquième République. Le conflit débouche, après les Accords d'Évian du 18 mars 1962, sur l'indépendance de l'Algérie, le 5 juillet de la même année, et entraîne l'exode de la population des Européens d'Algérie, dit Pieds-Noirs ainsi que le massacre de plusieurs dizaines de milliers de musulmans pro-français.

« Quand Brel était vivant, qu'il habitait Paris ? »

- Référence à "Brel is alive and well and lives in Paris", comédie musicale américaine de Mort Schumann.

"La valse à mille temps" et "Ne me quitte pas" : deux grands succès de Jacques Brel.

Couplet 6

Le feu de la ville éternelle est éternel.
Si Dieu veut l'incendie, il veut les ritournelles
A qui fera-t-on croire que le bon populo,
Quand il chante quand même, est un parfait salaud ?

« Le feu de la Ville Éternelle est éternel. » :

- Le fatalisme : Cette chanson se conclut comme tant d'autres par une phrase d'un fatalisme absolu. Brassens ne croit pas en une quelconque possibilité de paix dans le monde. Les guerres existent et existeront toujours.

Posté par : Aglamiettes 

Honte à qui peut chanter (Brassens)

  • 4 MARS 2020

    Maxime Le Forestier - Honte à qui peut chanter (Brassens) © Souki / YT

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant
Que Rome brûle, elle brûle tout l' temps
Honte à qui malgré tout fredonne des chansons
A Gavroche, à Mimi Pinson

En mille neuf cent trente-sept, que faisiez-vous mon cher ?
J'avais la fleur de l'âge et la tête légère
Et l'Espagne flambait dans un grand feu grégeois
Je chantais, et j'étais pas le seul, "y a d' la joie"

Et dans l'année quarante, mon cher que faisiez-vous ?
Les Teutons forçaient la frontière, et comme un fou
Et comme tout un chacun, vers le sud, je fonçais
En chantant "tout ça, ça fait d'excellents Français"

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant
Que Rome brûle, elle brûle tout l' temps
Honte à qui malgré tout fredonne des chansons
A Gavroche, à Mimi Pinson

A l'heure de Pétain, à l'heure de Laval
Que faisiez-vous mon cher, en plein dans la rafale ?
Je chantais, et les autres ne s'en privaient pas
"Bel ami", "Seul ce soir", "J'ai pleuré sur tes pas"

Mon cher, un peu plus tard, que faisait votre glotte
Quand en Asie ça tombait comme à Gravelotte ?
Je chantais, il me semble, ainsi que tout un tas
De gens, "Le déserteur", "Les croix", "Quand un soldat"

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant
Que Rome brûle, elle brûle tout l' temps
Honte à qui malgré tout fredonne des chansons
A Gavroche, à Mimi Pinson

Que faisiez-vous mon cher au temps de l'Algérie
Quand Brel était vivant, qu'il habitait Paris ?
Je chantais, quoique désolé par ces combats
"La valse à mille temps" et "Ne me quitte pas"

Le feu de la ville éternelle est éternel
Si Dieu veut l'incendie, il veut les ritournelles
A qui fera-t-on croir' que le bon populo
Quand il chante quand même, est un parfait salaud ?

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant
Que Rome brûle, elle brûle tout l' temps
Honte à qui malgré tout fredonne des chansons
A Gavroche, à Mimi Pinson

Source : LyricFind Paroliers : Georges Charles Brassens / Jean Bertola

Paroles de Honte à qui peut chanter © Universal Music Publishing Group

 

La Pernette se lève est une complainte très ancienne répandue dans tout le territoire français, plus particulièrement dans le Sud et le Nord-Ouest de la France. Elle raconte l'histoire d'une jeune fille pleurant son promis en prison et condamné à mort. Elle refuse tout autre mariage et demande à être tuée et enterrée en même temps que son compagnon. Cette histoire est très similaire à celle d'une autre complainte française bien connue : Ne pleure pas Jeannette Quelques spécialistes de la tradition orale française, en particulier Georges Doncieux (1856-1903) et Patrice Coirault (1875-1959), se sont penchés sur les origines de cette chanson et la font remonter au XVe siècle.

La Pernette se lève est une complainte très ancienne répandue dans toute le territoire français, plus particulièrement dans le Sud et le Nord-Ouest de la France. Elle raconte l'histoire d'une jeune fille pleurant son promis en prison et condamné à mort. Elle refuse tout autre mariage et demande à être tuée et enterrée en même temps que son compagnon. Cette histoire est très similaire à celle d'une autre complainte française bien connue : Ne pleure pas Jeannette.  Quelques spécialistes de la tradition orale française, en particulier Georges Doncieux (1856-1903) et Patrice Coirault (1875-1959), se sont penchés sur les origines de cette chanson et la font remonter au XVe siècle.

La Pernette

Malicorne

La pernette se lève
Tra la la la la la la
La pernette se lève
Trois heures avant le jour
Trois heures avant le jour

Sa mère lui demande
Tra la la la la la la
Sa mère lui demande
Pernette qu'avez vous?
Pernette qu'avez vous?

Avez vous mal de tête
Tra la la la la la la
Avez vous mal de tête
Ou le bien mal d'amour?
Ou le bien mal d'amour?

N'ai pas le mal de tête
Tra la la la la la la
N'ai pas le mal de tête
Mais bien le mal d'amour
Mais bien le mal d'amour

Ne pleurez pas pernette
Tra la la la la la la
Ne pleurez pas pernette
Nous vous marierons
Nous vous marierons

Avec le fils d'un prince
Tra la la la la la la
Avec le fils d'un prince
Ou celui d'un baron
Ou celui d'un baron

Je ne veux pas d'un prince
Tra la la la la la la
Je ne veux pas d'un prince
Encore moins d'un baron…

Je veux mon ami pierre
Tra la la la la la la
Je veux mon ami pierre
Celui qu'est en prison
Celui qu'est en prison

Tu n'auras point ton pierre
Tra la la la la la la
Tu n'auras point ton pierre
Nous le pendoulerons
Nous le
pendoulerons

Si vous pendoulez pierre
Tra la la la la la la
Si vous pendoulez pierre
Pendoulez-moi avec
Pendoulez-moi avec

Au chemin de saint jacques
Tra la la la la la la
Au chemin de saint jacques
Enterrez-nous tous deux
Enterrez-nous tous deux

Couvrez pierre de roses
Tra la la la la la la
Couvrez pierre de roses
Et moi de mille fleurs
Et moi de mille fleurs

Source : Musixmatch

Paroliers : Gabriel Yacoub / Laurent Mari Paul Vercambre

Paroles de La Pernette © Editions Hexagone Sarl

La fille soldat

Une jeune fille aveugle habite avec sa mère et sa tante dans une auberge. Elle aime s’asseoir dehors sur un banc, de l’autre côté de la rue. Un jour, un soldat africain s’assoit près d’elle. L’homme lui parle de son pays, de sa femme et de son fils. La jeune fille, quant à elle, évoque son père parti pour le front. Mais un jour, le soldat ne vient plus. La jeune fille part alors à sa recherche…

La jeune fille et le soldat est l’histoire de deux êtres dont les chemins se croisent dans des circonstances tragiques. À une époque où la folie s’empare des hommes et les précipite dans l’horreur. Le soldat africain a tout quitté pour rejoindre un enfer qu’il n’a pas choisi, loin des siens et de chez lui. De plus, la couleur de sa peau suscite la crainte et le rejet. Seule la jeune fille, qui vit dans l’obscurité et dans la peur de ne plus revoir son père, ose lui parler. Ces deux solitudes se reconnaissent et s’apprivoisent au fur et à mesure de leurs discussions. Une amitié empreinte de tendresse s’installe bientôt entre eux. 

Le récit, tout en retenue et en sobriété, développe deux points de vue en alternance. C’est une ode à la différence et à la fraternité. Il parle aussi de la première guerre mondiale en évoquant un fait peu connu, celui des soldats africains venus combattre en Europe pour défendre une cause qui ne les concernait pas. La gravité du propos est adoucie par des moments de poésie et d’humanité qui font jaillir la lumière au milieu des ténèbres

La fille soldat

Malicorne

La jeune demoiselle a perdu son amant
N'est-ce pas bien dommage dès l'âge de quinze ans?
Elle s'en va l'attendre à l'ombre de ces bois
Mais elle a beau attendre son amant ne vient pas

Rossignolet sauvage rossignolet charmant
Apprends-moi des nouvelles de mon très cher amant
Oh ton amant la belle il est bien loin d'ici
À vingt cinq jours de marche y a bien de quoi marcher

Habille-toi la belle habille-toi en guerrier
Tu marcheras sans doute trente six jours entiers
Quand la belle fut en prusse aperçoit son amant
Qui faisait l'exercice au beau milieu du rang

Ah dis-moi donc la belle qui t'a envoyé ici?
Apprends-moi des nouvelles des garçons du pays
Les garçons du village ils sont tous mariés
Il y a que toi volage qui m'ait abandonné

Te chagrine pas la belle nous nous marierons
Dans un pays de france ou dans le piemont
Te chagrine pas la belle nous nous marierons
Dans un pays de france ou dans le piemont
Savoie

Source : Musixmatch

Paroliers : Malicorne

 Avant la Seconde Guerre mondiale la chanson française à développée ce qui pour longtemps va lui donner ses vraies lettres de noblesse, les premières chansons à textes. Poétiques et touchants ils sont chantés exclusivement par des interprètes féminines. elle subit ses premières influences étrangères à travers la danse et les rythmes qui font danser. Elle va donc s’adapter et commencer à traduire d’autres langues et cela ne s’arrêtera que cinquante années plus tard. 

Après 1945, de nombreux jeunes talents, qui en plus d’être poètes et  écrivains, sont musiciens et disposent de la voix nécessaire pour pousser couplets et refrains. Des interprètes mythiques comme Juliette Gréco ou Yves Montand deviennent célèbres. Léo Ferré, Félix Leclerc et un peu plus tard, Georges Brassens, Jacques Brel imposent des répertoires  originaux pour l'époque, et surtout distants de toutes les modes passagères. C'est dans ces mêmes années qu'une différenciation entre « chansons à textes » et « chanson de variétés » se fait jour en Europe et en particulier en FranceEn Belgique, un mouvement de reconnaissance de la « bonne chanson à textes » propose l'appellation de « 9e art » pour qualifier le genre. En France en revanche, si les journaux disposent de rubriques pour le rock, le jazz et la pop-musique (L’appellation pop music naît dans les années 1920 aux Etats-Unis. Cela indiquait qu’une musique avait un aspect attirant. Dans les années 1950, cela désigne l’ensemble des musiques populaires. C’est l’équivalent de la variété en France.)  il n'en va pas de même pour la chanson dite à textes, le genre étant traité dans la rubrique dite « variété ». Ce qui conduit malicieusement Léo Ferré à chanter : « Je ne suis qu'un artiste de variété » 

 Léo Ferré (1916-1993) marqua son époque en tant que poète, compositeur et interprète avec pour grands idéaux l’amour et l’anarchie.  Chanteur, poète, pianiste, mais aussi orchestrateur, harmonisateur et chef d’orchestre Dans ses chansons, il écrit ses propres textes mais mettra aussi en musique ceux de grands poètes comme Apollinaire, Aragon, Baudelaire, Rimbaud et Verlaine. La période Saint-Germain: au début des années 1950, c’est dans le quartier parisien de St Germain des près qu’il se fait connaître. Les cafés et cabarets lui offrent une tribune qui le feront connaître. Les lieux dédiés à la chanson à texte, d’expression poétique et contestataire, prolifèrent. Un nouveau type d’artistes voit ainsi le jour, et va bientôt dominer la scène française. Il fait partie de la génération de chanteurs poètes d’après guerre avec  Edith Piaf (1915-1963) Georges Brassens (1921-1981), Jacques Brel (1929-1978), Barbara (1930-1997), Charles Aznavour (né en 1924), Georges Moustaki (né en 1934)…

La reconnaissance, comme pour s'en démarquer, de la proximité avec la chanson de variété est d'ailleurs fréquente chez les auteurs ou les interprètes de la chanson à text. Ainsi la encore, Léo Ferré avec "Quand c'est fini", Jean Ferrat avec "L'Idole à papa", Georges Brassens avec "Trompettes de la renommée", Catherine Sauvage avec "Mets deux thunes dans le bastringue", ou de Barbara avec "Le Zinzin". La chanson à texte se situe en France aux frontières de la poésie dans un statut de culture non légitime.

 

 

 

 

 

 

Entrez sans frapper

https://www.rtbf.be/

La chanson Le monsieur du métro a été interprétée par Josée Françoise Deneuville alias MARIE-JOSEE NEUVILLE (née en 1938) et apparaît sur l’album Le monsieur du métro (1957).

Elle a été interdite de diffusion  à l’époque.  Une chanteuse complètement oubliée qui chante une chanson complètement tombée dans l’oubli. Marie-Josée Neuville – qu’on appelait la collégienne de la chanson –  dans " Le monsieur du métro ". Une chanson tombé en désuétude qui démarre ainsi : "Parmi la foule automatique. Dans le métro il me tenait. D'affreux propos pornographiques. Auxquels rien je ne comprenais. En expertise digitale. Une main chercheuse et discrète. Sur ma colonne vertébrale. Tapotait une musiquette. "  Cette chanson parle donc du harcèlement dans l’espace public. Il s’agit donc de la mésaventure d’une jeune fille qui se fait agresser verbalement (" il me tenait d’affreux propos pornographiques ") et qui se fait tripoter dans le métro (" une main chercheuse et discrète sur ma colonne vertébrale "). Cette chanson, au texte assez franc et au vocabulaire affirmé, a été enregistrée en 1956 et est devenu un grand succès polémique en 1957. Cette chanson est la preuve que la prise en considération de la problématique du harcèlement n’est pas un effet post-Harvey Weinstein mais elle est déjà présente dans la chanson française en 1956. Marie-Josée Neuville  a 18 ans lorsqu'elle chante " Le monsieur du métro " et, parce qu’elle ose aborder ce sujet dans une bouche que la société veut innocente, elle fait scandale. La chanson est censurée et interdite de diffusion à la radio. La chanson fait scandale parce que le personnage prend le parti de se défendre contre le pervers : " En me retournant sans douceur. Pour insulter le téméraire. Je m'aperçus avec stupeur. Qu'il était presque octogénaire (…) Mais au diable les convenances. Que m'enseignait ma maman (…) J' apostrophai le vieux butor. Avant de franchir la portière. Souvenez-vous de Victor Hugo. Relisez "L'art d'être grand-père".  À la vulgarité du geste de l’homme, la jeune fille répond par l’intelligence de la culture : " Souvenez-vous de Victor Hugo . Relisez "L'art d'être grand-père". " En référence à un recueil de poèmes de Victor Hugo paru en 1877. Elle lui dit : regardez-vous dans la glace, regardez à quoi vous ressemblez. Elle le remet à sa place en lui rappelant son âge mais surtout en nous disant qu’un poème, c’est un miroir. C’est toujours un miroir.


Le monsieur du métro

Parmi la foule automatique
Dans le métro il me tenait
D’affreux propos pornographiques
Auxquels rien je ne comprenais
En expertise digitale
Une main chercheuse et discrète
Sur ma colonne vertébrale
Tapotait une musiquette

Je savais qu’en cette occurrence
Le mieux était de ne rien dire
Ma mère ayant eu la prudence
En son temps de m’en avertir

Un souffle puissant d’asthmatique
Et malodorant par surcroît
M’obligeait à une gymnastique
Pour m’éloigner du maladroit
À me voir frétiller de la sorte
Une dame en courroux s’écria
“Pour la bagatelle de la porte
Elles sont championnes à cet âge-là”

Je savais qu’en cette occurrence
Le mieux était de ne rien dire
Ma mère ayant eu la prudence
En son temps de m’en avertir

En me retournant sans douceur
Pour insulter le téméraire
Je m’aperçus avec stupeur
Qu’il était presque octogénaire
C’était un barbu abondant
Et le visage débonnaire
Qu’on voit sur les billets d’ cinq cents
Lui ressemblait comme un vieux frère

Je compris qu’en cette occurrence
Le mieux était de ne rien dire
Ma mère ayant eu la prudence
En son temps de m’en avertir

Mais au diable les convenances
Que m’enseignait ma maman
Peut-être qu’en cette circonstance
Elle aurait fait tout autant
J’ apostrophai le vieux butor
Avant de franchir la portière
“Souvenez-vous d’Hugo Victor
Relisez L’art d’être grand-père”

(Deneuville, 1956)

Julos Beaucarne

Julos BeaucarneNé le : 27/06/1936

Conteur, poète, comédien, écrivain, chanteur et sculpteur belge (1936- ), chantant en français et en wallon.

C'est en 1964 que Jules Beaucarne enregistre ses premiers 45 et 33 tours. Trois ans plus tard, c'est la sortie de son titre 'Julos chante Julos'. A partir de là, il produit environ un album tous les deux ans, le dernier datant de 2006 pour fêter ses "20 ans depuis 50", soit ses 70 ans. Parallèlement, il endosse aussi le métier d'acteur pour quelques films, jouant le "père Jacques" dans le 'Le mystère de la chambre jaune' et dans 'Le Parfum de la dame en noir'. Profondément humaniste, Julos Beaucarne le devient encore plus après le meurtre de sa compagne par un déséquilibré en 1975. Après ce drame, il voyage beaucoup, notamment au Québec où il renforce ses connaissances avec certains artistes. Amoureux des mots et de la musique, Julos Beaucarne se passionne pour mettre en chanson des poèmes.

En 45 ans de carrière, Julos Beaucarne a écrit plus de 500 chansons et enregistré 35 albums. Amateur d'aphorismes, de mots rares et précieux, de dialectes et d'accents locaux, ce natif de Bruxelles qui a passé son enfance en Wallonie est un personnage à part dans le monde de la chanson francophone. Théâtre, poésie, chanson : il a toujours mêlé les disciplines comme si elles ne devaient former qu'un tout, pour mieux enchanter le spectateur. Son sens de l'humour typiquement belge, plein d'autodérision, le rend particulièrement attachant.

Depuis l'enregistrement de son premier 45 tours et son premier 33 tours, l'artiste sort un album presque tous les ans. Ces albums se présentent comme des montages de chansons, de poèmes récités, de monologues humoristiques, de prises de sons et d'extraits de voix... Chaque album est ainsi une ambiance, plus qu'un concept, qui traduit de multiples façons un état d'âme particulier où se mêlent la révolte, la tendresse, l'humour et le quotidien. C'est un chanteur à textes ou la musique n'est pas sous valorisée. Il refuse le vedettariat, a sa propre maison d'édition de disques et de livres (les Éditions Louise-Hélène France), échappant ainsi aux obligations des majors de la publication et intervient lui-même tout simplement sur le forum de son site internet. C'est à la suite du meurtre de sa compagne Loulou (Louise-Hélène France) par un déséquilibré, que son style devient encore plus profondément humaniste. Il écrit cette nuit-là une lettre ouverte, analysant la culpabilité de la société qui arme les mains des assassins, assorti d'un appel à "reboiser l'âme humaine" par "l'amour, l'amitié et la persuasion". Nombre de ses chansons et de ses textes se rapportent à cette "séparance", comme il dit. Après ce drame, il voyagera, en particulier au Québec et renforcera ses liens avec les chanteurs francophones de la culture du Kébek, selon la graphie du poète Raoul Duguay. À la mort du roi Baudouin, il a été choisi comme symbole du peuple belge pour chanter un hommage au roi défunt. Cet artiste qui a proposé un hymne national wallon aux paroles simples et pacifiques a par ailleurs été anobli en juillet 2002 par le Roi Albert II et peut porter le titre de Chevalier. Il a aussi signé le Manifeste pour la culture wallonne en 1983. Julos est depuis le début un infatigable apôtre de l'écologie. Il a créé 2 mouvements sans cartes ni membres répertoriés : le Front de Libération de l'Oreille, et le Front de Libération des Arbres Fruitiers, dont les initiales Flo Flaf (puis simplement FLO) sont devenues le titre d'un organe de liaison où il laisse aller sa plume, et publie certains textes d'amis poètes reconnus ou inconnus du grand public. Il est également comédien, il a joué le père Jacques dans le Mystère de la chambre jaune et Le Parfum de la dame en noir . Il se lance dans la sculpture et Il a créé dans un champ, à la ferme de Wahenge en Belgique, un ensemble de 36 pagodes post-industrielles à partir de tourets de chantiers récupérés et empilés par ordre de taille décroissante. A 73 ans, Julos n’en finit pas d’explorer sa feuille de route personnelle. "Le bonheur, dit-il, c’est marcher inlassablement vers soi-même".

Au début des années 60, de nouveaux rythmes arrivent d’outre atlantique et les piliers de l’édifice vont d’abord trembler. La jeunesse qui commence à vouloir s’affirmer, trouve dans le rock’n roll, le twist de quoi exprimer sagement ses désirs d’indépendance, surtout par la musique, car les paroles, souvent issues de traductions à la hâte, n’ont pas toujours beaucoup de sens. De nombreux interprètes passeront, quelques uns resteront et ils sont encore, comme Johnny Hallyday, les grandes stars d’aujourd’hui. Le règne des maisons de disque va enterrer beaucoup d’anciennes gloires, en créer sans cesse de nouvelles car désormais la chanson s’écoute et se vend à des centaines de milliers d’exemplaires.

En marge de ce rouleau compresseur, des producteurs comme Jacques Canetti trouveront quand même une place pour des artistes exceptionnels comme Jean Ferrat ou Barbara, et la chanson française ne le regrettera pas.

A partir de 1965, la chanson française aura digéré sa crise de croissance et désormais l’arrivée des modes coïncidera toujours avec le développement d’un répertoire, parfois en marge, mais toujours original et vivant. Elle avait su prendre du texte, elle prendra aussi régulièrement la défense des idées. Même si les ondes sont dominées par les variétés.les « déjantés » << les marginaux >> les « révoltés » vont pouvoir se faire une place, et jusqu’au milieu des années 70, ils seront les découvertes les plus prometteuses, devenues, assagies par le temps, des incontournables aujourd’hui.

L'essor des « marginaux » <<des révoltés>> <<des déjantés>>         

Claude Nougaro sort du lot, qui doit composer avec les yéyés pour faire passer sa différence. Ecrire et chanter de la poésie avec un accent toulousain. C'est après Mai-68 que vont apparaître, très mal vus au début, des marginaux qui finiront par prendre le pouvoir : Bernard LavilliersJacques HigelinBrigitte Fontaine qui se doute alors que cette dernière, auteur-interprète singulière, qui fait exploser la forme de la chanson moderne deviendra la grande référence des jeunes artistes à l'orée du XXIe siècle 

La pluie fait des claquettes

La pluie fait des claquettes
Sur le trottoir à minuit
Parfois, je m'y arrete,
Je l'admire, j'applaudis
Je suis son chapeau claque,
Son queue-de-pie vertical,
Son sourire de nacre
Sa pointure de cristal

Aussi douce que Marlène,
Aussi vache que Dietrich,
Elle troue mon bas de laine
Que je sois riche ou pas riche
Mais quand j'en ai ma claque
Elle essuie mes revers
Et m'embrasse dans la flaque
D'un soleil à l'envers

Avec elle je m'embarque
En rivière de diamants
J'la suis dans les cloaques
Ou elle claque son argent
Je la suis sur la vitre
D'un poète endormi,
La tempe sur le titre
Du poème ennemi

À force de rasades,
De tournées des grands-ducs,
Je flotte en nos gambades,
La pluie perd tout son suc
« Quittons-nous dis-je, c'est l'heure
Et voici mon ilot
Salut pourquoi tu pleures ?
- Parce que je t'aime salaud »

Source : LyricFind

Paroliers : Maurice VANDER / Claude NOUGARO

Paroles de La pluie fait des claquettes © Les Editions Du Chiffre Neuf, Sony/ATV Music Publishing LLC

Claude Nougaro,Victor Hugo du XXe siècle ?

Claude Nougaro et Victor Hugo n’ont-ils pas aussi en commun d’avoir écrit les plus beaux textes littéraires sur l'architecture, de ceux qui ont transformé des pierres sacrées en patrimoine pour tous les cœurs profanes ?

Apparu dans les années 1960 sur le devant de la scène française, Claude Nougaro malgré un parcours parfois difficile, est devenu désormais un grand maître incontesté des mots et de la musique.  

Claude Nougaro est un chanteur et poète français de variétés et de jazz. Jouant des mots avec la langue française, il s'est appliqué tout au long de sa carrière dans un insolite mariage des genres, à unir chansons françaises et rythmes. Bien qu'il soit farouchement opposé à la politique, les évènements de Mai 68 lui inspirent un torrentiel "Paris Mai", plaidoyer pour la vie, qui sera interdit d'antenne.  

Paris mai

Claude Nougaro

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris

Le casque des pavés ne bouge plus d'un cil
La Seine de nouveau ruisselle d'eau bénite
Le vent a dispersé les cendres de Bendit
Et chacun est rentré chez son automobile.
J'ai retrouvé mon pas sur le glabre bitume
Mon pas d'oiseau forcat enchainé à sa plume
Et piochant l'évasion d'un rossignol titan
Capable d'assurer le Sacre du Printemps.
Ces temps ci, je l'avoue, j'ai la gorge un peu âcre
Le Sacre du Printemps sonne comme un massacre
Mais chaque jour qui vient embellira mon cri
Il se peut que je couve un Igor Stravinski

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris

Et je te prends Paris dans mes bras pleins de zèle
Sur ma poitrine je presse tes pierreries
Je dépose l'aurore sur tes Tuileries
Comme rose sur le lit d'une demoiselle.
Je survole à midi tes six millions de types
Ta vie à ras le bol me file au ras des tripes
J'avale tes quartiers aux couleurs de pigeon,
Intelligence blanche et grise religion
Je repère en passant Hugo dans la Sorbonne
Et l'odeur d'eau de vie de la vieille bonbonne
Aux lisières du soir, mi manne, mi mendiant,
Je plonge vers un pont où penche un étudiant

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris

Le jeune homme harassé déchirait ses cheveux
Le jeune homme hérissé arrachait sa chemise :
Camarade, ma peau est elle encore de mise
Et dedans mon cœur seul ne fait il pas vieux jeu ?
Avec ma belle amie quand nous dansons ensemble
Est ce nous qui dansons ou la terre qui tremble ?
Je ne veux plus cracher dans la gueule à papa
Je voudrais savoir si l'homme a raison ou pas
Si je dois endosser cette guérite étroite
Avec sa manche gauche, avec sa manche droite,
Ses pâles oraisons, ses hymnes cramoisis,
Sa passion du futur, sa chronique amnésie

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris

C'est ainsi que parlait sans un mot ce jeune homme
Entre le fleuve ancien et le fleuve nouveau
Où les hommes noyés nagent dans leurs autos.
C'est ainsi, sans un mot, que parlait ce jeune homme.
Et moi, l'oiseau forçat, casseur d'amère croûte
Vers mon ciel du dedans j'ai replongé ma route,
Le long tunnel grondant sur le dos de ses murs,
Aspiré tout au bout par un goulot d'azur
Là bas brillent la paix, la rencontre des pôles
Et l'épée du printemps qui sacre notre épaule

Gazouillez les pinsons à soulever le jour
Et nous autres grincons, ponts-levis de l'amour

Mai mai mai Paris mai
Mai mai mai Paris

Source : LyricFind

Paroliers : Eddy LOUISS / Claude NOUGARO

Paroles de Paris mai (Flomela) © Les Editions Du Chiffre Neuf, Sony/ATV Music Publishing LLC

 

 
Nini

Nini, t'es trop belle pour moi
J' suis qu'un effronté méchant loup
Qui rôde alentour de tes bois, Nini
Moi qui accroche aux épines des barbelés
Mes touffes de poils brûlés
Au feu des soleils
Brisant la clôture des basses-cours
Avec le noir duvet des poules qui m'agace le museau
C'est trop beau
Mm, miam miam

J' harponne mes crocs pointus
Dans les appâts dodus
D'une dinde dingue qui dîne de son œuf
Et rêve tout haut qu'il devient un bœuf
Soudain le gourdin limaille mes griffes
Et me gifle
La crête des os
Nini, j'ai mal, c'est trop
Nini, ma rouquine, ma furie
Je trébuche sous tes coups
Et m'enroule en boule sous ma niche

Nini trop naïve pour moi
J' suis qu'un allumeur de banlieue
Qui rôde alentour de ton cœur, Nini
Moi qui éclaire au lampadaire du temps perdu
Mon œil noyé d'amour au fond d'un miroir
Où dort une nymphe inconnue
De moi, brûlante nue d'un désir vague
Nous jouant l'ultime parade
De l'amour fou
Je t'aime, mm, je t'aime

Vampire à la petite semaine
Je plonge mes canines saines
Dans sa chair
Gorgée de sang amer
Soudain tes ongles, ces farouches poignards
Me défrichent les côtes de part en part
Nini, je meurs, je pars
Nini, manouche, mon bourreau
Je rends mon âme aux enfers
Et m'envole en rêve vers
Ta bouche

Nini, Nini, ma rouquine, ma furie
Nini, trop belle pour moi

Source : Musixmatch

Paroliers : Jacques Higelin

Cet enfant que je t’avais fait
Brigitte Fontaine Jacques Higelin

Cet enfant que je t'avais fait by Jacques Higelin
Lui:
Cet enfant que je t'avais fait
Pas le premier mais le second
Te souviens-tu?
Où l'as-tu mis, qu'en as-tu fait
Celui dont j'aimais tant le nom
Te souviens-tu?
Elle:
Offrez-moi une cigarette
J'aime la forme de vos mains
Que disiez-vous?
Caressez-moi encor' la tête
J'ai tout mon temps jusqu'à demain
Que disiez-vous?
Lui:
Mais cet enfant, où l'as-tu mis
Tu ne fais attention à rien
Te souviens-tu?
Il ne fait pas chaud aujourd'hui
L'enfant doit avoir froid ou faim
Te souviens-tu?

Elle:
Vous êtes tout à fait mon type
Vous devez être très ardent
Que disiez-vous?
Je crois que je n'ai plus la grippe
Voulez-vous monter un moment
Que disiez-vous?
Lui:
Mais je t'en supplie, souviens-toi
Où as-tu mis ce bel enfant
Te souviens-tu?
Je l'avais fait rien que pour toi
Ce bel enfant au corps tout blanc
Te souviens-tu?
Elle:
Ah vraiment tous mes compliments
Mais arrêtez je vous en prie
Je n'en puis plus
Vous êtes tout à fait charmant
Mais ça suffit pour aujourd'hui
Que disiez-vous?

Source : Musixmatch

Paroliers : Brigitte Fontaine / Jacques Higelin

 

Je suis décadente

Je suis concierge rue de Buci
Dans mon immeuble y'a qu'des penseurs
Cest moi qu'je suis leur égérie
Je fume la pipe et j'mange des fleurs
J'suis décadente
L'matin quand j'fais mes escaliers avec mes pauvres jambes à varices
J'pense à Sysiphe et son rocher qui r'tombait dans un précipice
J'suis décadente
Quand Ernest i'veut m'faire ma fête J'lui dit: "à quoi bon?" trés amère
I'm'répond: "pourquoi pas?" c'est bête! J'ai épousé un gars primaire
J'suis décadente
Quelquefois quand j'me sens trop lasse
Sur ma porte je colle un papier
J'mets: "la concierge est dans l'angoisse, qu'il se débrouille pour le courrier"
J'suis décadente
Mais le suicide quotidien Ce n'est vraiment pas une vie
Le désespoir ce n'est pas sain On s'en lasse et ça enlaidit...
D'être décadente...
Sentir qu'on est rien ici bas cela conduit à tous les vices
Fumer de la Marijuana c'est mauvais pour mes rumathis'
J'suis décadente
Le désespoir j'en ai ma dose
Je vais prendre une place à Passy
Là au moins je s'rai quelque chose
Et puis j'aurai foi en la vie
J's'rai méritante
J'vais avoir un rôle et des d'voirs
J'me peindrai plus le ongles en noir
J' mangerai un yaourt tous les soirs
Quand j's'rai psychiatre...
Avenue Mozart.

Source : Musixmatch

Paroliers : Fontaine Brigitte / Daho Etienne Warren / Belkacem Larezeki / Colombier Michel / Henry Pierre Francois M Gh / Turboust Arnold Marc Louis Jacques

 

Anne Vanderlove : "Je fais de l'artisanat de la chanson"

Dès ses débuts, en 1967, avec Ballade en novembre, au succès paradoxal en pleine période yé-yé, Anne Vanderlove fut surnommée « la Joan Baez française ». Sa voix cristalline, ses yeux clairs, ses longs cheveux bruns, sa guitare en bandoulière, ses refrains surgis des brumes pouvaient effectivement susciter la comparaison avec la chanteuse américaine.  En 1965, elle tombe, en plein quartier Latin, sur des chanteurs des rues aux terrasses des cafés. Séduite, elle court s’acheter une guitare et commence à composer des chansons qu’elle interprète, elle aussi, devant les terrasses. L’heure est à « la chanson de qualité », mélange de poésie et de mélodie folk, défendue dans son émission de radio, La Fine Fleur de la chanson française, par un poète comme Luc Bérimont. Hélène Martin, Colette Magny, Jacques Douai et Jacques Bertin en sont les principaux représentants. Très vite, Anne Vanderlove les rejoint et entame la tournée des cabarets de la rive gauche. Influencée tout autant par Bob Dylan que par la chanteuse amérindienne Buffy Sainte-Marie, le Québécois Jean-Pierre Ferland ou le très français George Brassens, elle compose des chansons hors du temps, dont les principaux thèmes sont l’amour, la mer, les racines.

Yann Plougastel  le 04 juillet 2019

Ballade au vent des collines 

Des jeunes gens en colère marchent dans la ville
La fureur défait leurs cheveux comme des drapeaux indociles
Vous n'avez plus le droit de dire "On ne sait pas"
La jeunesse c'est comme des fleuves en crue

On dirait que le Moyen Âge ramène ses bûchers
Au cœur des villes, des usines et des universités
Vous n'avez plus le droit de fermer vos oreilles
La jeunesse c'est comme un matin qui s'éveille

On a beau mettre des barrages sur les torrents
Dans les églises englouties, les cloches sonnent comme avant
Le vent déracine les arbres centenaires
La jeunesse c'est comme le vent de l'hiver

Des jeunes gens en colère marchent dans le monde entier
Au cœur des villes, des usines et des universités
Vous n'avez plus le droit de fermer vos fenêtres
La jeunesse c'est comme un printemps qui va naître

J'ai tant pleuré que le vent qui vient des collines
Ce soir sur ma joue est plus doux
Qu'il ne l'est pour les autres
Demain, je crois qu'il fera beau

Ballade en novembre

Qu'on me laisse à mes souvenirs,
Qu'on me laisse à mes amours mortes,
Il est temps de fermer la porte,
Il se fait temps d'aller dormir
Je n'étais pas toujours bien mise
J'avais les cheveux dans les yeux
Mais c'est ainsi qu'il m'avait prise,
Je crois bien qu'il m'aimait un peu

Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j'ai de l'eau dans les yeux
C'est qu'il me pleut
Sur le visage.

Le vent du Nord qui s'amoncelle
S'amuse seul dans mes cheveux
Je n'étais pas toujours bien belle,
Mais je crois qu'il m'aimait un peu
Ma robe a toujours ses reprises
Et j'ai toujours les cheveux fous
Mais c'est ainsi qu'il m'avait prise,
Je crois que je l'aimais beaucoup

Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j'ai de l'eau dans les yeux
C'est qu'il me pleut
Sur le visage.

Si j'ai fondu tant de chandelles
Depuis le temps qu'on ne s'est vus
Et si je lui reste fidèle,
A quoi me sert tant de vertu ?
Qu'on me laisse à mes amours mortes !
Qu'on me laisse à mes souvenirs
Mais avant de fermer la porte,
Qu'on me laisse le temps d'en rire
Le temps d'essayer d'en sourire...

Il pleut
Sur le jardin, sur le rivage
Et si j'ai de l'eau dans les yeux
C'est qu'il me pleut
Sur le visage.

Qu'on me laisse le temps d'en rire

Source : LyricFind

 

 

Entre Trenet et Brassens, un monde de différence? Pas si sûr ! 

Tout semble opposer ces deux poètes et pourtant!

  "Brassens m'aimait beaucoup, étant donné que j'étais le chanteur de sa jeunesse. Mais, dieu merci, il ne s'est pas inspiré de ce que j'ai fait. Il a fait autre chose, une œuvre qui résiste au temps. Parce que, justement, il n'as pas sacrifié à la mode. Il l'a créée." Charles Trenet  ["Il n'y a plus de chansons..." (Propos recueillis par J. Théfaine) - Chorus (Les Cahiers de la chanson N°28, juillet-août-septembre 1999]

 La première vraie rencontre entre Trenet et Brassens a lieu en 1960, alors que ce dernier était venu voir le Fou chantant au théâtre de l'Étoile. Ils chanteront ensemble le 12/10/1965, pour l’émission Musicorama, enregistrée pour Europe 1 au vieux théâtre de l’ABC. L’année suivante, ils remettront le couvert pour l’émission télévisée La La La de Janine Guyon, diffusée le 21 mars. Les chansons interprétées sont Le grand café, Tout est au duc et Le petit oiseau. 

Les deux grands artistes de la chanson francophone se portent une estime réciproque. L'auteur-compositeur de Y a d'la joie loue souvent les talents de son confrère au cours d'interviews, comme par exemple en 1958.  A Jacques Pessis, il dira considérer Brassens comme un troubadour, un immense mélodiste, mais aussi comme un "littéraire" car ses chansons n'ont pas besoin de musique pour être écoutées et appréciées. [Pessis J., 2011. Trenet - Le philosophe du bonheur - p. 181] 

Tout Est Au Duc
Paroles et musique: Charles Trenet

Le navire acoste au quai,
Je suis invité
Chez le Duc
De Montmorency (*)
Qui demeure ici.
Château, villas, maisons superbes
Jardins fleuris,
Bel aqueduc,
Jeunes poulains sautant les herbes,
Tout cela, tout cela est au Duc
Et sur les marches du perron
Douze laquais chantent en rond:

"Attention!
Tout est Duc ici, Monsieur,
Tout est Duc,
Tout Est Au Duc,
Tout Est Au Duc.
Il possède à lui seul des millions de ducats
Ah oui, vraiment monsieur,
C'est fou ce que le Duc a!
Le Duc a tout, monsieur,
Pour être un homme heureux
Mais le Duc est très malheureux:
Depuis vingt ans
Il a perdu ses cheveux.
Il nerveux, il est nerveux
Et nous cherchons, en vain, depuis un truc
Pour faire pousser les poils du Duc."

Le soir, c'est un grand dîner
Car le Duc a tué
A la chasse des isards,
Des pies, des lézards.
La Duchesse est une jeune femme
Qui n'a pas plus de vingt printemps
Et moi je suis tout feu tout flamme
Et je ne tiens plus mon coeur battant.
Mais sur les marches du perron,
Les mêmes laquais chantent en rond:

"Attention!
Tout est Duc ici, Monsieur,
Tout est Duc
Tout Est Au Duc,
Tout Est Au Duc.
Il tue les gens qui osent à sa femme dire "tu".
Ah oui, vraiment monsieur,
C'est fou lorsque le Duc tue!
Le Duc a tué déjà plus de trente rivaux.
Il leur a bouffé le cerveau.
Alors tant pis pour vous, mon cher monsieur,
Si vous êtes trop audacieux
Songez, hélas, qu'on peut devenir eunuque (*)
En recevant le pied du Duc."

Quand je revins au château
On me dit bientôt:
"Vous trouverez du changement,
Depuis vingt cinq ans!"
Papiers timbrés, huissiers terribles
Saisies-arrêts du percepteur
Murs délabrés, trucs impossible,
Tout cela, tout cela, quel malheur!
Et sur les marches du perron
Un seul miteux chantait en rond:

"Déception!
Rien n'est au Duc
Ici, monsieur,
Rien n'est au Duc.
Rien n'est au Duc,
Rien n'est au Duc!
Elle lui a mangé son argent la p'tite nana
Ah oui, vraiment monsieur,
C'est fou ce que le Duc n'a
Le Duc n'a rien, monsieur!
Nos bas sont rapiéciés,
Nos culottes sont toutes froissées.
Nous avons faim,
Nous sommes capables de tout
Et s'il n'y a rien,
Plus rien du tout
Il faudra bien qu'on lui fauche sa perruque
Et nous boufferons les poils du Duc.

Nota bene: dans les enregistrements suivants, Charles Trenet
remplacera le "Duc de Montmorency" par un plus anonyme "Duc
de Barbarency" et le mot "eunuque" sera changé en un
"caduque" sans doute jugé plus politiquement correct.

 Droits paroles : paroles officielles sous licence MusiXmatch respectant le droit d'auteur.

Reproduction parole interdite sans autorisation. Writer(s): PHILIPPE GABRIEL HIPPOLYTE EMM PARES, ALBERT LAPEYRERE, CHARLES TRENET, RAYMOND WRASKOFF Lyrics powered by www.musixmatch.com

Boby Lapointe

Raoul Bellaïche 31 mai 2000

Archétype de l'artiste incompris par ses contemporains et découvert par la génération suivante, Boby Lapointe connaît, auprès des jeunes, une gloire posthume qui ne s'est pas démentie depuis une quinzaine d'années. Nombreux sont ceux qui revendiquent, à des degrés divers, une part de son héritage ou reprennent son répertoire. Belle « Revanche » – c'est le titre d'une de ses chansons – pour un auteur-compositeur-interprète dont les ventes de disques n'ont jamais explosé de son vivant ! Le démarrage de la seconde carrière de ce « jongleur de mots », selon l'expression du compositeur et orchestrateur Oswald d'Andréa, se situe en 1976. Cette année-là, Jacques Caillart, directeur de sa maison de disques, publie l'intégrale de ses enregistrements 1960 à 1969. Un coffret Philips de quatre 30 cm paraît et, contre toute attente, c'est le succès ! Particularité, le livret contient un « avertissement au lecteur », rédigé par Boby lui-même, et le texte de toutes les chansons. « J'ai un penchant naturel pour les mots et leur côté farce, écrit-il. J'en ai acquis une certaine technique, et ne sais m'empêcher de mettre cette farce à toutes les sauces. Ce n'est pas un métier, mais... ça sert d'os, et, pour moi, c'est le squelette de toute expression du comique. »

 

La maman des poissons

Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde

Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons elle est bien gentille!

Ell' ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartine
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné ça r'dîne

La maman des poissons elle a l'oil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron

La maman des poissons elle est bien gentille!

S'ils veulent prendre un petit ver
Elle les approuve des deux ouïes
Leur montrant comment sans ennuis
On les décroche de leur patère

La maman des poissons elle a l'oil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron

La maman des poissons elle est bien gentille!

S'ils veulent être maquereaux
C'est pas elle qui les empêche
De s'faire des raies bleues sur le dos
Dans un banc à peinture fraîche

La maman des poissons elle a l'oil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron

La maman des poissons elle est bien gentille!

J'en connais un qui s'est marié
À une grande raie publique
Il dit quand elle lui fait la nique
"Ah, qu'est-ce qui tu me fais, ma raie!"

La maman des poissons elle a l'oil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l'aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l'aime bien avec du citron

Si l'on ne voit pas pleurer les poissons
Qui sont dans l'eau profonde
C'est que jamais quand ils sont polissons
Leur maman ne les gronde

Quand ils s'oublient à faire pipi au lit
Ou bien sur leurs chaussettes
Ou à cracher comme des pas polis
Elle reste muette

La maman des poissons elle est bien gentille!

Source : LyricFind

Paroliers : Robert Lapointe

Paroles de La maman des poissons © BMG Rights Management US, LLC

Les facettes d’Anne Sylvestre

JEAN-YVES DANA,    

 

Les facettes d’Anne Sylvestre

Des cabarets aux cathédrales 

Pour Anne Sylvestre, la chanson s’apprend à l’école des cabarets : La Colombe en 1957, puis le Cheval d’Or, la Contrescarpe ou le Port du Salut. Puis aux Trois Baudets où elle chante jusqu’en 1962. Son premier disque sort en 1959. Il contient notamment Les cathédrales et ces vers célèbres – « sans le chant des troubadours, n’aurions point de cathédrale… ».

 

« L’invention » des Fabulettes
En octobre 1962 sort un 45 tours avec ses premières chansons pour enfants, des Fabulettes qui mêlent, comme ses chansons pour adultes, humour et sérieux, imagination et sensibilisation aux sujets de société. Elle ne les a jamais chantées sur scène. Une seule fois, en 1977, elle propose un programme télévisé destiné aux enfants, enregistré pour préparer Noël avec ceux de l’école François-Coppée, à Paris. Elle chante notamment « Le petit sapin » ou « Pour faire un cadeau », fabrique des masques ou raconte des histoires. L’expérience n’a pas été renouvelée.

Duo mémorable avec son « prince charmant »

En 1968, elle quitte Philips pour une jeune maison de production, Gérard Meys où elle restera jusqu’en 1971 et pour laquelle elle enregistre un duo hilarant avec Boby Lapointe : Depuis l’temps que j’l’attends mon prince charmant.

Chansons sur les femmes et les hommes…

En 1973, elle monte son propre label, Sylvestre, et sort Les Pierres dans mon jardin. Suivront cinq albums de chansons pour adultes jusqu’en 1985. Dans ces chansons de ces années florissantes, ses chansons sur les femmes alternent la tendresse d’Une sorcière comme les autres (1975), l’humour de La Faute à Ève (1978) ou la dureté dans Rose (1981).

« Une sorcière comme les autres », extrait de l’album CD + DVD « Morceaux choisis » (EPM)

Elle chante aussi les hommes pour tourner leurs fanfaronnades en ridicule dans Petit Bonhomme (1977) ou pour les louer, dans Que vous êtes beaux (1986).

Ou abordant les sujets de société

Ses chansons ne reculent pas devant les sujets douloureux ou qui questionnent : l’avortement (Non, tu n’as pas de nom, 1973), le viol (Douce Maison, 1978) ou la misère (Pas difficile, 1986). Elle aborde également le thème de l’homosexualité, que ce soit par les préjugés qu’elle véhicule, dans Xavier, ou sous une forme qui deviendra par la suite d’une grande actualité : Gay marions-nous (2007).

Les Années 80 marqueront la réconciliation, à l’image des changements dans le monde, de la mélodie, du rythme, du texte pour donner à la chanson française une nouvelle dynamique, souvent surprenante ou audacieuse, portée par des artistes avant tout excellents musiciens. 

PigalleIncontournable réussite artistique de la scène alternative française des années 80-90, l’album Pigalle est le chef d’œuvre de François Hadji Lazaro.

Dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs, titre phare issu du magnifique album intitulé « Pigalle 2 », ou plus simplement « Regards affligés sur la morne et pitoyable existence de Benjamin Tremblay, personnage falot mais ô combien attachant », à vous de choisir… Rien à jeter, une véritable merveille littéraire et musicale, même la pochette de l’album réalisée par Tardi nous laisse entrer dans cet univers si particulier qui mêle chanson réaliste, ballade folk, rock, électro punk minimaliste aux sonorités très parisiennes. Ce concept album nous parle de la vie du maintenant célèbre Benjamin Tremblay. Il traîne se guêtres de Lorrain dans un « Paris le soir » avant d’aborder « Le chaland » pour boire un coup dans « Un petit paradis ». Mais dans ce Paris dépressif, il y a au tréfonds des rades infâmes « en bas, en haut » des personnages attachants comme « Marie la rouquine », « Sophie de Nantes », « Angèle » et il arrive parfois que l’on passe « une nuit » avec l’une d’entre elle. Mais avant de « renaître », il faut se confesser dans « les lettres de l’autoroute » et dire pourquoi on est un « eternel salaud » sinon on risque de tomber « dans la prison ». Et puis François nous parle aussi de la scène alternative française dans « chez Rascal et Ronan » pour nous annoncer la fin d’une période bénie pour le rock Français avec la fermeture de nombreux lieux alternatifs et la signature de certains groupes chez les majors plutôt qu’à Boucherie…

 PAR JACQUES  https://www.mazik.info/

Paroles de dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs de Pigalle

Dans la salle du bar tabac de la rue des martyrs
Y a des filles de nuit qu’attendent le jour en vendant du plaisir
Y a des ivrognes qui s’épanchent au bar
Qui glissent lentement le long du comptoir par terre

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Le patron a un flingue pour l’ingénu qu’en voudrait à la tirelire
Dans les chiottes les mots gravés sur les murs
Parlent de sexes géants d’amours et d’ordures ensemble  

ci chacun douc’ment oublie l’ombre d’une vie passée d’une femme de décombres
Dans ce cliché funèbre on cherche l’oubli d’un parfum d’une voix
On éteint l’impact encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Certains soirs tout à coup dans un coin on s’arrête de rire
Et quand brusquement les lames sortent tout l’monde dégage
Se jette sur la porte en verre

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs

Y a des seringues vidées goulûment dans des bras sans av’nir
Ici la dope c’est à la poignée
Les p’tites cuillères servent que rar’ment pour le café

Ici chacun douc’ment oublie l’ombre d’une vie passée d’une femme de décombres
Dans ce cliché funèbre on cherche l’oubli d’un parfum d’une voix
On éteint l’impact encore brûlant de lèvres entrouvertes humides et douces

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
Y a des vieux gars tatoués partout qui racontent leurs souvenirs
Y a des voyageurs tristes pardessus et valises
Y a des bookmakers qui ramassent les mises la nuit

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs
On peut tout ach’ter tout vendre le meilleur et le pire
Une vieille clocharde la gueule défoncée

Rentre avec sa poussette et se met à gueuler à boire

Dans la salle du bar tabac de la Rue des Martyrs …

La chanson Riche de Claudio Capéo est sortit en 2016 elle met en scène une discussion d'un père à son fils. Il explique alors à "son fils" qu'il n'existe qu'une seule richesse et c'est la richesse du cœur et non la richesse de l'argent. Je m'explique la richesse de l'argent est une richesse qui peut nous rendre heureux sur le moment mais qui peut disparaître alors que la richesse du cœur est la richesse de sentiments comme la richesse d'aimer. Il lui explique aussi qu'il n'a pas besoin d'être connu ou riche pour être heureux et d'être juste un homme simple

RICHE

CLAUDIO CAPÉO

Il y aura les jours avec, les jours sans
Les amis qui retourneront leur veste en un rien d'temps
Des jours de peine qui nous enchaînent et les tourments
Les amours chiennes

A l'âge où on renie son père, tu m'renieras
Et moi je ne ferai pas de manières, pas d'cinéma
Tu me diras merde, des claques s'perdront c'est comme ça
J'faisais la même

Tu s'ras p'tet pas l'meilleur mon fils
Mais pourtant moi, je serai fier
A quoi ça sert d'être riche
Quand on est riche d'être père
Tu s'ras peut-être pas le plus fort mon fils
Mais à deux, on s'ra millionnaires
Que je sois pauvre ou bien riche
Tu seras riche d'un père
Tu seras riche d'un père

Les années passeront vite, on rejouera
Les anniversaires, les Noël, et cætera
Comme tous les soirs y aura ta mère qui attendra
Que tu reviennes

Quand j'aurai besoin de toi, où seras-tu ?
Quelque part en voyage, sur une plage, répondras-tu ?
Je rêverai de ton visage, je n'saurai plus
Quel est ton âge

Tu s'ras p'tet pas l'meilleur mon fils
Mais pourtant moi, je serai fier
A quoi ça sert d'être riche
Quand on est riche d'être père
Tu s'ras peut-être pas l'plus fort mon fils
Mais à deux, on s'ra millionnaires
Que je sois pauvre ou bien riche
Tu seras riche d'un père
Tu seras riche d'un père

Mon p'tit empereur ne deviens pas un grand homme
Sois juste un homme, grand
Mmm C'est suffisant

(Instru)

Tu s'ras p'tet pas l'meilleur mon fils
Mais pourtant moi, je serai fier
A quoi ça sert d'être riche
Quand on est riche d'être père
Tu s'ras sûrement pas l'plus fort mon fils
Mais à deux, on s'ra millionnaires
Que je sois pauvre ou bien riche
Tu seras riche d'un père
Tu seras riche d'un père

Tous les gamins du monde

PAR DAMIEN SAEZ

Fin 2016, après trois ans de silence, il publie "L’oiseau liberté" sur lequel on trouve "Les enfants paradis" et "Tous les gamins du monde", deux superbes textes frissonnants, écrits dans l’urgence des attentats de 2015, mais livrés un an plus tard parce que son auteur trouvait "que le rappel à la mémoire était plus important que la réaction émotionnelle du moment".

 

Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage ô Liberté !
Nos crayons comme un poing levé contre des balles
Pour montrer à l’obscurité qui tient la flamme
Resserre les rangs puis taille la mine à ton crayon
Dis petit prince dis redessine-moi l’horizon
Des libertés qui font la vie de nos bistrots
Des sourires que nous tirent tous nos potes aux pinceaux

Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage ô Liberté
Ici oui mon ami que c’est pas l’ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France
A l’encre du crayon à l’encre de ma plume
A l’encre de nos yeux au combat sous l’enclume
Menacés mais libres toujours et contre tout
Que rien jamais ne mettra ma France à genoux

Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage Liberté
À ceux qui plieront jamais sous la tyrannie
Que nous sommes tous les enfants du même pays

Ça n’est pas mon pays ce soir qu’on assassine
C’est l’histoire de l’Homme c’est Pierrot c’est Colombine
C’est Michel-Ange puis c’est Lascaux puis c’est Paris
C’est la lumière n’en déplaise à la tyrannie
C’est un peu de nous qui est parti avec nos frères
Et si vient l’obscur nous nous avons la lumière
Puis il n’est rien de plus fort que le don de soi
Que la main tendue vers celui qui vous combat
Je suis la France puis nous sommes les enfants du libre
Ici ça fait longtemps qu’on brûle plus les livres
Des violences enfants de nos sociétés malades
De nos arts pris sous les terreurs des fusillades
À Cabu à Tignous à Charb à Wolinski
À tous les autres et puis aux fils de mon pays
À nos enfants misère qui savent même plus lire
Il est temps mon pays oui de redevenir
Allez la Terre allez la France allez mes frères
De tous les horizons de toutes les frontières
Que jamais ne plient nos genoux devant la haine
Puisque toujours la force se nourrit de la peine
Ton pays chante ton prénom pour que là-haut
Pour que Cabu boive un canon avec Mano
Si nous chantons puis si nous chanterons encore
La liberté aux mémoires de nos amis morts
Autant que dessineront tous les gamins du monde
Ton nom sur les arbres et puis parfois des jocondes
Aux pinceaux qui font les Vinci les Wolinski
Puis tous nos frères qui font les cultures des pays
Ami c’est pas fini ami il reste à boire
Dans nos sanglots qui viennent faire pleurer nos buvards
Retourner à la mine à la mine du crayon
Contre leurs champs de mine en tous genres mort aux cons
C’est pas la prière des bons dieux que nous chantons
C’est celle de nos enfants libres sous leurs crayons
Un trait pour mettre un peu de couleurs à nos cœurs
Pour dessiner des jours prochains des jours meilleurs
Et si c’est un crayon oui contre la mitraille
Alors que le papier soit le champ de bataille
Que nos plumes à jamais gardent toujours leur libre
Qu’il est plus important d’être debout que de vivre
Ils peuvent assassiner nos corps mais pas nos âmes
Le souffle du néant n’éteindra pas la flamme
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage ô Liberté
Tous les gamins du monde charbon sur du papier
Dessineront toujours ton visage ô Liberté
Ici toi mon ami que c’est pas l’ignorance
Jamais qui sera le drapeau de notre France

© Damien Saez

Jean-Jacques Goldman (né le 11 octobre 1951 à Paris) auteur-compositeur-interprète, et également producteur, de variété et de pop rock principalement. Il a d'abord joué dans le groupe des Red Mountain Gospellers, puis avec The Phalanster et enfin avec Taï Phong. Toutefois, c'est principalement sa carrière solo qui lui a permis de s'imposer comme l'un des chanteurs les plus populaires de sa génération, avec des titres comme Quand la musique est bonne (1982) ou Je te donne (1985). Il a ensuite mis entre parenthèses sa carrière solo pendant la première moitié des années 1990 pour fonder le trio Fredericks Goldman Jones, avec le Franco-Gallois Michael Jones et l'Américaine Carole Fredericks.

Les Red Mountain Gospellers

À quatorze ans, Jean-Jacques Goldman entre dans la chorale de l'église de Montrouge, les « Red Mountain Gospellers » (traduction littérale de « chanteurs de gospel de Montrouge »), formation musicale dans laquelle il joue du tout nouvel orgue électrique acquis par la paroisse et s'impose rapidement comme le leader.

Ses premiers pas dans un studio d'enregistrement se font en 1966, au sein de ce groupe paroissial constitué de sept membres. Le disque est auto produit par le père Dufourmantelle, prêtre et directeur de la chorale. Les Red Mountain Gospellers enregistrent un 45 tours de gospel complété d’une reprise de Donovan : Colours. Jean-Jacques, qui a alors 18 ans, y joue de la guitare, de l'harmonica et de l'orgue. Il existe 1 000 exemplaires de ce 45 tours collector, coté 800 euros en 2014.

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Le tout premier 45-tours de Jean-Jacques Goldman (1966), qui contenait trois reprises soul chantées en anglais, était financé par le curé de l’église de Montrouge. Le groupe au sein duquel il officiait avait pour nom Red Mountain Gospellers (Red Mountain = Montrouge). Jeu de mots, maître Capello ! Sous-titré « Gospels traditionnels sur rythmes modernes : une expérience… », le disque contient deux standards du répertoire du negro-spiritual, « Nobody knows » et « Go down Moses » (popularisés par Paul Robeson et Louis Armstrong) et une reprise de Donovan, « Colours ».        Outre le chant, Jean-Jacques Goldman joue également de l’orgue, de l’harmonica et de la guitare.

The Phalansters

Dans ses années lycée, Jean-Jacques Goldman découvre le rock et les protest songs de Bob Dylan. Il joue comme guitariste dans plusieurs groupes dans les bals et les discothèques. Il fonde alors « The Phalansters » dont le nom lui est inspiré par les travaux du philosophe Charles Fourier. Alex et Chris Gibson (futurs Gibson Brothers ) en font partie. Le groupe se produit même au Golf Drouot, tremplin du rock français, mais le groupe ne survit pas à son départ pour Lille en 1971 pour y intégrer l'EDHEC. À cette époque, il se produit dans des foyers d'étudiants et des MJC et interprète des chansons d'Elton John, du folk et du blues.

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"SWEET MEMORIES"_ Slow me Again (Medley)

Cette chanson est exceptionnelle à plusieurs titres : C'est la première fois que Jean-Jacques Goldman utilise un pseudonyme . Ce morceau consiste en un medley de douze tubes des années 60 et 70 (voir ci-dessous), rassemblées autour du canon de Pachelbel, et dure près de 10 minutes. Jean-Jacques Goldman l'a enregistré alors qu'il était en difficulté financière. Le 45 T, et surtout le maxi 45 T, ne se sont vendus qu'à quelques centaines d'exemplaires, et il est difficile aujourd'hui de pouvoir les trouver en dessous de 150 EUR...

Après l'expérience du groupe Red Mountain Gospellers (1966) vient celle de The Phalanster. Jean-Jacques Goldman découvre ce qui sera sa grande révélation musicale, Aretha Franklin et son célèbre tube soul « think ». En 1968, il abandonne ses études de musique classique et il apprend la guitare.
1968-1970 The Phalanster est une formation quasi professionnelle qui va beaucoup tourner dans la petite couronne parisienne. Le nom du groupe fait référence aux théories utopistes de Charles Fourier, philosophe et économiste français (1772-1837). Elle est composée de Jean à la batterie, Paul Ferrette à la basse, Christian et Alex Gibson.
C'est au cours de cette période que Jean-Jacques Goldman s'impose par ses qualités, sa volonté et son sens de l'organisation. Les groupes The Phalanster et Présence (Daniel Balavoine) étaient produits par le même producteur. En 1970, The Phalanster est vainqueur du tremplin du Golf Drouot. En 1969, Jean-Jacques Goldman obtient un bac D au Lycée François Villon (Paris, XIV°), et en 1970, il fait une prépa HEC. Ainsi de 70 à 73, il est inscrit à l'EDHEC, l'École des hautes études commerciales de Lille.

Après 1970 Après son départ à Lille, Jean-Pierre Buccolo le remplace dans le groupe. Deux des anciens membres du groupe (les frères Christian et Alex Gibson) feront partie des Gibson Brothers, groupe disco qui connaîtra un gros succès dans les années 79/80. Dans la carrière de Jean-Jacques Goldman , il y aura d'autres groupes : Taï Phong, son aventure à 3 avec Carole Fredericks et Michael Jones, ses réalisations collectives avec la Tournée des Enfoirés.

https://fandejean-jacquesgoldman.skyrock.com/1648735548-Avec-le-groupe-The-Phalanster.html

Jean-Jacques Goldman est devenu un artiste de renom, cependant c’est dans un groupe de rock, Taï Phong, qu’il a effectué ses débuts. La formation a révélé son talent dès son premier single, « Sister Jane », extrait de l’album « Taï Phong ».

 

Taï Phong

En 1975, après avoir effectué son service militaire dans l'armée de l'air, sur la base de Villacoublay l'année d'avant, Jean-Jacques Goldman commence sa carrière au sein du groupe Taï Phong. Au départ, il ne devait pas chanter avec le groupe, mais remplace le chanteur, alors malade. Le succès est bientôt au rendez-vous avec la chanson Sister Jane, mixée par Andy Scott, tirée du premier album du groupe.

En 1976, c’est le réel commencement ; après avoir assisté à un concert de Léo Ferré, il déclarera :

« Et là, je me suis retrouvé cloué sur ma chaise. Je n'ai pas compris ce qui m'arrivait. Et puis j'ai compris que c'était possible en français, qu'il y a des mots qui peuvent tuer. Il m'a vraiment eu. Il est inhumain. Devant Ferré, qui que tu sois, tu es un petit garçon. Tous les mots comme poésie, mysticisme, dont quinze ans d'Éducation nationale avaient réussi à me dégoûter, je les ai compris. La force des mots, le choc des notes ! »

Goldman est alors persuadé que l’on peut chanter en français et, en 1976, sort un premier 45 tours en solo qui contient deux titres : C’est pas grave papa et Tu m'as dit. Il sort un deuxième 45 tours en 1977 : Les Nuits de solitude et Jour bizarre. En 1978, Goldman ne souhaitant pas participer à une tournée de Taï Phong, c’est un nouveau qui débarque pour le remplacer : Michael Jones. Il sort en revanche un troisième 45 tours en solo avec Back To The City Again et Laëtitia.

En 1979, Taï Phong se sépare ; « Le groupe s’est arrêté parce que les groupes, ça meurt » déclarera Goldman.

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Il suffira d'un signe

En 1981, Jean-Jacques Goldman sort son premier album solo. Il souhaitait appeler cet album Démodé, mais la maison de disques ayant refusé ce titre, il restera sans nom.

C’est avec la chanson Il suffira d'un signe que Goldman commence à connaître le succès. Le second extrait de l'album, Quelque chose de bizarre, sera toutefois un échec commercial. Le chanteur envisage encore de tenir le magasin familial Sport 2000 avec son frère Robert en cas d'échec par la suite, et continue d'y travailler jusqu'en décembre 1982.

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Quand la musique est bonne

En 1982, sa maison de disques, Epic, presse Jean-Jacques Goldman de sortir un autre album, toujours sans nom (son titre officieux est Minoritaire, mais ce nom-ci fut aussi refusé par la maison de disques car « pas assez positif »), avec des titres comme Quand la musique est bonne, Comme toi, Au bout de mes rêves ou encore Je ne vous parlerai pas d’elle. L'album se vend à plus de 200 000 exemplaires.

Après les tubes de l’album, il persévère et donne enfin un titre officiel à son troisième disque, qu'il intitule Positif, par réaction au refus des noms des deux premiers albums par la maison de disques. L'album, qui contient les chansons Encore un matin, Envole-moi et Long Is the Road (Americain), se vend à plus d'un million d'exemplaires.

Pour sa tournée, il fait appel à un musicien qu’il connaît : Michael Jones. C’est à partir de ce moment que la complicité entre les deux artistes commence réellement, alors que les deux se connaissaient depuis les années Taï Phong. En effet, Goldman ne voulait pas quitter son travail pour partir en tournée avec le groupe et c'est Jones qui l'a remplacé après les auditions.

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Je te donne

En 1985, le titre Je marche seul annonce un nouvel album : Non homologué.

Cet album contient un duo français/anglais avec Michael Jones : Je te donne, qui reste huit semaines au sommet du top 50. L'album contient également le tube Pas toi que Goldman a hésité à sortir en single, compte tenu du succès phénoménal de l'album qui se vend à 1,3 million d'exemplaires. Pas toi figurera dans les cinq premières places du top 50.

Cet album sera joué en tournée et entraînera la sortie du 1er album enregistré en public de l'artiste dont le single La vie par procuration s'imposera comme le premier titre enregistré en public à atteindre les cimes du Top 50. C'est au cours de cette tournée que l'on découvre Carole Fredericks, alors choriste de studio (elle continuera notamment pour François Feldman). Elle donne notamment de la voix sur Long Is The Road (Américain).

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Entre gris clair et gris foncé

En 1987, Jean-Jacques Goldman sort un double album, Entre gris clair et gris foncé, avec des titres comme Elle a fait un bébé toute seule, Puisque tu pars, Il changeait la vie, ou encore, en duo avec Sirima, Là-bas (Goldman et Sirima enregistreront deux ans plus tard un duo en anglais, I Need To Know, paru sur l'unique album de Sirima).

Entre gris clair et gris foncé contient notamment des chansons écrites depuis le milieu des années 1970.

C'est aussi le premier album pour lequel Goldman collabore avec Carole Fredericks : elle prête sa voix, alors uniquement en tant que choriste, sur le premier titre du double vinyle, (intro) À quoi tu sers, ainsi que sur Quelque part, quelqu'un. L'album se vend à plus de 2 millions d'exemplaires.

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Fredericks Goldman Jones

À la suite de la tournée Entre gris clair et gris foncé, au cours de laquelle Jean-Jacques Goldman met en avant ses musiciens, il enchaine sur la création de l'album suivant.

Lors du processus de création de l'album, ce sont des chansons à plusieurs voix qui s'imposent naturellement. En 1990, débute une nouvelle phase dans la carrière de l'artiste : il s'entoure en effet de ses amis Carole Fredericks et Michael Jones. Ils signent un premier album à leurs noms : Fredericks Goldman Jones, qui devient par extension le nom du trio. Le titre initial envisagé était Récréation, à entendre sous la sonorité « Re-création ». L'album, qui contient des titres comme À nos actes manqués, Un, deux, trois, C'est pas d'l'amour ou encore Né en 17 à Leidenstadt, se vend à plus de 2 millions d'exemplaires.

En 1993, paraît l'album Rouge. Le trio profite de la chute du rideau de fer pour aller enregistrer une partie de son album à Moscou. Outre la chanson titre, l'album contient les chansons Juste après et Fermer les yeux. Il se vend à près de 1,3 million d'exemplaires.

Les tournées du trio Fredericks Goldman Jones alternent des concerts avec plusieurs milliers de personnes au Zénith et d'autres avec seulement une petite centaine dans des salles de province. L'enregistrement, qui suivra cette deuxième tournée du groupe, donnera naissance à l'album Du New Morning au Zénith, qui retrace les ambiances bien différentes des spectacles.

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En passant

En 1997, Jean-Jacques Goldman revient à des mélodies brutes, acoustiques et blues. Son nouvel album solo, En passant, connaît un succès retentissant avec des chansons comme On ira, Nos mains, Sache que je ou Bonne idée.

Album résolument intimiste, il traite en partie de la question de l'existence (On ira, En passant, Bonne idée) et de l'amour (Sache que je, Quand tu danses, Les Murailles). On y retrouve quelques allusions personnelles (rares chez Goldman) comme dans Les Murailles ou Quand tu danses.

La tournée qui suit est, elle aussi, beaucoup plus intimiste et plus acoustique que la tournée précédente Rouge. On peut noter comme principaux titres enregistrés en public : Ne lui dis pas, Le Rapt (chanson du 1er album), Là-bas, À nos actes manqués, Au bout de mes rêves, Sache que je et Pour que tu m'aimes encore (ultime chanson du spectacle).

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Chansons pour les pieds et dernière tournée

En 2001, Jean-Jacques Goldman se veut « musicien pour les pieds » (en d'autres termes, un auteur de chansons faites pour danser) avec des succès comme Ensemble, Et l'on n'y peut rien, Les Choses et Tournent les violons.

L'album acoustique aux percussions plus recherchées qu'était En passant fait place à un disque très simple musicalement, mais avec des arrangements différents à chaque chanson, chaque nouvelle danse. Zouk, gigue, disco côtoient les traditionnelles ballades du chanteur. L'album se vend à 1,6 million d'exemplaires.

En 2002, il rappelle sa troupe de musiciens pour ce qui est sa dernière tournée en date. On retrouve sur scène les musiciens de toujours, Michael Jones (guitares) et Claude Le Péron (basse) mais également Christophe Nègre (Saxophone-Clavier-Flûtes), Jacky Mascarel (claviers) et Christophe Deschamps (batteur). Au son, on retrouve Andy Scott et aux lumières Frédéric Pévéri. Il s'agit de la même formation que lors de la tournée En passant en 1998-1999.

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L'après Chansons pour les pieds

En 2004, Jean-Jacques Goldman compose une chanson en l'honneur de Michael Jones sur l'album de ce dernier, Le Frère que j'ai choisi. En fin d'année, sort le single La Chanteuse de bal, chanson écrite et composée par Goldman pour Liane Foly. Il participe la même année aux Francofolies de la Rochelle et au concert « Les vendanges du cœur » à Ouveillan.

En 2005, il compose trois titres (textes et musique) et deux textes pour l'album de Patrick Fiori, Si on chantait plus fort.

En , le quotidien belge La Dernière Heure/Les Sports a prétendu que Goldman s'apprêtait à arrêter sa carrière et que l'annonce en serait faite dans un livre signé de Fred Hidalgo (directeur du magazine Chorus). L'auteur a démenti la sortie d'un livre et Goldman, à travers un démenti publié auprès de l'AFP, a déclaré : « Je commence à lire des articles dans la presse prétendant que j'arrêterais la chanson, c'est faux. »                       En 2006, il signe les paroles de Viens me chercher dans l'album de Garou intitulé Garou. En 2007, sort 4 Mots sur un piano, un titre composé et chanté par Goldman, accompagné de Christine Ricol et Patrick Fiori.

Le , dans une interview au quotidien Le Figaro, Jean-Jacques Goldman dément toute préparation d'album. Dans le même entretien, il déclare ne pas savoir quand il reviendra sur scène et que ce ne sera « en tout cas pas dans les années à venir ».

En 2009, il adapte deux chansons de Michael Jones, Comme un père et D'hôtel en hôtel. Le 26 juin de la même année, il rend hommage à Michael Jackson sur les ondes de RTL, au micro de Laurent Boyer. En décembre, il participe au concert de Patrick Fiori à Aix en Provence.

En 2010, il compose quatre titres et un texte sur le nouvel album de Patrick Fiori, L'Instinct masculin, dont Peut-être que peut-être disponible en radio à la fin d'août. En novembre 2010, il interprète La Promesse, en duo avec Grégoire, sur l'album de ce dernier, intitulé Le Même soleil. En trente ans de carrière, c'est la seconde fois que Goldman interprète un duo sur une chanson originale qu'il n'a ni écrite, ni composée. C'est d'ici que je vous écris est le premier extrait du best of de Calogero, V.O/ V.S, sorti le 22 novembre 2010. Ce titre inédit a été écrit par Goldman et composé par Calogero. Il s'agit de la deuxième collaboration entre les deux chanteurs, après C'est dit, sortie en 2009.

Initialement prévu à la composition de la bande originale du long métrage Titeuf, le film, (sorti en avril 2011), Goldman n'a finalement ni écrit ni composé. Il a malgré tout eu un rôle clé, puisqu'il a réussi à inciter Zep à composer lui-même la musique, avec l'aide de Robert Goldman, Nicolas Neidhardt et Thierry Blanchard. On le retrouve tout de même sur le titre Les filles à quoi ça sert ?, accompagné par Bénabar, Francis Cabrel et Alain Souchon.

En , Jean-Jacques Goldman annonce que son retour en solo n'est pas à l'ordre du jour, et qu'aucun album n'est prévu dans les années à venir. À l'occasion du concert donné par Rockaway à l'Olympia le  pour l'association ELA, Goldman interprète Border Song d'Elton John. Le , il donne un concert à Ouveillan pour « les Vendanges du Cœur » en compagnie de Patrick Fiori, parrain de la manifestation, et de Mickaël Miro.

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