LES GRANDS COMPOSITEURS DE LA MUSIQUE FRANCAISE 4) EPOQUE ROMANTIQUE
La période historique est définie par la classification musicologique telle que présentée dans la chronologie de la musique classique.
La transition classique - romantique
2021 ‧ éducation musicale — by nikkojazz.
Le romantisme est né, à la fin du 18è siècle, en réaction contre le classicisme et le règne de la raison. Anglais dans ses premières manifestations, il est également pressenti en Allemagne (par Goethe et Schiller), ainsi que dans le théâtre français de la fin du 18è siècle (Beaumarchais) et dans les oeuvres de J.-J. Rousseau.
Son apparition fut plus tardive dans le monde musical puisqu'il fallut attendre le début du 19è siècle et les oeuvres de Beethoven, Weber et Schubert pour en trouver les premiers symptômes notables. Il ne s'affirmera pleinement, cependant, qu'à partir des années 1830. De manière générale, en musique, le romantisme désigne le type de musique qui s’entretenu du début du XIXe jusqu’au début du XXe siècle La musique romantique vise à bouleverser l’émotion. Dès la fin de la période classique, les instruments changent, le piano (forte) remplace le clavecin, l’orchestration devient de plus en plus élaborée, certains instruments, comme le cor, se développent et les sonorités deviennent plus « colorées ».
Les formes typiques de musique romantique :
La symphonie
Le lied
le concerto
le ballet
Qu’est-ce que le Romantisme ?
Que recèle ce simple mot qui traversa tout le XIXème siècle, enflamma le cœur et l’âme de tous les artistes. Que cache-t-il au juste ? Car à sa simple prononciation, nous avons tous un certain nombre d’images qui défilent devant nos yeux, et les oreilles qui résonnent de musique qui ne nous sont pas inconnues. Voici ce que nous donne le « Petit Robert » :
« […] Nom donné à un mouvement de libération du moi, de l’art, qui, en France, s’est développé sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, par réaction contre la régularité classique et le rationalisme philosophique des siècles précédents […] »
Le romantisme est un mot à l’image de son temps, complexe, qui regroupe en son sein plusieurs mouvements. Nous devrions dire non pas Le Romantisme, mais Les Romantismes. Car, en vérité, il touche des domaines aussi divers que les arts (c’est sans doute là où il est le plus connu), mais aussi la politique, l’histoire…Il dépend du lieu. Il existe autant de romantismes que de nations (c’est la grande époque des éveils nationaux, prise de conscience de l’identité des peuples) Il ce dégage de ce mouvement de grandes lignes constantes, à savoir :
- Prise de conscience du Moi (et l’on classe ici l’éveil des spécificités nationales).
- Réaction contre le rationalisme classique (on passe du siècle des Lumières et de la Raison à celui de l’Interrogation et de la Remise en cause, dont une ébauche de réflexion avait été amorcée sous certaines formes durant le Révolution Française).
- Réaction contre la régularité classique (les exemples les plus flagrants se trouvent sans conteste dans les arts : la poésie se libère, la peinture se découvre, les artistes s’épanchent…)
Le Dictionnaire Historique de la Langue Française et Encyclopædia Universalis France, sont d’accord pour annoncer la naissance de l’adjectif « romantique » dans le courant du XVIIIème siècle.
Ce sont les anglais qui nous devancent. Ils l’utilisent depuis 1650 (romantic) en tant qu’adjectif, et 1679 pour le nom. À son origine se trouve un mot, ou plutôt des mots, encore plus anciens :
- romanticus (latin moderne – XVème siècle).
- romant ou romaunti eux-mêmes tirés de romanz (ca. 1135).
Les caractéristiques musicales du romantisme :
C’est le temps des extrêmes en musique : les compositeurs écrivent aussi bien de courtes pièces pour voix (lieder d’Hector Berlioz, 1803-1869), pour piano (Robert Schumann, 1833-1897) ou opéras (Richard Wagner, 1813-1883).
Cette époque est celle du nationalisme : les musiciens écrivent des œuvres dans leur langue et non plus seulement en italien et utilisent des légendes populaires de leur pays.
Date clé : 1848 : le « printemps des peuples » et début de la 2ème république (fin de la monarchie).
les principaux genres musicaux de cette époque
La musique de chambre
Le piano est l’instrument roi, celui qui recueille les impressions musicales les plus intimes des compositeurs (Franz Liszt, ou Frédéric Chopin, 1810-1849). Il est utilisé en soliste ou en accompagnement d’une voix ou comme partenaire de quelques cordes ou de quelques vents (Franz Schubert, 1797-1828). Le piano est utilisé presque comme un orchestre : on utilise toutes ses possibilité grâce à l’amélioration de sa facture. On recherche aussi des effets encore ( cadences improvisées très rapides). Harmonie très élaborée et suave, modulation extrême (4b à 5#). C’est mélancolique (recherche expression, expression du Moi intérieur). Le titre est descriptif et évocateur de sentiments… le rêve, l’imaginaire (cf. le mot « roman ») et l’amour (la grande maladie de ce 19ème siècle).
La musique d’orchestre
L’époque romantique voit l’orchestre se développer considérablement : il atteint un effectif très important avec l’utilisation systématique des cuivres et des percussions dont la palette s’étend. Ce grand orchestre est capable de jouer des nuances pianissimo comme des nuances fortissimo. Une symphonie peut durer jusqu’à 2 heures et le soliste privilégié du concerto reste le piano.
L’opéra
Désormais ce genre raconte souvent des histoires contemporaines dans leur propre langue (Gioacchino Rossini, 1792-1868). Il peut atteindre des proportions gigantesques : 4 heures chez Wagner.
La musique de ballet
Un ballet est un spectacle donné par un ensemble chorégraphique composé d’une troupe de danseurs et de danseuses. Au 19ème et au 20ème siècles, les divers aspects d’une suite peuvent être regroupés en deux principales tendances : la suite de ballet et la suite de danses.
Progrès et nouveautés
Les progrès de la facture instrumentale
Ces progrès sont favorisés très largement par l’industrialisation qui ne cesse de se développer au 19ème siècle. En effet, le fabrication des instruments va se transformer radicalement. Ces transformations vont surtout toucher les instruments à vents (les bois et les cuivres). Bois et cuivres dont on va améliorer tout d’abord la justesse en multipliant le nombre des clefs (pour les bois) et en ajoutant des pistons (pour les cuivres). En même temps, on va inventer de nouveaux instruments de ce type : par exemple, le cornet à piston qui date de 1830 et qu’on va employer assez vite à côté des trompettes dans les symphonies ; le saxophone qui date de 1846 mais qui lui va tarder longtemps avant de s’implanter dans l’orchestre ; les cuivres eux s’enrichissent de l’ophicléide (sorte de tuba grave). On va chercher à créer des familles instrumentales notamment avec l’élaboration d’instruments plus graves : par exemple, on ajoute à la flûte, la flûte grave en sol (flûte alto) pour compléter cette famille des flûtes ; on déjà un tuba c’est pourquoi on imagine un tuba plus grave (le tuba wagnérien). Evidemment, selon les pays on a des particularités…
Parmi les instruments qui sont couramment utilisés dans la symphonie, certains vont tout de même avoir un rôle « renouvelé » (par exemple, le violon alto qui jusque là est un instrument de remplissage entre les cordes graves et les cordes aiguës : le violon alto va devenir un instrument à part entière au sein de l’orchestre grâce en particulier à Berlioz qui lui donne volontiers le rôle de soliste). BERLIOZ va conseiller l’équilibre des nombres d’instruments : dans un orchestre classique (du 18ème siècle) il peut y avoir une vingtaine de violons, une dizaine de violoncelles et puis 2 altos mais ce n’est pas du tout ce que l’on va avoir au 19ème siècle où l’on aura une décroissance par pupitre au fur et à mesure qu’on entre dans le grave (donc on va renforcer considérablement le pupitre d’alto). Berlioz est le premier à lui donner un rôle de soliste dans sa symphonie « Harold en Italie ».
Les violoncelles ne se cantonnent plus au rôle de basse mais peuvent aussi avoir un rôle de soliste et même lorsqu’ils sont en tutti des mélodies très expressives (on peut les charger d’exposer un thème). Autre particularité importante : les contrebasses s’émancipent des violoncelles (elles jouent progressivement un rôle qui leur est propre). Dans une partition classique (jusqu’à la fin de Mozart) on dit que les cordes sont écrites à 4 parties (quatuor à cordes) : les contrebasses sont bien présentes mais elles jouent la même chose que les violoncelles. Au 19ème siècle, on n’écrit plus pour le quatuor à cordes mais pour le quintette à cordes (les contrebasses ont leur ligne autonome).
Toujours dans cette conquête de familles instrumentales, apparaît le cor anglais qui sert de hautbois grave, la clarinette basse (et même la clarinette contre-basse en 1889), le contrebasson (basson grave) : ces instruments viennent s’introduire progressivement. On a même introduit une contrebasse géante pour ajouter encore des graves : l’octobasse de Vuillaume (mais c’est une chose qui restera à l’état expérimental et qui ne va pas s’imposer). C’est aussi le développement des cuivres avec Aldophe Sax (Saxhornsaxophone en 1844), l’ophicléide (apparu en 1817). Tous les instruments reçoivent des aménagements : soit pour la virtuosité, soit pour donner à la sonorité le maximum de volume et d’éclat, la flûte passe de l’ébène au métal [mais reste classée parmi les bois] modification de la barre des violons et des archets [la famille Tourte donne une courbure à l’archet]. C’est aussi la naissance de l’accordéon (construit par Debain à Vienne peu avant 1830).
Autre domaine important de la facture instrumentale qui évolue beaucoup, c’est la facture d’orgue sous l’influence d’un facteur d’orgue (français) qui va dominer tout le 19ème siècle : Aristide CAVAILLE-COLL. En effet, ce facteur d’orgue transforme l’instrument pour le faire devenir un orgue symphonique (c’est à dire une orgue qui s’efforce d’imiter l’orchestre). Ainsi, l’orgue va “sortir” des églises pour envahir les salles de concerts et donc l’orgue va s’ajouter à l’orchestre de même d’ailleurs que les harpes que l’on ne trouvait pas dans l’orchestre classique. Dans le domaine des claviers, on peut aussi noter l’apparition du célesta en 1886.
On voit donc qu’au cours du 19ème siècle, l’orchestre va prendre la physionomie qu’il a conservé à notre siècle (du moins du côté des cordes et des vents). En revanche ce qui ne se développe toujours pas (ou presque pas) au 19ème siècle, c’est le domaine des percussions : on garde les timbales (que l’on multiplie : au lieu d’avoir une paire de timbale, on a 3 ou 4 timbaliers) ; parfois dans des œuvres très sonores, la grosse caisse ; la caisse claire ; le tambour militaire ; les cymbales ; et le triangle. Mais ces percussions sont encore des instruments d’appoint dont le rôle reste tout de même extrêmement mineur (sauf dans la musique exotique de la fin du siècle).
Dans le domaine de l’orchestration, Berlioz est sans aucun doute le plus novateur, c’est lui qui pousse les recherches le plus loin (les allemands sont beaucoup plus frileux en la matière et restent fidèles à l’orchestre classique un peu amplifié mais avec beaucoup moins d’originalité que chez Berlioz : il faut attendre WAGNER pour “rattraper” l’orchestre de Berlioz). Enfin, les compositeurs vont s’efforcer de tirer des instruments existants des sonorités inédites : d’abord par extension de la tessiture (au lieu de faire jouer l’instrument dans les médiums, on va chercher des notes de plus en plus aiguës [dans les graves on est un peu plus limité]). Les techniques du violon se développent beaucoup : on ne joue plus seulement avec l’archet, en pizzicato, mais par exemple avec le bois de l’archet (con legno) pour créer un effet particulier…
Berlioz a laissé un traité d’orchestration : « Grand Traité d’Instrumentation et d’Orchestration Moderne » qui est paru en 1843 à Paris et qui sera augmenté et réédité en 1855.
Augmentation des effectifs de l’orchestre
Dans les années 1830-1850 (1ère moitié du 19ème siècle), l’orchestre symphonique inclus généralement outre les cordes et les timbales, une vingtaine d’instruments à vents (il y a donc déjà un progrès par rapport aux premières symphonies de Beethoven) : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, un tuba ou un ophicléide. Ce qui nous mène donc avec les cordes à une soixantaine d’instruments. Peuvent s’y ajouter : le piccolo (flûte aiguë), le cor anglais (hautbois grave), le contrebasson (basson grave), voire même plus exceptionnellement la clarinette basse. Après 1850, les bois ne sont plus généralement groupés par 2 mais par 3 puis assez rapidement par 4 (et parfois encore davantage à partir de MALHER, c’est à dire à partir de 1888). Le saxophone ne prend sa place qu’exceptionnellement dans l’orchestre romantique (il ne fut pas rapidement assimilé par rapport à d’autres instruments).
Développement des concerts symphoniques publics
Les concerts publics se développent beaucoup. Une quinzaine de grandes associations à vocation nationale sont créées en Europe entre 1813 et 1880 où l’on produit donc ces grands orchestres avec un répertoire symphonique qui attire le public. Du même coup, apparaît (très tôt dans le siècle) la fonction de chef d’orchestre (n’oublions pas qu’à la période baroque le “chef” de l’orchestre était le claveciniste qui réalisait la basse continue, lorsque le clavecin disparaît le chef d’orchestre qui n’en est pas un était le 1er violon, quand on a un orchestre monumental et lorsqu’on veut donner du spectacle et bien on imagine cette fonction de chef d’orchestre) car les effectifs de l’orchestre augmentent et les partitions sont de plus en plus difficiles. Les grandes villes d’Europe vont donc se doter d’un orchestre symphonique important et en même temps d’une salle qui va permettre d’accueillir cette orchestre (on construit donc dans les grandes villes d’Europe des salles de concert dont certaines sont encore d’usage aujourd’hui) : auparavant on donnait les concerts dans les salles d’opéra (on mettait les compositeurs sur scène au lieu de les mettre dans la fausse) ou dans les églises.
Les formes
Si la symphonie prend un essor aussi considérable, si elle se développe tant c’est parce qu’elle prend des proportions beaucoup plus considérables au 18ème siècle. On va donner en particulier une importance toute nouvelle aux mouvements lents qui seront le lieu privilégié de l’expression romantique (c’est l’endroit où le musicien romantique pourra s’exprimer). La forme sonate continue à vivre mais les thèmes vont se multiplier (on parlera de groupe thématique et non plus de thème), vont considérablement s’allonger ; les développements vont prendre une importance considérable en devenant quasiment la partie essentielle du mouvement (là encore le développement devient le moment où le compositeur romantique va pouvoir s’exprimer ; la réexposition ne sera plus jamais textuelle (la réexposition est un nouveau prétexte à présenter le thème d’une autre manière, à le développer autrement…). Le mouvement lent conserve les formes lied traditionnelles mais en se développant (au lieu d’être un lied simple ABA’ on aura par exemple ABAB’A’ ou ABA’B’A” ou toute autre formule qui est une forme ABA agrandie). Le menuet, en 3ème position, cède définitivement la place au scherzo (le scherzo remplace le vieux menuet). Enfin, en 4ème position, le rondo a tendance à disparaître au profit de la forme sonate ou de formes complexes originales (le rondo est trop simple, trop clair comme structure avec son retour de refrain, trop classique et ne convient donc plus à l’esprit des gens du 19ème siècle).
La symphonie prenant des proportions de plus en plus considérables, voyant ses thèmes se multiplier, c’est un genre qui devient moins facile à entendre par le public (le public se perd dans ce déluge de notes et repère les formes auxquelles il est accoutumé avec beaucoup moins d’évidence) : on va donc trouver de nouveaux systèmes pour donner des repères à l’auditeur. Un de ces nouveaux systèmes va consister dans des rappels thématiques (leitmotiv). On imagine donc des thèmes qui peuvent être réutilisés dans plusieurs mouvements : cette structure va donner matière aux formes cycliques.
Le compositeur romantique rejette les formes strictes, classiques trop apparentes. En fait, c’est sur les formes classiques que le compositeur va s’ingénier à trouver quelque chose d’original, à transformer légèrement le schéma classique pour que chaque œuvre devienne originale en soi, possède quelque chose de totalement inédit. Le pic, le sommet de cette évolution va voir la symphonie se dissoudre complètement dans un genre nouveau que l’on appellera le poème symphonique (Liszt en est l’initiateur). Dans le poème symphonique, qui est une œuvre pour orchestre pure, l’effort traditionnel de la symphonie s’efface sous une idée générale qui la plupart du temps est une idée littéraire.
Le romantisme est une période très longue (1 siècle), il arrive après le romantisme littéraire. Les salons sont très prisés, beaucoup de concerts intimes.
- Réaction contre le classicisme ; revendication : liberté de forme et de langage.
- Exaltation de l’individu, de la sensibilité.
- Source d’inspiration : la nature, l’exotisme...
- Transformation des formes anciennes : sonates, concertos, symphonies (jusqu’aux limites de l’éclatement).
- Apparition de formes nouvelles (musique à programme : poème symphonique, Impromptus, ballades, rhapsodies, lied vocal, opéra légendaire).
- C’est à l’intensité de l’expression qu’on jugera une œuvre.
Source : internet (cours de Xavier Minaert)
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https://www.edmu.fr/2010/05/le-romantisme.html
LA MUSIQUE ROMANTIQUE EN FRANCE
Date de publication : février 2005
Auteur : Jérémie BENOÎT
Face à l’expansion de la bourgeoisie et au culte de l’enrichissement personnel, les artistes développèrent à l’époque romantique une sorte de contre-pouvoir fait de fantaisie, par lequel ils entendaient rendre sa grandeur à l’homme. La révolte devint le moyen d’échapper à une société jugée étriquée, n’offrant aucun avenir. Si les écrivains brandirent le spectre de Napoléon en héros outrepassant les règles sociales pour se libérer (Hugo, Les Misérables, Musset, La Confession d’un enfant du siècle, Stendhal, Le Rouge et le Noir), les musiciens, suivant en cela le modèle allemand (Hoffmann, Schubert), tentèrent aussi d’échapper à des formes artistiques trop rigides. Chopin, né d’une mère polonaise et d’un père français, s’attacha à développer des préludes, valses et « polonaises », Berlioz reprit la formule de la musique à programme (poème symphonique) qu’il introduisit d’abord dans sa Symphonie fantastique (1830), dont la création provoqua un tollé semblable à celui que suscita Hernani au théâtre. Tous deux furent incompris de leur temps, mais si Chopin devint le symbole du peuple polonais opprimé et mourut phtisique après des amours agitées avec George Sand, Berlioz poursuivit avec insistance une œuvre qui le mena jusqu’à la démultiplication de l’orchestre dans son Requiem. Figurant malgré eux parmi les premiers artistes maudits, ils anticipent sur un type de personnalité artistique qui éclora à la fin du XIXe siècle. Au sein du mouvement romantique cependant, les musiciens français, contrairement à la situation dans d’autres pays, sont relégués derrière les poètes, les dramaturges et les peintres.
Jérémie BENOÎT, « La musique romantique en France », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 01 mai 2021. URL : http://histoire-image.org/fr/etudes/musique-romantique-france
Période musicale qui couvre le XIXème siècle et qui est essentiellement dominée par l'expression des sentiments, des passions et rêveries
Publié par Bertrand le 05/07/2020 Musiclic 2004-2021
La période du romantisme se prolonge durant tout le XIXe siècle. Sur le plan historique ou économique, c’est l’ère de la restauration et des révolutions qui amène beaucoup de progrès sur le plan scientifique et industriel. Et, sur le plan musical, le romantisme est un mouvement révolutionnaire qui touche toute l’Europe.
Les caractéristiques des œuvres du romantique sont la passion, la sensibilité, les sentiments, les rêveries, le fantastique et l’irrationnel. La musique romantique est un genre musical composé dans le but de susciter les émotions dans ses formes les plus connues.
Déjà dans la période classique, le mouvement allemand « Sturm und Drang », traduit par orage et passion, en a montré les prémices de cette musique tumultueuse et passionnée. Les compositeurs contemporains s’y sont prêtés à ce style initié en grande partie par Beethoven avec ses œuvres de « musique absolue ».
La période du romantisme se divise en trois parties : le début du romantisme s'étend jusqu’en 1830. Ensuite, son apogée est en 1850. Et, pour finir avec le romantisme tardif à la fin du siècle, et au post-romantisme vers le siècle suivant.
Les caractéristiques de la musique romantique
La composition et l’écriture
Au début de la période, l’influence du classique reste ancrée dans les compositions des œuvres de certains compositeurs comme Schubert, Schumann ou Brahms pendant que d’autres cherchent les émotions musicales et instrumentales plus fortes et explicites. À cette ère où la musique n’est plus un art mineur, l’individualité des styles est très prisée.
Si la musique classique était encore un peu réservée dans l’expression de sentiments, le romantisme, lui, apporte une nouvelle forme d’écriture musicale en repoussant un peu plus les limites. En effet, la musique classique traduisait à cette période la sérénité et la légèreté alors que la musique romantique se veut plus passionnée.
La musique romantique doit alors traduire et exprimer les passions humaines, la profondeur des sentiments, les sentiments de joie, de colère, de tristesse, de désespoir, de colère, de révolte et d’exaltation. Et tout ça avec passion. Dans la production de cette musique, l’ardeur des sentiments du compositeur se reflète dans son œuvre et dépasse tout entendement à en tourmenter l’âme de son auditeur.
Le langage musical
Dans le langage musical, ce sont les récits qui content les amours, les passions et la tourmente des hommes qui prennent une grande place. Et, les compositeurs s’inspirent des grands œuvres littéraires de l’époque pour composer leurs musiques avec l’instrument phare qu’est le piano.
Le langage musical est assez complexe, les compositeurs développent les sons qui imitent ceux de la nature avec leurs instruments. Ils s’expriment avec plus d’harmonie, de mélodie et de rythme. À la période du romantisme, la virtuosité est un maître mot.
La diffusion de la musique romantique
Ecoles de musique romantique
Les écoles de musique romantique en France, les écoles de musique à l’ère du romantique sont dominées par deux courants musicaux. Le courant post-wagnérien regroupant les élèves de César Frank : Vincent d’Indy, Ernest Chausson, Henri Duparc, ainsi que par Emmanuel Chabrier et Albéric Magnard. Et, le courant classique et académique représenté par Camille Saint-Saëns, Gabriel Fauré, Édouard Lalo, Georges Bizet, Léo Delibes, Paul Dukas.
Le système de notation et le solfège
La cadence n’est plus improvisée par l’interprète, mais elle est écrite par le compositeur.
Les compositeurs et les œuvres musicales
Les compositeurs qui ont marqué cette période du romantisme sont :
- En Allemagne et en Autriche, les artistes Carl Maria von Weber, Franz Schubert, Felix Mendelssohn, Robert Schumann, Johannes Brahms et Richard Wagner qui représentent cette période. Également compositeurs de la saison du « grand symphoniste allemand ». Franz Schubert était réputé pour la composition des sonates, impromptus et moments musicaux. Robert Schumann pour les œuvres Papillons, Davidsbündlertänze, Carnaval, études symphoniques, Scènes d'enfants, Carnaval de Vienne et, Fantasiestücke. Et, Johannes Brahms pour ses sonates, rhapsodies, intermezzos, fantaisies et, danses hongroises.
- En France, ce sont Hector Berlioz et le polonais Frédéric Chopin. Frédéric Chopin composait des préludes, études, nocturnes, mazurkas, valses et Polonaises.
- Et, en Italie, le romantisme est représenté par les compositeurs d’opéra Gaetano Donizetti, Gioachino Rossini, Vincenzo Bellini et Giuseppe Verdi.
- Sans oublier l’illustre Ludwig van Beethoven qui fut de la période du classique, mais dont les œuvres influencèrent pour beaucoup le style romantique.
- Et aussi les autres compositeurs Piotr Ilitch Tchaikovski, Georges Bizet, Gabriel Fauré, Antonín Dvořák, Franz Liszt, César Franck, Gustav Mahler, Bartholdy, Weber, Bruckner, Puccini, Paganini, Rachmaninov, Rimski-Korsakov, Borodine, Moussorgski, Scriabine, Saint-Saëns, Gounod, Bizet, Dukas, Delibes, Grieg, Sibelius, Dvorak, Vieuxtemps, Elgar, Hoffmann, Bizet, Cui, Balakirev, Dvorak, Smetana, Grieg, Sibelius, Debussy et Strauss.
Les musiciens se démarquent dans leur dextérité et leur virtuosité à cette période. Franz Liszt pour le piano, et Niccolò Paganini pour le violon. À la période du romantique, la symphonie est amenée à son apogée par Ludwig van Beethoven. Et, il fait apparaitre les premières manifestations du romantisme musical avec la création de la musique absolue.
En se défaisant des influences de ses mécènes, il put se libérer dans ses inspirations. Ses œuvres telles que la série des 32 sonates pour piano furent une grande révolution dans le domaine musical à cette époque.
Émancipation du compositeur à l’ère du romantique
Dans leurs créations, les musiciens veulent s’affranchir de l’emprise de leurs commanditaires et mécènes : rois, haute bourgeoisie et églises pour évoluer dans des thèmes qui les passionnent. Chose qui resta encore difficile, car faute d’appui financier, il est difficile pour les artistes de vivre sans commandes.
Seuls quelques musiciens pouvaient se libérer de cette dépendance et, par leur notoriété, s’offrir les services des organisations preneurs de leurs offres. Tel est le cas pour Mozart ou Beethoven, musiciens libres et dépendants qui mettent l’aristocratie, admiratrice de leur travail, à leurs services.
Les rôles du compositeur s’élargissent. Les musiciens interviennent aussi dans d’autres domaines tels que l’écriture comme Berlioz, Schumann et Wagner. Ils deviennent facilement des interprètes des œuvres de leurs contemporains comme le font Chopin ou Liszt. Et, avec la demande des écoles, ils se transforment aussi en théoriciens comme Berlioz.
Les formes musicales évoluées
Ce sont les styles importés de la période du classique et qui se sont enrichis au cours des années avec les améliorations au cours des siècles précédents.
- La symphonie du romantique remplace le concerto grosso du classique. Beethoven en fit l’une des formes musicales les plus privilégiées du répertoire classique. Et, Haydn modela sa forme pour faire d’elle la symphonie connue du monde moderne. Sa forme a évolué jusqu’au début du XXe et épouse des variétés imaginées par les compositeurs. La symphonie devient la plus prestigieuse de la musique romantique et la plus prisée des compositeurs.
- La symphonie vocale est une transformation de la symphonie, une œuvre instrumentale interprétée par un soliste sur un fond lyrique poétique.
- La symphonie pour instrument soliste est une autre évolution musicale de la symphonie quand les compositeurs écrivent des symphonies sur un seul instrument. À cette époque, ce fut pour le piano et l’orgue.
- Le concerto hérité de la période classique évolue dans son thème et son esthétique. Il va permettre aux compositeurs d’exprimer leur virtuosité dans un instrument.
- L’opéra romantique dont Paris est le foyer est un des dérivés de l’opéra français
Les nouvelles formes musicales
Ce sont les formes qui se sont créées à l’issue de l’imagination affranchie des compositeurs.
- La musique absolue ou musique pure est une musique instrumentale exécutée dans la forme la plus pure sans accompagnement vocal pour exprimer les émotions du compositeur.
- La musique à programme, contrairement à la musique absolue, s’interprète avec un accompagnement vocal. Elle décrit des thèmes comme la poésie, les récits ou la littérature et engendre les formes de poème symphonique.
- Les musiques de chambre étaient, à la période du romantisme, une forme très prisée de représentation grâce auxquelles les artistes pouvaient transmettre à leur audience l’intimité de leurs sentiments.
- Le poème symphonique est un genre musical composé pour un orchestre symphonique portant sur des sujets d’ordre littéraire, philosophique, pictural ou descriptif. Il est accompagné d’un chœur ou d’une voix de soliste qui raconte l’histoire au long de la musique. Le poème symphonique se décline plus tard en raison d’une volonté de dissocier les compositions musicales de l’influence littéraire.
- Le lied, de sa traduction littérale : chant, est un poème qui se chante avec l’accompagnement d’un piano ou d’autres instruments musicaux. Son origine est allemande. Le lied fait partie du genre musical de la petite forme par opposition à la symphonie qui, elle, fait partie du genre grand forme. Le lied était composé sur plusieurs thèmes tels que l’amour, les voyages ou la nuit. Le lied est apparu avec l’évolution du piano forte et c’est souvent l’instrument qui l’accompagne.
- Les formes de piano romantique
Puisque le piano s’est trouvé au cœur de la création des compositeurs de cette époque, cet instrument a introduit de nouvelles formes dans la musique classique. Des formes dites du « piano romantique ». Ce sont la sonate, le prélude, les études, la ballade, le nocturne, le scherzo, la fantaisie, la fugue, l’impromptu et les pièces de dance.- La sonate est la forme essentielle de musique pour piano.
- Le prélude est une pièce musicale qui sert à introduire une œuvre instrumentale ou théâtrale.
- L’étude est une pièce destinée à parfaire la technique d’exécution du piano, mais qui est une œuvre d’art à part entière.
- La ballade est une pièce instrumentale narrative.
- Le nocturne est une musique portant sur le thème de la nuit ou qui se joue la nuit. C’est une composition mélodique et mélancolique.
- Le scherzo est un morceau vif et divertissant.
- La fantaisie est une composition musicale à forme libre.
- L’impromptu est une composition musicale à forme improvisée.
- La fugue est une forme d’écriture musicale libre et moins rigoureuse.
- Les pièces de danse sont des compositions musicales qui se sont inspirées des rythmes et pas de danse telle que les valses, les mazurkas ou, les Polonaises.
Le romantisme est l’air de la musique instrumentale et le piano l’instrument à l’honneur. Avec la naissance de la musique absolue ou musique pure, les instruments sont mis au chœur de l’orchestre au sein duquel ils prennent une place très importante.
Dans un orchestre produisant une musique pure, par exemple, ce sont les instruments qui vont traduire et exprimer toutes les nuances d’expressions et de sentiments que le compositeur veut transmettre à son audience. Et c’est grâce à la disponibilité d’une importante palette d’instruments que le compositeur a pu transporter son audience dans ses inspirations.
L’orchestre est plus élaboré, plus complexe. Elle se base de la virtuosité de chaque instrument pour en tirer la pétulance et, faire ressortir de plus fortes sensations auditives. Dans un orchestre, le piano remplace définitivement le clavecin tandis que les autres instruments sont conçus avec des sonorités plus élaborées.
Avec les genres de musique variée qui sont nés, l’orchestre du romantique est doté des instruments qui vont transmettre fidèlement les inspirations du compositeur à son audience. Il se compose de violons, violoncelles, altos, contrebasses, flûtes traversières, hautbois, clarinettes, bassons, cors, trompettes et timbales, triangle, grosse caisse, cymbales et piccolo.
Le piano et le violon sont au cœur de la création musicale. Ils sont devenus les instruments de prédilection des compositeurs et leur partie se joue désormais sur des partitions écrites et non plus de façon improvisée. La harpe fit son entrée à la période classique et, se joue désormais dans les orchestres symphoniques comme l’orgue et le célesta.
Publié par Bertrand le 05/07/2020 Musiclic 2004-2021

Une impression de la symphonie fantastique, créé par Harvey Dunn http://www.hberlioz.com/arts/fantastique.htm
L’influence de la France sur la musique de l’époque romantique
Décembre 5, 2015 //pmaghen.wordpress.com

La taille normale d’une symphonie typique de l’époque romantique http://www.ctpost.com/music/article/YouTube-sensation-joins-Stamford-Symphony-in-3900159.php
L’époque romantique a commencé en 1820 et elle a fini en 1900. Beaucoup de critiques pensent que Beethoven était le fondateur de cette époque et il a déplacé la music européen du classique au romantique. Beethoven, pensait que les changements sociaux qui ont eu lieu suivant la révolution française l’ont inspiré pour composer les pièces romantiques qu’il a composées aux dernières années de sa vie. À cause de ces changements, qui ont eu lieu pendant cette période, les musiciens voulaient faire des expériences avec les règles de la musique et ils ont montré ces libérations politiques dans leurs compositions. Les thèmes derrière les pièces romantiques étaient différents. La majorité de thèmes était sur l’appréciation de la nature, la vue du monde surnaturel, un désir de voir son amant et la connaissance de Dieu.

Une peinture romantique qui montre l’appréciation de la nature http://english.unl.edu/sbehrendt/courses/4802/ProjectTopicsSpr2013.html
La France a joué un rôle très important dans le début et l’amélioration de ce type de music. Parmi les compositeurs français les plus connus de cette époque on peut nommer Hector Berlioz, Georges Bizet et Claude Debussy. Aussi, Frédéric Chopin, le plus connu compositeur de musique romantique, a composé la plupart de ses pièces pendant son séjour en France. Les musiciens français ont insisté sur l’importance de symphonies. Dans cette période , les orchestres sont devenus plus grands que la période classique et le piano est devenu l’instrument principal de la plupart des symphonies.

Une image de Hector Berlioz, un compositeur français de l’époque romantique http://www.hberlioz.com/Photos/BerliozPhotos1.html
Hector Berlioz était un compositeur romantique français qui est né en 1803 à la Côte-Saint-André. Il a commencé à étudier la musique quand il avait 12 ans. Bien qu’il voulait apprendre le piano, à cause de découragements de son père, il n’a jamais appris le piano dans sa vie. Après le lycée, ses parents lui ont demandé d’aller à l’école de médecine. Quand il était dans l’école de médecine, il a découvert qu’il aime la musique plus que la médecine. Donc, en 1824, il a officiellement quitté l’école de médecine. Après 2 ans, il s’est inscrit dans le conservatoire où il a rencontré beaucoup de musiciens influents dans cette période. Pour payer les frais de scolarité de son université, il devait travailler dur parce que ses parents ne lui donnaient pas l’argent. Berlioz est devenu amis avec Franz Liszt qui l’a aidé à apprendre les techniques de la musique romantique. Pendant 1830-1845, Berlioz a composé ses chansons les plus connues comme Symphonie Fantastique, Harold en Italie, la Grande Messe de Morts, et Roméo et Juliette.
Frédéric Chopin est en plein romantisme un musicien d'esprit encore classique. Il a joué un rôle exceptionnel dans la formation de l'harmonie moderne et dans l'histoire du piano. Pianiste virtuose, Chopin libère le piano des influences symphoniques et chorales traditionnelles, et développe, parallèlement à Franz Liszt, la notion d’instrument soliste. Il est un compositeur surtout connu pour ses préludes, scherzos, mélodies populaires polonaises et ballades, où se mêlent ferveur et mélancolie
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L'EPOQUE ROMANTIQUE : 1830-1918
Musique d'orchestre
L'époque romantique voit l'orchestre se développer considérablement : il atteint un effectif très important. Les instruments ont maintenant une relative bonne qualité de facture : le cor, le hautbois sont modifiés par les facteurs d'instruments. La flûte traversière est construite en métal afin d’amplifier sa sonorité. Le saxophone est créé par Adolphe Sax. Les compositeurs écrivent des œuvres pour un effectif d’une quarantaine de violons, les bois par deux, les cuivres par quatre et une palette de percussion offrant des sons variés. Mais ce grand orchestre est capable de jouer aussi dans des nuances très faibles. Une symphonie peut durer jusqu'à deux heures. Ce sont Liszt et Berlioz qui ont créé les œuvres les plus impressionnantes. Berlioz dirigeait ses orchestres avec une fougue toute particulière. Ce dernier est chargé de garantir la justesse rythmique, de surveiller la balance sonore, de maîtriser les détails, la cohérence ou les équilibres et surtout d'insuffler un esprit commun à cent instrumentistes. La même richesse instrumentale, des thèmes et des couleurs se trouve dans les concertos. Le Piano est maintenant le roi des instruments et que ce soient Brahms, Beethoven, Chopin ou Liszt, des œuvres d’une beauté particulière ont été écrite à cette époque.
Musique de chambre
Le piano est devenu l'instrument-roi, celui qui recueille les impressions musicales les plus intimes des compositeurs. Il est utilisé seul, comme accompagnement d'une voix ou comme partenaire de quelques cordes. Opéra Désormais, ce genre raconte souvent des histoires de contemporains des spectateurs, dans leur propre langue. Il peut, lui aussi, atteindre des proportions gigantesques : quatre heures chez Wagner.
le Romantisme En France
Le Romantisme en France a pris une autre forme, se décline selon une autre sensibilité qu’en Allemagne, berceau de ce mouvement artistique. Si c’est la Symphonie ou le Lied qui se développèrent sous cette impulsion au cours du XIXe siècle en Allemagne, le romantisme français gagne plutôt l’opéra et c’est Paris qui en est le foyer. L’apogée du style est marqué par les œuvres de Giacomo Meyerbeer. Les Troyens d'Hector Berlioz est d'abord ignoré, tandis que Faust de Charles Gounod est l’un des opéras français les plus populaires du milieu du XIXe siècle. Pendant la deuxième partie du XIXe , Georges Bizet va révolutionner l’opéra avec son Carmen : « couleur locale reposant sur l'utilisation de chansons et de danses espagnoles » d’après Nietzsche, c’est « un rayon de lumière méditerranéen dissipant le brouillard de l’idéal wagnérien ». Le compositeur français le plus productif de la dernière partie du siècle est Jules Massenet (Manon, Werther, Thaïs). Jacques Offenbach (Les Contes d'Hoffmann), s’impose comme le maître de l’opéra-comique français du XIXe siècle, inventant un genre nouveau, l'opéra bouffe français, qui se confondra plus tard avec l'opérette. Et n’oublions pas Emile Waldteufel, originaire des environs de Strasbourg qui a eu autant de succès qu’Offenbach dans les salons parisiens. Camille Saint-Saëns, César Franck entre autres innovent dans le poème symphonique (Danse macabre pour le premier, Le chasseur maudit pour le second).
En 1902, on quitte le romantisme français, pour se tourner vers l’impressionnisme avec Pelléas et Mélisande de Claude Debussy, compositeur dont la musique fera scandale puis école, travaillant le tissu sonore enrichi d’harmonies nouvelles, musicien d’ombre et de lumière.
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LA MUSIQUE FRANÇAISE : DU ROMANTISME AU SYMBOLISME
Auteure : Aurélie Loyer (PHILHARMONIE À LA DEMANDE) En ligne de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris. Philharmonie
Dès la fin du XVIIIe siècle, un idéal romantique se développe à travers l’Europe, en réaction notamment au rationalisme de l’esprit des Lumières. Mais en France, où les fortes institutions en place défendent vigoureusement le classicisme, ce mouvement culturel et artistique peine à émerger en comparaison avec l’Allemagne ou l’Angleterre. C’est Victor Hugo qui donne au romantisme français son manifeste esthétique avec la préface de sa pièce de théâtre publiée en 1827, Cromwell. Et en 1830, la représentation de sa pièce Hernani, dans laquelle il brise les lois du théâtre classique, déclenche l’un des plus grands scandales de cette époque, la « bataille d’Hernani ». La génération des écrivains romantiques comprend des auteurs tels que Gérard de Nerval, Alfred de Vigny, Alfred de Musset ou Théophile Gautier. En peinture, on peut citer Eugène Delacroix et Théodore Géricault.
Un concert à mitraille, gravure de Bezt, Leloir, Laurent Hotelin et Recner, d’après un dessin de Grandville, 1846. Gallica-BnFHector Berlioz (1803-1869) est l’une des figures majeures de la musique romantique. En 1830, sa Symphonie fantastique, dont l’argument s’inspire de sa propre histoire, provoque un tollé proche de celui d’Hernani. À travers ses œuvres, il repousse les limites des formes classiques et traite les thèmes privilégiés des romantiques, comme l’expression de soi et l’attrait pour le fantastique, le théâtre de Shakespeare, le mythe de Faust ou le goût pour les sujets antiques. Il crée la musique à programme qui domine une grande partie de la musique romantique européenne et développe considérablement l’orchestre, en l’amplifiant mais surtout en valorisant le timbre des instruments. On trouve des prolongements de son œuvre dans la musique de Charles Gounod, de Vincent d’Indy, de Camille Saint-Saëns, de César Franck ou encore de Paul Dukas. Une autre grande figure du romantisme français est le pianiste Frédéric Chopin (1810-1849). Il trouve dans les préludes, les études et les polonaises des formes plus souples et plus libres qui lui permettent d’exprimer sa sensibilité hors des schémas classiques.
A PROPOS DE L'OPERA
L’opéra romantique français – ou « grand opéra » – s’éloigne du style vocalisant et privilégie l’expression des sentiments au travers de grands airs. Le plus populaire de ces opéras aujourd’hui est Faust de Charles Gounod. Mais d’autres compositeurs sont particulièrement présents sur la scène parisienne à cette époque comme Daniel-François-Esprit Auber ou Giacomo Meyerbeer. Les sujets sont inspirés de fresques antiques, de mythes, du fantastique, et, pendant la seconde moitié du XIXe siècle, ils sont marqués par l’attrait pour l’exotisme et l’orientalisme, avec comme œuvres phares Carmen de Georges Bizet, Lakmé de Léo Delibes ou Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns.
CLAUDE DEBUSSY
Aussi, le monde musical français de la fin du XIXe siècle est encore emprunt des idéaux et des grandes formes romantiques, qui ont fait éclater les formats de la musique classique. Mais le langage utilisé, lui, est resté sensiblement le même. Dès ses premiers cours d’écriture, Debussy se montre très réticent envers les règles qu’il faut si scrupuleusement respecter. Il fait preuve d’une indépendance d’esprit sans pareil et d’une ferme conviction que la musique peut s’exprimer autrement. De plus, très sensible à la poésie et à la peinture, il est conscient des nouveaux mouvements artistiques qui apparaissent en cette fin de siècle, et qui n’ont pas de résonance en musique. Il fréquente durant de nombreuses années les salons et les cafés littéraires, et côtoie les jeunes artistes de la « modernité ». Sa musique est couramment associée au mouvement impressionniste. L’incompréhension de certains critiques et musiciens face à la nouveauté de son langage est également très proche de l’hostilité réservée aux premiers peintres impressionnistes par l’académisme qui règne encore sur le monde artistique français. Mais plus que l’impressionnisme, c’est le symbolisme qui a influencé et guidé le travail de Debussy.
LE SYMBOLISME
À la fin du XIXe siècle, le monde connaît de grands bouleversements techniques et moraux. C’est la période de l’industrialisation, de la recherche du profit, des luttes sociales, univers décrit dans les romans d’Émile Zola. La France vient également de connaître la défaite de 1870 et, à partir de 1894, l’affaire Dreyfus divise les Français. Rejetant ce nouveau visage de la société, des artistes se tournent vers un mouvement qui reste proche des principaux aspects du romantisme, mais où règnent l’abstrait, l’imaginaire et le rêve : le symbolisme. Les poètes symbolistes cherchent à exprimer à travers les mots un tout, à établir une correspondance totale entre les arts. C’est dans ce mouvement que s’inscrit Claude Debussy. Ses premières grandes œuvres s’appuient sur les textes des grands poètes symbolistes comme Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé et Maurice Maeterlinck. Il y brise les lois de l’harmonie classique, nourrit sa musique de sonorités nouvelles, inspirées de musiques extra-européennes, élimine les appuis rythmiques systématiques, et parvient à créer une véritable musique-poésie. Et surtout, il ouvre les voies de la modernité à la musique du XXe siècle.
L’ESSENTIEL
- Le romantisme français s’affirme plus tardivement qu’en Allemagne et en Angleterre en raison de l’opposition des institutions en place.
- La figure la plus importante de la musique romantique française et l’une des plus importantes en Europe est Hector Berlioz.
- L’opéra romantique, ou « grand opéra », perdure jusqu’à la toute fin du XIXe siècle, alors que dans les autres arts, d’autres courants artistiques se sont développés.
- Debussy révolutionne le langage musical de la fin du XIXe siècle et devient le précurseur de la musique moderne. Sa musique est souvent qualifiée d’impressionniste, mais le mouvement qui a inspiré Debussy dans ses premières œuvres est le symbolisme.
Auteure : Aurélie Loyer (PHILHARMONIE À LA DEMANDE) En ligne de la Cité de la musique - Philharmonie de Paris.
« Gluck et Louis XVI vont faire de nouveaux Français »
Voltaire, 1774
C’est par cette affirmation aux allures de prophétie que Voltaire exprime déjà, en 1774, la sensation diffuse d’une ère nouvelle : un bouleversement profond des mœurs et des goûts se prépare. Pour autant, la notion de « romantisme » ne s’impose pas immédiatement – ni à l’époque, ni aujourd’hui – pour caractériser la musique française composée entre 1780 et 1830.
Quoique La Nouvelle Héloïse de Rousseau (1760), les Poèmes d’Ossian de Macpherson (1765) ou les Souffrances du jeune Werther de Goethe (1774) annoncent une nouvelle sensibilité, « préromantique », il faut attendre la génération de Berlioz et de ses contemporains pour que, brandissant la Symphonie fantastique (1830) en guise de manifeste, on affirme l’existence d’un « romantisme » musical français. Et pourtant, se plonger dans les écrits du premier XIXe siècle (celui de l’Empire et de la Restauration) révèle que le terme y est utilisé sans réserve pour définir le style des « derniers classiques », contemporains germaniques de Beethoven. Voyez Stendhal, pour qui la musique de Haydn est « pleine d’une imagination romantique ». Voyez Hoffmann parlant de Mozart ; écoutez Berlioz conclure : « Gluck est le premier des romantiques »… À bien y regarder, le court règne de Louis XVI (1774-1792) porte déjà en lui les caractéristiques essentielles du XIXe siècle : dans tous les domaines de l’art, d’innombrables trouvailles et expériences – tantôt anecdotiques, tantôt visionnaires – préparent le goût du siècle suivant
Y eut-il véritablement un classicisme « à la manière de Mozart » en France ? En musique, il n’est pas une fierté de la « génération romantique » dont on ne puisse déjà trouver l’exemple dans des pages composées bien avant la Révolution. Le théâtre lyrique rejette le merveilleux et les passions caractéristiques du baroque pour se plonger au cœur du « sentiment », notion romantique par excellence. Iphigénie en Tauride de Gluck (1779), Les Danaïdes de Salieri (1784) ou Œdipe à Colone de Sacchini (1786) s’inscrivent ainsi durablement au répertoire de l’Opéra, comme autant d’ouvrages fondateurs d’une nouvelle esthétique. Parallèlement, le souffle symphonique qui balaie Paris voit naître les premières symphonies ambitieuses qui, de Gossec à Méhul, conduisent à Reber ou David. La virtuosité des concertos de Saint-George, Kreutzer ou Davaux est bientôt « transcendée » par Jadin, Hérold, Liszt ou Alkan, tandis que les genres intimistes – romances, sonates, trios, quatuors – fleurissent dans les salons et font toute la gloire d’Onslow ou Panseron. Autant d’aspects qui rattachent bien plus cette période de genèse à l’avenir plutôt qu’au passé.
1830 marque une étape qui n’est pas seulement symbolique. À l’heure de la Monarchie de Juillet, le romantisme – jusqu’alors tenu en bride – enfante ses plus éclatantes réalisations : citer Hernani de Victor Hugo, La Mort de Sardanapale de Delacroix, Robert le Diable de Meyerbeer, Giselle de Adam et la Symphonie fantastique de Berlioz est certes réducteur, mais suffisamment éloquent. Troublante et singulière simultanéité. Paris, terre d’accueil, devient le modèle de l’Europe. Chopin, Liszt, Paganini, Rossini, Meyerbeer y croisent Berlioz, Halévy ou Auber. Cette émulation, unique dans l’histoire musicale, ouvre au romantisme de nouveaux horizons. Le Grand Opéra français se veut le creuset de la mixité stylistique. Le spectacle parisien est désormais pluriel, synthèse de mélodies italianisantes, d’harmonies germaniques, de déclamation, de machineries et de ballets à la française. Son frère de sang, l’opéra-comique, répond aux mêmes exigences, cultivant le demicaractère sous la plume d’un Boieldieu et la franche drôlerie entre les mains d’Offenbach.
Dans le même temps, soutenue par le développement de la facture des instruments (Érard, Sax…), la musique instrumentale devient le vecteur d’une expression jusqu’alors insoupçonnée, à l’origine de nouvelles pratiques comme le récital de soliste. Pour certains, elle est désormais apte à surpasser la musique scénique dans l’évocation des sentiments et des atmosphères, elle doit être « parlante ». Cette perception théâtrale de la musique instrumentale sera à l’origine de nouveaux genres, comme le fameux « poème symphonique ».
En 1905, La Mer de Debussy couronne tardivement un demi-siècle de recherches en ce sens. Un jalon important est posé : la musique est devenue un art « sérieux ». Loin du divertissement d’agrément, elle veut qu’on l’écoute et ne se contente plus d’être entendue. Passées les années 1850, le terme de « romantisme » est chose acquise dans le vocabulaire musical. Avec Gounod, Saint-Saëns, Massenet et Bizet, une génération entière de compositeurs affermit le style, cisèle le langage et raffine l’expression. Faust, Samson & Dalila, Manon et Carmen – ce « rayon de lumière méditerranéen dissipant le brouillard de l’idéal wagnérien » dont parle Nietzsche – sont autant de stèles dressées à la gloire du goût national. Simultanément, le statut du compositeur évolue puisque les femmes peuvent désormais revendiquer leur appartenance à ce monde jusqu’alors réservé : Louise Farrenc, Cécile Chaminade, Augusta Holmès et Pauline Viardot sont jouées publiquement et largement éditées.
Pourtant, le conflit franco-germanique de 1870 sème le trouble dans les esprits et inquiète l’art lui-même. Malmené par le symbolisme d’un Debussy ou le wagnérisme d’un Vincent d’Indy, le postromantisme profite encore quelque temps du soutien des sociétés de concerts, du Conservatoire et de l’Académie des beaux-arts, se crispant dans l’affirmation véhémente d’un « style national » paradoxalement très influencé par Wagner et ses compatriotes. Aux abords du XXe siècle, il s’essouffle insensiblement et doit céder la place à une modernité plurielle : émouvoir et surprendre, ces valeurs si âprement défendues un siècle auparavant, imposent désormais d’autres langages. Une page se tourne à l’heure où l’Europe, déchirée, plonge dans le premier conflit mondial.
le Palazzetto Bru Zane contact@bru-zane.com
https://bru-zane.com/fr/il-romanticismo-musicale-francese/
Publié le 09 avril 2021 par Sight-O 2020
https://www.sight-o.io/blog/histoire-musique-romantique/
La musique Romantique est avant tout un mouvement révolutionnaire. Cependant, les mentalités des périodes passées restaient bien présentes et des compositeurs tels que Schubert, Schumann ou Brahms ne pouvaient pas complètement rompre avec leur héritage. La musique Romantique recherche l’intimité dans les émotions musicales et les salons, tandis qu’en même temps, le développement de la facture instrumentale pousse paradoxalement à la virtuosité et à l’évolution de la matière sonore : l’orchestre est devenu de plus en plus important, et le piano acquiert un nouveau volume sonore.
Les statuts des musiciens évoluent également, ce qui les rend indépendants au XIXe siècle. Depuis des siècles, les musiciens tiennent leur subsistance d’un mécène ou d’une organisation dont la plus importante était l’Eglise. Jusque-là, la plupart des œuvres créées étaient des commandes, avec un seul objectif clair : faire briller leur commanditaire.
- Bach était “soumis” à des cours ; Haydn était au service du prince Esterházy ; Mozart bien que devenu un musicien libre ne dépendant plus d’aucune organisation, voyait la plupart de ses œuvres être des commandes. Beethoven est l’héritier de tout cela. En mettant la noblesse à son service, au lieu de l’inverse, il devient un musicien libre et indépendant. Les musiciens romantiques excellent également dans des domaines autres que la composition : interprètes (Chopin, Liszt), écrivains (Berlioz, Schumann, Wagner), théoriciens et chefs d’orchestre. Suite au différents évènements politiques du XIXe siècle accompagné du déploiement d’un nationalisme exacerbé, les artistes s’isolent et se réfugient dans leurs propres valeurs nationales. Les style et genres s’opposent régulièrement d’un pays à l’autre. Le cas le plus parlant est celui de l’opéra Wagnérien, qui “écrasera” toute l’Europe pendant une grande partie de la seconde moitié du siècle. Un grand nombre de compositeurs européens auront bien du mal à se défaire de l’emprise stylistique du compositeur allemand. La fin de cette domination arrivera avec le courant impressionniste Français, porté par Claude Debussy
On peut distinguer plusieurs phases dans la musique du XIX° siècle:
- 1800/1830 : les débuts du romantisme
- 1830/1850 : apogée
- 1850/1890 : le romantisme tardif
Le style de musique et le langage musical
La musique Romantique reprend tous les genres et styles de la période Classique, en les adaptant aux valeurs de la révolution Romantique. La “Symphonie” créée à l’époque classique a évolué dans des formes plus riches et plus raffinées en raison de l’avancement du système harmonique et tonal. De plus, l’Opéra, transcende les frontières de l’Italie pour s’importer dans d’autres pays européens, parfois dans des formes plus légères (Opérette). De nouveaux genre apparaissent, tels que le Lied, les Poèmes Symphoniques et les Drames musicaux.
Dans le langage musical, les récits racontent l’amour, la passion et la tourmente de l’humanité. De plus, es compositeurs s’inspirent alors des grandes œuvres littéraires de l’époque et utilisent d’avantage un instrument qui deviendra l’un des emblèmes de ce siècle : le Piano.
Le langage musical se complexifie et les compositeurs, grâce à des instruments en plein développement, façonnent les sons qui imitent ceux de la nature et de son imaginaire. Autre point important,
Ces genres introduits à partir de la période Classique, furent considérablement développés et magnifiés tout au long du XIXe siècle.
- La Symphonie Romantique a remplacé le Concerto Grosso. Beethoven en fait l’une des formes de musique les plus populaires de son répertoire (mais pas que). La Symphonie se développa jusqu’au début du XXe siècle. Elle deviendra l’un des genre les plus prestigieux de la musique Romantique et l’un des plus populaires auprès des compositeurs
- La Symphonie vocale est une variation de la Symphonie. Il s’agit d’une oeuvre instrumentale exécutée par un soliste sur un fond lyrique et poétique. L’un de ses compositeurs emblématiques est Gustav Mahler
- La Symphonie pour instrument soliste est une autre évolution musicale de la Symphonie quand les compositeurs écrivent des symphonies sur un seul instrument. À l’époque, c’était le Piano et l’Orgue. Citons la Symphonie N°3 de Camille Saint-Saëns
- Le Concerto hérité de l’ère Classique, évolue dans son thème et son esthétique. Il permettra aux compositeurs de repousser les limites de la virtuosité instrumentale
- L’Opéra Romantique dont le foyer est d’abord Paris, puis Bayreuth, grand fief de l’Opéra Wagnérien.
Les nouvelles formes musicales
Elles sont issue de l’imagination affranchie des compositeurs
- La Musique Absolue ou musique pure, est une musique instrumentale jouée dans sa forme la plus pure, pour exprimer les émotions du compositeur
- À l’inverse de à la musique absolue, la Musique à Programme. Elle est censée illustrer une thématique ou une histoire qui est souvent présentée en amont au public, à l’aide d’un Programme. La Symphonie Fantastique d’Hector Berlioz est une des œuvres fondatrices du genre.
- La Musique de Chambre est une forme de représentation très prisée durant la période Romantique, à travers laquelle les artistes peuvent transmettre des émotions plus intimes au public, mais aussi innover de manière plus libre et radicale. Les derniers Quatuors à Cordes de Ludwig van Beethoven en sont une parfaite illustration
- Le Poème Symphonique est un genre musical accompagné d’un orchestre symphonique. Ce genre porte principalement sur des sujets littéraires, philosophiques, descriptifs ou même picturaux. Il est peut être accompagné d’un chœur ou d’une voix de soliste. Plus tard, le poème symphonique fut quelque peu rejeté, surtout dans la volonté de séparer l’œuvre musicale de l’influence littéraire. Stéphane Mallarmé était opposé à la mise en musique de ses poèmes, jusqu’au jour où il tomba en admiration du “Prélude à l’après midi d’un Faune” de Claude Debussy
- Le Lied, traduit de l’allemand par “chant”, est un poème que l’on chante en compagnie d’un Piano ou d’autres instruments de musique. D’origine allemande, le Lied fait partie du genre de la “petite forme”, à contrario de la Symphonie, qui elle, fait partie du genre de la “grande forme”. Le Lied se compose sur plusieurs thèmes : l’amour, les voyages ou encore la nuit. Le Lied apparaît avec le développement du Piano forte, qui l’accompagne souvent
- Les formes de Piano Romantique : le Piano était au cœur de la création des compositeurs de l’ère Romantique. Les formes dites du “Piano Romantique” sont : la Sonate, le Prélude, les Études, la Ballade, le Nocturne, le Scherzo, la Fantaisie, la Fugue, l’Impromptu et les pièces de danse
Conclusion
Les différents nationalismes européens ont porté avec passion le foisonnement créatif de la musique du XIXe siècle. Le Romantisme se terminera sur une opposition avec le Classicisme, qui s’évertuait à se placer au-dessus des nations et à tenir un langage universel. Le Romantisme reste l’une des périodes les plus riches et les plus passionnantes de l’histoire de la musique occidentale, et plus largement celle de l’histoire de l’art.
Publié le 09 avril 2021 par Sight-O 2020
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Hyacinthe Jadin est un compositeur et pianiste français, né à Versailles le samedi 27 avril 1776 et mort à Paris le samedi 27 septembre 1800. Il est l'un des représentants les plus originaux du préromantisme français.
Hyacinthe Jadin est un compositeur et pianiste français, né à Versailles le samedi 27 avril 1776 et mort à Paris le samedi 27 septembre 1800. Il est l'un des représentants les plus originaux du préromantisme français.
Louis-Emmanuel Jadin (21 septembre 1768 - 11 avril 1853) était un compositeur, pianiste et claveciniste français.
Louis-Emmanuel Jadin (21 septembre 1768 - 11 avril 1853) était un compositeur, pianiste et claveciniste français.
https://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/le_romantisme_en_musique/185881
La plupart des exégètes du romantisme s'accordent à définir celui-ci comme un ensemble de mouvements intellectuels qui, dès la fin du xviiie s., donnent en général la prépondérance au sentiment sur la raison et s'efforcent soit de parfaire ou de dépasser le classicisme (en Allemagne), soit de combattre ses défenseurs et ses disciples (en France). Une semblable tendance fondée sur la primauté foncière de l'affectivité devait naturellement trouver un terrain favorable à son épanouissement dans le domaine des beaux-arts et un écho plus particulièrement sensible dans le cœur des musiciens de cette époque.
Au sein même du classicisme finissant s'ébauchent les premiers symptômes du romantisme musical, déjà pressenti. Les littérateurs et les poètes l'annoncent en France à la veille de la Révolution, tandis que les philosophes et les dramaturges allemands lui fournissent un tremplin. La comédie larmoyante avec Nivelle de La Chaussée, les écrits de Jean-Jacques Rousseau, la naissance du drame bourgeois, qui détrône les héros mythologiques au profit de personnages plus humainement réels, les conflits moraux, familiaux et sociaux, dont la scène devient le témoin favori, révèlent un état d'esprit nouveau, où l'affectivité revendique ses droits, en même temps que s'instaure progressivement une conception nouvelle de la nature, promue au rôle de confidente suprême des états d'âme romantiques. Les opéras-comiques de cette époque et même les opéras de Gluck en offrent maint exemple.
En Allemagne, le théâtre de Schiller (Intrigue et Amour), ses Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme, prônant le retour aux sources populaires, à la poésie naïve de l'enfance et à l'instinct de jeu, orientent tout naturellement le singspiel vers les anciennes légendes, l'exotisme, le fantastique ou l'hallucinant. Le Faust de Goethe nous dira que « deux âmes habitent en sa poitrine », affirmant ainsi l'existence d'un devenir immanent à l'être. La vie intérieure s'anime ; elle tend à sortir d'elle-même, à s'extérioriser, à clamer sa présence dans un élan irrésistible qui va devenir le fondement et la finalité du lyrisme des compositeurs romantiques. Les événements politiques et sociaux, l'évolution des idées qu'ils engendrent (en particulier quant aux notions de liberté, d'autorité, d'ethnicité), l'influence des systèmes philosophiques qui, de Kant à Fichte, traitent le problème des rapports de l'intelligence et de la sensibilité autant qu'ils postulent l'affirmation du moi (cf. Fichte : « Le moi se pose en s'opposant ») accentueront encore les tendances précédentes en les acheminant vers un lyrisme intense et souvent (ce sera le cas pour Berlioz) exacerbé.
C'est à juste titre, semble-t-il, que les historiens du romantisme musical nomment en tout premier lieu Beethoven, Weber et Schubert ; en eux s'incarnent à des degrés divers les différents genres cultivés par les compositeurs romantiques : la symphonie, l'esprit du lied et la musique dramatique (incluant la musique à programme). Il est permis de considérer Beethoven comme l'un des derniers classiques par la forme et de voir en lui l'un des premiers romantiques par la mise en valeur de l'idée, car, chez lui, la musique prend figure de message ; s'il conserve les structures formelles du classicisme, il doit en repousser sans cesse les limites et leur donner une dimension proportionnelle à l'ampleur des idées humanitaires ou panthéistiques qu'il les charge de nous transmettre ; d'où l'expansionnisme de ses symphonies, qui visent à universaliser ses propres sentiments, mais aussi le dépouillement extrême des derniers quatuors, reflet d'une vie intérieure intense, où se profile parfois, à l'approche de la mort, le mystère de l'au-delà. Homme de théâtre avant tout, Carl Maria von Weber se plonge dans la féerie des créatures irréelles, où le ballet romantique puisera dès 1832 (la Sylphide) son inspiration essentielle. Mais, auprès de ces évocations légendaires, les héros de ses drames incarnent avec un relief saisissant les aspects typiques de l'âme populaire, qu'il s'agisse de leurs amours humaines ou du sentiment de la nature qui les habite. Venant après l'Ondine (1814) de E. T. A. Hoffmann et le Faust (1816) de Louis Spohr, le Freischütz marque en 1821 l'avènement de l'opéra romantique allemand, et Weber saisit cette occasion pour souligner l'importance du caractère national en matière d'art. Son inspiration mélodique de tour populaire (authentique ou recréé) justifie amplement cette conception, qui paraît alors audacieuse. Moins ambitieux, Franz Schubert se complaît dans l'intimité du lied et dans la fréquentation des poètes authentiques, tels Novalis, Heine, Shakespeare, Schiller et Goethe ; fraîcheur d'âme, spontanéité d'inspiration, profondeur de l'émotion, aisance extrême dans la disposition originale des structures strophiques, tels sont les aspects principaux de l'alliance nouvelle qu'il consacre entre la poésie et la musique sous le sceau du romantisme ; et sa musique de chambre comme ses œuvres d'orchestre restent empreintes de ces tendances à la simplicité naïve mais géniale dont Schiller appelait ardemment le retour. Schubert n'a-t-il pas cultivé en outre, comme son contemporain Carl Loewe (1796-1869), le genre spécifiquement romantique de la ballade (genre auquel Bürger, Goethe et Schiller avaient littérairement donné droit de cité), dont s'inspirera également la musique de piano ?
Deux tendances caractérisent le romantisme français, et deux noms l'incarnent au regard de l'histoire.
La personnalité de Berlioz, dont le nom est inséparable de ceux de V. Hugo et de E. Delacroix, fait de ce compositeur le représentant le plus authentique du romantisme français. Son ardeur juvénile, ses élans enthousiastes, ses amours passionnées et toujours malheureuses sont présents dans une œuvre tumultueuse, où semblent s'inscrire les étapes successives d'une immense autobiographie. Épris des masses sonores imposantes (dont les fêtes populaires de la Révolution lui avaient peut-être légué le goût) et d'un tempérament dramatique exemplaire, Berlioz a voulu faire de ses œuvres symphoniques des évocations colorées de scènes vigoureuses, fantastiques ou sentimentales, dont il établissait lui-même le « programme », à l'instar de son maître Le Sueur. Jamais, sans doute, l'affirmation du moi n'a été aussi loin chez les artistes romantiques, et l'art tout extérieur, théâtral et grandiloquent d'un Giacomo Meyerbeer (1791-1864) paraît bien pâle auprès de celui de Berlioz. César Franck incarne avec humilité l'autre aspect du romantisme musical français : reflet d'une mystique orientée vers la vie intérieure et tendue vers Dieu ; son œuvre, au cours de ses modulations incessantes, est toujours, dira Jacques Rivière, « comme une main qui s'ouvre lentement, comme l'insensible introduction à plus de lumière, comme une clarté filtrant à travers plus d'espace ». C'est dans une voie identique que s'engageront ses élèves : Ernest Chausson (1855-1899), Duparc et Vincent d'Indy.
L'originalité du romantisme musical a été favorisée par un certain nombre d'apports nouveaux, dont les compositeurs se sont emparés aussitôt. La disparition de la basse continue et sa répartition entre les groupes d'instruments de l'orchestre, dont Haydn a été l'un des premiers artisans, ont mis en valeur la notion de « timbre » et l'emploi expressif qu'on en peut faire ; en faisant « chanter » ses allégros (symphonie en sol mineur par exemple), Mozart introduisait la notion de lyrisme dans un mouvement voué jusqu'alors à la virtuosité. Les compositeurs romantiques trouvaient donc dans le legs des derniers classiques deux des principaux éléments nécessaires à la réalisation de leurs desseins. Le perfectionnement de la facture des instruments, l'apparition de plusieurs autres instruments, entraînant le développement de la technique d'exécution et d'orchestration, modifiant aussi dans une certaine mesure la syntaxe (cf. le clair-obscur de nombreuses harmonies de Schumann), ont grandement contribué à l'évolution d'un genre dont Wagner et Berlioz marquent l'apogée. Il semble bien que le Grand Traité d'instrumentation et d'orchestration modernes (1843) de ce dernier témoigne d'un art et d'une science des timbres dont le pittoresque et l'expressivité n'ont jamais été dépassés. Il en est de même s'il s'agit de la technique du piano sous les doigts d'un Chopin ou d'un Liszt. À ce titre, l'évolution du matériau sonore a grandement servi l'épanouissement du romantisme.
À l'ombre des données fondamentales du romantisme, deux grands courants se manifestent. D'une part, le romantisme allemand fait appel à l'intuition sensible pour pénétrer le sens cosmique des grands symboles vitaux ; pour résoudre la dualité qui existe entre la petitesse de l'homme et son rêve infini, le retour intuitif à l'unité primordiale de toute chose lui semble nécessaire. Le romantisme allemand vise donc à la profondeur, à la recherche de l'essence des choses et de l'absolu ; dès lors, la mort, pour lui, devient l'étape nécessaire qui prépare l'accession à une vie plus haute et transfigurée (cf. la mort d'Isolde de R. Wagner).
D'autre part, le romantisme français (notamment celui de Berlioz et des « Jeune-France ») s'oriente vers une vision externe du monde, car c'est au sein de l'univers tout entier que ses représentants s'efforcent, en s'y projetant eux-mêmes, d'en atteindre l'essence et peut-être, en bons panthéistes, d'y trouver Dieu. Ils tentent, en outre, d'abolir l'antagonisme qui oppose l'homme réel à l'homme idéal par un élargissement de l'être aux frontières de l'infini, mais sans les transgresser, car la mort leur apparaît comme une inconnue, un objet de terreur qui met un terme au sens exalté qu'ils ont de la vie. De cette attitude, le lyrisme intense et l'expression paroxystique sont la juste rançon ; il faudra l'âme mystique d'un César Franck et de ses disciples pour ramener le romantisme français vers une vie intérieure plus riche et plus proche du romantisme allemand, qui l'a, sans doute, largement influencé.
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