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Publié par J.L.D.

Michel Polnareff - 1

Michel Polnareff L'homme qui a marqué mon adolescence.

En 1966 (j'avais 15 ans) lorsque sort "La poupée" Je n'y prête pas particulièrement attention car mes références a l'époque étaient la musique Anglo-saxon (A laquelle je dois avouer je ne comprenais pas toutes les paroles et subtilités) et ce titre, je l'avais rangés dans la vague "yéyé" des années 60. Puis en 1968  je découvre les chansons a textes des auteurs, compositeurs, interprètes Français. A l'écoute attentive d'un certain Michel Polnareff Je découvre un auteur compositeur provocateur, anticonformiste,  avant-gardiste, sûrement les trois a la fois. De mai 1966 à fin 1973, de La poupée qui fait non et Love me please love me, il écrit et compose un nombre de textes et mélodies incroyables, imprimant une telle marque qu'il  demeure infiniment plus présent que beaucoup de stars tic et toc surtout toc abonnées aux médias. Il a dans cette courte période écrit entre autres Sous quelle étoile suis-je né ?, L'amour avec toi (que les radios ne purent diffuser qu'après 22 heures !), Ta-ta-ta-ta, Ame câline, Le bal des Laze, Qui a tué grand-maman ?, Dans la maison vide, On ira tous au paradis..

Très rapidement son originalité dérange autant qu'elle peut séduire, il faut dire qu'il n'hésite pas a provoquer, par le contenu de ses chansons bien sur et aussi ses tenues. Sa paire de fesses affichées aux quatre coins de France a fait hurler les bien pensant de l'époque, une invitation à la débauche dans cette France gaullienne.  Malgré tout cela, Polnareff est reconnu par beaucoup. 

Aujourd'hui encore il bénéficie d'une grande notoriété, et a 78 ans il n'a rien perdus de ce dynamisme qui le caractérise, sa voix si particulière est toujours aussi claire et puissante. Iconique, moderne, hors du temps, on s’habitue à le voir là où personne ne l’attend. Sa nouvelle tournée de concerts en France est prévue du 24 mai au 8 juillet 2023 accompagnée de son dernier album baptisé " Polnareff chante Polnareff "

Rédigé par J.L.D. 

Michel Polnareff

Michel Polnareff

https://musique.rfi.fr/artiste/chanson/michel-polnareff

03 /07/1944
Nérac (France)
Pays:  France
Langue:  Français
Qualité:  Auteur / Chanteur / Compositeur
Genre musical:  Chanson

https://musique.rfi.fr/artiste/chanson/michel-polnareff

Mystérieux parmi les mystérieux, Michel Polnareff fait partie de ces légendes vivantes qui, même lorsqu'elles ne le souhaitent pas, défraient la chronique... Capable de passer plus de deux ans sans quitter sa chambre d'hôtel, l'auteur de "la Poupée qui fait non" est l'un des rares à pouvoir s'absenter plus de dix ans de son pays, et revenir y faire un triomphe... avant de repartir.

Biographie: 

Michel Polnareff est un artiste à part dans le paysage musical français. Mélodiste génial, il connaît une carrière singulière ponctuée d'obstacles mais surtout de compositions inoubliables.

C'est à Nérac, dans le département du Lot-et-Garonne que naît Michel Polnareff le 3 juillet 1944. Une fois la guerre terminée, la famille est de retour à Paris. Son père, Leib Polnareff, est musicien sous le pseudonyme de Léo Poll et a travaillé, entre autres, pour Edith Piaf et les Compagnons de la chanson. Sa mère, Simone Lane, est une ancienne danseuse d'origine bretonne.

Michel Polnareff est élevé dans une atmosphère très musicale entre le répertoire classique de son père et les préférences maternelles qui vont de Gershwin à Cole Porter. Dès 5 ans, il apprend le piano, et très vite, devient un instrumentiste brillant. A 11 ans et demi, il décroche un premier prix de solfège au Conservatoire de Paris. Très créatif, une de ses passions d'adolescent est de créer des orchestrations jazz pour de grands airs classiques.

La poupée

A 19 ans, après son baccalauréat, il fait sept mois de service militaire à Montluçon, pendant lesquels il tient la grosse caisse de l'orchestre. Puis, il travaille quelques mois dans les assurances et dans une banque. Mais, dès 1964, il préfère s'installer sur les marches de la butte Montmartre à Paris, avec une guitare, à défaut de ne pouvoir déplacer son piano. Il passe alors quelques années à chanter dans la rue avec un certain succès, et vers 1965, il remporte le trophée "Disco Revue", sorte de concours rock, organisé à la Locomotive, club à la mode. Le premier prix est un contrat chez Barclay, fameuse maison de disques parisienne. Mais Polnareff, déjà à contre courant des conventions, refuse son prix.

Grâce à un ami de classe, Gérard Woog, il rencontre un célèbre éditeur, Lucien Morisse, patron de la station de radio Europe1, qui le fait signer sur le label AZ. Lucien Morisse devient son manager, et permet à Michel Polnareff d'enregistrer son premier disque, "La Poupée qui fait non". Déjà très curieux des dernières trouvailles technologiques, Michel Polnareff part enregistrer à Londres où les studios et les techniciens sont à cette époque, plus performants. Il réussit même l'exploit d'inviter le guitariste de Led Zeppelin, Jimmy Page, à jouer sur ce premier enregistrement.

La carrière de Michel Polnareff est alors lancée du jour au lendemain, puisque dès sa sortie, le 26 mai 1966, "La Poupée…" connaît un triomphe sans précédent. Bien loin des chanteurs yéyés du début des années 1960, Polnareff débarque avec un style nouveau, très mélodique, et dont la facture rappelle plutôt les grandes chansons américaines de ces années hippies comme celles de The Mamas & Papas. Cette différence notable avec la production française de l'époque est flagrante lorsque paraît son titre "Love me please love me", mélodie magique et romantique dont la célèbre introduction au piano marque les annales de l'année 1966.

"l'Amour avec toi"

Michel Polnareff obtient quelques mois après ses débuts, le Prix critique de la Rose d'Or d'Antibes, sur la Côte d'Azur. Dès lors, les tubes s'enchaînent : "Sous quelle étoile suis-je né?" et "L'Oiseau de nuit" en 1966, "Le Rois des fourmis" ou "Ame câline" en 1967 et "Le Bal des lazes" en 1968, dont le texte est écrit par Pierre Delanoë. Ses titres sont classés dans les charts européens, et même la presse anglaise, difficile avec la chanson française, célèbre ce nouveau talent. Comme la plupart des vedettes françaises le font à l'époque, Michel Polnareff enregistre ses titres en anglais, espagnol ou italien, et à l'automne 1967, il reçoit en Allemagne, le "Prix du chanteur étranger le plus populaire". Il enchaîne tournée sur tournée, mais en septembre 1967, programmé à l'Olympia, il refuse au dernier moment cet engagement, prétextant son manque d'expérience.

Les journaux et les médias s'emparent sans attendre de ce phénomène soudain, mais plus encore que ses chansons et que son talent presque avant-gardiste, les chroniqueurs ne se lasseront plus désormais d'évoquer ses tenues voyantes et moulantes, ou ses coiffures variées. Dans une société française encore timide, Michel Polnareff va faire figure d'électron libre, au talent différent, et au mode de vie mystérieux. Célibataire aux conquêtes multiples, Michel Polnareff est impossible à cataloguer, et devient une cible idéale, voire un bouc émissaire. De plus, certains de ses textes ne manquent pas d'effrayer les âmes sensibles, à commencer par "L'Amour avec toi" en 1966, interdit d'antenne avant 22 heures. Sincère, Polnareff compte bien dire et faire ce qui lui plaît, et ses provocations ne font sans doute que répondre aux critiques.

Cependant, son talent est largement reconnu. Charles Trenet le complimente, et le célèbre homme de théâtre, Jean-Louis Barrault lui commande la musique de son spectacle "Rabelais" en 1968. Ce dernier travail correspond à un désir du chanteur de se lancer dans des compositions musicales de plus grande ampleur. Son rêve est d'écrire une comédie musicale telle "West Side Story".

Déprime

C'est en 1968 qu'il monte pour la première fois sur la scène de l'Olympia de Paris. Puis entre 1968 et 1969, Michel Polnareff continue d'aligner plus d'une dizaine de succès dont "Tous les bateaux" ou "Dans la maison vide", co-écrit avec Jean-Loup Dabadie. En 1969, il écrit sa première musique de film pour "L'Indiscret" de François Reichenbach.

Les 14 et 15 janvier 1970, il remonte sur la scène de l'Olympia, puis part en tournée. C'est à peu près à cette époque que Michel Polnareff se présente sous son apparence la plus célèbre, cheveux blonds et bouclés entourant une paire de lunettes blanches aux verres sombres. Ces lunettes, qui sont indissociables du personnage, donneront lieu à d'innombrables élucubrations sur la raison de leur existence. En fait, Michel Polnareff protège juste des yeux fragiles et très myopes. Toujours au centre d'attaques liées à son apparence et à son mode de vie, il répond en 1970 par la chanson, "Je suis un homme" afin de mettre un terme aux accusations d'ambiguïté sexuelle dont il est la cible. Mais lors d'une tournée, précisément à Périgueux en mai 1970, il est agressé sur scène. Epuisé, las et déprimé, il annule alors les dates ultérieures, dont un concert au Palais des Sports en juin où il aurait été entouré d'un orchestre symphonique.

Le 11 septembre 1970, Lucien Morisse, qui avait lancé Michel Polnareff, met fin à ses jours. Ce décès bouleverse le chanteur.

En janvier 1971, suite à une nouvelle dépression, il fait une cure de sommeil dans un hôpital de la région parisienne. Puis de mai à septembre, il repart en tournée accompagné d'un groupe composé de quatre musiciennes d'origine scandinave. En octobre, on le retrouve sur la scène du Palais des Sports, mais uniquement comme pianiste invité du show de Johnny Hallyday. L'année suivante, c'est le rocker qui rejoindra Polnareff à l'Olympia pour un pot-pourri de vieux tubes rock'n'roll. En 1971, il compose une nouvelle musique pour le film de Nadine Trintignant, "Ça n'arrive qu'aux autres", et surtout, Gérard Oury lui commande la musique de sa comédie, "La Folie des grandeurs", avec Yves Montand et Louis de Funès.

Attentat à la pudeur

Michel Polnareff continue à travailler sans relâche, contrôlant jusqu'à la perfection chaque étape de la production. Sa santé est meilleure, et le sport l'aide à surmonter ses angoisses. Son répertoire s'enrichit sans cesse de compositions brillantes. En 1972, il écrit "Holidays" et "On ira tous au paradis" avec Jean-Loup Dabadie, ou encore, "La Mouche". Mais, après l'état de grâce des années 1960, les années 1970 voient se multiplier obstacles et problèmes. Toujours en 1972, Michel Polnareff prépare un nouveau spectacle à l'Olympia qu'il nomme "Polnarévolution". Programmé du 6 au 22 octobre, le spectacle est annoncé sur les murs de France, et en particulier de la capitale, par une série de 6000 affiches représentant le chanteur fesses nues. Bien sûr, le scandale est au rendez-vous, et le 8 décembre, Michel Polnareff est convoqué devant un tribunal correctionnel qui le condamne à payer 10 francs par affiche sur le motif "d'attentat à la pudeur". La publicité est énorme, et cette affiche reste aujourd'hui célèbrissime et … très recherchée. Le spectacle a tout de même lieu et Polnareff, accompagné par le groupe Dynastie Crisis, triomphe devant un public enthousiaste. A la fin de l'année, il s'envole pour le Japon où sa notoriété est gigantesque, puis il retrouve l'Olympia en mars 1973 pour un spectacle du nom de "Polnarêve", constitué uniquement de nouvelles chansons. Enfin, il entame une tournée internationale qui le mène en Polynésie, dans l'océan Indien ou en Amérique du Nord.

Si Polnareff s'occupe de très près de l'aspect artistique de sa carrière, il ne se soucie guère de gérer sa vie matérielle. Complètement coupé des réalités, il délègue ses questions d'argent avec confiance à son homme d'affaire depuis 1971, Bernard Seneau. Cette confiance aveugle se transforme en cauchemar lorsqu'au retour d'une longue et difficile tournée internationale, le chanteur découvre par hasard durant l'été 1973, que son déficit bancaire se calcule en millions de francs. Escroqué par Bernard Seneau, porté disparu depuis, Michel Polnareff se retrouve à la tête d'un énorme scandale financier d'autant plus que son train de vie est à cette époque assez élevé. Contraint de rembourser au fisc une somme de plus d'un million de francs, le chanteur décide de quitter le pays. A la même époque , sa mère décède et Polnareff, épuisé et déprimé, doit faire une nouvelle cure de sommeil. Fin 1973, avec un billet qu'il avait depuis longtemps, il embarque sur le luxueux paquebot "France" en direction de New York. C'est le début d'un exil qui n'a jamais vraiment cessé depuis.

Billboard

Après trois mois à New York, Michel Polnareff s'installe à Los Angeles. Assommé par les événements de 73, il profite de sa nouvelle vie américaine pour se reposer, retrouver les plaisirs de l'anonymat et d'une vie quotidienne plus paisible. Il pratique activement plusieurs sports dont le karaté, le culturisme ou le squash.

Grâce à une amie, il signe un nouveau contrat chez Atlantic, et sort en 1974, le premier album depuis son départ, "Tibilli", qui ne connaît qu'un succès moyen. Mais en 1975, le titre "Jesus for tonight", tiré d'un disque presque entièrement en anglais, "USA", rentre à la 35e place du prestigieux classement américain, le Billboard. D'un point de vue purement artistique, Polnareff trouve son bonheur aux États-Unis puisqu'il a à sa disposition les meilleurs musiciens ou ce qui se fait de mieux en matière technique. De plus, cet exil lui permet de renouveler son inspiration et très curieux de tout ce qui se fait de nouveau en musique, la Californie lui permet d'être au contact direct des derniers courants en vogue. De plus, il s'initie à l'informatique, nouvelle technologie encore très peu développée sur le vieux continent, en ce milieu des années 1970, et pour laquelle, il se découvre une vraie passion.

Michel Polnareff entreprend en 1975 une triomphale tournée au pays du Soleil-Levant. Puis, le 26 octobre, un concert-événement est organisé par la station de radio RTL au Forest-National de Bruxelles, en Belgique. En effet, poursuivi par la justice, Michel Polnareff ne peut en aucun cas mettre le pied sur le sol français sous peine d'arrestation immédiate. Dans des trains affrétés par la radio, des milliers de spectateurs français se pressent pour écouter le chanteur exilé. Mais, suite à des problèmes logistiques, les camions transportant le matériel n'arrivent pas à temps, et pour faire patienter le public, Michel Polnareff n'hésite pas à se lancer dans un spectacle improvisé, et cependant brillant.

En 1976, il signe la musique du film "Lipstick" de Lamont Johnson, avec Margaux Hemingway, et le thème principal devient un tube qui annonce la vague disco des années suivantes.

En 1977, il écrit "Lettre à France", titre dans lequel il exprime sa nostalgie pour un pays qui lui manque. Dès 1978, il a l'occasion d'y revenir pour la première fois en cinq ans, mais pour se présenter devant un tribunal correctionnel chargé de juger l'affaire de fraude fiscale dont il est accusé. Bien que son homme d'affaires soit déclaré coupable, Michel Polnareff reste redevable de plus d'un million de francs au fisc. Il profite de ce voyage pour présenter en France son nouvel album, "Coucou me revoilou", qui connaît un succès moyen malgré "Lettre à France" et "Une simple Mélodie".

En 1979, il donne une nouvelle série de concerts au Japon, pour la quatrième et dernière fois.

Musicalement, Polnareff connaît un retour triomphal en 1981 avec l'album "Bulles" qui se vendra à près d'un million d'exemplaires. Avec un son très "années 80", ponctué de boîtes à rythmes et de synthétiseurs, cet album renferme plusieurs succès dont "Tam Tam" ou "Radio". En dépit des épisodes difficiles des années 1970, les Français n'ont pas oublié Polnareff, bien au contraire. En novembre 1981, il enregistre un spectacle pour la télévision que l'on retrouve sur le 33 tours "Télé 82". Ses problèmes avec la justice étant en cours de règlement, Michel Polnareff commence à revenir un peu plus souvent sur le territoire français.

Le réalisateur Gérard Oury lui commande la musique de sa nouvelle comédie en 1984, "La Vengeance du serpent à plumes", avec Coluche. Puis en 1985, il sort "Incognito" qui ne connaît pas le succès du précédent album, malgré deux tubes en puissance, "Dans la rue" et "Viens te faire chahuter", titre accompagné d'un vidéo clip à la facture très californienne. Les journaux français annoncent même un retour sur une scène parisienne pour septembre 1985, mais le projet ne voit pas le jour.

800 nuits d'hôtel

Après cet album, Michel Polnareff ne fait plus guère parler de lui. Mais en juin 1989 un nouveau simple envahit les antennes sans promotion préalable, "Goodbye Marylou". C'est la surprise. Les rumeurs vont alors bon train sur son état de santé et ses différents lieux de résidence. A cette époque, il réside dans une chambre au-dessus d'un bistro de province. C'est là qu'il commence à écrire son nouvel album dont est issu "Goodbye Marylou". Vers septembre, il s'installe au Royal Monceau, palace parisien dans lequel il entame l'enregistrement de l'album grâce à un studio très sophistiqué installé dans sa suite. Il y reste 800 jours, chambre 128. Pendant cette longue période, reclus, mais entouré d'amis et très au fait de l'actualité musicale, Michel Polnareff navigue entre l'alcool et les innombrables gadgets électroniques dont il raffole. Cependant, il travaille d'arrache-pied sur son nouveau disque aidé de l'anglais Ben Rogan à la production. Parmi les musiciens, on remarque Mike Oldfield à la guitare.

En février 1990 sort donc "Kama Sûtra". En dépit des demandes insistantes de sa maison de disques CBS pour que Polnareff accepte de faire de la promotion, le chanteur refuse catégoriquement. Les critiques et les chiffres des ventes lui donnent raison puisque l'album est un triomphe, ainsi que les simples qui en sont extraits, "Kama Sûtra" (dont le clip est réalisé par l'artiste en personne dans les couloirs du Royal Monceau), "LNAHO", "Toi et moi" et surtout "Goodbye Marylou", sorti dès 1989 et désormais classique du répertoire de Polnareff. Après son départ du Royal Monceau, le chanteur s'installe quelque temps en région parisienne, d'abord au Chesnay, puis à Saint-Nom-la-Bretèche.

Depuis de nombreuses années, Michel Polnareff souffre d'une myopie toujours plus insistante mais en ce début des années 1990, ses problèmes optiques ne font qu'empirer et sa vue baisse dangereusement jusqu'à frôler la cécité. Après de longs mois d'angoisse et d'hésitation, Michel Polnareff prend la décision de se faire opérer d'une double cataracte brune. C'est donc en octobre 1994, trois mois après son cinquantième anniversaire, que le docteur Alain Hagège permet au chanteur de retrouver une vue normale après des années d'obscurité. L'opération réussie, sa convalescence est d'autant plus difficile que Polnareff est la proie des paparazzi qui le pistent afin de photographier le chanteur dont l'apparence physique a alors beaucoup changé.

1995 : Sunset Boulevard

En 1995, Michel Polnareff repart aux États-Unis et s'installe dans un palace de Los Angeles, le Peninsula Hotel. Entre ses innombrables ordinateurs et téléphones portables, il commence à préparer un retour très attendu autant par le public et par les médias qui vont trouver dans cet événement, un magnifique filon journalistique.

C'est le 27 septembre 1995, dans la salle mythique du Roxy sur Sunset Boulevard, que Michel Polnareff donne son premier concert depuis des années. Sa voix n'a rien perdu de sa clarté, et entouré de musiciens américains triés sur le volet (Alex Acuna, de Weather Report, aux percussions, Sam Sims à la basse, ou Dick Smith à la guitare), il reprend ses plus célèbres titres, tous réorchestrés. Sur la demande de la maison de disques Sony, il programme aussi un inédit instrumental, "Lee Neddy".

A grand renfort de promotion, articles de presse, nombreuses couvertures de magazines, émission de télévision (entrevue exclusive sur Canal Plus), l'album sort en juin 1996, soutenu par le simple "Tout pour ma chérie" remixé reggae. Polnareff est de retour et met ainsi fin à des années de rumeurs. Le succès de l'album ne fait que confirmer l'immense popularité dont jouit le chanteur dans son pays natal.

Michel Polnareff continue d'entretenir, avec un amusement non feint, un voile de mystère autour de sa carrière et de sa personnalité. Créateur de titres majeurs du patrimoine musical hexagonal, Polnareff frôle le mythe.

La fin du siècle se passe sans guère de nouvelles. Michel Polnareff apparaît parfois dans les magazines people (inauguration d'une boutique de luxe à Los Angeles, une nouvelle fiancée...). On retrouve aussi son nom à diverses occasions professionnelles, parfois inattendues. En 2001, il signe, sur demande de la Principauté, un hymne pour le premier tournoi de Pentathlon Moderne de Monaco. La même année, il est également signataire d'un communiqué d'artistes demandant un alignement de la durée de leurs droits d'interprète (50 ans) sur celle des auteurs (70 ans).

Mais la grande attente des fans est toujours un nouvel album, souvent annoncé, désespérément invisible. Cet album se profile toutefois plus précisément dans l'autobiographie "Polnareff par Polnareff", co-écrite avec le journaliste rock Philippe Manœuvre et publiée en novembre 2004. Le succès remporté par l'ouvrage atteste une nouvelle fois de la popularité de l'artiste, bien que le récit comporte peu de révélations. Le chanteur évoque son prochain disque, dont la sortie pourrait avoir lieu en 2005. Dans cet album qu'il affirme avoir fait en solitaire, il croit parvenir à "faire fusionner plusieurs périodes de Polnareff".

Polnareff laisse planer le doute. Le mystère persiste sur la poursuite, ou non, de la carrière du chanteur. En attendant d'en savoir plus sur ses activités dans sa demeure de Palm Springs, France 3 diffuse, le 18 décembre 2005, un documentaire intitulé "Michel Polnareff dévoilé". Archives, extraits de concerts, interviews exclusives s'entrecroisent et s'ajoutent à des interviews de personnalités qui rendent hommage au chanteur à lunettes.

Le 12 mai 2006, Polnareff surprend comme il aime à le faire : il apparaît en plein journal télévisé de 20 heures, sur le première chaîne française, et annonce son retour. En duplex de Californie, ses fidèles lunettes cachant ses yeux qui lui posent toujours problème, il promet, en plus d'un nouvel album… une série de concerts ! L'annonce de sa venue, du 2 au 14 mars 2007 au Palais Omnisports de Bercy, déclenche une hystérie parmi ses fans. 100 000 billets sont vendus en quelques jours, pour un concert dont on sait déjà qu'il paraîtra sous forme de DVD live. Mis à part cela, Michel Polnareff cultive, comme toujours, un flou artistique, se bornant à préciser qu'il sera entouré d'artistes américains.

2007 : retour sur scène

On le retrouve effectivement sur la scène de Bercy le 2 mars juste après l'avalanche médiatique orchestrée d'une main de maître : télévisions, radios, et presse écrite traquent, commentent ou récapitulent la carrière du blond frisé. C'est l'événement de l'année en France.

170.000 spectateurs viennent applaudir Polnareff à Paris. Il reprend évidemment ses plus grands tubes et y ajoute deux inédits "Positions" et "Ophélie flagrant des lits". Le groupe qui l'accompagne est composé de sept musiciens américains et français (dont le percussionniste Mino Cinelu) et cinq choristes. Le show est à la hauteur de la longue attente des fans.

Le 10 mars, le chanteur reçoit une Victoire d'honneur pour couronner l'ensemble de sa carrière. A partir du 17, il entame une série de concerts à travers la France.

Le point culminant de cette série de shows reste le concert du 14 juillet au Champs-de-Mars à Paris qui rassemble quelque 600  000 personnes. A la fin de l'année, un CD et un DVD live sont mis en vente. Et le chanteur reçoit une Victoire de la musique du "Spectacle musical, tournée, concert de l'année" en mars de l'année suivante. Polnareff comptabilise pour cette tournée 14 représentations à Bercy et 63 dans les Zénith à travers la France.

De retour aux États-Unis, Michel Polnareff est fait chevalier de la Légion d'honneur par l'ambassadeur de France en juillet 2010. Cette année-là voit aussi en septembre, la naissance de Louka, son premier fils alors même que sur son compte Facebook, le chanteur reconnait qu'il n'est pas le père biologique de l'enfant.

Une compilation "le Cinéma de Michel Polnareff" sorte d'anthologie de ses musiques pour le cinéma parait sous le label Polydor, une compilation à laquelle le chanteur a apporté une attention particulière, car ce travail met en lumière un pan méconnu de son art.

En juin 2015, une exposition qui retrace l'ensemble de la carrière de l'artiste est présentée au MuMop (Musée des musiques populaires) à Montluçon et le chanteur accompagné de sa femme et de son fils vient pour l'inauguration.

Son travail en studio pour la composition de nouvelles chansons est en cours depuis déjà plusieurs mois. Il annonce la sortie d'un nouvel album début 2016 alors qu'un premier simple intitulé "l'Homme en rouge" sort en décembre 2015.

À défaut d'un album, c'est une autobiographie qui voit tout d'abord le jour en mars 2016 intitulée "Spèrme" (Editions Plon). Il y évoque la figure paternelle tyrannique, ses débuts dans le showbiz, ses provocations, son exil californien, sa paternité, etc.

La sortie d'un album devait précéder le début d'une tournée. Finalement, la tournée débute sans les nouvelles chansons : Polnareff se produit le 30 avril 2016 à Épernay et propose au public une plongée dans ses anciennes chansons, devenues avec le temps de véritables  standards ("Love me please love me", "l'Amour avec toi", "la Poupée qui fait non", etc.). Sur scène, il est accompagné par 7 musiciens et 4 choristes. Une quarantaine de dates sont calées  dont 4 à l'Accor Hotel Arena, une à l'Olympia à Paris et plusieurs dans des festivals d'été.

Alors qu'il s'apprête à boucler cette tournée de 7 mois avec deux concerts, à Paris et à Nantes, Michel Polnareff est hospitalisé le 3 décembre pour une embolie pulmonaire.

Après quelques jours de grande inquiétude, le chanteur voit sa santé s'améliorer et il sort de l'hôpital le 15 décembre. En janvier, il donne une interview au journal à grand tirage Paris Match, pour rassurer son public et indiquer que s'il est guéri, il n'est pas tout à fait remis.

Février 2017 Sur :

https://musique.rfi.fr/artiste/chanson/michel-polnareff

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Michel Polnareff 

https://www.nostalgie.fr/artistes/michel-polnareff/biographie

Figure majeure de la variété française, provocateur dans l'âme, Michel Polnareff est un personnage unique dans la paysage musical hexagonal.

Ses titres "La poupée qui fait non", "Le bal des lazes", "Je suis un homme" ou encore " On ira tous au paradis " lui confèrent le statut de légende qui n'a rien perdu de sa superbe comme l'atteste le succès de son retour sur le devant de la scène en 2016 avec une tournée quasi complète et un album en préparation.

Elevé dans une famille d'artistes (un père musicien, une mère danseuse), Michel Polnareff se met au piano dès sa plus tendre enfance et devient très vite un excellent élève.

Dès lors, la musique devient sa raison de vivre et dans les années 60, Michel Polnareff se met même à chanter dans la rue. 

Sa rencontre avec Lucien Morisse

En 1966, Michel Polnareff rencontre Lucien Morisse, patron d'Europe 1, qui devient son manager.  Il enregistre alors son premier 45 tours, « La poupée qui fait non ». C’est un un succès immédiat.

Ce succès sera suivi d'un autre, avec « Love me please love me ». Le public aime sa voix haut perché et ses sublimes mélodies.

Michel Polnareff est en haut de la vague et enchaîne les tubes, parmi lesquels « Le bal des lazes », « Tous les bateaux », sans oublier « L'amour avec toi » en 66, qui sera presque censuré. Michel Polnareff aime la provocation.

lors que l'on s'interroge sur sa vie privée, son goût pour les pantalons très moulants, ses célèbres lunettes et son ambiguïté sexuelle, il répond par un titre intitulé « Je suis un homme » en 70.

Départ pour les Etats-Unis

Michel Polnareff traverse de nombreuses crises de fatigue et de déprime. Il ne continue pas moins à écrire quelques titres qui deviendront des succès, comme « On ira tous au paradis » en 1972. 

Cette même année, il monte sur la scène de l'Olympia mais le sujet de toutes les conversations est bien évidemment la célèbre affiche pour le spectacle où on le voit les fesses à l'air ! C'est un scandale qui lui coûtera cher, mais qui va finalement bien avec le personnage. 

Michel Polnareff se fait chahuter

L'année suivante, un autre scandale lui coûtera bien plus cher. Escroqué par son homme d'affaires, il se retrouve endetté jusqu'au cou. Il part alors aux Etats-Unis, y sort deux albums (« Tibili » et « USA »). C'est en 1977 qu'il écrit sa célèbre « Lettre à France », exprimant la nostalgie de son pays où il lui est difficile de revenir à cause de ses démêlés avec la Justice.

En 1981, Michel Polnareff sort un nouvel album français (« Bulles ») qui rencontre un très grand succès et dont sera extrait «Tam Tam». 

Puis en 85, il enregistre l'album « Incognito » sur lequel figurent les singles « Dans la rue » et « Viens te faire chahuter ». 

Après quelques années de silence, Michel Polnareff revient sur les ondes en 89 avec « Goodbye Marylou » et un clip peuplé de créatures de rêve. Ce titre est un tube et l'album qui suit, « Kama Sutra » en 90, sera un triomphe même si le chanteur, fidèle à son image mystérieuse et rebelle, refuse toute promotion.

Naissance d'un mythe

Michel Polnareff repart aux Etats-Unis et crée l'événement en 95 en retrouvant la scène pour un concert unique à Los Angeles dans la salle mythique du Roxy sur Sunset Boulevard, l'occasion d'un enregistrement live.

Il revient en 2003 avec une compilation de 41 titres remasterisés, « Passé, présent ». Malgré les années, l'éloignement et le mystère autour de l'artiste, les fans sont au rendez-vous.

L'année suivante, l'artiste co-écrit avec Philippe Manoeuvre une autobiographie « Polnareff par Polnareff ». En guise de préambule, celui qui oscille entre mythe et réalité, précise : « J'écris un livre. Cela me changera de ceux qui écrivent sur moi des bouquins qui racontent des vies que je n'ai pas vécues et des morts que je n'ai pas eues ». 

 Ze re tour »

Toujours soucieux de faire taire les rumeurs, c'est Michel Polnareff lui-même qui annonce en mai 2006 son retour sur scène. Du 2 au 11 mars 2007, l'artiste se produit en France notamment au Palais Omnisport de Paris-Bercy, entouré de musiciens américains, férus de jazz progressif et de rock fusion. 

Le spectacle, dans lequel le chanteur interprète de nouveaux et d'anciens titres, est immortalisé sur un album et DVD live, « Ze re tour 2007 », qui sort en décembre.

Véritable événement de l’année, Michel Polnareff se produit même sur le Champs de Mars pour le 14 juillet. 

Près de 10 ans de silence

près cet énorme carton à Paris, les fans attendent impatiemment un nouvel album, il va leur falloir patienter pendant très longtemps. Trois ans après son retour en fanfare, et alors qu’il reçoit la Légion d’honneur, il assure à ses fans qu’il travaille. 

Son retour en studio est toutefois chamboulé par l’arrivée de Louka, son fils, dont il révèle rapidement qu’il n’est pas le père biologique. 

En 2013, les fans s’emballent lorsque le directeur de Polydor annonce la sortie d’un album pour avant la fin 2014. Il n’en sera rien. Plusieurs fois Michel Polnareff rassure ses fans sur l’arrivée d’un disque, mais l’Amiral prend son temps. 

Il faut attendre le mois de décembre 2015 pour que le chanteur confirme lui-même son retour avec un nouvel album et une nouvelle tournée. Quelques jours après, il dévoile un nouveau single « L’Homme en rouge ». 

Le voyage musical démarre officiellement le 30 avril 2016 et passe notamment quatre soirs de suite à l’AccorHotel Arena de Paris, mais aussi à L’Olympia de Paris le 14 juillet. 

https://www.nostalgie.fr/artistes/michel-polnareff/biographie

Michel Polnareff : “J’ai bien l’intention de ne pas m’arrêter là”

Franck Vergeade

Publié le 24 novembre 2022 à 11h42
Mis à jour le 24 novembre 2022 à 19h24 Sur :

https://www.lesinrocks.com/musique/michel-polnareff

À l’occasion de la sortie de “Polnareff chante Polnareff” sur lequel il reprend ses morceaux en piano-voix, le musicien, toujours mystérieux, jette un regard sur son passé pour mieux se projeter dans l’avenir.

Polnareff chante Polnareff, difficile d’ébaucher titre plus explicite – et mégalomaniaque – pour réinterpréter douze de ses plus grands standards en version piano-voix. C’est d’ailleurs dans ce dénuement instrumental que Michel Polnareff avait livré quelques fulgurances, dont une version mémorable de Lettre à France, lors de son retour sur scène le 2 mars 2007 au Palais omnisports de Paris-Bercy (pas encore rebaptisé Accor Arena). Un come-back événementiel après trente-quatre années d’absence scénique.

Il faut dire que Polnareff est l’artiste de tous les records de France : huit cents jours confiné au Royal Monceau pour enregistrer l’album Kâma-Sûtra (1990), vingt-huit ans pour livrer son successeur Enfin ! (2018). Comme l’intéressé aime à le répéter depuis des décennies : “Je n’ai aucun agenda.” Exilé en Californie depuis 1973 (notamment à cause d’une lourde dette fiscale), le chanteur de Love Me Please Love Me est donc cet automne de passage exceptionnel en France, et plus précisément dans un prestigieux hôtel versaillais où il reçoit les journalistes, avec deux mots d’ordre : pas de question sur sa vie privée ni sur la politique.

Ce qui fait doublement sens puisque l’on avait uniquement envie de parler musique avec l’autre génie de la chanson française, surtout depuis le départ définitif du regretté Christophe, une nuit brestoise du printemps 2020 en plein confinement général. “Après avoir remporté deux courses, Porsche souhaitait m’engager comme pilote, mais j’ai malheureusement perdu mon permis à cause d’une soirée trop arrosée avec Polnareff. Je me demande encore ce que je foutais avec lui, mais la police m’a arrêté, éméché au volant, sur les Champs-Élysées”, nous avait-il confié une nuit, un an avant sa mort.

Si Polnareff, qui carbure au champagne comme Christophe, ne confirme pas l’anecdote, il se prête au jeu des questions/réponses au cours d’une demi-heure soigneusement chronométrée. Où l’entourage envahissant – de l’imposant manager Serge Khalifa au photographe/vidéaste assermenté – nuit parfois aux confidences intimes de l’homme aux immuables lunettes blanches.

Le Bal des Laze figure en ouverture de Polnareff chante Polnareff. Considérez-vous cette chanson comme votre chef-d’œuvre absolu ?
Michel Polnareff – C’est une chanson importante de mon répertoire. Pour ce disque, j’ai eu le plaisir de la désosser et d’en faire une version piano/voix, qui fonctionne au final très bien.

Cette mise à nu instrumentale de vos plus grands succès est une manière d’en extraire la substantifique moelle.
Un truc comme ça, oui… Comment dire ? Les fans avaient envie d’écouter mes morceaux “désorchestrés”, ce que vous appelez “la substantifique moelle”. C’est difficile à prononcer… Cela vient de Rabelais, non ? Bien évidemment, je me suis demandé si les chansons tiendraient sans les arrangements en studio. Je suis très fier du résultat. Un peu comme si l’auditeur était assis à mes côtés et découvrait la substantifique moelle de ces douze titres.

Justement, comment avez-vous procédé pour la sélection finale des morceaux du disque ? Car on peut s’étonner de l’absence de tubes comme Tous les bateaux, tous les oiseaux, Dans la maison vide…
Ces deux titres sont plutôt du ressort de la variété que du pop-rock.

Pour revenir au Bal des Laze, quels sont vos souvenirs d’enregistrement au studio Hoche en 1967 ?
Je me souviens d’abord des 3000 bougies… L’anecdote est authentique. Dans le studio, j’avais besoin d’une ambiance digne d’une cathédrale. Je jouais pour une fois de l’orgue et j’avais couché la basse sur le sol, en tapant les accords des cordes de la main gauche à l’aide d’une mailloche pour timbales, ce qui donne ce son très agressif. À l’époque, il fallait créer tous les sons.

Et ce passage du texte de Pierre Delanoë que vous chantez : “Je serai pendu demain matin/Ça fera quatre lignes/Dans les journaux.” Vous arrive-t-il de songer parfois à la mort et à votre postérité ?
Non, je ne pense pas à la mort. Et je n’ai jamais rien fait dans ma carrière en fonction de ma future postérité.

Vous êtes l’homme de tous les records, qu’il s’agisse du temps écoulé entre deux albums ou de la durée de votre absence scénique, qui entretiennent largement le mythe Polnareff.
Je ne sais pas si mes longues absences ou mes silences y participent. Ou alors je détruis le mythe en vous parlant. (Sourire.)

Vous n’imaginiez pas qu’autant d’années passeraient avant la sortie d’Enfin !, vingt-huit ans après Kâma-Sûtra.
Bien sûr que non, mais si j’avais su, j’aurais occulté Enfin ! pour publier directement Polnareff chante Polnareff. Car l’assassinat de mon précédent album a été violent, alors qu’il m’avait demandé beaucoup de travail et qu’il y a quelques splendeurs. Même la maison de disques de l’époque (Barclay, ndlr.) ne m’a pas suivi, ce qui explique que je suis sur un nouveau label (Parlophone, ndlr.). 

Avez-vous pensé que cet album ne sortirait jamais, après trois décennies d’attente ?
Trois décennies plus une seconde, ça va… (Sourire.)

En interview, vous disiez pourtant avoir en stock un quintuple album. Qu’est devenue cette matière sonore ?
J’en ai encore davantage aujourd’hui. J’espère que c’est une matière grise, pas fécale.

La perspective d’un nouvel album studio est-elle toujours d’actualité ?
Je ne peux pas vous donner une réponse exacte, car je me pose moi-même la question. Je me répète, mais je suis très fier de ce nouveau disque, qui n’était absolument pas prévu et encore moins pour la postérité. Contrairement à certains albums qui sont légers, celui-ci est vrai et pas léger. Les premiers échos me confortent dans l’idée de l’avoir imaginé comme tel, c’est-à-dire moins imposant qu’à l’accoutumée pour le public.

Dans votre discographie, l’album Polnareff’s (1971) revient souvent comme votre mètre étalon. Quel serait votre propre disque fétiche ?
J’ai une vie personnelle et tout ce que l’on connaît de moi est surtout lié à ma musique. Quand je sors un album, je travaille tellement dessus que je ne peux plus le blairer pendant des années. Aujourd’hui, j’ai lâché le bébé et je réécouterai certainement Polnareff chante Polnareff dans quatre, cinq ans. Puisque j’ai bien l’intention de ne pas m’arrêter là.

En mars 2007, quand vous étiez remonté sur scène au POPB, vous interprétiez quelques chansons seul au piano, dont une version dénudée de Lettre à France. En prévision de votre prochain concert parisien, le 2 juillet 2023 à l’Accor Arena, pourriez-vous privilégier un piano-voix, sans musiciens additionnels ?
Ce serait raccord avec le disque. Mais peut-on tenir un spectacle d’une heure et demi ou deux heures dans cette simple formule instrumentale ? Je m’interroge encore, peut-être faudra-t-il remettre un peu de muscles à un moment ou un autre…

Ayant l’oreille absolue, vous n’avez pas forcément besoin d’un instrument pour composer… Pouvez-vous nous citer un exemple précis de chanson composée à l’instinct, dans votre tête ?
Goodbye Marylou, par exemple, avec cette suite harmonique qui m’a moi-même étonné.

Quel regard portez-vous sur la nouvelle scène française, et particulièrement des chanteuses comme Clara Luciani et Juliette Armanet ?
Je prépare actuellement une émission spéciale, où j’invite d’autres artistes, comme Clara Luciani, Juliette Armanet ou Hoshi. Les clins d’œil au disco et au Studio 54 à New York de la production des derniers albums de Clara Luciani et Juliette Armanet me séduisent et sont très impressionnants. Leur positionnement disco est clair et plutôt étonnant en 2022.

Allez-vous justement profiter de votre présence à Paris pour aller les applaudir sur scène ?
Tout dépend du timing. Mais plus on sera ensemble et moins on se verra. (Sourire.)

Quel plaisir prenez-vous, de temps à autre, à revenir dans votre pays natal, puisque vous résidez en Californie depuis bientôt cinquante ans ?
Je suis un Français qui vit aux États-Unis et je m’inquiète beaucoup pour la France qui, comme tous les pays du monde, est à un carrefour compliqué. Est-ce que j’ai les solutions ? Non. Est-ce que je peux apporter quelque chose par mon talent et ma musique ? Peut-être. Je suis de passage à Paris, donc je ne suis pas en France. Très souvent, on confond Paris et la France, mais la France existe en dehors de Paris. J’aimerais aller plus souvent regarder ailleurs ce qu’il s’y passe.

Outre-Atlantique, vous voyagez un peu ?
Je suis un nomade sédentaire. Je suis là où l’on me pose. Ce qui m’a permis de faire ce disque, puisque je dispose d’un studio d’enregistrement chez moi. Ainsi, je peux enregistrer quand je veux et non pas quand il faut, c’est la grande différence avec les concerts. Tout ce qui se passe autour d’un concert est très compliqué, car il faut être bon quand il faut et non quand on l’est.

Votre live à Tokyo 1972 vient tout juste d’être réédité en vinyle pour son cinquantième anniversaire.
Il était temps ! Les Japonais sont un public extraordinaire. L’annulation du concert à la Salle Pleyel, à la fin de la tournée 2016, m’a rendu très triste, car des Japonais avaient économisé pendant des années pour venir m’applaudir alors que j’étais sur un lit d’hôpital. Mythologiquement, il faut absolument reprogrammer ce concert à la Salle Pleyel.

Certains artistes préfèrent l’ombre du studio aux lumières de la scène. Dans quel camp vous situez-vous ?
Ce sont deux combats tout à fait différents. En studio, tout doit être parfait. Même si pour ce nouveau disque, j’ai voulu parfois conserver la véracité du moment au détriment de la perfection. Sur scène, à cause de l’ambiance et de la chaleur, tout est pardonnable. Graver un album, c’est pour la postérité. À part Enfin !, qui a été très mal gravé par Universal et qui sonne comme de la merde… Car le test pressing ne m’a jamais été envoyé. Il y a pourtant des pépites dessus comme Grandis pas et Dans ta playlist, deux chansons écrites avec Doriand, un mec formidable.

Sur quel support écoutez-vous principalement la musique aujourd’hui ?
Généralement, sur mon iPhone, et ça me convient très bien. Je sais que l’on perd un peu dans les fréquences hautes et basses. Pour le reste, je préfère le CD au vinyle pour la qualité supérieure du son.

Quel est votre rapport à l’actualité discographique et à la nouveauté ?
Actuellement, je n’écoute que moi et j’espère que ça va durer… (Sourire.)

En 1999, un tribute vous avait été consacré, avec de nombreux artistes internationaux (Nick Cave, Pulp, Saint Etienne, Marc Almond) et hexagonaux (Bertrand Burgalat, Jacno, Pascal Comelade)…
Ce disque hommage où j’étais représenté par un poussin ? Je n’avais pas compris le message. J’avais bien aimé la reprise de Goodbye Marylou par Nick Cave, mais cet hommage ne m’avait globalement guère touché.

En 2017, une intégrale était parue, avec plus de 430 titres rassemblant vos albums studio, vos musiques de films, vos concerts enregistrés et une kyrielle d’inédits. Comment appréhendez-vous votre œuvre ?
Je pense sincèrement n’en être qu’au début…

Vous êtes sûr ?
Certain.

Ce qui sous-entend que la musique composée et accumulée depuis tant d’années sortira ultérieurement ?
Aujourd’hui, on parle de Polnareff chante Polnareff, mais ce n’est qu’une étape, pas un but en soi.

Au Royal Monceau au début des années 1990, vous avez pratiqué le confinement avant le confinement.
Je ne l’ai pas seulement pratiqué, je l’ai inventé ! (Sourire.)

Quels sont vos souvenirs de ces 800 jours passés dans ce palace parisien de l’avenue Hoche ?
J’en garde des souvenirs contrastés, mais d’aucuns rêveraient de passer quelques semaines dans un palace. Je me suis retrouvé piégé par moi-même en ayant l’impression que je n’étais ni en Amérique, ni en France. 
Quelles que soient les étapes et les expériences, ce sont les résultats qui m’importent. Et je suis sorti du Royal Monceau avec un très bel album, même si cela a été folklorique à souhait. C’était vraiment plus que rock’n’roll… Pendant mon séjour, j’y ai rencontré quelques stars, comme l’actrice Julia Roberts ou la fille de Ricky Nelson, grâce à laquelle j’ai écrit Goodbye Marylou, un clin d’œil à la chanson Hello Mary Lou de son père.

Dans l’histoire de la musique contemporaine, quel est le compositeur dont vous vous sentez le plus proche ?
En dehors de John Cage, j’ai une énorme admiration pour Michel Colombier, une sommité totale. C’était mon meilleur ami. Je regrette beaucoup sa disparition ainsi que les traces oubliées de son œuvre. J’adorais son générique pour Antenne 2 sur les images de Folon, un chef-d’œuvre total. C’est un homme dont on ne parle pas assez, mais qui était absolument intégral.

Ensemble, vous aviez enregistré l’album d’inspiration disco Ménage à trois en 1980.
Exactement, il s’était renommé Michael Dove et moi, Max Flash.

Enfin, au générique de Polnareff chante Polnareff, figure notamment Mes regrets. Quel serait le plus grand regret de votre carrière ?
Aucun. Sincèrement. Dans ma vie privée, plein…

Propos recueillis par Franck Vergeade

Franck Vergeade
Publié le 24 novembre 2022 à 11h42
Mis à jour le 24 novembre 2022 à 19h24 Sur :

https://www.lesinrocks.com/musique/michel-polnareff


 

Michel Polnareff   Chanteur - compositeur aux tubes mythiques, Michel Polnareff est un artiste à part dans le paysage musical français. Malgré une carrière en dent de scie – il se retire souvent loin des médias -, il reste un des grands noms de la chanson française, après une carrière de plus de 30 ans, mêlant habilement variété et pop music.

La carrière de Polnareff est lancée du jour au lendemain, puisque dès sa sortie, le 26 mai 1966, "La Poupée …" connaît un triomphe énorme. Loin des yéyés du début des années 60, Polnareff débarque avec un style nouveau, très mélodique, et dont la facture rappelle plutôt les grandes chansons américaines  et anglaises.

 "Love me Please Love Me", mélodie magique et romantique fait un nouveau carton.

Il obtient le Prix critique de la Rose d'Or d'Antibes. Dès lors, les tubes s'enchaînent : "Sous quelle Étoile suis-je Né?" et "L'oiseau de Nuit" en 1966, "Le rois des Fourmis" ou "Âme Câline" en 1967 et "Le Bal des Lazes" en 1968, dont le texte est écrit par Pierre Delanoë. Comme la plupart des vedettes françaises le font à l'époque, Michel Polnareff enregistre ses titres en anglais, espagnol ou italien, et à l'automne 1967, il reçoit en Allemagne, le "Prix du chanteur étranger le plus populaire". Il enchaîne tournée sur tournée, mais en septembre 1967, programmé à l'Olympia, il refuse au dernier moment cet engagement, prétextant son manque d'expérience.

Les médias s'emparent du phénomène, mais plus encore que ses chansons et que son talent quasi avant-gardiste, les chroniqueurs ne se lasseront plus désormais d'évoquer ses tenues voyantes et moulantes, ses lunettes ou ses coiffures variées. Michel Polnareff est impossible à cataloguer, et devient une cible idéale, voire un bouc émissaire. De plus, certains de ses textes ne manquent pas d'effrayer les âmes sensibles, à commencer par "L'amour avec Toi" en 1966, interdit d'antenne avant 22 heures.

Cependant, son talent est largement reconnu. Charles Trenet le complimente, et le célèbre homme de théâtre, Jean-Louis Barrault lui commande la musique de son spectacle "Rabelais" en 1968. Ce dernier travail correspond à un désir du chanteur de se lancer dans des compositions musicales de plus grande ampleur.

C'est en 1968, qu'il monte pour la première fois sur la scène de l'Olympia de Paris. Puis entre 1968 et 1969, Michel Polnareff continue d'aligner plus d'une dizaine de succès dont "Tous les Bateaux" ou "Dans la Maison Vide", co-écrit avec Jean-Loup Dabadie. En 1969, il écrit sa première musique de film pour "L'Indiscret" de François Reichenbach.

Les 14 et 15 janvier 1970, il remonte sur la scène de l'Olympia, puis part en tournée. C'est à peu près à cette époque que Michel Polnareff se présente sous son apparence la plus célèbre, cheveux blonds et bouclés entourant une paire de lunettes blanches aux verres sombres. Ces lunettes, qui sont indissociables du personnage, donneront lieu à d'innombrables élucubrations sur la raison de leur existence. En fait, Michel Polnareff protège juste des yeux fragiles et très myopes. Toujours au centre d'attaques liées à son apparence et à son mode de vie, il répond en 70 par la chanson, "Je suis un Homme" afin de mettre un terme aux accusations d'ambiguïté sexuelle dont il est la cible. Mais lors d'une tournée, précisément à Périgueux en mai 70, il est agressé sur scène. Épuisé, las et déprimé, il annule alors les dates ultérieures, dont un concert au Palais des Sports en juin où il aurait été entouré d'un orchestre symphonique.

Le 11 septembre 1970, Lucien Morisse, qui avait lancé Michel Polnareff, met fin à ses jours.

En janvier 1971, suite à une nouvelle dépression, il fait une cure de sommeil dans un hôpital de la région parisienne. De mai à septembre, il repart en tournée accompagné d'un groupe composé de quatre musiciennes d'origine scandinave. En octobre, on le retrouve sur la scène du Palais des Sports, mais uniquement comme pianiste invité du show de Johnny Hallyday. L'année suivante, c'est le rocker qui rejoindra Polnareff à l'Olympia pour un pot-pourri de vieux tubes rock'n'roll. En 1971, il compose une nouvelle musique pour le film de Nadine Trintignant, "Ça n'arrive qu'aux Autres", et Gérard Oury lui commande la musique de sa comédie, "La Folie des Grandeurs", avec Yves Montand et Louis de Funès.

Polnareff continue à travailler sans relâche, contrôlant jusqu'à la perfection chaque étape de la production. En 1972, il écrit "Holidays" et "On ira tous au paradis" avec Jean-Loup Dabadie, ou encore, "La Mouche". Mais, après l'état de grâce des années 60, les années 70 voient se multiplier obstacles et problèmes. Toujours en 1972, Michel Polnareff prépare un nouveau spectacle à l'Olympia qu'il nomme "Polnarévolution". Programmé du 6 au 22 octobre, le spectacle est annoncé sur les murs de France, et en particulier de la capitale, par une série de 6000 affiches représentant le chanteur fesses nues. Le scandale est au rendez-vous, et le 8 décembre, Michel Polnareff est convoqué devant un tribunal correctionnel qui le condamne à payer 10 francs par affiche sur le motif "d'attentat à la pudeur". La publicité est énorme, et cette affiche est restée célèbre et très recherchée. Le spectacle a tout de même lieu et Polnareff, accompagné par le groupe Dynastie Crisis, triomphe devant un public conquit. A la fin de l'année, il s'envole pour le Japon où sa notoriété est réelle, puis retrouve l'Olympia en mars 73 pour un spectacle du nom de "Polnarêve", constitué uniquement de nouvelles chansons. Enfin, il entame une tournée internationale qui le mène en Polynésie, dans l'Océan indien ou en Amérique du Nord.

Si Polnareff suit de très près de l'aspect artistique de sa carrière, il ne se soucie guère de gérer sa vie matérielle. Coupé des réalités, il délègue les questions d'argent avec confiance à son homme d'affaire . Cette confiance se transforme en cauchemar lorsqu'au retour d'une longue tournée internationale, le chanteur découvre durant l'été 1973, que son déficit bancaire se calcule en millions de francs. Escroqué, Polnareff se retrouve à la tête d'un énorme scandale financier d'autant plus que son train de vie est à cette époque plutôt élevé. Contraint de rembourser au fisc une somme de plus d'un million de francs, le chanteur décide de quitter le pays. A la même époque, sa mère disparaît et Polnareff, déprimé, doit faire une nouvelle cure de sommeil. Fin 73, il embarque sur le luxueux paquebot "France" en direction de New York. C'est le début d'un exil qui n'a jamais vraiment cessé depuis.

Après trois mois à New York, Michel Polnareff s'installe à Los Angeles. Assommé par les événements de 73, il profite de sa nouvelle vie américaine pour se reposer, retrouver les plaisirs de l'anonymat et d'une vie quotidienne plus paisible.

Il signe un contrat chez Atlantic, et sort en 1974, le premier album depuis son départ, "Tibilli", qui ne connaît qu'un succès mitigé. En 1975, le titre "Jesus for Tonight", tiré d'un disque presque entièrement en anglais, "USA", rentre à la 35ème place du classement américain, le Billboard. D'un point de vue purement artistique, Polnareff trouve son bonheur aux États-Unis, ayant a à sa disposition les meilleurs musiciens ou ce qui se fait de mieux en matière technique.

Il entreprend en 1975 une triomphale tournée au Japon. Puis, le 26 octobre, un concert-événement est organisé par RTL au Forest-National de Bruxelles.

En effet, poursuivi par la justice, Michel Polnareff ne peut en aucun cas mettre le pied sur le sol français sous peine d'arrestation immédiate. Dans des trains affrétés par la radio, des milliers de spectateurs français se pressent pour écouter le chanteur exilé. En 1976, il signe la musique du film "Lipstick" de Lamont Johnson, avec Margaux Hemingway, et le thème principal devient un tube .

En 1977, il sort le superbe "Lettre à France", titre dans lequel il exprime sa nostalgie du pays qui lui manque. En 1978, il revient pour la première fois en cinq ans, mais c’est pour se présenter devant un tribunal correctionnel chargé de juger l'affaire de fraude fiscale dont il est accusé. Bien que son homme d'affaires soit déclaré coupable, Michel Polnareff reste redevable de plus d'un million de francs au fisc. Il profite de ce voyage pour présenter en France son nouvel album, "Coucou me Revoilou", qui connaît un succès limité malgré "Lettre à France" et "Une simple Mélodie".

En 1979, il donne une nouvelle série de concerts au Japon, pour la quatrième et dernière fois.

Polnareff fait un retour triomphal en 1981 avec l'album "Bulles" qui se vend à près d'un million d'exemplaires. Avec un son très "années 80", ponctué de boîtes à rythmes et de synthétiseurs, cet album renferme plusieurs succès dont « Tam Tam (l’homme préhisto) », « Je t’Aime »  ou « Radio « . En novembre 81, il enregistre un spectacle pour la télévision que l'on retrouve sur le 33 tours "Télé 82". Ses problèmes avec la justice étant en cours de règlement, il commence à revenir un peu plus souvent sur le territoire français.

Gérard Oury lui commande la musique de sa nouvelle comédie en 84, "La Vengeance du Serpent à Plumes", avec Coluche. Puis en 1985, il sort "Incognito" qui ne connaît pas le succès du précédent album, malgré deux tubes en puissance, "Dans la Rue" et "Viens te faire chahuter", titre accompagné d'un vidéo clip très californien.

Après cet album, Michel Polnareff ne fait plus guère parler de lui, bien qu’il réside en France. Mais en juin 89 sort chez Sony un nouveau simple, "Goodbye Marylou". En septembre, il s'installe au Royal Monceau, palace parisien dans lequel il entame l'enregistrement de l'album grâce à un studio 48 pistes installé dans sa suite. Il y reste 800 jours, chambre 128. Pendant cette longue période, reclus, mais entouré d'amis, il travaille d'arrache-pied sur son nouveau disque .

En février 90 sort "Kama Sutra". En dépit des demandes insistantes de sa maison de disques pour que Polnareff accepte de faire de la promotion, il refuse catégoriquement. Les critiques et les chiffres des ventes lui donnent raison puisque l'album est un succès. Les simples connaissent des destins variables, et aucun, de "Kama Sutra" à "LNAHO",  en passant par "Toi et Moi" , ne connaît le succès de "Goodbye Marylou".

Polnareff souffre d'une myopie insistante et en ce début des années 90, ses problèmes optiques ne font qu'empirer et sa vue baisse dangereusement jusqu'à frôler la cécité. Après des mois d'hésitation, Michel Polnareff prend la décision de se faire opérer d'une double cataracte. L'opération réussie, sa convalescence est difficile car Polnareff est la proie des paparazzi ..

En 95, il repart aux États-Unis et s'installe à Los Angeles. Entouré de ses ordinateurs, il commence à préparer un retour très attendu autant par le public et par les médias.

Le 27 septembre 1995, dans la salle mythique du Roxy sur Sunset Boulevard, Michel Polnareff donne son premier concert depuis des années. Sa voix n'a rien perdu de sa clarté, et entouré de musiciens américains triés sur le volet, il reprend ses plus grands titres, souvent réorchestrés. Il intègre aussi un inédit instrumental, "Lee Neddy".

A grand renfort de promotion, articles de presse, couvertures de magazines, émission de télévision (entrevue exclusive sur Canal+), l'album sort en juin 1996, soutenu par le single "Tout pour ma Chérie" (remix reggae). Polnareff est de retour et le succès de l'album est énorme, ne faisant que confirmer l’immense popularité dont jouit le chanteur en France.

En 1999, il publie un nouveau single, qui ne rencontre qu’un succès mitigé. Malgré tout, ses compilations se vendent bien. En attendant un nouvel album….

Michel Polnareff continue d'entretenir le mystère autour de sa personnalité et de sa carrière . Créateur de titres majeurs de la chanson française, il est aujourd’hui considéré comme un  mythe.  

 

La carrière de Michel Polnareff 

Sur :

https://www.cosmopolitan.fr/michel-polnareff,1998960.asp

C'est en 1964 et après son arrivée à la capitale, qu'il compose sa première chanson : La poupée qui fait non. Elle deviendra quelques années plus tard son tout premier tube. Il signe avec le label AZ après avoir refusé un contrat avec la maison de Disques Barclay. En quelques années, Michel Polnareff devient un artiste autant adulé que décrié. Il prône la liberté sexuelle avant l'heure et arbore un look décalé et jugé efféminé. Son côté anglo-saxon qu'il partage avec Serge Gainsbourg et Jacques Dutronc en fait une star de la chanson française. Michel Polnareff enchaînera les succès avec des chansons désormais cultes comme On Ira Tous Au Paradis ou Goodbye Marylou. Considéré comme un avant-gardiste de la musique française, il est le premier à mêler concert et spectacle. Il se classe numéro 1 avec la bande originale du film Lipstick. Il décide pourtant d'arrêter sa carrière américaine par manque d'envie malgré le succès. C'est à cette période en 1977 qu'il enregistre Lettre à France, une chanson qui exprime sa nostalgie de l'hexagone. En 1978, il revient en France au moment de son procès contre son ancien manager. Il signe alors son grand retour musical.
Le 22 juillet 2010, Michel Polnareff est fait Chevalier de la Légion d'honneur. 
Après plusieurs années de suspense et un procès gagné contre l'organisme de crédit Cetelem qui avait utilisé l'un de ses sosies, Michel Polnareff retourne en studio en 2015. Le 18 décembre de la même année, il dévoile un premier titre : L'homme en rouge. Quelques mois plus tard, en 2016, sort en librairie Spèrme, son autobiographie. A 72 ans, l'Amiral a le vent en poupe et se lance dans une tournée, notamment avec un concert le 14 juillet qui se joue à guichets fermés à l'Olympia. Une tournée qui s'arrête brutalement le 2 décembre 2016 alors qu'il s’apprête à monter sur la scène de  la salle Pleyel. Des problèmes pulmonaires et des troubles respiratoires l'obligent à annuler sa série de concerts et surtout à être admis à l'hôpital. 

https://www.cosmopolitan.fr/michel-polnareff,1998960.asp

Discographie

POLNAREFF CHANTE POLNAREFF
Album - 2022 - Parlophone

ENFIN
Album - 2018 - Barclay

POP ROCK EN STOCK
Intégrale - 2017 - Barclay

OLYMPIA 2016
Live - 2016 - Barclay
LE CINEMA DE POLNAREFF
LE CINEMA DE POLNAREFF

Compilation - 2010 - Emarcy

ZE [RE]TOUR 2007
Live - 2006 - Polydor

LES 100 PLUS BELLES CHANSONS
Compilation - 2005 - Polydor

PASSÉ PRÉSENT
Compilation - 2002 - Barclay

LES PREMIERES ANNEES (3 CDS)
Compilation - 1996 - Universal

LIVE AT THE ROXY
Live - 1995 - Sony

LA COMPILATION 1966-1991 (35 TITRES)
Compilation - 1990 - Sony

KAMA-SUTRA
Album - 1989 - Sony

INCOGNITO
Album - 1984 - Sony

BULLES
Album - 1980 - Sony

COUCOU ME REVOILOU
Album - 1977 - Sony

FAME A LA MODE
Album - 1974 - Sony

MICHEL POLNAREFF
Album - 1973

POLNAREVOLUTION
Live - 1971 - Musidisc

POLNAREFF'S
Album - 1969 - Universal

POLNAREFF VOL 2
Album - 1967 - Universal

SOUS QUELLE ÉTOILE SUIS-JE NÉ ?
Album - 1965 - Universal

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