LE GUZHENG (Dis-moi de quoi tu joues ?)
« Un homme qui peut marcher au son de la musique militaire n’a reçu son cerveau que par mégarde ; sa moëlle épinière lui aurait amplement suffi. »
Albert Einstein


Sur : Les Cahiers Du Nem
la revue des cultures asiatiques et des diasporas https://lescahiersdunem.fr/guzheng/
Instrument à la sonorité reconnaissable entre toutes, le Guzheng est un des plus vieux instruments de musique de Chine. Son nom se compose de deux caractères : Gu qui signifie ancien et zheng « bambou qui soutient » autre nom de la cithare. Les premières traces remontent au Vè siècle avant Jésus Christ
En effet une de ses difficultés c’est qu’il se joue assis, le guzheng étant posé sur un support, ce qui a conduit certains à l’appeler « piano chinois. Son joueur à l’aide d’un plectre pince les cordes de la main droite tandis que la mai gauche touche les cordes dans le but de créer une variété de sons et de faire varier la hauteur de la mélodie . Ainsi le professeur de Guzheng Tra Van Khe décrit l’alchimie créée par les deux mains : « la main droite crée le son, la main gauche donne l’âme à la musique. Le Guzheng a très tôt été associé à des compositions méditatives évoquant le vent, les rivières, les cascades ou le vent. Il permet aussi d’accompagner les récits épiques, héroïques, les combats martiaux. Il a aussi été utilisé par les jeunes artistes pour réinterpréter des thèmes empruntés aux musique du monde
Le succès de l’instrument lui a permis d’être repris et copié par les pays voisins : koto japonais, dan tranh vietnamien, katagum coréen ou encore le zhetygen kazahk. Aujourd’hui 10 millions de personnes le pratiquent. Le cinéma a permis de le populariser en construisant d’épiques scènes de combats autour de cette mélodie que ce soit dans Hero, Kung Fu Hustle ou Histoire de fantômes chinois
24-4-2012 Par : 北京旅游网 sur : https://french.visitbeijing.com.cn/article/47DYT0KsFh9
Le guzheng 古筝est un instrument de musique à cordes pincées traditionnel chinois de la famille des cithares sur table. « Gu » signifie « ancien » et « zheng » veut dire « cithare ».
Cet instrument peut interpréter non seulement des mélodies lyriques, mais aussi des morceaux grandioses. Partons tout de suite à la découverte de l'histoire du guzheng, de sa transmission et de son développement.
De nombreux empereurs chinois faisaient prospérer les rites et la musique pendant leur règne ; le guzheng a donc pu être transmis de génération en génération. Il a déjà une histoire de plus de 2500 ans. A ce propos, écoutons Li Shibin 李世斌, vice-président de la Société du guzheng du Shaanxi :
« Le guzheng a pris forme au cours de la période des Printemps et des Automnes, ainsi que des Royaumes combattants (770-221 av. J.-C.). Ayant prospéré pendant plus de 500 ans, il a atteint son apogée sous les dynasties des Sui et des Tang, ainsi qu'à l'époque des Cinq Dynasties (581-960). Le guzheng a été popularisé à partir de la dynastie Song (960-1279). »
On dit que le guzheng est originaire de la région qui était sous l'autorité de l'Etat de Qin. Ce dernier, situé dans l'actuelle province du Shaanxi, a existé du 8e siècle au 3e siècle av. J.-C. On appelait donc le guzheng « guzheng de Qin ».
Le guzheng d'alors était composé de cinq cordes, qui correspondent à la gamme de cinq notes : gong宫, shang商, jiao角, zhi徵, yu羽. Ces cinq notes sont liées à la théorie musicale traditionnelle chinoise et sont l'équivalent de « Do, Ré, Mi, Sol, La ».
Avec l'enrichissement des pratiques en matière de musique, le diapason du guzheng à cinq cordes n'a plus satisfait les goûts des Chinois. Les musiciens se sont mis à améliorer le guzheng. C'est ainsi que sont nés les guzheng à douze cordes et à treize cordes. Ecoutons Zhou Yanjia周延甲, vice-président de la Société du guzheng relevant de l'Association chinoise des musiciens :
« A la fin de la dynastie des Han orientaux, soit à peu près au début du 3e siècle, on trouvait monotones les sons interprétés par le guzheng à cinq cordes. Pour fabriquer le guzheng à douze ou treize cordes, on a eu recours au bois au lieu du bambou. Ces nouveaux guzheng ont été introduits au Japon sous les dynasties Sui et Tang, et y sont encore utilisés. »
Le morceau de guzheng intitulé « musique sur le mûrier de Qin 秦桑曲 » a été adaptée du poème « Sentiments de printemps 春思 » du grand poète chinois Li Bai 李白, sous la dynastie Tang. Un air tantôt tendre tantôt passionné interprété au guzheng réussit à symboliser l'héroïne de ce poème : une femme qui a la nostalgie de son pays natal et qui aspire à rejoindre sa famille le plus tôt possible.
En effet, dans l'Antiquité chinoise, le développement du guzheng s'accompagnait de la création de poèmes. Il y a des centaines de poèmes concernant le guzheng dans l'« Edition complète de poèmes des Tang », regroupant / incluant plus de 42 000 oeuvres. Notons que durant les Tang, le guzheng a été largement utilisé. Ses techniques de jeu ont par ailleurs atteint la perfection.
Lorsque le guzheng s'est graduellement répandu aux quatre coins du pays, différents styles de jeu et courants locaux se sont développés. Poursuivons avec le témoignage de Zhou Yanjia, vice-président de la Société du guzheng relevant de l'Association chinoise des musiciens :
« La dynastie des Han orientaux a établi sa capitale à Luoyang, dans la province du Henan. Le guzheng s'est étendu de la province du Shaanxi, son berceau, au Henan dans le centre-est de la Chine et au Shandong à l'est, jusqu'au sud du pays, par exemple dans les provinces du Guangdong et du Fujian. Les divers courants locaux sont dérivés du guzheng de Qin ».
Après l'apparition du guzheng à 14 cordes et de celui à 15 cordes, du 13e siècle au début du 20e siècle, le nombre de cordes de cet instrument a augmenté assez rapidement. Celui qui est en vogue aujourd'hui est le guzheng à 21 cordes.
En outre, son art de jeu a avancé à pas de géant, dans les années 1950. Grâce aux artistes chinois qui ont recueilli, répertorié et élargi le répertoire du guzheng pendant des dizaines d'années, le guzheng ne s'est pas limité à l'accompagnement des opéras locaux. Le solo de guzheng est devenu progressivement un mode d'interprétation populaire.
Le guzheng est considéré comme élégant et lyrique. De nos jours, les compositeurs et les joueurs de guzheng cherchent à mélanger dans leurs créations des éléments chinois et occidentaux, classiques et pop. Yuan Sha袁莎, jeune joueuse de guzheng, nous en parle :
« De l'élève de trois ans au maître de 70 ans, beaucoup de gens sont familiarisés avec cet air de guzheng : "Chant des Joyeux pêcheurs au crépuscule 渔舟唱晚". L'interprétation à la fois par le guzheng et des instruments de musique occidentaux permet de mieux refléter le charme et la signification historique du guzheng. »
Aujourd'hui, près de dix millions de personnes pratiquent le guzheng à travers le monde. La beauté du guzheng a ainsi pu être transmise et rayonne d'un vif éclat.
北京旅游网 sur : https://french.visitbeijing.com.cn/article/47DYT0KsFh9
Cette reprise est une greffe de guzheng basée sur la version guitare de Thunderstruck adaptée par Luca Stricagnoli.
CHINE ANCIENNE > TRADITION
Publié le 12 février 2022 Rédacteur Alex sur :
https://www.visiontimes.fr/chine-ancienne/tradition/guzheng-la-cithare-chinoise-5594

(Image : Capture d’écran / Youtube)
L’instrument
Le guzheng aurait été inventé durant la dynastie Qin (221 av. J.-C. à 206 av. J.-C.). À l’origine, il possédait environ 12 cordes.
Selon le site Seattle Guzheng « Jusqu’en 1961, le guzheng commun avait 18 cordes. En 1961, Xu Zhengao et Wang Xunzhi ont présenté le premier guzheng à 21 cordes, après deux ans de recherche et de développement. En 1961, ils ont également inventé le repose-cordes gauche en forme de " S ", qui a été rapidement adopté par tous les fabricants de guzheng et qui est toujours utilisé de nos jours, que ce soit sous la forme du " S ", " C ", etc. »
Bien que la version à 21 cordes soit la plus utilisée, les musiciens traditionnels des régions côtières de la Chine et de Taïwan continuent d’utiliser celle à 16 cordes. Certains utilisent même les instruments personnalisés avec 34 cordes. À l’origine, les cordes étaient en soie. Au XXe siècle, on a commencé à utiliser des cordes en métal. Aujourd’hui, la plupart des joueurs de guzheng utilisent des cordes en acier recouvertes de nylon. La diversité des matériaux qui composent les cordes permet au guzheng de produire un volume plus élevé tout en conservant un timbre raisonnable. L’instrument possède une grande cavité résonante à base de bois de wu tong. Les artistes ont également tendance à personnaliser leurs guzheng avec des décorations uniques pouvant inclure des sculptures décoratives, des peintures, de la calligraphie, etc.

Les artistes ont tendance à personnaliser leur guzheng avec des décorations uniques pouvant inclure sculptures décoratives, des peintures, de la calligraphie, etc (Image : Capture d’écran / YouTube)
Un guzheng pèse de 9 à 14 kg en moyenne et est généralement trapu. Mais malgré son apparence, l’instrument est facile à transporter. Sur le côté droit où se situent les cordes, on peut également trouver un compartiment que les joueurs utilisent pour stocker les clés de réglage, les cordes de rechange, chevalets, etc. Depuis son invention, le guzheng a inspiré la création d’instruments similaires en Asie. Parmi les plus populaires figurent le dan tranh au Vietnam, le koto au Japon et le kayagum en Corée.
Jouer du guzheng
Les joueurs traditionnels utilisent leur main droite pour pincer les cordes et la main gauche pour ajouter des modulations à la musique, tels que le vibrato et la hauteur tonale. Une technique moderne inspirée de la musique occidentale utilise la main gauche pour fournir des notes de la basse en harmonie. Cela permet essentiellement au guzheng d’avoir une plus grande gamme musicale. En revanche, la technique sacrifie l’ornementation traditionnellement fournie par la main gauche.
Les professionnels portent de faux ongles ou plectres lorsqu’ils jouent de l’instrument. Ceux-ci sont généralement fabriqués à partir de carapaces de tortues. « Les joueurs de Guzheng utilisent un ruban adhésif en tissu, conçu pour fixer les ongles aux doigts de leur main droite. Cela ne concerne que les quatre premiers doigts. Au fur et à mesure que le niveau augmente, ils portent également de faux ongles aux doigts de la main gauche. Ceux-ci servent non seulement à protéger les doigts contre d’éventuelles cloques, mais garantissent également que le son soit clair et non assourdi lorsque la corde est pincée » selon Sheet Music Plus.

Les joueurs de Guzheng attachent des plectres (médiators) à leurs doigts avec du ruban adhésif en tissu (Image : Capture d’écran / YouTube)
Le guzheng adopte deux styles de jeu différents appartenant aux écoles du nord et écoles du sud. Celles-ci sont ensuite subdivisées en fonction de régions telles que le Henan, le Hakka, le Shandong, etc. De nos jours, les joueurs fusionnent souvent les techniques des deux écoles, créant de nouveaux styles. Le guzheng est également de plus en plus utilisé dans d’autres styles de musique comme le jazz et le rock.
Rédacteur Alex
Guzheng (古箏) :
la cithare chinoise polyvalente
Sur : https://chine365.fr/culture/instruments-musique/#guzhen
Le guzheng, cithare à 21 cordes pincées, est une pierre angulaire de la musique chinoise depuis plus de 2 500 ans. D'abord utilisée pour la musique de cour, elle a ensuite gagné en popularité dans les genres folkloriques et régionaux, démontrant ainsi sa capacité d'adaptation et sa polyvalence. Le son enchanteur du guzheng, associé à son potentiel expressif, en a fait un instrument de prédilection pour les musiciens et le public de toute la Chine et d'ailleurs.
Le guzheng est constitué d'une grande table d'harmonie plate en bois, dont les cordes sont tendues sur des chevalets mobiles. Le musicien pince les cordes de la main droite à l'aide de plectres en métal ou en plastique, tandis que la main gauche manipule les cordes derrière les chevalets pour créer des courbes, des vibrato et des harmoniques.
Cette combinaison de techniques produit un son riche et dynamique qui peut évoquer un large éventail d'émotions et d'atmosphères.
Parmi les morceaux de guzheng célèbres, citons Hautes Montagnes et Eaux Vives (高山流水, gāoshānliúshuǐ), Combattre le Typhon (战台风, zhàn táifēng), Le Chant du Pêcheur au Crépuscule (渔舟唱晚, yúzhōu chàng wǎn), et Lune d'automne au-dessus du Palais Han (汉宫秋月, hàn gōng qiūyuè).
Wang Xunzhi, Zhang Yan et Cui Lingyuan sont quelques-uns des joueurs de guzheng les plus cinnus. Aujourd'hui, des interprètes contemporains tels que Xu Lingzi, Su Chang et Zhang Weiwei continuent d'explorer les possibilités de l'instrument, insufflant aux styles traditionnels une touche de modernité.
Des sons évocateurs des instruments à cordes et des percussions qui donnent vie aux rythmes et aux textures, aux instruments à vent qui insufflent une âme aux mélodies et au rôle vital que jouent ces instruments dans la musique chinoise moderne, le monde des instruments traditionnels témoigne véritablement de la créativité, de la passion et de l'ingéniosité des musiciens et compositeurs chinois tout au long de l'histoire.
Ces instruments, avec leurs sons uniques et leurs capacités d'expression, continuent de captiver et d'inspirer les musiciens et le public, tant en Chine que dans le reste du monde. Si nous nous tournons vers l'avenir, ces instruments traditionnels continueront à faire partie intégrante du paysage musical chinois, tandis que les nouvelles générations d'artistes continueront à innover, à collaborer et à s'appuyer sur le riche héritage de leurs prédécesseurs.