Overblog Tous les blogs Top blogs Musique & Divertissements Tous les blogs Musique & Divertissements
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publié par J.L.D.

 

L'histoire de l'harmonica

Sur : https://www.yonberg-harmonica.com/histoire-harmonica/srsltid=AfmBOopEvykKNSoaYTtm0gZF2366H32ZghNf0w-cehIf99pciWSBUtAt

L’harmonica est un instrument à vent qui a, d’une certaine manière, traversé les âges et connu de nombreuses modifications avant de devenir l’instrument que nous connaissons aujourd’hui. La toute première forme d’harmonica ayant vu le jour a été inventée en Chine 3000 ans avant Jésus-Christ et est connue sous le nom de sheng. En 1821, l’allemand Friedrich L. Buschmann cherchait un moyen plus simple d’accorder les pianos. Il s’inspira du petit instrument, le modernisa et le baptisa « Aura ». Il était chromatique, composé de 21 lames métalliques disposées sur un sommier en bois. C’est en 1826 que le diatonique fit son apparition. Richter, luthier bohémien, inventa alors les notes aspirées et nomma son instrument « mund harmonika », ce qui signifiait « orgue à bouche ». À cette époque, l’harmonica n’était pas vu comme un instrument de musique, bien loin de là, mais plutôt comme un bijou. Les femmes portaient des parures de diamants autour du cou, les hommes portaient leurs harmonicas à la main. Enfin, en 1827, l’horloger Matthias Hohner, très inspiré par ce bijou musical, décida de le perfectionner. Néanmoins, les harmonicas de l’époque manquaient notoirement d’esthétisme. Il faudra attendre 1857 pour que naisse la société Hohner et que les instruments s’exportent aux États-Unis pour enfin découvrir l’instrument que nous connaissons tous à ce jour. L’harmonica s’affiche désormais comme l’instrument du voyageur et est l’instrument le plus vendu au monde et le plus accessible dans son apprentissage.

Les harmonicistes possèdent souvent plusieurs harmonicas. Chaque instrument est accordé en une tonalité donnée. Il est donc nécessaire d’avoir plusieurs instruments pour pouvoir s’ouvrir à un répertoire plus large. De plus, de nombreux accordages spécifiques sont réalisables afin d’offrir toujours plus de possibilités aux musiciens.

À l’origine, l’harmonica s’inspire beaucoup de la culture musicale américaine (folk, blues country, jazz, etc.). Toutefois, en adéquation avec la modernisation de l’instrument, le registre musical s’actualise et se rajeunit pour le plus grand plaisir des harmonicistes !

 

La petite histoire de l'harmonica

Par Bertrand Boissard - Publié le 21 août 2021 sur :                     https://www.diapasonmag.fr/histoire/la-petite-histoire-de-lharmonica-2863.html#item=1  

S'il est un instrument dont on voit mal la place dans la musique classique, c'est bien l'harmonica, tout juste bon, croit-on, à agrémenter les colonies de vacances. Lié à la country, au blues, il a marqué certaines musiques de films, comme celle d'Il était une fois dans l'Ouest d'Ennio Morricone, ou de Midnight Cowboy, signée John Barry. Pourtant, quelques compositeurs lui ont consacré un concerto, tels Malcolm Arnold, Henry Cowell, Alexander Tcherepnine ou Heitor Villa-Lobos. Darius Milhaud a commis une Suite anglaise pour harmonica et orchestre. On peut également mentionner Sept danses populaires grecques du prolifique Alan Hovhaness. Son origine reste imprécise. Apparu en Europe dans les années 1820, il se constitue d'un support de métal, où sont disposées une ou plusieurs rangées d'anches libres. Celles-ci sont mises en vibration par l'inspiration ou l'expiration du musicien. L'accordéon et l'harmonium peuvent lui être rapprochés. Le timbre en est clair - dans Modeste Mignon, Balzac qualifie le son de l'harmonica de « voix pure » -, légèrement métallique, avec des aigus perçants et des médiums chaleureux. L'agilité des meilleurs virtuoses, tel le jazzman belge Toots Thielemans (né en 1922), interprète de Mancini, Jobim et partenaire de Bill Evans, fait jaillir de cet instrument de peu une pyrotechnie sonore inattendue. 

-

Un harmonica chromatique à 16 trous et un harmonica diatonique en do.

Origines et histoire de l’harmonica

https://apprendreia.com/pourquoi-lharmonica-est-il-linstrument-de-musique-prefere-des-voyageurs/

Origines et histoire de l’harmonica

L’harmonica est un instrument de musique à vent qui est réputé pour sa petite taille et sa sonorité unique. Il est souvent utilisé dans différents genres musicaux tels que le blues, le jazz, la musique folklorique et même la musique classique. Mais d’où vient l’harmonica et quelle est son histoire ? Cet article vous présentera les origines fascinantes de cet instrument ainsi que son évolution au fil du temps.

Les débuts de l’harmonica

L’origine exacte de l’harmonica est encore sujette à débat parmi les chercheurs et les musicologues. Cependant, on peut remonter aux premières traces de cet instrument en Chine, vers le IIIe siècle avant J.-C. Un ancêtre de l’harmonica, connu sous le nom de sheng, était utilisé par les musiciens asiatiques. Cet instrument était constitué de tubes de bambou et de lamelles métalliques qui produisaient des sons lorsqu’on soufflait dedans.

L’harmonica à travers l’Europe

L’harmonica tel que nous le connaissons aujourd’hui a vu le jour en Europe au cours du XVIIIe siècle. Il a gagné en popularité grâce à des facteurs tels que sa facilité de transport et sa simplicité d’utilisation. Les premiers modèles étaient fabriqués en bois, mais au fil des années, les fabricants ont commencé à utiliser des matériaux tels que le métal et le verre.
Au XIXe siècle, l’harmonica atteint son apogée en Europe notamment en Allemagne et en Autriche. Des marques telles que Hohner et Seydel ont vu le jour et ont contribué à l’innovation de l’instrument, en proposant des modèles avec des systèmes d’accordage différents, permettant ainsi de jouer une plus grande variété de notes.

L’arrivée de l’harmonica en Amérique

Lors des vagues de migrations européennes vers les États-Unis au XIXe siècle, l’harmonica a été introduit dans le pays. Le Blues, genre musical emblématique du sud des États-Unis, a adopté cet instrument avec enthousiasme. Les musiciens de blues utilisaient l’harmonica pour exprimer leurs émotions et raconter leurs histoires.
Le succès de l’harmonica aux États-Unis a également conduit à l’émergence de nouvelles marques telles que Lee Oskar et Hering, qui ont apporté leurs propres innovations en termes de conception et de sonorité.

L’harmonica aujourd’hui

De nos jours, l’harmonica continue d’être un instrument très apprécié des musiciens du monde entier. Il est utilisé dans de nombreux genres musicaux et est également populaire auprès des amateurs de musique. Les avancées technologiques ont permis la création d’harmonicas électroniques, offrant de nouvelles possibilités sonores.
Les marques prestigieuses d’harmonica telles que Hohner, Seydel et Lee Oskar continuent de fabriquer des instruments de grande qualité, adaptés aux besoins des musiciens. De plus, des événements tels que les compétitions d’harmonica et les festivals dédiés à cet instrument contribuent à sa popularité et à son développement continu.
En conclusion, l’harmonica a une histoire riche et variée, commencée il y a des siècles en Chine pour se propager à travers l’Europe et finalement atteindre l’Amérique. Cet instrument a su évoluer avec le temps et continue d’apporter sa sonorité unique à la scène musicale moderne. Que vous soyez amateur ou musicien professionnel, l’harmonica reste un choix fascinant pour exprimer votre créativité musicale.

La polyvalence musicale de l’harmonica

L’harmonica est un instrument de musique à vent qui a gagné en popularité au fil des années. Avec sa petite taille et sa facilité d’utilisation, il offre une polyvalence musicale impressionnante. Que vous soyez un débutant en musique ou un musicien expérimenté, l’harmonica peut vous servir dans une grande variété de genres musicales et ajouter une touche spéciale à votre performance.

1. L’harmonica dans le blues

Le blues est sans aucun doute le genre musical pour lequel l’harmonica est le plus connu. Grâce à sa sonorité distinctive et à sa capacité à jouer des notes en bend, l’harmonica apporte une profondeur émotionnelle à la musique blues. Des légendes telles que Little Walter et Sonny Boy Williamson ont popularisé l’utilisation de l’harmonica dans ce genre, et il reste un ingrédient essentiel dans de nombreux enregistrements et performances de blues contemporain.

2. L’harmonica dans le rock

L’harmonica est également très apprécié dans le genre du rock. Des groupes comme Led Zeppelin et The Rolling Stones ont utilisé l’harmonica pour ajouter une saveur bluesy à leurs chansons. Les riffs d’harmonica dynamiques et entraînants peuvent donner au rock une sonorité plus brute et originale.

3. L’harmonica dans le folk

Dans le genre folk, l’harmonica est souvent utilisé pour accompagner les chansons acoustiques. Il peut ajouter une ambiance mélancolique ou joyeuse selon les besoins de la chanson. L’harmonica est également un instrument populaire dans le folk traditionnel, où il est joué en solo ou en accompagnement d’autres instruments.

4. L’harmonica dans le jazz

Même s’il est moins utilisé dans le jazz que dans d’autres genres, l’harmonica a trouvé sa place dans certaines compositions jazz. Des musiciens tels que Toots Thielemans ont contribué à populariser l’utilisation de l’harmonica dans le jazz. Son doux mélange de notes et de vibrations lui permet d’ajouter une texture unique à l’ensemble musical.

5. L’harmonica dans d’autres genres

En dehors des genres mentionnés ci-dessus, l’harmonica peut également être utilisé dans d’autres styles musicaux. Que ce soit dans la pop, la country ou même la musique classique, l’harmonica a trouvé sa place grâce à sa polyvalence sonore et à l’expression émotionnelle qu’il peut transmettre.

Les marques d’harmonicas populaires

Hohner et Seydel sont deux marques d’harmonicas réputées qui produisent une large gamme d’instruments de qualité. Leurs harmonicas sont utilisés par de nombreux musiciens professionnels et sont appréciés pour leur sonorité et leur durabilité.
En conclusion, l’harmonica est un instrument polyvalent qui peut être utilisé dans de nombreux genres musicaux. Que vous souhaitiez jouer du blues, du rock, du folk, du jazz ou même d’autres styles, l’harmonica peut apporter une dimension unique à votre musique. Investissez dans un bon harmonica de marque et explorez les différentes possibilités qu’il offre. Vous serez surpris par les sonorités et les émotions que vous pourrez créer avec cet instrument compact mais puissant.

L’harmonica comme compagnon de voyage

L’harmonica, petit instrument à vent, est devenu un véritable compagnon de voyage pour de nombreux musiciens et amateurs de musique. Sa taille compacte, sa facilité d’utilisation et son timbre unique en font un choix idéal pour les aventuriers qui souhaitent emporter un instrument avec eux lors de leurs déplacements. Dans cet article, nous explorerons les différentes raisons pour lesquelles l’harmonica est un compagnon de voyage fantastique.

1. Portabilité

L’un des avantages majeurs de l’harmonica en tant que compagnon de voyage est sa portabilité. Avec sa taille réduite, il peut facilement être glissé dans une poche, un sac à dos ou même une pochette. Il ne nécessite pas de support supplémentaire, contrairement à un instrument plus volumineux comme une guitare ou un clavier, ce qui le rend pratique pour les voyages légers.

2. Facilité d’apprentissage

L’harmonica est également apprécié des voyageurs en raison de sa facilité d’apprentissage. Même pour ceux qui n’ont aucune expérience musicale préalable, il est possible d’apprendre à jouer quelques mélodies simples en peu de temps. Les touches sont clairement indiquées et les techniques de base peuvent être maîtrisées rapidement. Cela en fait un choix parfait pour se divertir lors des longs trajets en avion, en train ou en bus.

3. Polyvalence musicale

Malgré sa petite taille, l’harmonica offre une grande variété de sons et de styles musicaux. Du blues au folk en passant par le rock et le jazz, cet instrument polyvalent peut s’adapter à différents genres et ajouter une dimension musicale à vos voyages. Avec un peu de pratique, vous pouvez créer des mélodies envoûtantes et captiver votre auditoire, que ce soit dans un camping ou lors d’une soirée entre amis dans un hôtel.

4. Interaction sociale

L’harmonica est également un excellent outil pour interagir avec les gens que vous rencontrez en voyage. Son timbre distinctif attire souvent l’attention et suscite la curiosité des autres. Jouer de l’harmonica peut être un moyen de briser la glace, de créer une ambiance chaleureuse et d’engager des conversations avec des locaux ou d’autres voyageurs. C’est une excellente occasion de partager votre passion pour la musique et de créer des souvenirs uniques.

5. Moments de détente

Enfin, l’harmonica est idéal pour se détendre et se relaxer lors de vos voyages. Après une longue journée d’exploration ou de randonnée, jouer quelques notes de musique peut aider à soulager le stress et à se relaxer. Que ce soit en admirant un magnifique paysage ou en se reposant dans votre chambre d’hôtel, l’harmonica peut vous offrir des moments de calme et de méditation, vous permettant ainsi de vous ressourcer avant de reprendre l’aventure.

En conclusion, l’harmonica est bien plus qu’un simple instrument de musique. En tant que compagnon de voyage, il apporte de la joie, de la créativité et crée des moments de partage inoubliables. Que vous soyez un musicien expérimenté ou simplement quelqu’un qui aime la musique, l’harmonica est une option incontournable pour agrémenter vos voyages.

https://apprendreia.com/pourquoi-lharmonica-est-il-linstrument-de-musique-prefere-des-voyageurs/

Technique traditionnelle de jeu à l’harmonica

 

 Sur : Répertoire du patrimoine culturel du Québec

https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=77&type=imma#

Description

La technique de jeu traditionnelle à l'harmonica, au Québec, se distingue des autres techniques relatives à la pratique de cet instrument. En effet, la maîtrise de ce qui est parfois appelé « musique à bouche » ou « ruine-babines » s'est développée dans le but d'interpréter fidèlement les airs du répertoire folklorique québécois. Ces airs sont destinés d'abord et avant tout à faire danser, lors des veillées de danse. La technique, fort probablement née vers la fin du XIXe siècle, n'a cessé d'évoluer au fil du temps. Elle s'est généralement transmise oralement d'un musicien à l'autre. De nombreux harmonicistes ont appris à jouer de façon autodidacte, en écoutant ou en observant leurs semblables.

L'harmonica fait partie, au même titre que le violon et l'accordéon, des principaux instruments mélodiques de la musique traditionnelle québécoise, même si sa présence dans le paysage des arts traditionnels est plus faible. Bien que la plupart des harmonicistes aient un style qui leur est propre, comme c'est le cas chez d'autres instrumentistes (violoneux, accordéonistes, etc.), il existe dans leur pratique certains éléments communs permettant de définir un style de jeu bien québécois. La technique est complexe et allie le « swing » produit par le souffle, une panoplie d'ornementations et, parfois, des accords produits avec la langue.

Historique 

Les origines de l'harmonica sont lointaines : des instruments constitués d'anches libres actionnées par le souffle existent en Asie, entre autres, depuis l'Antiquité. Or, l'harmonica tel qu'il est connu aujourd'hui aurait été inspiré d'une invention datant des années 1820 attribuée à l'Allemand Christian Friedrich Buschmann (1805-1864). La production d'harmonicas a connu, durant la deuxième moitié du XIXe siècle, un essor considérable en Europe compte tenu du succès retentissant de l'instrument.

Les premières traces confirmant la présence de l'harmonica au Québec sont difficiles à situer dans le temps. Si des auteurs comme David et Gérard Herszhaft mentionnent que les premiers harmonicas (de marque Hohner) semblent être apparus au Canada vers 1857, d'autres, comme l'harmoniciste, collectionneur et auteur Gabriel Labbé, évoquent plutôt l'année 1886 pour traiter du même phénomène. Vraisemblablement, les premiers harmonicas ont été disponibles et distribués au Québec durant la deuxième moitié du XIXe siècle. Puis l'instrument a rapidement gagné en popularité, notamment auprès de ceux qui désiraient apprendre à jouer de la musique traditionnelle. À titre d'exemple, l'ethnomusicologue Lisa Ornstein écrivait en 1985, dans un mémoire de maîtrise sur le célèbre violoneux saguenéen Louis « Pitou » Boudreault (1905-1988), que plusieurs membres de la famille de ce dernier, tous nés entre 1881 et 1902, jouaient de l'harmonica. D'une part, cet instrument permet d'interpréter fidèlement la grande majorité des mélodies faisant partie du répertoire des violoneux québécois. D'autre part, il est peu dispendieux, plutôt résistant et facile à transporter.

Les premiers enregistrements commerciaux sur lesquels il est possible d'entendre des airs folkloriques joués à l'harmonica datent des années 1920. Il s'agit de disques 78 tours, plusieurs de ces enregistrements ont été numérisés par Bibliothèque et Archives Canada. Les « pionniers de la musique à bouche » sont nombreux. Certains, dont la façon de jouer est remarquable, ont connu un succès immédiat et continuent aujourd'hui d'exercer une influence considérable sur bon nombre d'harmonicistes. C'est entre autres le cas de Louis Blanchette, né à Rivière-du-Loup, de Henri Lacroix, de Montréal, et de Mary Travers ou « La Bolduc », originaire de Newport en Gaspésie.

Entre les années 1940 et 1960, de nombreux enregistrements sonores mettant en vedette des harmonicistes, tels que Aldor Morin (« l'Oncle Adhémar »), Oscar Morin ou encore Gaston Tessier, sont produits. Ces musiciens s'illustrent parfois seuls, parfois au sein d'un ensemble folklorique, une formule qui devient de plus en plus répandue sur disque, à la radio et sur scène. Les harmonicistes amateurs, quant à eux, ont la chance de faire valoir leur talent dans le cadre de concours organisés aux quatre coins du Québec. Certains revendiqueront le titre incontestable de champion régional ou provincial de l'harmonica.

Les années 1970 marquent un tournant majeur pour la musique traditionnelle. Dans la foulée du « folk revival » et du mouvement nationaliste, cette musique connaît un important regain au Québec. Des musiciens âgés sont redécouverts et sont invités à participer à des festivals et à des émissions télédiffusées ou radiodiffusées. Quelques-uns d'entre eux feront paraître des albums. C'est ainsi que des harmonicistes comme Wilbrod Boivin se feront connaître. Par ailleurs, plusieurs groupes composés de jeunes musiciens déterminés à reprendre le flambeau de la tradition naîtront à cette époque et dans la décennie qui suivra. L'harmonica y occupera une place de choix parmi d'autres instruments comme le violon, l'accordéon et la guitare. Depuis les années 1980, nombreux sont les harmonicistes ayant connu leur heure de gloire, à savoir : Gabriel Labbé, Yves Lambert et Mario Forest (La Bottine souriante), Robert Legault, Jean-François Lemieux, Louis-Simon Lemieux (Les Chauffeurs à pieds), Pierre-Luc Dupuis (De Temps Antan), etc.

Contexte

L'harmoniciste, communément appelé « joueur ou joueuse de musique à bouche », est une personne qui participe à la mise en valeur et à la transmission du savoir-faire que constitue l'interprétation de la musique traditionnelle à l'harmonica. Le contexte dans lequel cet individu met en pratique son savoir-faire varie d'un musicien à l'autre.

À l'origine, l'interprétation de la musique traditionnelle était principalement réservée à la veillée de danse, un évènement parfois familial, parfois communautaire, qui survenait habituellement lors de différentes festivités. Autrement dit, cela faisait partie intégrante de la culture du divertissement. Dans ces occasions, l'harmoniciste avait pour rôle d'accompagner, seul ou en compagnie d'autres musiciens, différentes danses comme des parties de quadrille, des gigues, des contredanses ou encore des cotillons, à l'aide des mélodies appropriées. Cette pratique est toujours observable aujourd'hui. Partout au Québec, des veillées de danse traditionnelle continuent d'être organisées par différents organismes (la Société pour la promotion de la danse traditionnelle québécoise, le Centre de valorisation du patrimoine vivant, le Réseau Québec folklore, etc.) et la tenue de veillées en milieu communautaire ou familial persiste.

De nos jours, certains harmonicistes traditionnels québécois se produisent également sur scène, dans le cadre de spectacles, de festivals ou de galas folkloriques, ainsi que sur disque, le tout en solo ou en groupe. Pour d'autres, jouer de l'harmonica demeure un loisir pratiqué à la maison ou entre amis. Dans tous les cas, l'harmoniciste doit avoir une bonne connaissance de son instrument et de ses différentes possibilités techniques. De plus, l'instrument requiert une excellente maîtrise de la respiration. Il est aussi nécessaire pour l'harmoniciste de connaître le répertoire traditionnel et d'être en mesure de le jouer et de le transmettre.

L'importance accordée à la pratique de l'harmonica varie d'un musicien à l'autre. Évidemment, si des musiciens continuent de jouer de l'harmonica, c'est parce qu'ils aiment la musique traditionnelle et que cela leur procure du plaisir. Toutefois, leur pratique peut également traduire leur volonté de léguer aux nouvelles générations leur répertoire et leur style de jeu. Il s'agit donc d'un moyen d'assurer la pérennité de leur savoir-faire.

Apprentissage et transmission

L'apprentissage de l'harmonica traditionnel québécois peut se faire de différentes façons. La première méthode, qui existe depuis l'intégration de l'harmonica aux instruments traditionnels durant le XIXe siècle, consiste en l'apprentissage par le biais de la transmission orale. Ici, l'initié acquiert sa technique et son répertoire auprès d'un harmoniciste accompli, un « porteur de tradition », qui joue alors le rôle de mentor. La transmission du savoir-faire se décline en plusieurs étapes : l'initié apprend en écoutant, en observant, puis en imitant son maître, tout en suivant les explications et conseils de ce dernier.

Plusieurs harmonicistes ont appris à jouer de façon autodidacte, sans nécessairement bénéficier des enseignements d'un mentor. Avec l'avènement de la diffusion de la musique traditionnelle par la radio et les disques, durant la première moitié des années 1900, ce mode d'apprentissage est devenu assez courant. Dans ce cas aussi, l'harmoniciste s'initie par l'écoute et l'imitation. Il arrive également que des harmonicistes se forment en passant par les deux méthodes d'apprentissages précédemment mentionnées. Certains, par exemple, développent leur technique de jeu de façon autodidacte, mais sont les détenteurs d'un répertoire d'airs musicaux qui leur a été transmis par un proche (harmoniciste, violoneux, accordéoniste, etc.).

Le processus d'apprentissage peut durer une vie entière, car l'harmoniste ne cesse de perfectionner son art au gré des rencontres et de la découverte de nouvelles sources d'inspirations et de répertoire. Au fil du temps, il se forge un style personnel et unique. Le développement de son style est long et parfois ardu, dépendamment des difficultés de sa technique de jeu et de son degré de virtuosité. Souvent, les joueurs d'harmonica les plus expérimentés ne se contentent pas que d'interpréter des mélodies les en jouant « trou à trou ». Ils travaillent continuellement à agrémenter leurs morceaux par l'ajout de nombreuses ornementations et d'accords produits par un mouvement de va-et-vient de la langue qui bloque et débloque le passage de l'air dans les trous de l'instrument.

Le modèle d'harmonica utilisé par l'harmoniciste relève de son choix. La plupart des harmonicistes jouent ou bien avec un harmonica diatonique à anches doubles (trémolo), un modèle fréquemment utilisé autrefois, ou bien avec un harmonica diatonique 10 trous, plus commun de nos jours, voire avec les deux. L'harmonica chromatique est également utilisé par quelques harmonicistes contemporains, mais son utilisation reste peu courante. Généralement, l'harmoniciste possède plusieurs instruments dans différentes tonalités, dépendamment de son répertoire. Les tonalités les plus communes dans le répertoire traditionnel québécois sont sol, ré, la, do et fa majeur.

L'enseignement de l'harmonica demeure assez rare au sein des écoles et des camps spécialisés en musique traditionnelle québécoise. Il y a également très peu de formations et de stages en la matière qui sont donnés. Cela témoigne en partie de la rareté des harmonicistes traditionnels au Québec, tant du côté des harmonicistes confirmés que ceux de la relève, en comparaison avec d'autres types d'instrumentistes. Au milieu des années 1980, l'organisme Les danseries de Québec (aujourd'hui le Centre de valorisation du patrimoine vivant), offrait des cours d'harmonica, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Depuis la fin des années 1990, l'École des arts de veillée, située à Montréal, permet à quiconque souhaitant apprendre l'harmonica traditionnel de suivre des cours. En 2019, le Conseil québécois du patrimoine vivant organisait une formation professionnelle portant sur l'harmonica en musique traditionnelle.

Références

Notices bibliographiques :

DUVAL, Jean. Porteurs de pays à l’air libre : jeu et enjeux des pièces asymétriques dans la musique traditionnelle du Québec. Université de Montréal, 2012. 470 p.
HART, Laurie et Greg SANDELL. Danse ce soir! Fiddle and Accordion Music of Québec. Pacific, Mel Bay Publications, 2001. 192 p.
HERZAFT, David et Gérard. Le livre de l’harmonica. Paris, Fayard, 2018. 359 p.
KOWALCZYK, Bruno et Raymond LAMBERT. L’harmonica dans la musique traditionnelle québécoise : histoire, techniques, partitions, musiciens. Voutré, Kowalczyk, 2010. 312 p.
LABBÉ, Gabriel. Les Pionniers du disque folklorique québécois, 1920-1950. Montréal, Les Éditions de l’Aurore, 1977. 216 p.
ORNSTEIN, Lisa. A life of Music: History and Repertoire of Louis Boudreault, Traditional Fiddler from Chicoutimi, Québec. Université Laval, 1985. 301 p.

Sur :

Répertoire du patrimoine culturel du Québec​​​​​​​

https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=77&type=imma#

 

Performance d'harmonica trad à Saint-Élie-de-Caxton
Conseil québécois du patrimoine vivant 2019 - Creative Commons 4.0 (by)

Les harmonicistes Pascal «Per» Veillette et Sylvain Rodrigue interprètent une pièce musicale issue du répertoire traditionnel du Québec, la valse-clog Guilmette. L'ambiance est au partage et à la fête lors des formations du Conseil québécois du patrimoine vivant!

Montage vidéo : Benjamin Tremblay Carpentier
Caméra : Antoine Gauthier et Christine Bricault

Filmé au Rond Coin et au Bistro Le Prince Élie, à Saint-Élie-de-Caxton (mars 2019), à l'occasion de la formation de la formation «L'harmonica en musique traditionnelle : spécificités, aspects techniques et répertoire».

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article