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Publié par J.L.D.

L'écoute active en musique : Tout ce qu'il faut savoir

Série.

« La musique de la Renaissance - Anthologie »


Épisode 15/17 : Rome, 1638 : Gregorio Allegri compose                                        le « Miserere »
Mardi 12 décembre 2023 (première diffusion le jeudi 31 octobre 2019)

Provenant du podcast
Musicopolis

Anne-Charlotte Rémond, Philippe Petit, Max Dozolme

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/musicopolis/rome-1638-gregorio-allegri-compose-le-miserere-5981099

Composé entre 1629 et 1652, le Miserere d'Allegri, pourtant simple d'écriture, a fait fantasmer des générations d'auditeurs.

Nous n'avons pas de date précise de la composition du Miserere d'Allegri. Certains disent "sans doute en 1638", mais de façon certaine entre 1629 et 1652, puisque c'est la période durant laquelle Gregorio Allegri a été chanteur dans la Chapelle Papale, qui se fait entendre à la Chapelle Sixtine. 

Celles et ceux qui connaissent la musique religieuse de la Contre-Réforme reconnaîtront ici la simplicité d'écriture qui vise à permettre aux paroles d'être clairement intelligibles. "Miserere mei, Deus, secundam magnam misericordiam tuam" :"Aie pitié de moi, Seigneur, selon ta grande miséricorde. Lave-moi encore de mon iniquité et purifie-moi de mon péché Car je connais mon iniquité et mon péché est toujours devant moi."

« Miserere » (Aie pitié de moi, ô Dieu !)

Est une œuvre spirituelle de Wolfgang Amadeus Mozart pour chœur sans accompagnement instrumental. Le texte en latin est le célèbre psaume pénitentiel de David. Le premier à le mettre en musique fut le compositeur et prêtre italien Gregorio Allegri. Son œuvre devint propriété de la Chapelle Sixtine à Rome et n'était jouée que deux fois par an pendant la Semaine Sainte. L'unique exemplaire de la partition était conservé au Vatican. En 1770, Mozart, alors âgé de 14 ans, écouta « Miserere », mémorisa tout à l'oreille et retranscrivit de mémoire cette œuvre complexe à neuf voix (chœur à cinq voix et quatre solistes), créant ainsi la première copie pirate d'une œuvre musicale. Aujourd'hui, « Miserere » est l'œuvre musicale la plus populaire et la plus enregistrée de la Renaissance. L'intérêt croissant pour cette œuvre exceptionnelle s'explique principalement par sa beauté immaculée et sa pureté cristalline.

Comment Ecouter la musique classique

Lire sur : https://www.lagrandemusique.fr/post/comment-ecouter-la-musique-classique-les-secrets-des-melomanes

Ah, la musique classique ! Ce trésor intemporel qui a traversé les siècles pour nous émouvoir, nous inspirer et nous transporter. Mais comment écouter la musique classique pour en tirer le meilleur ? Embarquons ensemble dans un voyage auditif qui révélera les secrets des plus grands mélomanes. Ludwig van Beethoven disait "La musique est une révélation plus haute que toute sagesse et toute philosophie

Préparez vos oreilles : L'art de l'écoute active

Pour vraiment apprécier la musique classique, il faut apprendre à écouter activement. Ce n'est pas simplement entendre, c'est s'immerger totalement dans l'œuvre. Commencez par créer un environnement propice : un endroit calme, confortable, avec une bonne acoustique.

Saviez-vous que le célèbre chef d'orchestre Leonard Bernstein avait pour habitude de s'allonger sur le sol de son studio, les yeux fermés, pour écouter de la musique ? Il disait que cela lui permettait de "sentir" la musique à travers son corps tout entier.

Exercice d'écoute :

Choisissez une pièce que vous connaissez bien, comme la 5e Symphonie de Beethoven. Fermez les yeux et concentrez-vous sur un seul instrument à la fois. Vous serez surpris de découvrir des nuances que vous n'aviez jamais remarquées auparavant !

Décoder la structure : Comment Ecouter la musique classique comme un architecte sonore

La musique classique est souvent comparée à de l'architecture sonore. Pour apprécier pleinement une œuvre, il faut comprendre sa structure. 

Les mouvements :

La plupart des symphonies et des concertos sont divisés en plusieurs mouvements. Chaque mouvement a son propre caractère et son propre tempo. Par exemple, dans la "Symphonie du Nouveau Monde" de Dvořák, le deuxième mouvement, avec son célèbre thème au cor anglais, contraste fortement avec le premier mouvement plus énergique.

La forme sonate :

C'est la structure de base de nombreuses œuvres classiques. Elle se compose généralement de trois parties : l'exposition, le développement et la réexposition. Écoutez comment les thèmes sont présentés, transformés, puis ramenés.

Une anecdote amusante :

Mozart était tellement doué pour comprendre la structure musicale qu'il a réussi à transcrire de mémoire le Miserere d'Allegri après l'avoir entendu une seule fois à la Chapelle Sixtine, alors que la partition était gardée secrète !

Plongez dans l'histoire :

Contextualiser pour mieux apprécier Pour vraiment savoir comment Ecouter la musique classique, il faut comprendre le contexte historique et personnel de chaque œuvre. Chaque composition est le reflet de son époque et des expériences de son créateur.

Prenez le "Boléro" de Ravel. Saviez-vous que Ravel l'a composé alors qu'il commençait à souffrir d'une maladie neurologique ? Cette information donne un tout autre sens à la répétition obsessionnelle du thème principal.

Astuce d'écoute :

Avant d'écouter une œuvre, prenez quelques minutes pour vous renseigner sur le compositeur et le contexte de la composition. Cela enrichira considérablement votre expérience d'écoute.

L'importance de la variété :

Explorez le vaste monde de la musique classique. Pour vraiment apprendre comment Ecouter la musique classique, il faut explorer sa diversité. Ne vous limitez pas à une seule période ou à un seul style. Passez du baroque au romantique, du classicisme au contemporain.

Voici un petit défi amusant (1)

Ecoutez le "Sacre du Printemps" de Stravinsky juste après une sonate de Mozart. Le contraste est saisissant ! C'est comme passer d'une tasse de thé Earl Grey à un expresso corsé.

Conseil d'expert : Créez des playlists thématiques. Par exemple, écoutez différentes interprétations du même morceau, ou suivez l'évolution d'un instrument à travers les époques.

La magie des interprétations :

Chaque performance est unique Une des beautés de la musique classique réside dans la diversité des interprétations. Deux chefs d'orchestre peuvent donner des versions radicalement différentes de la même œuvre.

Prenez les "Quatre Saisons" de Vivaldi. L'interprétation flamboyante de Nigel Kennedy est aux antipodes de la version plus sobre d'Itzhak Perlman. Laquelle préférez-vous ? Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise réponse, c'est une question de goût personnel.  (2) 

Une anecdote fascinante : (3)

Glenn Gould, le pianiste canadien, était connu pour fredonner en jouant. Certains trouvaient cela gênant, d'autres y voyaient le signe d'une immersion totale dans la musique. Ses enregistrements des Variations Goldberg de Bach restent légendaires, fredonnements inclus !

L'art d'écouter la musique classique, un apprentissage sans fin

Apprendre comment Ecouter la musique classique est un voyage qui dure toute une vie. Chaque écoute est une nouvelle découverte, chaque œuvre un nouveau monde à explorer. N'ayez pas peur d'être surpris, ému, parfois même déstabilisé. C'est dans ces moments que la musique classique révèle toute sa puissance.

Alors, chers mélomanes, ouvrez grand vos oreilles, votre esprit et votre cœur. La musique classique n'attend que vous pour révéler ses trésors cachés. Qui sait ? Peut-être qu'un jour, comme Beethoven, vous entendrez la musique des sphères. Même s'il était sourd à la fin de sa vie, il continuait à "entendre" la musique dans sa tête. Preuve s'il en est que la véritable écoute va bien au-delà de nos oreilles.

Lire sur : https://www.lagrandemusique.fr/post/comment-ecouter-la-musique-classique-les-secrets-des-melomanes

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Jean-Sébastien Bach
Variations Goldberg, opus 4, BWV 988

Piano : Glenn Gould
En direct de 1955

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Jean-Sébastien Bach
Variations Goldberg, opus 4, BWV 988

Piano : Glenn Gould
En direct de 1981

Comment bien écouter de la musique ?

A lire sur https://www.wildwood.fr/comment-bien-ecouter-de-la-musique/

De nombreuses personnes sont amoureuses de la musique. On peut maintenant trouver de nombreuses façons de l’écouter. Mais l’état mental et physique compte énormément dans l’écoute des genres musicaux. Comment alors bien écouter de la musique ? Découvrez ici quelques astuces qui peuvent vous aider à préserver vos oreilles des soucis comme la fatigue auditive ou même la perte de l’audition.

Les bonnes raisons d’écouter de la musique

D'après plusieurs études scientifiques, les bienfaits de la musique sur la santé sont nombreux et bien établis. En effet, il s’agit d’une source de plaisir très motivante. Grâce aux neurones dopaminergiques, elle peut procurer une sensation de plaisir. Elle peut surtout réduire l’anxiété et le stress. En 2013, une étude a montré que le fait d’écouter de la musique avant et après la chirurgie peut réduire la douleur. Puisqu’elle peut favoriser la motivation, les styles musicaux peuvent donc aider à l’apprentissage.

Si vous cherchez un moyen rapide et simple qui peut vous aider à remonter le moral, écoutez de la musique. En fait, elle est capable d’améliorer la circulation sanguine et de diminuer certains risques de dépression. On peut maintenant trouver de nombreux styles musicaux, à savoir le classique, le jazz, le rap, le Blues, le K-pop. Les instruments de musiques sont également nombreux. On peut par exemple citer la batterie, la guitare, le saxophone et d’autres encore. Ainsi, cliquez ici pour en savoir plus.

Comment bien écouter de la musique ?

La musique est l’un des bons moyens qui peuvent vous aider à vous échapper aux différentes situations stressantes de la vie quotidienne. Mais pour bien l’apprécier et pour bien profiter de ces effets très relaxants, vous devez savoir les genres de chanson que vous appréciez le plus. Vous pouvez vous renseigner sur les chanteurs et les titres pour pouvoir dresser les listes de préférence. Les applications en ligne sont également une bonne idée pour trouver de meilleures chansons. Et pourquoi ne pas aller en concert ? Il s’agit d’une bonne façon d’étendre les connaissances musicales. Écoutez également de nouveaux genres.

Pour bien écouter de la musique, il est aussi indispensable de la débattre. Pour cela, vous pouvez apprendre à reconnaitre une variation et une répétition. La mélodie est par exemple une suite de notes, mais l’harmonie, un ensemble de notes que l’on joue en même temps. Vous devez également prendre en compte le timbre, le sens et le ton de la musique. Considérez surtout les couleurs dominantes, l’équilibre et la texture de la chanson. Il est aussi primordial de bien écouter les instruments et de voir comment chacun sonne. Il en est de même pour la progression de la chanson. Renseignez-vous surtout sur le contexte qui entoure la composition de votre chanson préférée. Cela peut vous donner leur sens aux paroles. Vous devez également améliorer votre concentration musicale.

Quelques conseils pour bien écouter de la musique

Les oreilles sont l’un des organes les plus précieux du corps humain. Beaucoup de personnes aiment maintenant écouter la musique à fond. En revanche, cela peut risquer l’audition. Pour éviter donc la fatigue auditive et le bourdonnement, il vaut mieux écouter de la musique à un volume modéré. Elle doit être au quart du volume autorisé. Si vous voulez profiter de la qualité du son, on vous recommande de privilégier des pistes en HD. En effet, la bonne musique peut vous aider à éviter le bousillage de vos oreilles. Utilisez surtout des matériels de qualité afin d’optimiser le son.

Sachez que les casques ne sont pas de meilleures idées pour préserver les capacités auditives. Ces appareils sont dangereux pour votre santé. En fait, les casques exercent des pressions acoustiques phénoménales sur votre membrane tympanique et tuent les cellules de vos oreilles. Vous écoutez alors avec des écouteurs. Ces derniers peuvent réduire ces pressions. Vous devez seulement vous assurer que vos écouteurs sont de bonnes qualités. Il est aussi indispensable de faire des pauses régulièrement quand on écoute la musique puisque la permanence du son est aussi dangereuse pour l’oreille.

Quelle musique écouter ?

Chaque musique peut maintenant vous apporter quelque chose, mais cela doit être en fonction de votre état. Si vous voulez une ambiance tamisée ou si vous avez un repas en amoureux, écoutez un vinyle de jazz. Et après une longue journée, si vous voulez vous détendre un peu, la musique d’ambiance, de relaxation ou de film vous convient le plus. Et pour les journées atroces, écoutez du métal. Cela peut libérer les tensions.

Les musiques peuvent adoucir les mœurs et peuvent prendre soin de votre santé. Écouter de tubes des années 80 est très efficace pour réduire la fréquence cardiaque et la tension artérielle. Les musiques avec un tempo lent peuvent aussi vous calmer. Ainsi donc, écouter de la musique est très avantageux pour la santé. Mais pour bien profiter de tous les avantages qu’elle apporte, il faut savoir bien écouter de la musique.

A lire sur https://www.wildwood.fr/comment-bien-ecouter-de-la-musique/

Par quoi commencer pour aborder le ”classique” ?


azerty (†), le 19/04/2015 Lire sur : 

https://www.symphozik.info/comment-ecouter-et-apprecier-le-classique,130,dossier.html

1. Conditions matérielles

Pour bien écouter la musique dite ”classique”, il faut d’abord du TEMPS et se trouver dans une disposition d’esprit favorable. Ensuite, il faut du SILENCE, ou tout au moins un environnement calme. Enfin, pour apprécier la finesse du timbre des instruments, une bonne ACOUSTIQUE du lieu est indispensable : pour rencontrer la musique vivante, la salle de concert est de loin le lieux idéal (à moins d’avoir un voisin bruyant) car l’écoute peut être gâchée par un espace inadapté (comme un gymnase) où tous les sons sont écrasés ou mélangés. Si l’on est chez soi, il n’est pas superflu d’investir dans une chaîne hi-fi de qualité. Il y a aussi la solution des écouteurs qui permettent notamment d’amplifier l’effet de la stéréophonie et d’entendre des subtilités inaudibles avec des hauts-parleurs.

Il ne faut pas non plus négliger l’interprétation. Il est facile, grâce notamment à Youtube, Spotify ou Deezer, d’écouter plusieurs versions d’une même œuvre. Même sans être un spécialiste, on peut facilement constater qu’une différence de tempo, de nuance ou de phrasé, peut changer complètement le caractère d’une œuvre, surtout dans la musique ancienne. Choisir un autre interpète peut même vous réconcilier avec un morceau mal reçu à la première audition.

Pour guider le mélomane débutant, nous allons nous risquer à proposer quelques titres de musiques généralement considérées comme plus faciles d’accès.


Des goûts et des couleurs…

Proposer une liste d’œuvres à écouter en priorité est une gageure : que choisir parmi des milliers de chefs-d’œuvre ? D’autant qu’un morceau porté aux nues par certains paraîtra d’un ennui mortel à d’autres : une symphonie de Haydn par exemple, une fois passé le thème principal, donne souvent l’impression qu’il ne se passe pas grand chose, que c’est toujours pareil, que ça tourne en rond…

Il ne faut donc pas hésiter à remettre nos propositions en question et à rejeter certains styles, certains compositeurs, certaines œuvres, pour mieux s’attarder sur ce qui, dès la première écoute, vous aura favorablement impressionné. Pour le reste, il est normal de ne pas insister ; vous aurez sûrement l’occasion d’y revenir plus tard et, riche des expériences et des connaissances accumulées entre-temps, d’y trouver un nouvel intérêt.
 

2. Par quoi commencer ?

Que conseiller pour entrer de plein pied dans l’univers de la musique ?

Pour une première approche, notre préférence ira à des œuvres courtes, évocatrices, variées et proches d’un univers tonal. Précisons : courtes (moins de 5 minutes), évocatrices (qui semblent décrire ou raconter quelque chose), variées (qui illustrent toutes les époques et tous les styles), ainsi que plutôt tonales et consonantes (d’une écriture pas trop éloignée des ”tubes” que nous avons l’habitude d’entendre).

Mais bien entendu, cette sélection n’est qu’un point de départ, le but est de donner envie d’en découvrir plus de la même période ou du même compositeur (…ce que l’excellent site Symphozik devrait facilement permettre !).
a) Baroque tardif (1700-1750)

Voici quelques exemples présentés par ordre chronologique des compositeurs : (1)

  • - Pachelbel : Canon (écouter une version sérieuse puis humoristique)
  • - Couperin : dans le 3ème livre de pièces de clavecin, écouter ”Tic-toc-choc” ici ou sur youtube ; et dans la 3ème Leçons de ténèbres, écouter ici ou sur youtube
  • - Albinoni : Adagio (écouter sur youtube)
  • - Vivaldi : écouter les célèbres Quatre Saisons (sur Wikipedia)
  • - Rameau : dans la Suite en sol, écouter ”La Poule” ici ou sur youtube ; puis, extraite des Indes galantes, écouter la ”Danse des Sauvages” ici ou sur youtube
  • - Jean-Sébastien Bach : comment aborder ce monument ? Quelques extraits à écouter sur Youtube : Cantate Actus Tragicus ; Toccata et fugue en ré mineur ; 2ème mvt du Concerto BWV 1056 ; final du 3ème Brandebourgeois ; Badinerie de la suite n° 2 ; Aria de la suite n° 3
  • - Scarlatti, Domenico : écouter la ”Sonate en ré mineur L.366” ici ou sur youtube
  • - Haendel : oratorio Le Messie (écouter l’Alleluia ici ou sur youtube)
  • - Pergolèse : Stabat Mater (écouter ici ou sur youtube)

Plus d’informations : Cet étonnant âge ”baroque”

Pour les périodes suivantes (classique, romantique et moderne), on se contentera de citer quelques morceaux connus (toujours par ordre chronologique des compositeurs) qu’on a toujours plaisir à retrouver. On pourra les écouter facilement sur Youtube ; ne pas hésiter à comparer les interprétations (les différences sont souvent étonnantes).

  • b) Classiques et romantiques

Quelques exemples classés par ordre chronologique des compositeurs :(2)

  • - Mozart : La Petite musique de nuit (1er mvt : écouter sur youtube)
  • - Beethoven : La Lettre à Élise (écouter sur youtube)
  • - Beethoven : Colère pour un sou perdu (écouter sur youtube)
  • - Schubert : lied Der Erlkönig (Le Roi des aulnes : écouter sur youtube)
  • - Bellini : aria ”Casta diva” extrait de Norma (écouter ici ou sur youtube)
  • - Chopin : prélude La goutte d’eau, n° 15 de l’op. 28 (écouter ici ou sur youtube)
  • - Liszt : ”Rêve d’amour” (Liebesträume : écouter sur youtube)
  • - Liszt : étude d’après Paganini ”La Campanella” (écouter sur youtube)
  • - Verdi : chœur ”Va, pensiero” (1842 : écouter ici ou sur youtube)
  • - Dvorak : écouter l’”Humoresque” sur wikipedia ou sur youtube
  • - Grieg : Dans l’antre du roi de la montagne (1874 : écouter ici ou sur youtube)
  • - Fauré : Pavane op. 50 (écouter sur youtube avec partition)

Plus d’informations :
- Classiques et romantiques : compositeurs célèbres
- Postromantiques et écoles nationales : compositeurs célèbres

  • c) Modernes (XXe siècle)

Quelques exemples classés par ordre chronologique des compositeurs : (3)

  • - Debussy : ”Clair de lune” extrait de Suite bergamasque (écouter sur youtube)
  • - Satie : écouter la ”1ère Gymnopédie” sur Wikipedia ou sur youtube
  • - Scot Joplin : Maple Leaf Rag (1899 : écouter ici ou sur youtube)
  • - Falla : la ”Danse du feu” extraite de l’Amour sorcier (écouter ici ou sur youtube)
  • - Bartok : Allegro barbaro (écouter) et Six danses populaires roumaines (écouter)
  • - Villa-Lobos : Bachiana brasileira n° 5 (écouter l’Aria ici ou sur youtube).
  • - Prokofiev : Toccata pour piano (écouter sur youtube)
  • - Orff : chœur O Fortuna extrait des cantate)">Carmina Burana (écouter ici ou sur youtube)
  • - Khatchaturian : ”Danse du sabre” tirée du ballet Gayaneh (écouter ici ou sur youtube)
  • - Ligeti : Continuum pour clavecin (écouter sur youtube 1 ou youtube 2)
  • - Henry : ”Psyché Rock” extrait de Messe pour le temps présent (écouter sur youtube)
  • - Barber : Adagio arrangé en Agnus Dei (écouter sur youtube )

Plus d’informations :
- Les modernes : compositeurs célèbres
- Où va la musique d’aujourd’hui ?

3. Par quoi continuer ?

  • a) Contes et récits

Voici des œuvres dont l’écoute est facilitée par un support littéraire que la musique est censée illustrer. Certaines sont destinées aux enfants, mais que l’on ne s’y trompe pas : le récit peut aisément être oublié et la musique écoutée pour elle-même :

Quelques exemples classés par ordre chronologique des compositeurs :

  • - Saint-Saëns : Le Carnaval des animaux (écouter sur youtube)
  • - Moussorgski : Tableaux d’une exposition (écouter sur youtube, orchestr. Ravel)
  • - Debussy : La Boîte à joujoux (écouter avec livret puis orchestre-1, -2, -3)
  • - Ravel : L’Enfant et les Sortilèges (écouter sur youtube-1, -2, -3, -4, -5)
  • - Ravel : Ma Mère l’Oye (écouter sur youtube)
  • - Kodaly : suite d’Hà¡ry Jà¡nos (rechercher sur Youtube)
  • - Stravinsky : L’Histoire du soldat (rechercher sur Youtube avec récitant, ou sans paroles-1, -2, -3, -4)
  • - Prokofiev : Pierre et le Loup (recherche sur Youtube ou écouter sans récitant)
  • - Poulenc : L’Histoire de Babar (écouter avec récitant et sans récitant)
  • - Britten : Variations thème Purcell (écouter ici avec récitant puis sans récitant)

Dans la même rubrique, il faudrait inclure toutes les musiques composées sur des paroles, qu’elles soient sacrées (messes, Requiem, Stabat Mater, etc.) ou profanes (opéras, mélodies, etc.).

Pour écouter un choix de mélodies, de lieder et de chœurs avec les paroles traduites ou sous-titrées, voir : Musique et poésie.

Pour écouter un choix d’opéras et de musiques sacrées, voir : Musique vocale profane et Musiques sacrées.

Voir aussi notre dossier sur Les musiques liturgiques.

  • b) Musiques à programme

Avec la musique à programme, et notamment le POÈME SYMPHONIQUE, nous ne sommes pas très éloignés de la rubrique précédente jusqu'ici, c’est un véritable scénario qui donne sens au discours musical.

Quelques exemples par ordre chronologique des compositeurs :

  • - Liszt : Mazeppa (écouter ici ou sur youtube)
  • - Franck : Le Chasseur maudit (écouter sur youtube)
  • - Smetana : La Moldau (écouter sur youtube)
  • - Borodine : Dans les steppes de l’Asie centrale (écouter sur youtube)
  • - Saint-Saëns : La Danse macabre (écouter ici ou sur youtube)
  • - Moussorgsky : Une nuit sur le mont Chauve (écouter ici ou sur youtube)
  • - Strauss (Richard) : Don Juan (écouter sur youtube et Till l’Espiègle (écouter)
  • - Dukas : L’Apprenti sorcier (écouter sur youtube)
  • - Honegger : Pacific 231 (écouter et voir le film original sur youtube)

On peut considérer le ballet comme une sorte de musique à programme puisque le compositeur appuie sa création sur un argument que le chorégraphe à son tour est censé illustrer. Créé au début du XVIe siècle en Italie pour agrémenter les mariages princiers, il évolue en France vers le ballet de cour puis vers le ballet d’action, ancêtre du grand ballet romantique qui donnera naissance aux chefs d’œuvres de Tchaikovsky. Ensuite, la compagnie des Ballets russes aura une influence décisive sur les créations du début du XXe siècle.

Pour écouter un choix de ballets, voir notre dossier Musique symphonique.

4. Et la musique ancienne ?

Les musiques précédant le XVIIIe siècle demandent un effort particulier car nos oreilles modernes n’y sont pas habituées, encore que le chant grégorien ait été récemment remis à la mode par des groupes telles que Era, Gregorian ou Enigma (écouter sur Youtube).

Quelques exemples classés par ordre chronologique des compositeurs.

a) Moyen Âge (Xe au XIVe siècle)

  • - Chant grégorien : écouter Dies Irae (Jour de colère)
  • - Trope : écouter Alleluia
  • - Hildegarde de Bingen : écouter O rubor sanguinis (O rubis rouge sang)
  • - Bernart de Ventadour : écouter La douce voix du rossignol
  • - Pérotin : écouter Viderunt Omnes (Ils voient tous…)
  • - Beatritz de Die : écouter Pleurs
  • - Alphonse de Castille : écouter le Cantiga n°100 «Sainte Marie étoile divine»
  • - Trouvère anonyme : écouter la chanson Voulez-vous que je vous chante
  • - Danse anonyme : écouter le Lamento de Tristan et Rotta
  • - Guillaume de Machaut : écouter la chanson Douce Dame jolie puis le Hoquet David aux rythmes heurtés (écouter)

Plus d’informations : Le Moyen Âge a tout inventé

b) Renaissance (XVe et XVIe siècles)

  • - Gilles Binchois : écouter la chanson Filles à marier
  • - Josquin Des Près : écouter la chanson Mille regrets
  • - Clément Janequin : écouter Il était une fillette puis Le Chant des Oiseaux (extrait)
  • - Thoinot Arbeau : Belle qui tient ma vie, pavane (écouter) - les fans de Kaamelott apprécieront.
  • - Carlo Gesualdo : écouter le madrigal Io parto

Plus d’informations : La Renaissance, apogée de la polyphonie

c) Début du ”Baroque” (XVIIe siècle)

  • - Claudio Monteverdi : écouter le début du Lamento d’Arianne puis un extrait du Combat de Tancrède et Clorinde puis un extrait du Magnificat des Vêpres à la Vierge
  • - Jean-Baptiste Lully : écouter l’Air du froid extrait de l’opéra Atys
  • - Heinrich Biber : écouter le début de L’Annonciation, n°1 des Sonates du Rosaire
  • - Henry Purcell : écouter l’Ouverture puis le Lamento de son opéra Didon et Énée

Plus d’informations : Cet étonnant âge ”baroque”

5. Et la musique d’aujourd’hui ?

Se reporter à nos dossiers Où va la musique d’aujourd’hui ? ainsi que Qui a peur de la musique contemporaine ?

Et si on se faisait une toile ?

Pour faciliter l’accès à la musique « classique », signalons aussi le cinéma, mais rares sont les réalisateurs qui ont exploré ce domaine. Citons quelques films :

- Tous les matins du monde (1991 : la viole au XVIIe siècle) d’Alain Corneau

- Le Roi danse (2000 : Louis XIV et Lully) de Gérard Corbiau
 

- Amadeus (1984 : sur Mozart) de Miloš Forman

- Don Giovanni de Mozart (1979) par Joseph Losey

- La Flûte enchantée de Mozart (1974) par Ingmar Bergman

- Un grand amour de Beethoven (1936) d’Abel Gance

- La Belle Meunière (1948 : sur Schubert) de Marcel Pagnol

- Ludwig, le crépuscule des dieux (1972 : Ludwig II et Wagner) de Luchino Visconti

- Carmen de Bizet (1984) par Francesco Rosi

- The Music Lovers (1970 : sur Tchaïkowski) de Ken Russell

- Mahler (1974) de Ken Russell

- West Side Story de Bernstein, adapté au cinéma en 1961 par Robert Wise

Ressources liées

Aussi dans la catégorie "Écouter" Comment écouter et apprécier le classique — Musiques dramatiques pour une mort tragique — Par quoi commencer pour aborder le ”classique” ? — Musique concertante — Musique de chambre (2 à 12 instruments) — Musique de piano (ou clavecin) et d’orgue — Musique et poésie : choix de mélodies, Lieder et chœurs — Musique symphonique (symphonie, ouverture, ballet, suite...) — Musique vocale profane (opéras, mélodies…) — Musiques pour instrument seul hors piano — Musiques sacrées (choix de messes, Requiem, oratorios…) — Qui a peur de la musique contemporaine ? — Un même sujet pour des musiques très différentes — Les animaux dans la musique — Un même thème pour des musiques très diverses — Vaut le détour 

azerty (†), le 19/04/2015 Lire sur https://www.symphozik.info/comment-ecouter-et-apprecier-le-classique,130,dossier.html

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Comment écouter et apprécier le classique

azerty (†), le 04/05/2015 Lire sur : 

https://www.symphozik.info/comment-ecouter-et-apprecier-le-classique,130,dossier.html

Préambule

Si la musique dite « classique » est souvent considérée comme compassée, voire ennuyeuse, c’est qu’elle demande un minimum d’informations et d’attention pour être vraiment "écoutée". Car il faut tout d’abord bien distinguer "entendre" et "écouter"… Pour "entendre", il suffit de ne pas se boucher les oreilles car la musique est présente partout, en tout lieu et à tout moment : à moins d’être sourd, impossible d’échapper au "tube" du moment. Par contre, dans le brouhaha ambiant, "écouter" exige non seulement de la concentration, mais aussi la mobilisation de nombreuses facultés : mémoire, sensibilité, capacités d’analyse et de synthèse… ce qui selon Hector Berlioz n’est pas donné à tous :

« MUSIQUE, art d’émouvoir par des combinaisons de sons les hommes intelligents et doués d’organes spéciaux et exercés. Définir ainsi la musique, c’est avouer que nous ne la croyons pas, comme on dit, faite pour tout le monde. Quelles que soient en effet ses conditions d’existence, quels qu’aient jamais été ses moyens d’action, simples ou composés, doux ou énergiques, il a toujours paru évident à l’observateur impartial qu’un grand nombre d’individus ne pouvant ressentir ni comprendre sa puissance, ceux-là n’étaient pas faits pour elle, et que par conséquent elle n’était point faite pour eux. » ("À travers chants" : http://www.hberlioz.com/Writings/ATC01.htm).

Les difficultés à surmonter

Même si l’on ne partage pas le pessimisme de Berlioz, reconnaissons qu’il faut à une personne désireuse d’écouter de la musique beaucoup de détermination, de la curiosité et surtout… du temps. Cette dernière condition, sûrement la plus difficile à remplir dans ce monde pressé, c’est la nature même de la musique qui l’impose. Car, hors le temps, pas de musique ! Voilà pourtant une bonne raison de s’intéresser à la musique car, comme le souligne Igor Stravinski, elle est le seul art (avec le cinéma) qui permet au créateur d’organiser le temps et à l’auditeur de le vivre pleinement : « La musique est le seul domaine où l’homme réalise le présent. Par l’imperfection de sa nature, l’homme est voué à subir l’écoulement du temps de ses catégories de passé et d’avenir  sans jamais pouvoir rendre réelle, donc stable, celle de présent. Le phénomène de la musique nous est donné à la seule fin d’instituer un ordre dans les choses, y compris et surtout un ordre entre l’homme et le temps. » (Igor Stravinsky, Chroniques de ma vie, Tome I, p.116).

La musique est donc essentiellement un art du temps, mais quoi de plus insaisissable et éphémère que le temps qui s’écoule… inexorablement ? Voilà peut-être le principal obstacle à une écoute aiguisée de la musique : sa fugacité. N’existant que dans l’instant de sa perception, elle disparaît au fur et à mesure qu’elle est produite et notre mémoire doit constamment s’exercer pour en reconstituer l’unité dans la durée. Pour faciliter ce travail de mémoire, la musique n’offre malheureusement que peu de repères stables (à moins de se répéter comme dans la forme "couplet refrain") : elle ne montre rien (à l’inverse de la peinture), ne signifie rien (à l’inverse de la littérature), ne répond à aucune nécessité (à l’inverse de l’architecture) ; par sa nature immatérielle, elle est la forme d’expression la plus abstraite et la plus difficile d’accès qui soit.

La musique n’exprime rien…

… c’est ce que semble affirmer Igor Stravinsky quand il écrit : « Je considère la musique par essence impuissante à exprimer quoi que ce soit : un sentiment, une attitude, un état psychologique, un phénomène de la nature, etc. L’expression n’a jamais été la propriété immanente de la musique. » (in tome I des Chroniques de ma vie). Est-ce à dire que cet immense magicien du son nie le pouvoir expressif de la musique ?

En fait, il précisera plus tard, lors d’un entretien avec Robert Craft : « Ces lignes, autour desquelles on a fait trop de bruit … étaient simplement une façon de dire que la musique est au-delà des significations et descriptions verbales. » Il rejoint donc Lévi-Strauss qui, réfléchissant à une sémiologie de la musique, indique que celle-ci représente « le langage moins le sens ».

Autrement dit, la musique s’écrit certes selon un système de signes (la partition), mais elle reste un art non signifiant et, en tant que "moyen d’expression", elle conserve une part d’indiscible, d’"ineffable" dirait Jankélévitch. Elle s’inscrit certes dans une structure précise, mais qui n’est jamais fixée d’avance : le compositeur est un désir tendu vers l’inconnu, s’efforçant de conduire l’auditeur de surprise en surprise. Il ne "transmet" pas mais "suggère" ou "évoque" ; et "signifier" ne veut pas dire délivrer un message ou faire comprendre un sens précis, mais "susciter" des impressions et des émotions en usant de moyens spécifiques (sons, rythmes, silences…), au-delà d’un discours rationnel.

Donc la musique n’expose, ne raconte, ni ne communique rien… Dans ce sens, Stravinsky a raison : la musique n’exprime rien !

Une échelle d’écoute

Malgré son caractère évanescent, la musique a existé dans toutes les sociétés humaines depuis les temps les plus reculés pour accompagner les individus dans leurs moments d’épanchement ainsi que les communautés à chaque occasion de rassemblement et de partage : fêtes, danses, spectacles, défilés, rites, etc. Autre fois, dans ces circonstances particulières, la présence de la musique allait de soi ; mais le développement d’une musique purement instrumentale à partir du XVe siècle (en Occident tout au moins) et surtout l’invention du concert il y a quatre siècles, vont radicalement modifier la posture du mélomane. La musique en effet n’est plus essentiellement liée à une occasion extérieure, mais elle est interprétée pour le plaisir des auditeurs, et c’est pour elle-même qu’elle est écoutée.

De nos jours, où il est si facile de recourir à l’enregistrement sonore, l’écoute attentive d’une musique choisie ne va pourtant pas de soi. Comment répondre aux difficultés déjà évoquées ? Avant de répondre à la question, nous voulons insister d’emblée sur le fait qu’il n’existe pas UNE BONNE façon d’écouter la musique : entre "entendre" et "écouter", on peut en effet distinguer toute une échelle d’attitudes possibles. Essayons donc de poser quelques jalons en allant du simple au compliqué.

1. L’écoute flottante

C’est probablement le mode d’écoute le plus courant, celui que l’on pratique quand on est occupé à autre chose (lecture, travail, activité ménagère, conduite automobile…) : on met alors en route une playlist ou une station radio et on laisse couler le robinet à musique…

C’est certes une solution de facilité pour remplir le silence ou couvrir le bruit ambiant, mais elle n’est nullement à mépriser. De temps en temps en effet, on peut être saisi par un passage particulièrement remarquable et avoir envie de faire une pause pour se laisser prendre au charme d’un moment musical, et encore mieux, pour essayer d’en retrouver l’auteur et le titre.

 

Un auditeur exigeant

L’écoute flottante n’est pas du goût de tout le monde comme en témoigne cette déclaration péremptoire de Sergueï Rachmaninov : « En général la radio n’est pas assez parfaite pour rendre justice à la bonne musique, c’est pour ça que j’ai toujours refusé de jouer pour la radio et aussi je déplore que l’on puisse écouter la musique aussi confortablement car pour apprécier la bonne musique, l’esprit doit être en alerte et réceptif sur le plan émotionnel. Et cela votre esprit ne peut l’être si vous êtes assis, chez vous, les pieds posés sur une chaise. Non, écouter de la musique est plus fatiguant que cela, la musique est comme la poésie, elle est une passion, elle est un problème. Vous ne pouvez l’apprécier, la comprendre, en étant simplement assis et en la laissant s’infiltrer dans vos oreilles. »

2. L’écoute imagée

Ce mode d’écoute consiste à associer des images à ce que l’on entend : sous-bois, ciel étoilé, tempête, galopade, etc. Visualiser la musique pour s’aider à l’écouter est une pratique fréquente, surtout au début. Cette approche qui privilégie le vagabondage de l’imagination, peut paraître naïve et simpliste. Pourtant n’est-ce pas les compositeurs eux-mêmes qui nous y invitent quand ils adjoignent à l’indication de tempo de leurs compositions des titres ou des sous-titres évocateurs ?

Par exemple, Ludwig van Beethoven, dans sa "Symphonie pastorale", commente ainsi chaque mouvement : I. "Éveil d’impressions agréables en arrivant à la campagne" (Allegro ma non troppo) ; II. "Scène au bord du ruisseau" (Andante molto mosso);  III. "Joyeuse assemblée de paysans" (Allegro) ; IV. "Tonnerre  orage" (Allegro) : écouter la fin où l’on entend un bref trio d’oiseaux, "rossignol, caille et coucou", notés ainsi par Beethoven sur la partition) ; V. "Chant pastoral. Remerciement à la divinité après l’orage" (Allegretto). Et Berlioz va plus loin quand il rédige un véritable scénario à l’intention des auditeurs de sa "Symphonie fantastique" (écouter la fin) : c’est le rêve d’un jeune musicien hanté par l’image d’une femme ; au 4ème mouvement, il délire sous l’effet de l’opium, se voit condamné, conduit au supplice, exécuté, puis entraîné au sabbat dans une orgie diabolique (lire sur Symphozik "La Symphonie fantastique par Schumann").

azerty (†), le 04/05/2015 Lire sur : 

https://www.symphozik.info/comment-ecouter-et-apprecier-le-classique,130,dossier.html

La voie ouverte par Berlioz sera suivie par les auteurs de poèmes symphoniques (Franz Liszt, Camille Saint-Saëns, Richard Strauss, etc.). À la fin du XIXe siècle, une polémique éclatera même entre les partisans de la « musique pure » (sonate, quatuor, concerto, symphonie) et les défenseurs de la musique à programme qui apparaît, notamment chez Liszt, comme l’idéal d’avenir de la musique symphonique (lire à ce sujet sur Symphozik le dossier "musique à programme"). La musique vocale quant à elle n’a jamais suscité ce genre de débat car des images sont forcément liées au texte (poème, livret d’opéra, texte liturgique…) que le compositeur s’efforce de servir. L’écoute est donc guidée par ce texte, qu’il est essentiel de connaître (ou tout au moins ses grandes lignes) pour en apprécier pleinement l’illustration musicale.

3. L’écoute affective

Là, c’est l’émotion qui s’empare de tout l’être de l’auditeur. Comment ne pas être bouleversé par ce passage de la Messe en si mineur évoquant la transfiguration du Christ : écouter le Et incarnatus est ? Autre exemple dans Parsifal de Richard Wagner : écouter le chœur accompagnant le cercueil d’Amfortas. Bien sûr, la façon dont chacun est touché par tel ou tel morceau est très personnelle et c’est un grand mystère que de savoir d’où viennent nos préférences et nos rejets… souvent d’une expérience vécue dans l’enfance (n’est-ce pas M. Freud) ?

Malgré le caractère éminemment subjectif des émotions musicales, la publicité s’y entend à merveille pour déclencher chez le plus grand nombre le désir d’un produit en combinant habilement le son et l’image. Quelques exemples sur Youtube.

De même, le cinéma est riche d’émotions liées à des musiques choisies dans le répertoire classique. Un exemple entre mille, l’andante du 21ème concerto pour piano de Wolfgang Mozart dans "Elvira Madigan" du réalisateur suédois Bo Widerberg (en 1967 : écouter) : la longue phrase mélodique rythmée par les pizzicati des cordes accompagne les promenades des jeunes amants dans la campagne…

Effets de l’émotion selon Berlioz

« À l’audition de certains morceaux de musique, mes forces vitales semblent d’abord doublées ; je sens un plaisir délicieux, où le raisonnement n’entre pour rien ; l’habitude de l’analyse vient ensuite d’elle-même faire naître l’admiration ; l’émotion croissant en raison directe de l’énergie ou de la grandeur des idées de l’auteur, produit bientôt une agitation étrange dans la circulation du sang ; mes artères battent avec violence ; les larmes qui, d’ordinaire, annoncent la fin du paroxysme, n’en indiquent souvent qu’un état progressif, qui doit être de beaucoup dépassé. En ce cas, ce sont des contractions spasmodiques des muscles, un tremblement de tous les membres, un engourdissement total des pieds et des mains, une paralysie partielle des nerfs de la vision et de l’audition, je n’y vois plus, j’entends à peine ; vertige... demi-évanouissement... On pense bien que des sensations portées à ce degré de violence sont assez rares […]. » (in Berlioz, "À travers chants" : http://www.hberlioz.com/Writings/ATC01.htm).

4. L’écoute soutenue (analytique)

Quand, à l’écoute d’une musique précise, l’imagination a vagabondé et que l’émotion nous a submergé, ce n’est pas pour autant que l’intérêt de l’œuvre est épuisé car il reste à en découvrir toutes les richesses en restant attentif aux surprises que réservent ses différents moments.

C’est là où l’on apprécie la possibilité, grâce à l’enregistrement sonore, de réécouter à volonté ce qu’on a aimé. 

Du bon usage de l’enregistrement sonore

Pierre Boulez écrit en exergue des disques édités dans l’ancienne collection Erato/EIC/Ircam :

« Écouter, réécouter l’œuvre - ce que le disque nous facilite à l’extrême – ce n’est pas exactement « s’y habituer », jusqu’à l’indifférence, la satiété ou l’allergie. C’est plutôt la connaître, la reconnaître, l’identifier, se l’identifier ; dépasser l’étrangeté, l’obscurité de la première approche pour se laisser gagner par un mystère fait à la fois d’évidence et d’inexpliqué. »

a) Les ingrédients de la musique

En situation d’écoute soutenue, il faut être attentif aux procédés les plus fréquents par lesquels le compositeur parvient à renouveler l’intérêt :

  • - la succession des différentes mélodies et la façon dont elles sont variées, développées, voire superposées ;
  • - la richesse des timbres (intervention des différents instruments ou familles d’instruments) : voir le dossier Symphozik "Les instruments au sein de l’orchestre" ;
  • - les ruptures de tempo et les contrastes des nuances : dans sa Symphonie n° 9, Beethoven commence le 4ème mouvement par un rappel des parties précédentes (écouter cette série de ruptures) ;
  • - la répétition d’un motif rythmique caractéristique (rythme de danse ou ostinato) : dans son fameux Boléro, Ravel joue avec les timbres au-dessus d’un même rythme obsédant qui parcourt toute l’œuvre (écouter) ;
  • - les ruptures tonales : c’est une des surprises qu’Haydn nous réserve dans sa Symphonie nº 94 justement surnommée "La Surprise" (écouter un extrait) ; dans son Concerto pour piano n° 25 K. 503 (écouter un extrait), Mozart ne cesse de moduler du majeur au mineur, créant comme des ombres et des lumières dans le dialogue entre le soliste et l’orchestre ; on peut citer aussi la spectaculaire modulation à la fin du Boléro de Ravel (écouter) ;

Tous ces effets ne nécessitent aucun savoir théorique spécialisé, mais une sensibilité exercée pour être réceptive aux différents paramètres cités, affinée par une approche progressive et une écoute répétée des œuvres reconnues comme des chefs-d’œuvre (voir le paragraphe final "Conseils d’écoute").

Il n’est pas non plus inutile d’avoir quelques lumières sur les principales formes utilisées dans la musique savante : la sonate pour 1 ou 2 instruments, le quatuor à cordes, le concerto, la symphonie, le poème symphonique, l’opéra, etc. Par exemple, quand on écoute une symphonie, on peut s’attendre à une œuvre en 4 mouvements : le premier, rapide, de forme sonate à 2 thèmes contrastés ; le second, lent, généralement basé sur une longue phrase qui évolue par variations ; le troisième, modéré, généralement une danse à 3 temps (menuet ou scherzo) ; et un final très rapide, généralement de forme rondo.

On pourra enfin se renseigner sur les œuvres ainsi explorées pour préciser et compléter ce qu’on aura repéré à l’écoute. Pour cela la navigation sur internet offre une aide précieuse.

b) Un exemple d’écoute pas à pas

Pour mieux goûter quelques-uns des ingrédients cités précédemment, nous allons analyser la Suite n° 2 tirée par Georges Bizet de son Arlésienne, musique de scène écrite en 1872 pour la pièce d’Alphonse Daudet. Plus précisément, nous étudierons la quatrième partie intitulée "Farandole" qui dure un peu plus de trois minutes.

Il faut d’abord savoir que, la pièce de Daudet ayant été un fiasco, Bizet réutilisa quatre numéros de sa musique en une suite qui, jouée en concert, remportera un triomphe populaire jamais démenti depuis. De sorte qu’en 1879, quatre ans après la mort du compositeur, son ami Ernest Guiraud, adapte à son tour pour une nouvelle suite, trois autres numéros de la musique de scène (dont cette Farandole) auxquels il ajoute un menuet emprunté à l’opéra "La Jolie Fille de Perth".

Cette célèbre Farandole débute par un un Tempo di Marcia (écouter) : c’est La marche des Rois, d’allure décidée, exposée deux fois, forte, par tout l’orchestre. Elle est ensuite reprise mezzoforte aux cordes (écouter) en canon décalé de deux temps. Sur le dernier accord, démarre pianissimo un rapide battement de tambourin (écouter) au-dessus duquel retentit à deux reprises le début d’une Danse endiablée ; dans la suite de cette Danse (écouter) les bois sont accompagnés par de rapides traits de violon qui animent la mélodie ; le tout est repris une première fois (écouter), plus fort, avec un pupitre de bois plus étoffé, puis une deuxième fois (écouter), encore plus fort, cette fois avec tout l’orchestre. La Marche revient alors (écouter), jouée forte par les cordes à l’unisson, mais plus vite, gardant le tempo de la Danse, qui revient à son tour (écouter), piano, jouée par les bois : le contraste entre les deux thèmes est maximum. Et l’alternance reprend entre la Marche (écouter), mais cette fois les cordes ne sont plus à l’unisson, et la Danse (écouter), mais cette fois elle est répétée crescendo en modulant pour nous ramener à un ré majeur triomphant (écouter), les deux thèmes se superposant dans une euphorie orchestrale : les cuivres scandent la Marche en même temps que les bois et les cordes tourbillonnent dans une Danse effrénée. La Farandole s’achève (écouter) sur un fortissimo étourdissant.

Ainsi peut-on détailler la succession des différents moments composant cette pièce. Globalement, elle oppose deux thèmes (la Marche et la Danse) qui, dans un crescendo irrésistible, finissent par se rassembler en une folle Farandole. Écouter l’intégrale sur youtube :

c) Autres exemples

On trouvera une approche détaillée d’œuvres du XXe siècle dans les dossiers suivants de Symphozik :
- Trios flûte, alto et harpe : Debussy, Bax, Jongen, Jolivet et Takemitsu,
- Instruments au sein de l’orchestre : Britten et Ravel,
- Quatrième Cantiga d’Ohana.

On lira aussi avec intérêt sur Symphozik les analyses suivantes : "Beethoven – la cinquième symphonie" (dont le 1er mvt est une excellente illustration de la forme sonate), et "Smetana - La Moldau".

5. L’écoute profonde

On arrive là au sommet de l’écoute musicale, point que l’on n’atteint qu’après un long apprentissage (c’est du moins mon expérience), et après avoir vécu les étapes précédentes. On peut alors oublier tout ce qui précède pour entrer directement dans le discours musical, en apprécier la progression mélodique, la succession des différents climats, les alliages de timbres, les contrastes rythmiques, la subtilité des nuances et du phrasé, etc. Quel plaisir alors de se sentir vibrer avec la musique, sensible à ses moindres inflexions, comme immergé et enveloppé dans l’espace sonore.

Berlioz, à propos du Freischütz de Weber (1), décrit une telle sensation : « Ces flûtes dans le grave, ces violons en quatuor, ces dessins d’altos et de violoncelles à la sixte, ce rythme palpitant des basses, ce crescendo qui monte et éclate au terme de sa lumineuse ascension, ces silences pendant lesquels la passion semble recueillir ses forces pour s’élancer ensuite avec plus de violence. Il n’y a rien de pareil ! c’est l’art divin ! c’est la poésie ! » (in "À travers chants" : http://www.hberlioz.com/Writings/ATC01.htm (2) ).

Pour rencontrer de tels moments, la salle de concert semble être le lieu idéal (à moins d’avoir un voisin bruyant). D’aucuns préfèreront le cadre douillet de leur habitation, mais ça n’est pas incompatible. L’important est de disposer d’un temps libéré de toute distraction, ainsi que de conditions d’écoute optimales. Et parfois, le hasard fait bien les choses. Une des expériences les plus agréables qu’on puisse vivre est, au cours d’une promenade estivale, d’entrer dans une église à la recherche de la fraîcheur et d’entendre par chance un organiste répèter son récital du soir ; quel moment délicieux où l’on se sent envahi par les ondes sonores qui emplissent la nef !

Conseils d’écoute

Rendez-vous dans un autre dossier de Symphozik (Par quoi commencer pour aborder le "classique" ?) où je me risque à proposer quelques titres de musiques considérées comme relativement faciles d’accés.

Vous pouvez aussi accéder directement à tous les dossiers de la rubrique Écouter dans le cadre ci-dessous. Bonne navigation !

Ressources liées

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azerty (†), le 04/05/2015 Lire sur : 

https://www.symphozik.info/comment-ecouter-et-apprecier-le-classique,130,dossier.html

( 1 )           
 Der Freischütz


Carl Maria Von Weber

Ecrit par : Jean-Marc Goossens sur 

https://pad.philharmoniedeparis.fr/0761960-der-freischutz-de-carla-maria-von-weber.aspx?_lg=fr-FR

Carte d’identité de l’œuvre :
Der Freischütz de Carl Maria von Weber
Genre    opéra : singspiel
Librettiste    Johann Friedrich Kind, d’après un conte populaire germanique
Langue du livret    allemand
Composition    entre 1817 et 1820
Création    le 18 juin 1821 au Königliches Schauspielhaus, à Berlin
Forme    opéra en une ouverture et trois actes
Instrumentation    bois : 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons
cuivres : 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones
percussions : timbales
cordes : violons 1 et 2, altos, violoncelles, contrebasses
Naissance du grand opéra allemand
Avant le XIXe siècle, en Allemagne, il n’y avait pas de tradition nationale d’opéra comme en France ou en Italie. Le pays de Bach, de Mozart et de Beethoven marquait un certain retard dans ce domaine. Les productions nationales n’étaient pas capables de rivaliser avec les drames étrangers, extrêmement joués en Allemagne.

Désignant diverses formes d’opéra en langue allemande, le singspiel constitue un élément déterminant dans la naissance du grand opéra allemand. De caractère populaire, il alterne musique et dialogues parlés.

Le génie de Mozart apporte un souffle nouveau au genre avec L’Enlèvement au sérail (1782) et plus particulièrement avec son dernier opéra La Flûte enchantée (1791). Après Fidelio, l’unique opéra de Beethoven, Der Freischütz donne naissance à l’opéra romantique allemand qui atteindra son plein épanouissement avec Wagner.

Un conte fantastique

L’action se situe dans une grande forêt d’Allemagne. Un chasseur nommé Max doit remporter un concours de tir pour obtenir la main de sa bien-aimée Agathe. Kaspar, un chasseur jaloux, s’allie au maléfique Samiel pour mener son rival à sa perte. Au terme de la première épreuve, Max, désespéré de rater tous ses coups, se laisse convaincre par Kaspar d’utiliser des balles magiques pour atteindre la cible sans effort. Pour les fabriquer, il est nécessaire de recourir à des rites interdits de magie noire. De peur de perdre sa belle, Max se laisse prendre au piège…

Le livret abonde de thèmes caractéristiques du romantisme allemand, friand de littérature fantastique : une forêt mystérieuse, un concours de chasseurs, une jeune fille innocente, de la magie noire, des forces surnaturelles… Weber partage les préoccupations des grands poètes romantiques allemands attirés par le rêve et l’irrationnel.

L’Ouverture : une « superbe bande annonce »

Weber dirigea lui-même plusieurs fois la seule Ouverture du Freischütz en concert, la qualifiant de « superbe bande-annonce ». Présentant les principaux thèmes, associés à des personnages, elle permet au spectateur de se familiariser avec le drame qui va suivre.

Après une sombre introduction aux cordes, les cors dessinent une douce mélodie évoquant la vie des chasseurs. Au motif inquiétant qui ouvre l’Allegro, avec de terrifiants tutti invoquant l’univers diabolique du ténébreux Samiel, s’oppose le thème de Max, notre héros désespéré, joué délicatement par la clarinette. Puis c’est le thème d’Agathe, plein de légèreté, qui chante l’amour. Si les motifs maléfiques se font encore entendre, un crescendo emmené par le motif d’Agathe mène à l’éclatant triomphe des héros.

Cette partition pleine de contrastes nous emmène progressivement des ténèbres vers l’éclat du jour. Elle démontre toute l’ingéniosité de Weber dans l’art de l’orchestration. Les instruments se voient confier de véritables rôles. Ainsi, pour symboliser la forêt et la vie des chasseurs, Weber fait appel au cor. Quant aux pouvoirs obscurs qui cernent notre héros, ils sont représentés par les couleurs sombres de l’orchestre, faisant appel aux registres graves des instruments à cordes.

Manuscrit de la partition du Freischütz, Acte 2, scène de la gorge aux loups © Deutsche Staatsbibliothek, Berlin

Manuscrit de la partition du Freischütz, Acte 2, scène de la gorge aux loups © Deutsche Staatsbibliothek, Berlin

Ecrit par : Jean-Marc Goossens sur 

https://pad.philharmoniedeparis.fr/0761960-der-freischutz-de-carla-maria-von-weber.aspx?_lg=fr-FR

( 2 )
 A TRAVERS CHANTS

Par HECTOR BERLIOZ a lire sur : http://www.hberlioz.com/Writings/ATC01.htm

I. MUSIQUE(*)

 MUSIQUE, art d’émouvoir par des combinaisons de sons les hommes intelligents et doués d’organes spéciaux et exercés. Définir ainsi la musique, c’est avouer que nous ne la croyons pas, comme on dit, faite pour tout le monde. Quelles que soient en effet ses conditions d’existence, quels qu’aient jamais été ses moyens d’action, simples ou composés, doux ou énergiques, il a toujours paru évident à l’observateur impartial qu’un grand nombre d’individus ne pouvant ressentir ni comprendre sa puissance, ceux-là n’étaient pas faits pour elle, et que par conséquent elle n’était point faite pour eux.

La musique est à la fois un sentiment et une science ; elle exige de la part de celui qui la cultive, exécutant ou compositeur, une inspiration naturelle et des connaissances qui ne s’acquièrent que par de longues études et de profondes méditations. La réunion du savoir et de l’inspiration constitue l’art. En dehors de ces conditions, le musicien ne sera donc qu’un artiste incomplet, si tant est qu’il mérite le nom d’artiste. La grande question de la prééminence de l’organisation sans étude sur l’étude sans organisation, qu’Horace n’a pas osé résoudre positivement pour les poètes, nous paraît également difficile à trancher pour les musiciens. On a vu quelques hommes parfaitement étrangers à la science produire d’instinct des airs gracieux et même sublimes, témoin Rouget de l’Isle et son immortelle Marseillaise ; mais ces rares éclairs d’inspiration n’illuminant qu’une partie de l’art, pendant que les autres, non moins importantes, demeurent obscures, il s’ensuit, eu égard à la nature complexe de notre musique, que ces hommes en définitive ne peuvent être rangés parmi les musiciens : ILS NE SAVENT PAS.

On rencontre plus souvent encore des esprits méthodiques, calmes et froids, qui, après avoir étudié patiemment la théorie, accumulé les observations, exercé longuement leur esprit et tiré tout le parti possible de leurs facultés incomplètes, parviennent à écrire des choses qui répondent en apparence aux idées qu’on se fait vulgairement de la musique, et satisfont l’oreille sans la charmer, et sans rien dire au cœur ni à l’imagination. Or, la satisfaction de l’ouïe est fort loin des sensations délicieuses que peut éprouver cet organe ; les jouissances du cœur et de l’imagination ne sont pas non plus de celles dont on puisse faire aisément bon marché ; et comme elles se trouvent réunies à un plaisir sensuel des plus vifs dans les véritables œuvres musicales de toutes les écoles, ces producteurs impuissants doivent donc encore, selon nous, être rayés du nombre des musiciens : ILS NE SENTENT PAS.

Ce que nous appelons musique est un art nouveau, en ce sens qu’il ne ressemble que fort peu, très-probablement, à ce que les anciens peuples civilisés désignaient sous ce nom. D’ailleurs, il faut le dire tout de suite, ce mot avait chez eux une acception tellement étendue, que loin de signifier simplement, comme aujourd’hui, l’art des sons, il s’appliquait également à la danse, au geste, à la poésie, à l’éloquence, et même à la collection de toutes les sciences. En supposant l’étymologie du mot musique dans celui de muse, le vaste sens que lui donnaient les anciens s’explique naturellement ; il exprimait et devait exprimer, en effet, ce à quoi président les Muses. De là les erreurs où sont tombés, dans leurs interprétations, beaucoup de commentateurs de l’antiquité. Il y a pourtant dans le langage actuel une expression consacrée, dont le sens est presque aussi général. Nous disons : l’art, en parlant de la réunion des travaux de l’intelligence, soit seule, soit aidée par certains organes, et des exercices du corps que l’esprit a poétisés. De sorte que le lecteur qui dans deux mille ans trouvera dans nos livres cette phrase devenue le titre banal de bien des divagations : « De l’état de l’art en Europe au dix-neuvième siècle » devra l’interpréter ainsi : « De l’état de la poésie, de l’éloquence, de la musique, de la peinture, de la gravure, de la statuaire, de l’architecture, de l’action dramatique, de la pantomime et de la danse en Europe au dix-neuvième siècle. » On voit qu’à l’exception près des sciences exactes, auxquelles il ne s’applique pas, notre mot art correspond fort bien au mot musique des anciens.

Ce qu’était chez eux l’art des sons proprement dit, nous ne le savons que fort imparfaitement. Quelques faits isolés, racontés peut-être avec une exagération dont on voit journellement des exemples analogues, les idées boursouflées ou tout à fait absurdes de certains philosophes, quelquefois aussi la fausse interprétation de leurs écrits, tendraient à lui attribuer une puissance immense, et une influence sur les mœurs telle, que les législateurs devaient, dans l’intérêt des peuples, en déterminer la marche et en régler l’emploi. Sans tenir compte des causes qui ont pu concourir à l’altération de la vérité à cet égard, et en admettant que la musique des Grecs ait réellement produit sur quelques individus des impressions extraordinaires, qui n’étaient dues ni aux idées exprimées par la poésie, ni à l’expression des traits ou de la pantomime du chanteur, mais bien à la musique elle-même et seulement à elle, le fait ne prouverait en aucune façon que cet art eût atteint chez eux un haut degré de perfection. Qui ne connaît la violente action des sons musicaux, combinés de la façon la plus ordinaire, sur les tempéraments nerveux dans certaines circonstances ? Après un festin splendide, par exemple, quand excité par les acclamations enivrantes d’une foule d’adorateurs, par le souvenir d’un triomphe récent, par l’espérance de victoires nouvelles, par l’aspect des armes, par celui des belles esclaves qui l’entouraient, par les idées de volupté, d’amour, de gloire, de puissance, d’immortalité, secondées de l’action énergique de la bonne chère et du vin, Alexandre, dont l’organisation d’ailleurs était si impressionnable, délirait aux accents de Timothée, on conçoit très bien qu’il n’ait pas fallu de grands efforts de génie de la part du chanteur pour agir aussi fortement sur cette sensibilité portée à un état presque maladif.

Rousseau, en citant l’exemple plus moderne du roi de Danemark, Eric, que certains chants rendaient furieux au point de tuer ses meilleurs domestiques, fait bien observer, il est vrai, que ces malheureux devaient être beaucoup moins que leur maître sensibles à la musique ; autrement il eût pu courir la moitié du danger. Mais l’instinct paradoxal du philosophe se décèle encore dans cette spirituelle ironie. Eh ! oui, sans doute, les serviteurs du roi danois étaient moins sensibles à la musique que leur souverain ! Qu’y a-t-il là d’étonnant ? Ne serait-il pas fort étrange au contraire qu’il en eût été autrement ? Ne sait-on pas que le sens musical se développe par l’exercice ? que certaines affections de l’âme, très actives chez quelques individus, le sont fort peu chez beaucoup d’autres ? que la sensibilité nerveuse est en quelque sorte le partage des classes élevées de la société, quand les classes inférieures, soit à cause des travaux manuels auxquels elles se livrent, soit pour toute autre raison, en sont à peu près dépourvues ? et n’est-ce pas parce que cette inégalité dans les organisations est incontestable et incontestée, que nous avons si fort restreint, en définissant la musique, le nombre des hommes sur lesquels elle agit ?

Cependant Rousseau, tout en ridiculisant ainsi ces récits des merveilles opérées par la musique antique, paraît en d’autres endroits leur accorder assez de croyance pour placer beaucoup au-dessus de l’art moderne cet art ancien que nous connaissons à peine et qu’il ne connaissait pas mieux que nous. Il devait certes, moins que personne, déprécier les effets de la musique actuelle, car l’enthousiasme avec lequel il en parle partout ailleurs prouve qu’ils étaient sur lui d’une intensité des moins ordinaires. Quoi qu’il en soit, et en jetant seulement nos regards autour de nous, il sera facile de citer, en faveur du pouvoir de notre musique, des faits certains, dont la valeur est au moins égale à celle des anecdotes douteuses des anciens historiens. Combien de fois n’avons-nous pas vu, à l’audition des chefs-d’œuvre de nos grands maîtres, des auditeurs agités de spasmes terribles, pleurer et rire à la fois, et manifester tous les symptômes du délire et de la fièvre ! Un jeune musicien provençal, sous l’empire des sentiments passionnés qu’avait fait naître en lui la Vestale de Spontini (1), ne put supporter l’idée de rentrer dans notre monde prosaïque, au sortir du ciel de poésie qui venait de lui être ouvert ; il prévint par lettres ses amis de son dessein, et après avoir encore entendu le chef-d’œuvre, objet de son admiration extatique, pensant avec raison qu’il avait atteint le maximum de la somme de bonheur réservée à l’homme sur la terre, un soir, à la porte de l’Opéra, il se brûla la cervelle.

La célèbre cantatrice, Mme Malibran, entendant pour la première fois, au Conservatoire, la symphonie en ut mineur de Beethoven, fut saisie de convulsions telles, qu’il fallut l’emporter hors de la salle. Vingt fois nous avons vu, en pareil cas, des hommes graves obligés de sortir pour soustraire aux regards du public la violence de leurs émotions.

Quant à celles que l’auteur de cette étude doit personnellement à la musique, il affirme que rien au monde ne saurait en donner l’idée exacte à qui ne les a point éprouvées. Sans parler des affections morales que cet art a développées en lui, et pour ne citer que les impressions reçues et les effets éprouvés au moment même de l’exécution des ouvrages qu’il admire, voici ce qu’il peut dire en toute vérité : à l’audition de certains morceaux de musique, mes forces vitales semblent d’abord doublées ; je sens un plaisir délicieux, où le raisonnement n’entre pour rien ; l’habitude de l’analyse vient ensuite d’elle-même faire naître l’admiration ; l’émotion croissant en raison directe de l’énergie ou de la grandeur des idées de l’auteur, produit bientôt une agitation étrange dans la circulation du sang ; mes artères battent avec violence ; les larmes qui, d’ordinaire, annoncent la fin du paroxysme, n’en indiquent souvent qu’un état progressif, qui doit être de beaucoup dépassé. En ce cas, ce sont des contractions spasmodiques des muscles, un tremblement de tous les membres, un engourdissement total des pieds et des mains, une paralysie partielle des nerfs de la vision et de l’audition, je n’y vois plus, j’entends à peine ; vertige... demi-évanouissement... On pense bien que des sensations portées à ce degré de violence sont assez rares, et que d’ailleurs il y a un vigoureux contraste à leur opposer, celui du mauvais effet musical, produisant le contraire de l’admiration et du plaisir. Aucune musique n’agit plus fortement en ce sens, que celle dont le défaut principal me paraît être la platitude jointe à la fausseté d’expression. Alors je rougis comme de honte, une véritable indignation s’empare de moi, on pourrait, à me voir, croire que je viens de recevoir un de ces outrages pour lesquels il n’y a pas de pardon ; il se fait, pour chasser l’impression reçue, un soulèvement général, un effort d’excrétion dans tout l’organisme, analogue aux efforts du vomissement, quand l’estomac veut rejeter une liqueur nauséabonde. C’est le dégoût et la haine portés à leur terme extrême ; cette musique m’exaspère, et je la vomis par tous les pores.

    Sans doute l’habitude de déguiser ou de maîtriser mes sentiments, permet rarement à celui-ci de se montrer dans tout son jour ; et s’il m’est arrivé quelquefois, depuis ma première jeunesse, de lui donner carrière, c’est que le temps de la réflexion m’avait manqué, j’avais été pris au dépourvu.

    La musique moderne n’a donc rien à envier en puissance à celle des anciens. A présent, quels sont les modes d’action de notre art musical ? Voici tous ceux que nous connaissons ; et, bien qu’ils soient fort nombreux, il n’est pas prouvé qu’on ne puisse dans la suite en découvrir encore quelques autres. Ce sont :

LA MÉLODIE.

    Effet musical produit par différents sons entendus successivement, et formulés en phrases plus ou moins symétriques. L’art d’enchaîner d’une façon agréable ces séries de sons divers, ou de leur donner un sens expressif, ne s’apprend point, c’est un don de la nature, que l’observation des mélodies préexistantes et le caractère propre des individus et des peuples modifient de mille manières.

L’HARMONIE.

    Effet musical produit par différents sons entendus simultanément. Les dispositions naturelles peuvent seules, sans doute, faire le grand harmoniste ; cependant la connaissance des groupes de sons produisant les accords (généralement reconnus pour agréables et beaux), et l’art de les enchaîner régulièrement, s’enseignent partout avec succès.

LE RHYTHME.

    Division symétrique du temps par les sons. On n’apprend pas au musicien à trouver de belles formes rhythmiques ; la faculté particulière qui les lui fait découvrir est l’une des plus rares. Le rhythme, de toutes les parties de la musique, nous paraît être aujourd’hui la moins avancée.

L’EXPRESSION.

    Qualité par laquelle la musique se trouve en rapport direct de caractère avec les sentiments qu’elle veut rendre, les passions qu’elle veut exciter. La perception de ce rapport est excessivement peu commune ; on voit fréquemment le public tout entier d’une salle d’opéra, qu’un son douteux révolterait à l’instant, écouter sans mécontentement, et même avec plaisir, des morceaux dont l’expression est d’une complète fausseté.

LES MODULATIONS.

    On désigne aujourd’hui par ce mot les passages ou transitions d’un ton ou d’un mode à un mode ou à un ton nouveau. L’étude peut faire beaucoup pour apprendre au musicien l’art de déplacer ainsi avec avantage la tonalité, et à modifier à propos sa constitution. En général les chants populaires modulent peu.

L’INSTRUMENTATION.

    Consiste à faire exécuter à chaque instrument ce qui convient le mieux à sa nature propre et à l’effet qu’il s’agit de produire. C’est en outre l’art de grouper les instruments de manière à modifier le son des uns par celui des autres, en faisant résulter de l’ensemble un son particulier que ne produirait aucun d’eux isolément, ni réuni aux instruments de son espèce. Cette face de l’instrumentation est exactement, en musique, ce que le coloris est en peinture. Puissante, splendide et souvent outrée aujourd’hui, elle était à peine connue avant la fin du siècle dernier. Nous croyons également, comme pour le rhythme, la mélodie et l’expression, que l’étude des modèles peut mettre le musicien sur la voie qui conduit à la posséder, mais qu’on n’y réussit point sans des dispositions spéciales.

LE POINT DE DÉPART DES SONS.

    En plaçant l’auditeur à plus ou moins de distance des exécutants, et en éloignant dans certaines occasions les instruments sonores les uns des autres, on obtient dans l’effet musical des modifications qui n’ont pas encore été suffisamment observées.

LE DEGRÉ D’INTENSITÉ DES SONS.

    Telles phrases et telles inflexions présentées avec douceur ou modération ne produisent absolument rien, qui peuvent devenir fort belles en leur donnant la force d’émission qu’elles réclament. La proposition inverse amène des résultats encore plus frappants : en violentant une idée douce, on arrive au ridicule et au monstrueux.

LA MULTIPLICITÉ DES SONS.

    Est l’un des plus puissants principes d’émotion musicale. Les instruments ou les voix étant en grand nombre et occupant une large surface, la masse d’air mise en vibration devient énorme, et ses ondulations prennent alors un caractère dont elles sont ordinairement dépourvues. Tellement que, dans une église occupée par une foule de chanteurs, si un seul d’entre eux se fait entendre, quels que soient la force, la beauté de son organe et l’art qu’il mettra dans l’exécution d’un thème simple et lent, mais peu intéressant en soi, il ne produira qu’un effet médiocre ; tandis que ce même thème repris, sans beaucoup d’art, à l’unisson, par toutes les voix, acquerra aussitôt une incroyable majesté.

    Des diverses parties constitutives de la musique que nous venons de signaler, presque toutes paraissent avoir été employées par les anciens. La connaissance de l’harmonie leur est seule généralement contestée. Un savant compositeur, notre contemporain, M. Lesueur, s’était il y a quarante ans, posé l’intrépide antagoniste de cette opinion. Voici les motifs de ses adversaires :

    « L’harmonie n’était pas connue des anciens, disent-ils, différents passages de leurs historiens et une foule de documents en font foi. Ils n’employaient que l’unisson et l’octave. On sait en outre que l’harmonie est une invention qui ne remonte pas au-delà du huitième siècle. La gamme et la constitution tonale des anciens n’étant pas les mêmes que les nôtres, inventées par l’Italien Guido d’Arezzo, mais bien semblables à celles du plain-chant, qui n’est lui-même qu’un reste de la musique grecque, il est évident, pour tout homme versé dans la science des accords, que cette sorte de chant, rebelle à l’accompagnement harmonique, ne comporte que l’unisson et l’octave. »

    On pourrait répondre à cela que l’invention de l’harmonie au moyen âge ne prouve point qu’elle ait été inconnue aux siècles antérieurs. Plusieurs des connaissances humaines ont été perdues et retrouvées ; et l’une des plus importantes découvertes que l’Europe s’attribue, celle de la poudre à canon, avait été faite en Chine fort longtemps auparavant. Il n’est d’ailleurs rien moins que certain, au sujet des inventions de Guido d’Arezzo, qu’elles soient réellement les siennes, car lui-même dans ses écrits en cite plusieurs comme choses universellement admises avant lui. Quant à la difficulté d’adapter au plain-chant notre harmonie, sans nier qu’elle ne s’unisse plus naturellement aux formes mélodiques modernes, le fait du chant ecclésiastique exécuté en contre-point à plusieurs parties, et de plus accompagné par les accords de l’orgue dans toutes les églises, y répond suffisamment. Voyons à présent sur quoi était basée l’opinion de M. Lesueur.

    « L’harmonie était connue des anciens, disait-il, les œuvres de leurs poëtes, philosophes et historiens le prouvent en maint endroit d’une façon péremptoire. Ces fragments historiques, fort clairs en eux-mêmes, ont été traduits à contresens. Grâce à l’intelligence que nous avons de la notation des Grecs, des morceaux entiers de leur musique, à plusieurs voix accompagnées de divers instruments, sont là pour témoigner de cette vérité. Des duos, trios et chœurs, de Sapho, Olympe, Terpandre, Aristoxène, etc., fidèlement reproduits dans nos signes musicaux, seront publiés plus tard. On y trouvera une harmonie simple et claire, où les accords les plus doux sont seuls employés, et dont le style est absolument le même que celui de certains fragments de musique religieuse, composés de nos jours. Leur gamme et leur système de tonalité sont parfaitement identiques aux nôtres. C’est une erreur des plus graves de voir dans le plain-chant, tradition monstrueuse des hymnes barbares que les Druides hurlaient autour de la statue d’Odin, en lui offrant d’horribles sacrifices, un débris de la musique grecque. Quelques cantiques en usage dans le rituel de l’église catholique sont grecs, il est vrai ; aussi les trouvons-nous conçus dans le même système que la musique moderne. D’ailleurs, quand les preuves de fait manqueraient, celles de raisonnement ne suffisent-elles pas à démontrer la fausseté de l’opinion qui refuse aux anciens la connaissance et l’usage de l’harmonie ? Quoi ! les Grecs, ces fils ingénieux et polis de la terre qui vit naître Homère, Sophocle, Pindare, Praxitèle, Phidias, Apelle, Zeuxis, ce peuple artiste qui élevait des temples merveilleux que le temps n’a pas encore abattus, dont le ciseau taillait dans le marbre des formes humaines dignes de représenter les dieux ; ce peuple, dont les œuvres monumentales servent de modèles aux poëtes, statuaires, architectes et peintres de nos jours, n’aurait eu qu’une musique incomplète et grossière comme celle des barbares ?... Quoi ! ces milliers de chanteurs des deux sexes entretenus à grands frais dans les temples, ces myriades d’instruments de natures diverses qu’ils nommaient : Lyra, Psalterium, Trigonium, Sambuca, Cithara, Pectis, Maga, Barbiton, Testudo, Epigonium, Simmicium, Épandoron, etc., pour les instruments à cordes ; Tuba, Fistula, Tibia, Cornu, Lituus, etc., pour les instruments à vent ; Tympanum, Cymbalum, Crepitaculum, Tintinnabulum, Crotalum, etc., pour les instruments de percussion, n’auraient été employés qu’à produire de froids et stériles unissons ou de pauvres octaves ! On aurait ainsi fait marcher du même pas la harpe et la trompette ; on aurait enchaîné de force dans un unisson grotesque deux instruments dont les allures, le caractère et l’effet diffèrent si énormément ! C’est faire à l’intelligence et au sens musical d’un grand peuple une injure qu’il ne mérite pas, c’est taxer la Grèce entière de barbarie. »

    Tels étaient les motifs de l’opinion de M. Lesueur. Quant aux faits cités en preuves, on ne peut rien leur opposer ; si l’illustre maître avait publié son grand ouvrage sur la musique antique, avec les fragments dont nous avons parlé plus haut ; s’il avait indiqué les sources où il a puisé, le manuscrits qu’il a compulsés ; si les incrédules avaient pu se convaincre par leurs propres yeux, que ces harmonies attribuées aux Grecs nous ont été réellement léguées par eux ; alors sans doute M. Lesueur eût gagné la cause au plaidoyer de laquelle il a travaillé si longtemps avec un persévérance et une conviction inébranlables. Malheureusement il ne l’a pas fait, et comme le doute est encore très-permis sur cette question, nous allons discuter les preuves de raisonnement avancées par M. Lesueur, avec l’impartialité et l’attention que nous avons apportées dans l’examen des idées de ses antagonistes. Nous lui répondrons donc :

    Les plains-chants que vous appelez barbares ne sont pas tous aussi sévèrement jugés par la généralité des musicien actuels ; il en est plusieurs, au contraire, qui leur paraissent empreints d’un rare caractère de sévérité et de grandeur. Le système de tonalité dans lequel ces hymnes sont écrites, et que vous condamnez, est susceptible de rencontrer fréquemment d’admirables applications. Beaucoup de chant populaires, pleins d’expression et de naïveté, sont dépourvus de note sensible, et par conséquent écrits dans le système tonal du plain-chant. D’autres, comme les airs écossais appartiennent à une échelle musicale bien plus étrange encore, puisque le 4e et le 7e degré de notre gamme n’y figurent point. Quoi de plus frais cependant et de plus énergique parfois que ces mélodies des montagnes ? Déclarer barbares des formes contraires à nos habitudes, ce n’est pas prouver qu’une éducation différente de celle que nous avons reçue ne puisse en venir à modifier singulièrement nos opinions à leur sujet. De plus, sans aller jusqu’à taxer la Grèce de barbarie, admettons seulement que sa musique, comparativement à la nôtre, fût encore dans l’enfance : le contraste de cet état imparfait d’un art spécial et de la splendeur des autres arts, qui n’ont avec lui aucun point de contact, aucune espèce de rapport, n’est point du tout inadmissible. Le raisonnement qui tendrait à faire regarder comme impossible cette anomalie est loin d’être nouveau, et l’on sait qu’en mainte circonstance il a amené à des conclusions que les faits ont ensuite démenties avec une brutalité désespérante.

    L’argument tiré du peu de raison musicale qu’il y aurait à faire marcher ensemble à l’unisson ou à l’octave des instruments de natures aussi dissemblables qu’une lyre, une trompette et des timbales, est sans force réelle ; car enfin, cette disposition instrumentale est-elle praticable ? Oui, sans doute, et les musiciens actuels pourront l’employer quand ils voudront. Il n’est donc pas extraordinaire qu’elle ait été admise chez des peuples auxquels la constitution même de leur art ne permettait pas d’en employer d’autre.

    A présent, quant à la supériorité de notre musique sur la musique antique, elle paraît plus que probable. Soit en effet que les anciens aient connu l’harmonie, soit qu’ils l’aient ignorée, en réunissant en faisceau les idées que les partisans des deux opinions contraires nous ont données de la nature et des moyens de leur art, il en résulte avec assez d’évidence cette conclusion :

    Notre musique contient celle des anciens, mais la leur ne contenait pas la nôtre ; c’est-à-dire, nous pouvons aisément reproduire les effets de la musique antique, et de plus un nombre infini d’autres effets qu’elle n’a jamais connus et qu’il lui était impossible de rendre.

    Nous n’avons rien dit de l’art des sons en Orient ; voici pourquoi : tout ce que les voyageurs nous ont appris à ce sujet jusqu’ici se borne à des puérilités informes et sans relations aucunes avec les idées que nous attachons au mot musique. A moins donc de notions nouvelles et opposées sur tous les points à celles qui nous sont acquises, nous devons regarder la musique, chez les Orientaux, comme un bruit grotesque, analogue à celui que font les enfants dans leurs jeux.

* Ce chapitre fut publié il y a une vingtaine d’années dans un livre qui n’existe plus et dont divers fragments sont reproduits dans ce volume. Le lecteur ne sera peut-être pas fâché de le retrouver avant de nous suivre dans l’étude analytique, que nous allons entreprendre, de quelques chefs-d’œuvre célèbres de l’art musical. H.B. 

** Depuis que ces lignes furent écrites nous avons eu l’occasion en France et en Angleterre, d’entendre des musiciens arabes, chinois et persans, et toutes les expériences qu’il nous a été permis de faire sur leurs chants, sur leurs instruments, comme aussi les questions que nous avons adressées à quelques-uns d’entre eux qui parlaient français, tout nous a confirmé dans cette opinion. 

(*) Ce chapitre fut publié il y a une vingtaine d’années dans un livre qui n’existe plus et dont divers fragments sont reproduits dans ce volume. Le lecteur ne sera peut-être pas fâché de le retrouver avant de nous suivre dans l’étude analytique, que nous allons entreprendre, de quelques chefs-d’œuvre célèbres de l’art musical. H.B.

Par HECTOR BERLIOZ a lire sur : http://www.hberlioz.com/Writings/ATC01.htm

( 1 )

 

 

La Vestale
 
Description de cette image, également commentée ci-après

Nimfodora Semenova dans La Vestale, 1828.

 

Genre

Tragédie lyrique

Nbre d'actes

3

Musique

Gaspare Spontini

Livret

Étienne de Jouy

Création

15 décembre 1807
Opéra de la rue de Richelieu

Représentations notables

Airs

  • O nome tutelar (acte 2)
  • Tu che invoco (acte 2)
  • Caro oggetto (acte 3)

''Écoute Classique'' ou comment entraîner son oreille à la musique

Auteur : Charlotte Latour

Dernière modification : 08/11/2024 sur : https://site-rvav2-prod.azurewebsites.net/article/-ecoute-classique-ou-comment-entrainer-son-oreille-a-la-musique-13564

''Écoute Classique'' ou comment entraîner son oreille à la musique
1:59
© Éditions Eyrolles

Jean-Jacques Griot est musicologue, conférencier et participe régulièrement à des actions pédagogiques destinées au public, avec la Philharmonie de Paris notamment. Il a fondé en 2017 ‘‘Écoute Classique’’, un site internet bien conçu et facile d'utilisation, avec de petits exercices ludiques pour acquérir les clefs d'une bonne écoute et parvenir à entrer dans une œuvre, même quand on n'est pas musicien : « Il s'agit de petits jeux d'écoute, des vidéos pédagogiques de quelques minutes pour commencer à se faire à l'idée qu'on peut apprendre à écouter. Ensuite, si on désire aller plus loin, on peut suivre des formations en ligne, participer à des ateliers d'écoute, il y a tout un tas d'activités qui permettent de mieux apprécier la musique classique. »

Jean-Jacques Griot livre de nombreuses astuces : « L'objectif est d'essayer de promener son oreille dans les différentes épaisseurs de la musique. En gros, si vous écoutez un concerto pour piano, arrêtez d'écouter le piano et écoutez l'accompagnement. C'est une façon très simple et très rapide d'entendre beaucoup plus de choses. » Le conférencier qui s'emploie depuis une dizaine d'années à mettre la musique classique à portée de toutes les oreilles donne un exemple : « On peut citer la ‘‘Symphonie Italienne’’ de Mendelssohn. Dans le deuxième mouvement, il y a un très joli thème et un accompagnement en notes piquées. C'est un très bon exercice et c'est facile pour commencer à dissocier votre écoute. »

Au-delà du site, Jean-Jacques Griot est l'auteur d'un livre interactif intitulé ‘‘Écouter la musique classique, ça s'apprend !’’, aux Éditions Eyrolles. L'objectif reste le même : donner des clefs d'écoute pour rendre la musique classique plus abordable 

Pour approfondir le sujet  https://ecouteclassique.com/

Comment comprendre et apprécier la musique classique ?


Ecrit le 02/12/2021 par Camille R. sur :

https://www.orgue-nantes.com/apprecier-la-musique-classique/

La musique classique couvre un très large éventail de musique, du Moyen Âge à nos jours. Chaque époque musicale possède ses propres caractéristiques et idiosyncrasies. Se frayer un chemin vers une appréciation plus riche de mille ans d’histoire musicale et culturelle n’est pas une mince affaire, mais il y a quelques options que je vais suggérer et qui, je l’espère, vous aideront.

L’une des voies que j’ai trouvées fructueuses, du moins dans le cadre de l’enseignement, consiste à écouter une variété de musique classique et à voir quel morceau vous inspire ou suscite une certaine réaction émotionnelle.

S’il y a un instrument, une voix ou un ensemble particulier dont vous appréciez le son, cela peut aider à réduire le processus de sélection. Mon premier instrument était le piano, et j’ai donc voulu en savoir plus sur Beethoven ou Mozart. C’est cet intérêt qui m’a poussé à apprécier davantage la musique classique en général.

Comment comprendre et apprécier la musique classique ?

À partir de cet humble début, j’ai commencé à lire sur les compositeurs que j’aimais et à essayer de comprendre comment ils faisaient ce qu’ils faisaient. Je voulais en partie être capable d’interpréter les morceaux que j’appréciais d’une manière proche de l’intention du compositeur de musique depuis un orgue.

Comme je commençais aussi à composer de la musique, je voulais voir derrière les notes et savoir pourquoi ces grands compositeurs classiques choisissaient les notes et les assemblaient de la manière dont ils le faisaient. En un sens, cette approche académique de la compréhension de la musique classique me convenait et m’a fourni une base de connaissances musicale qui m’a permis d’étudier la musique à l’université.

L’appréciation de la musique classique, tout comme l’appréciation du jazz ou de la musique populaire, n’implique pas nécessairement des années d’études, mais peut être abordée de manière beaucoup plus conviviale. L’écoute d’une station de radio comme Classic FM peut être un excellent point de départ. Souvent, la musique est brièvement introduite par le présentateur avec quelques faits choisis sur la musique, puis une partie ou la totalité de l’œuvre est jouée. Je mentionne cette station en particulier, car la sélection musicale tend vers le côté le plus connu et le plus populaire du répertoire classique, ce qui peut être un moyen engageant et accessible d’approfondir la musique classique.

Ces morceaux sont populaires depuis des centaines d’années parce qu’ils ont quelque chose, parmi de nombreuses autres œuvres classiques, qui plaisent à un grand nombre de personnes. Essayer de comprendre pourquoi ces compositions plaisent à une si grande échelle peut permettre de mieux comprendre la musique elle-même. Ce qui, à son tour, peut donner lieu à une expérience d’écoute plus satisfaisante.

Avant d’entrer dans les détails pratiques, je dois souligner que l’écoute est essentielle. Cela peut sembler évident, mais il est rare que la musique soit simplement écoutée. Elle nous accompagne souvent à la salle de sport, souligne un film ou une publicité, et est entendue, mais pas vraiment écoutée. Si vous essayez d’écouter attentivement un morceau de musique, la musique commence à révéler ses secrets les plus intimes.

Je fais ici référence aux changements subtils de dynamique ou d’expression, aux harmonies, à la montée, à la descente et à la phrase d’une mélodie, aux changements d’ensemble ou de textures, ou encore aux rythmes, aux motifs et au tempo (vitesse) du morceau. Ces éléments musicaux ne sont pas des choses que l’on nous encourage à écouter.

De nos jours, une grande partie de la musique populaire peut fournir une mélodie chantante avec un rythme répétitif de soutien, mais elle n’invite pas à une appréciation plus profonde, à moins que vous ne soyez un passionné de production, et c’est une autre histoire. La musique populaire est conçue pour fournir un arrière-plan à nos activités alors que la musique classique, je dirais, a plus à offrir et si vous souhaitez développer votre appréciation, l’écoute profonde est un bon point de départ.

apprécier la musique classique

La musique classique peut être réduite à une musique de fond et, en fait, la « Eine kleine Nachtmusik » a été largement conçue par Mozart pour être exactement cela. Mais cela ne signifie pas que la musique n’a rien sous sa surface ; elle a quelque chose, et c’est ici que commence le voyage dans le morceau. Si vous écoutez, vous commencez à percevoir plus de détails.

La mélodie du mouvement d’ouverture, qui est si populaire, est une figure arpégée montante qui apparaît dans cette section de l’œuvre. Elle est dans une tonalité majeure. Le rythme de la pièce est rapide (allegro), et la mélodie d’ouverture est jouée par des cordes à l’unisson. Au début, c’est un défi, mais décomposez l’écoute en différents éléments.

Commencez par vous concentrer sur ce qui est souvent la caractéristique la plus dominante d’un morceau de musique : la mélodie. Écoutez la « forme de la mélodie » et peut-être quel instrument ou quelle voix a la mélodie. Passe-t-elle d’un instrument à l’autre ? Écoutez à nouveau les morceaux, en essayant cette fois d’entendre la vitesse (tempo) de la musique, et toute idée rythmique répétitive qui pourrait s’y trouver.

Lors de la prochaine écoute, vous pourriez vous concentrer sur les changements de volume (dynamique), pour voir ce que vous entendez. Certains instruments sont-ils plus forts que d’autres ? À quel volume la mélodie commence-t-elle et se termine-t-elle ? Reste-t-il le même tout au long du passage ?

Ce sont des suggestions qui bénéficieraient d’un peu de connaissances théoriques ainsi que d’une écoute concentrée. Il serait utile de connaître, par exemple, les noms et les sons des instruments d’orchestre. Savoir que la musique se compose souvent d’une mélodie et d’un accompagnement (homophonique), afin de pouvoir identifier les deux parties de ce qui est joué.

Certaines musiques comportent plus d’une mélodie, comme c’est souvent le cas dans la musique baroque, et on parle alors de musique polyphonique. Une esquisse dans votre esprit des caractéristiques de la période musicale que vous écoutez vous fournira une toile de fond des éléments clés à surveiller. Vous pouvez dresser une brève liste à cocher pour vous aider.

En fin de compte, une combinaison de connaissances musicales contextuelles, théoriques et pratiques vous permettra de développer votre appréciation plus rapidement. La patience est essentielle, car il faut du temps et de la concentration pour acquérir une compréhension musicale et permettre à vos capacités d’écoute de se développer. Il va sans dire qu’une passion pour la musique que vous écoutez vous aidera grandement à explorer les merveilles de la musique classique.

Ecrit le 02/12/2021 par Camille R. sur :

https://www.orgue-nantes.com/apprecier-la-musique-classique/

La musique classique : pourquoi l’écouter et comment mieux l’apprécier ?

19 aout, 2024 Echternach Festival sur :  https://www.echternachfestival.lu/la-musique-classique-pourquoi-lecouter-et-comment-mieux-lapprecier/  

La musique classique, souvent perçue comme réservée à une élite, est en réalité un trésor accessible à tous. Elle traverse les siècles et apporte un héritage culturel d’une richesse inestimable. Écouter ces répertoires ne se limite pas à les apprécier pour leur beauté sonore, mais c’est aussi une expérience sensorielle et émotionnelle unique.

Chaque morceau raconte une histoire, transporte l’auditeur dans un univers où chaque note, chaque silence, joue un grand rôle. La complexité et la diversité des œuvres permettent de découvrir une multitude d’émotions, de la mélancolie à la joie, de la contemplation à l’exaltation. Quels sont les bienfaits de ces mélodies ?
Les effets positifs de la musique classique sur la santé mentale

Cette musique, par sa structure complexe et harmonieuse, possède un effet apaisant sur l’esprit. Son écoute régulière peut induire une condition de relaxation profonde, en réduisant les niveaux de stress et d’anxiété. Les œuvres de compositeurs tels que Bach, Mozart ou Beethoven sont souvent utilisées dans des thérapies en raison de leur capacité à calmer le système nerveux.

Des études montrent qu’elles peuvent abaisser le rythme cardiaque et diminuer la tension artérielle, en favorisant un état de bien-être. Elle stimule l’activité cérébrale. Les différentes tonalités et les motifs mélodiques sollicitent diverses régions du cerveau pour renforcer les connexions neuronales. Ceci peut améliorer la concentration, la mémoire et même la créativité.

Les personnes qui souffrent de troubles de l’humeur peuvent chercher un endroit où écouter de la musique classique afin de trouver un refuge émotionnel. Ce type de composition aide à se recentrer et à retrouver un équilibre intérieur. Il facilite par ailleurs la méditation et la pleine conscience. Lorsqu’il est auditionné attentivement, il amène à se focaliser sur l’instant présent et à laisser de côté les préoccupations quotidiennes. Cet aspect méditatif est bénéfique dans un monde souvent agité et stressant. 

Comment arriver à apprécier ces créations ?

Le début peut sembler intimidant, mais il n’est pas nécessaire de posséder des connaissances approfondies pour en profiter. Une approche simple consiste à commencer par des œuvres emblématiques et faciles d’accès. Des pièces telles que « La petite musique de nuit » de Mozart ou « Le Canon en ré » de Pachelbel sont idéales pour plonger dans cette atmosphère. Il peut être utile de se concentrer d’abord sur un compositeur ou une période spécifique.

Par exemple, se familiariser avec les collections de Mozart permet de découvrir le style classique dans toute sa splendeur. Beethoven, quant à lui, offre une transition vers le romantisme, avec des compositions plus intenses et émotionnelles. Une fois à l’aise avec un artiste, l’exploration d’autres symphonistes et genres devient naturelle et fluide.

L’audition active est également un excellent moyen de s’initier. Ceci consiste à prêter une attention particulière aux différentes couches du morceau, aux variations de tempo et à l’intensité des instruments. Une telle expérience amène à mieux comprendre la structure de l’œuvre et à apprécier les subtilités de la partition. Il est aussi recommandé d’assister à des concerts ou de regarder des performances en ligne. Le fait de voir des musiciens jouer ajoute une dimension visuelle à l’expérimentation auditive, en enrichissant l’appréciation globale.
Comment profiter pleinement de ses répertoires classiques ?

Chaque pièce, chaque symphonie, cache des détails subtils qui ne se révèlent qu’au fil des essais. Pour maximiser cette expérimentation, il faut créer un environnement propice. Un cadre calme, sans distractions, aide à se plonger dans l’univers de la musique. Utiliser un bon équipement audio peut faire une différence significative, en restituant avec fidélité les nuances et la profondeur des créations. L’écoute comparative est une autre méthode efficace pour approfondir l’analyse.

Comparer différentes interprétations d’un même morceau par des orchestres ou divers solistes permet de saisir les variations possibles dans l’exécution d’une œuvre. Cette approche développe une meilleure compréhension des intentions du concepteur et des libertés artistiques prises. Il est également utile de s’informer sur la légende des pièces. Connaître le contexte dans lequel une composition a été écrite, les influences du compositeur, ainsi que l’histoire des premières présentations, enrichit l’expérience auditive.
Les différents styles et périodes de la musique classique

La musique classique englobe plusieurs styles et périodes qui apportent leur propre contribution à cet univers. Le baroque, avec des compositeurs tels que Vivaldi, Bach et Haendel, est caractérisé par une grande complexité harmonique et une riche ornementation. Il s’agit d’une époque où la musique se voulait expressive et structurée, avec une utilisation intensive du contrepoint et des formes comme la fugue.

Le classique, avec Mozart, Haydn et les premières œuvres de Beethoven, se distingue par une clarté et une élégance qui privilégient l’équilibre et la symétrie. Les compositions de cette époque sont souvent plus légères et plus accessibles. Elles s’identifient par une sonate bien ordonnée et des mélodies faciles à retenir.

Cette phase est celle de l’apogée de la symphonie et du concerto, des genres qui trouvent leur pleine expression sous la plume de ces symphonistes. Le romantisme, illustré par Beethoven, Chopin, et Tchaïkovski, marque une rupture avec les conventions classiques, en favorisant la manifestation émotionnelle et la liberté artistique.

La musique contemporaine et moderne vient enfin, avec des compositeurs comme Stravinsky, Schoenberg ou Bartók, et repousse encore davantage les limites des tonalités traditionnelles. Cette période se caractérise par une grande diversité stylistique, allant de l’atonalité au minimalisme, et reflète les profondes transformations culturelles et sociales du XXe siècle.

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