Les années bonheur ( 1968 )

Mai 68 (Version live) · Annie Nobel
Prenez vos désirs pour des réalités
Désir, désir, désir, désir, désirez !
Prenez votre temps pour de l’argent comptant
Comptez, comptez, comptez, comptez bien les ans !
Les ans qu’il vous reste à vivre
Et le temps perdu à suivre
Le troupeau
Le 22 mars, le lendemain du printemps
Y’a papa Marx qui a pris un coup de sang
Ou de soleil, ou d’arc en ciel
A Nanterre on déterre
La hache de guerre !
C’est l’imagination ! l’imagination ! l’imagination !
Et c’était mai et l’on s’aimait (bis)
Et c’était mai 68 ! mai 68 !
On a lancé des pavés sur la gueule des flics
Des fous, des fous, des fous, des fous, défoulés !
Ils ont hurlé de peur, on a pleuré de rire
Rigole, rigole bien qui rira le dernier !
Le dernier coup de matraque
On nous grenade, on nous traque
Dans les rues
Mon camarade, comme on s’est bien éclatés
On a crié, gueulé et... beaucoup marché
Et discuté, et déliré
Les PC-CGT sont dépassés
Par l’imagination !
mais qu’est-ce que c’est ça, l’imagination ?
c’est dans l’dictionnaire ce mot là ?
Et c’était mai et l’on s’aimait (bis)
Et c’était mai 68 ! mai 68 !
La zizanie anime nos mines et nos usines
Stoppez, stoppez, stoppez, stoppez, mais stoppez-les !
Ca dure, c’est l’aventure qui entre dans nos murs
Liberté, liberté, libère-toi, libère moi !
C’est la grande déchirure
Ils ont brûlé nos voitures
Les voyous !
C’est la panique dans la boutique de leur fric
Pends ton hamac dans le cloaque de leur trac !
Provocateurs ! Chienlit ! Casseurs !
C’est l’échec de leur clique
C’est le grand choc !
Pour l’imagination ! Qui en veut ? qui en veut ?
Demandez l’imagination !
Qui n’a pas son imagination ?
Et c’était mai et l’on s’aimait (bis)
Et c’était mai 68 ! mai 68
Les grèves les plus brèves sont toujours les meilleures
Chantez, chantez, chantez, chantez et déchantez
Remettez ce tigre dans votre moteur
Roulez, roulez, on est roulés et circulez !
Reprenez bien votre route
Surtout n’ayez pas de doute
Dans le coeur...
C’était trop beau, ce n’était rien que des mots
Boulot-dodo, c’est là notre Eldorado
Mais dans la tête, reste la fête
On en rêve, on en crève
Pour qu’elle se lève :
L’imagination ! l’imagination ! l’imagination !
C’est encore mai et l’on sait mais... (bis)
C’est encore mai 68 ! encore... mai 68 ! toujours....
3ème album Musidic et CD Moshe Naïm
En 1971, Jean-Edouard -qui a déjà écrit « Métro boulot dodo » pour et avec Eddy Mitchel, musique de Pierre Papadiamandis - est très contrarié : il a écrit une belle chanson pour le centenaire de La Commune de Paris de 1871 et voilà qu’un groupuscule maoïste la lui a piratée pour faire un enregistrement sauvage* La SACEM, prévenue, saisira les disques. Philippe Richeux et moi-même proposons alors àJean-Edouard de produire avec lui un disque à compte d’auteur, pour que cette mésaventure ne se reproduise pas, et de chanter sa chanson en spectacle. Mon ancien directeur artistique de chez RCA, Simon Hosemans, passé aux éditions Labrador, nous a même proposé de distribuer le disque. Mais. tous comptes faits nous avons refusé. et nous l’avons très bien vendu en tournées...
* 45 Tours : Les Barricadiers.
LA COMMUNE DE PARIS -1871-
Paroles et musique : La Commune de Paris VERSAILLAIS ! VERSAILLAIS ! - Jean-Edouard
Hiver 71, c’est l’hiver du chaos
L’hiver de la défaite devant les Pruscos
L’hiver de la souffrance et l’hiver de la faim
L’hiver des collabos, des faux républicains
Il commence à fleurir des cocardes écarlates
Et bientôt dans les rues, le cri du peuple éclate
Versaillais ! Versaillais !
Vous avez fusillé le coeur d’une révolution
Vous l’avez jetée en prison !
Mais il reste à Paris l’esprit des insurgés (bis)
Un matin tout Paris entre en insurrection
Et Paris doit lutter contre la réaction
Etudiants, ouvriers, armez vos chassepots
Du haut des barricades, agitez vos drapeaux
Agitez vos drapeaux, les Versaillais canonnent
Agitez un mouchoir, rouge du sang d’un homme !
Versaillais ! Versaillais !
Avec la cruauté d’une bête sauvage
Thiers a tué la Commune en un rouge carnage
Derrière les tombes et les croix d’un cimetière
A dix contre deux cents, les révolutionnaires
Les derniers fédérés contre un mur sont tombés
Ne murmurant qu’un mot : le mot FRATERNITE !
Versaillais ! Versaillais !
Vous avez fusillé le coeur d’une révolution
Vous l’avez jetée en prison
Mais il reste à Paris l’esprit des insurgés (bis)
45 Tours RNE 20001 La Commune de Paris a fait 30 000 morts.
Climat 68 · Annie Nobel
Paris somnole sous l’hiver
Dans une nuit intemporelle
Les cafés ont un goût amer
De brouillard, de pluie et de gel
Un blanc manteau de solitude
S’est posé sur le bleu des toits
Notre Dame, les temps sont rudes
Mais à Nanterre on y pourvoit...
Mais à Nanterre on y pourvoit
Le printemps réveille Paris
Et dans une montée de sève
Le rouge et le noir se sont pris
En une étreinte unique et brève
Déjà le sable est sous nos pieds
Ecoute comme la mer est proche !
Il faudra tout réinventer
L’avenir est dans nos caboches !
...L’avenir est dans nos caboches !
L’été a déserté Paris
Vides sont les yeux des fenêtres
Abandonné comme un grand lit
Après l’amour, après la fête
La Seine ne sait plus où couler
Quand elle arrive à la Cité
Verte espérance de l’été
Pourquoi t’es-tu déshabillée ?
Pourquoi t’es-tu déshabillée ?
L’automne à Paris s’est glissé
Par le chemin de Saint Michel
Le gris mauve s’est installé
Et dans la Seine et dans le ciel
L’or et le sang coulent des arbre
De l’Elysée à la Bastille
Veinant les rues comme un beau marbre
Attention ! Paris se maquille
Attention ! Paris se maquille
45 Tours RNE 20001 La Commune face B
La chanson dans la France de 1968…
Par Thierry Dupin Publié le lundi 19 mars 2018 sur :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-chanson-dans-la-france-de-1968-9986815
En 1968, le transistor fut l’un des accessoires incontournables de ces journées tourmentées pour y entendre l’évolution de la situation mais aussi les chansons qui estampillent cette période.
En cette année 1968, après dix ans de pouvoir gaulliste, la France travaille… et s’ennuie, comme l’indique la Une du quotidien ‘Le Monde’ du 15 mars, sous la plume de Pierre Viansson-Ponté.
C’est surtout la jeunesse qui s’ennuie. Quand le général de Gaulle inaugure le 6 février les Jeux Olympiques d’hiver de Grenoble qui verront la consécration de Jean-Claude Killy, triple médaillé d’or, il ne se doute pas que les incidents qui ont éclaté quelques jours auparavant dans certaines universités, sont les prémisses d’une vague libertaire qui va déferler sur le pays
La radio a tenu un rôle considérable dont on ne soulignera jamais assez l’importance, durant les événements de Mai-68 qui ont paralysé le pays. Les Français se tenaient informés grâce aux programmes et aux informations des radios dites « périphériques », RTL et Europe 1, dont les reporters étaient sur le terrain, sur les barricades, au cœur de l’événement. Un rôle d’autant plus considérable que la radio et la télévision de service public, l’O.R.T.F. (dont France Inter), se trouvaient alors en grève et que la presse écrite était empêchée de paraître.
Le transistor, objet nomade apparu au début de la décennie, demeurera l’un des accessoires incontournables de ces journées tourmentées pour y entendre l’évolution de la situation mais aussi les chansons qui estampillent cette période.
Si 1968 est l’année de la contestation et du changement tous azimuts, on ne peut pas en dire autant de la pop music française qui ne semble pas ébranlée par la révolte ambiante. Bien au contraire : les trois premières places du hit-parade du magazine Salut les Copains, ce fameux mois de mai, sont occupées par Johnny Hallyday, Sheila et Claude François !
Cependant que Georges Moustaki, Serge Reggiani et le québécois Robert Charlebois parviennent à s’imposer comme des musiciens créateurs, Jacques Higelin, lui, reste encore éloigné du mouvement tant il est vrai que ses propos semblent encore trop subversifs pour l’époque. Quant aux plus engagés d’entre eux comme Dominique Grange ou Évariste, ils enregistrent des "45-tours pavés", émanations poétiques de la rue, qui seront publiées par le CRAC (Comité Révolutionnaire d’Action Culturelle) et proposées en vente directe dès la rentrée 1968.
Avant ce qui restera dans l’Histoire ‘l’année de la contestation’, quelques voix dissonantes commençaient déjà à remuer les consciences sur le plan des mœurs au mitan des années 60 : Michel Polnareff prêche l’amour libre avec « L’amour avec toi » en 1966 ainsi que sa consœur Marie-José Casanova (« Non, vraiment, je n’ai pas le temps / que vous me fassiez votre cour / Faites-moi, faites-moi l’amour ») ; Antoine, après ses « Élucubrations » (1965) qui revendiquaient les cheveux longs, les chemises à fleurs et la vente de la pilule dans les Monoprix pousse encore plus loin la provocation, l’année suivante, avec « La loi de 1920 » (qui réprime la provocation à l'avortement et la propagande anticonceptionnelle).
En revanche, 1968 révèle quelques artistes qui mèneront une carrière honorable : Herbert Léonard, Gilles Dreu, Alain Bashung, Éric Charden, Gérard Manset et Michel Jonasz (au sein du groupe King Set), sans oublier Julien Clerc et Gérard Lenorman qui sont les vedettes du rôle principal de la reprise française de « Hair », la comédie musicale qui triomphe sur toutes les scènes mondiales.
Parallèlement, Julien Clerc démarre une carrière de chanteur avec son premier 45-tours, « La cavalerie » sorti le 9 mai. Prémonitoires, les paroles de la chanson signées Étienne Roda-Gil théorisent déjà les événements : « J’aurai enfin tous les courages / Ce sera mon héritage / Et j’abolirai l’ennui dans une nouvelle chevalerie ».
Lorsqu’éclate la révolte, les haut-parleurs diffusent la bande-son d’une époque bien anodine. En 1968, pourtant année charnière dans tous les domaines artistiques, la musique en France reste inoffensive et fidèle à celle des années précédentes comme si rien n’avait changé.
Les idoles sont toujours là et, après ce fameux mois de mai agité, le symbole le plus représentatif de la variété française est incontestablement Sheila qui totalise plus d’un million de disques vendus. Des disques… à la louange des vertus du travail et de la famille (« Petite fille de français moyens ») ! Johnny Hallyday occupe les premières places du hit-parade avec « L’histoire de Bonnie and Clyde », « Entre mes mains » et surtout « A tout casser » (accompagné à la guitare par Jimmy Page, futur Led Zeppelin). Claude François qui vient de créer son label Flèche fredonne « Jacques a dit », Juliette Gréco se fait lascive avec « Déshabillez-moi », Françoise Hardy chante « Comment te dire adieu ? », Georgette Plana exhume un air de 1926, « Riquita, jolie fleur de Java », Serge Lama roucoule « D’aventures en aventures » et le dandy Jacques Dutronc gouaille le Paris qui s’éveille à 5 heures.
Mais, comme le chantait Bob Dylan quatre ans auparavant, les temps sont en train de changer…
Par Thierry Dupin Publié le lundi 19 mars 2018 sur :
https://www.radiofrance.fr/franceinter/la-chanson-dans-la-france-de-1968-9986815
Nicolas Magenham le 18/05/2023 sur : https://www.qobuz.com/fr-fr/magazine/story/2023/02/05/mai-68-la-chanson-au-pouvoir/
La chanson a tenu un rôle primordial dans les événements de mai 1968, notamment à travers l’omniprésence de la radio. Contestataires, inoffensifs ou réactionnaires, les tubes racontent eux aussi l’histoire de la France et des Français durant cette période tourmentée.
Qui aurait prédit qu’au tout début de l’année 1968, sous la présidence d’un Charles de Gaulle vieillissant (77 ans), les incidents qui éclatèrent dans certaines universités seraient annonciateurs d’un mouvement libertaire avec, pour point d’orgue, une France totalement paralysée quelques mois plus tard ? Chacun s’accorde à reconnaître le rôle essentiel de la chanson au moment de cette période à la fois joyeuse et troublée. Tout d’abord, c’est une évidence, le chant est bien souvent le réceptacle d’un souffle romantique révolutionnaire et fait partie intégrante du folklore contestataire. En 1968, sur les barricades, on entonne évidemment L’Internationale, mais aussi des chansons contemporaines, aux paroles parfois détournées. Les Français se tiennent informés grâce aux radios périphériques comme RTL et Europe 1, dont les reportages sont entrecoupés de chansons. Quant aux radios de service public, celles de l’ORTF, elles sont en grève du 13 mai au 23 juin et se transforment alors en « robinets à musique ».
Il est toujours intéressant de débusquer une idéologie derrière un événement banal et quotidien tel qu’une simple chanson passant sur un pick-up ou sur les ondes. En 1968, la musique populaire française est majoritairement imperméable à la contestation. La raison en est simple : la futilité est bien souvent l’une des composantes de la chanson pop, ce qui fait, bien souvent, tout le charme de ces bulles apparemment décolorées du contexte social ou politique. Alors que le pays gronde, des airs qui parlent d’amour ou d’exotisme résonnent : Comment te dire adieu de Françoise Hardy, la reprise de Riquita par Georgette Plana, ou encore D’Aventures en aventures de Serge Lama. Il existe aussi les chansons à double tranchant : lorsque Jacques Dutronc célèbre les matins de Paris en avril 1968 (Il est cinq heures, Paris s’éveille), il s’adonne non seulement à une belle peinture de la Ville lumière mais aussi d’une population déprimée, voire opprimée. A 5 heures du matin, tout est possible, tous les horizons sont ouverts, et c’est cette promesse de liberté qui anime les manifestants du Quartier latin. Les paroles seront même pastichées par les étudiants : « Les 403 sont renversées, la grève sauvage est générale. Les Ford finissent de brûler, les enragés ouvrent le bal. Il est cinq heures, Paris s’éveille. »
Chanteurs dans la lutte
Albums et compilations
En revanche, d’autres tubes de l’époque prônent très nettement un ordre établi et un certain conformisme. Pour trouver les exemples les plus édifiants, tournons-nous vers Sheila et Sylvie Vartan. En 1968, l’interprète de L’école est finie vend un million de disques avec une chanson qui vante les vertus du travail et de la famille : Petite Fille de Français moyen. L’année suivante, Sylvie Vartan affirme avec une triste naïveté que l’On a toutes besoin d’un homme. Même son de cloche dans Comme un garçon et sa morale conservatrice : « Je suis une petite fille/Tu fais ce que tu veux de moi/Je suis une toute petite fille/Et c’est beaucoup mieux comme ça. »
D’une manière générale, les yéyé, symboles d’une jeunesse libre et délurée durant les années 1960, n’ont pas pris part à la contestation. Lorsqu’on lui parle de Mai 68, Johnny Hallyday répond laconiquement : « Ce n'était pas mon problème, je n'étais pas concerné. » Les choses ne sont sans doute pas si simples. Un artiste comme Johnny Hallyday a pu cristalliser un sentiment de révolte chez ses jeunes fans, notamment à travers des sonorités rock et des concerts au déhanché endiablé. A cet égard, il faut réécouter A tout casser avec Jimmy Page (futur membre de Led Zeppelin) à la guitare. On pourrait presque ranger Comme d’habitude de Claude François dans ces mêmes eaux troubles où fermente une colère prête à déborder. Pourquoi ne pas voir le triste couple de cette chanson sortie fin 1967 comme une allégorie de la lassitude d’un peuple envers ses élites ? Bref, qu’on le veuille ou non, et comme disait Bob Dylan en 1964 : « The times they are a-changin’. »
Les temps changent… C’est ce qu’expriment très clairement ces artistes qui ont pris Mai 68 à bras-le-corps, ces auteurs-compositeurs-interprètes de chansons tracts qui sont au cœur de la lutte, celles de Dominique Grange ou Évariste. Leurs 45 tours sont même publiés par le Crac (Comité révolutionnaire d’action culturelle). Parmi les autres chanteurs engagés dans la lutte se trouve Léo Ferré : la chanson Les Anarchistes, qu’il interprète le 10 mai à la Mutualité, sera l’un des hymnes des révolutionnaires. Quant à Jean Ferrat, il reverse la recette d’un récital à Bobino aux comités de grève. Et l’on ne compte pas les artistes qui investissent les usines pour y interpréter leurs refrains aux côtés des ouvriers grévistes. « Notre rôle était de soutenir par notre présence, en participant à de nombreux concerts de solidarité, ce mouvement », se souvient Francis Lemarque.
Regards sur Mai 68
Albums et compilations
Avant les événements, tout au long des années 60, les germes d’une contestation se nichent dans de nombreux morceaux signés par des artistes qui ne cacheront pas leur sympathie pour le mouvement. C’est, par exemple, dans les chansons de Michel Polnareff ou d’Antoine que les futurs jeunes manifestants trouvent un écho à leur colère sourde. En 1966, le premier prône l’amour libre dans L’Amour avec toi, tandis que le second défend avec humour la contraception (Les Elucubrations) et, dans un style dylanesque improbable, le droit à l’avortement (La Loi de 1920). Mai 68 est aussi (et avant tout) l’expression d’une lutte en faveur des droits des femmes et la chanson a parfois traduit cette révolution sexuelle en marche. Serge Gainsbourg commence à dépoussiérer les mentalités en 1966 avec Les Sucettes (pour France Gall), puis, en 1967, avec la première version de Je t'aime, moi non plus, qu’il enregistre en duo avec Brigitte Bardot. Bien qu’interdite à la diffusion du fait du mari jaloux de BB, la chanson fait parler d’elle et marque l’histoire de la libération des mœurs. Enfin, le tableau ne serait pas complet si l’on omettait Juliette Gréco et son fameux Déshabillez-moi, qu’elle susurre en 1967.
Entre les pro-68, les anti-68, ceux qui regardent ailleurs, et ceux qui sont emportés par le mouvement malgré eux, le petit monde de la chanson française est un reflet fidèle de la société de l’époque. Quid de l’après 1968 ? Progressivement, à partir de cette date, une nouvelle génération émerge et donne un coup de pied dans la fourmilière des codes de la chanson. Parmi ces nouvelles têtes, on croise Julien Clerc, Bernard Lavilliers, Gérard Manset, Jacques Higelin, Brigitte Fontaine ou bien Renaud (qui a interprété sa première composition, Crève salope, en mai 68 à la Sorbonne). La naissance de maisons de disques indépendantes et audacieuses comme Saravah marque également le début d’une nouvelle ère. Quant aux événements de mai 68 en eux-mêmes, ils inspirent une poignée d’artistes dans les décennies suivantes : Claude Nougaro en 1973 (Paris mai), Gilbert Bécaud en 1983 (Mai 68), ainsi que, sur un mode anticontestataire, Philippe Clay en 1971 (Mes Universités).
Au cinéma, outre les films de Philippe Garrel (Les Amants réguliers, musique de Jean-Claude Vannier) ou Bernardo Bertolucci (Les Innocents, musique de Stuart Wilson), Mai 68 sert de toile de fond à des longs-métrages populaires signés Yves Robert (Courage, fuyons) ou bien Gérard Oury (La Carapate). Dans ce dernier film mettant en scène Pierre Richard et Victor Lanoux, on note la présence récurrente de Because It’s May, une chanson interprétée par un groupe obscur (Sunset Brothers), composée par Philippe-Gérard, et dont les paroles (en anglais) sont signées par la coscénariste du film, Danièle Thompson. Il peut paraître saugrenu de clôturer ce panorama par une chanson lovée dans l’écrin quelque peu « bourgeois » de la comédie grand public et traditionnelle de Gérard Oury. Mais la synthèse de l’esprit des événements de 1968 y est objectivement parfaite, notamment grâce à ce jeu de mots aux assonances impeccables : « If it’s may/Don’t say May I say/Just mean what you say. »
Nicolas Magenham le 18/05/2023 sur : https://www.qobuz.com/fr-fr/magazine/story/2023/02/05/mai-68-la-chanson-au-pouvoir/
Un jour, un jour
Chanson de Jean Ferrat
Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime
Sa protestation ses chants et ses héros
Au-dessus de ce corps et contre ses bourreaux
A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime
Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu
Emplissant tout à coup l'univers de silence
Contre les violents tourne la violence
Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue
Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Ah je désespérais de mes frères sauvages
Je voyais, je voyais l'avenir à genoux
La Bête triomphante et la pierre sur nous
Et le feu des soldats porte sur nos rivages
Quoi toujours ce serait par atroce marché
Un partage incessant que se font de la terre
Entre eux ces assassins que craignent les panthères
Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché
Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche
Quoi toujours ce serait la guerre, la querelle
Des manières de rois et des fronts prosternés
Et l'enfant de la femme inutilement né
Les blés déchiquetés toujours des sauterelles
Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue
Le massacre toujours justifié d'idoles
Aux cadavres jetés ce manteau de paroles
Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou
Un jour pourtant, un jour viendra couleur d'orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche.
Source : LyricFind
Créé le 26 mars 2018 a lire sur http://www.rfm.fr/news/Redecouvrez-les-tubes-de-l-annee-1968-12946
Mai 68 c’est des étudiants dans les rues, des grèves générales et des pavés qui volent. Cette année a marqué un tournant dans l’histoire de la France mais elle est également synonyme de révolution dans le monde de la musique. Redécouvrez les titres de cette année hors normes.
Jacques Dutronc – Il est 5h Paris s’éveille
Cette chanson extraite du sixième opus de l’artiste sort en mars 1968 alors que la révolte étudiante bas son plein dans les rues de Paris. Ce titre inspiré de la chanson Tableau de Paris à cinq heures du matin, sera écrit en moins de 24h. Mais ce titre deviendra culte et sera revisité par de nombreux artiste. Près de quarante années plus tard, Sylvie Vartan le reprendra d’ailleurs dans son album Nouvelle Vague.
Françoise Hardy – Comment te dire adieu
Ce titre est probablement l’une des plus belles collaborations de la musique française. Serge Gainsbourg et Françoise Hardy, deux artistes qui marqueront l’histoire de la musique de leur empreinte. Le compositeur lui écrira non seulement les paroles de cette chanson culte, mais c’est également lui qui la présentera à Jacques Dutronc qui devient son mari quelques années plus tard.
Sylvie Vartan – Irrésistiblement
La France du Général De Gaulle se passionne pour l’histoire d’amour tumultueuse entre les deux stars Johny Hallyday et SylvieVartan. Alors que la chanteuse vit une véritable passion amoureuse avec l’idole des jeunes, elle accouchera de l’un de ces plus beaux morceaux, Irrésistiblement.
Joe Dassin – Siffler sur la colline
Une mélodie entraînante pour parler d’une déception amoureuse, voilà le secret de Joe Dassin. Il s’agit en réalité d’une reprise de la chanson italienne Unotranquillo de Riccardo Del Turco. Des paroles drôles et toutes en légèreté pour une année plaine de turbulences, c’est bien la recette qui fera rentrer l’artiste dans le cœur des français.
Johny Hallyday – Entre mes mains
De son côté, le roi du rock français n’en finit plus de cumuler les tubes et de faire fondre les cœurs. Il deviendra l’un des chanteurs emblématique de l’époque et marquera l’histoire. En témoignent le million de personnes qui ont en effet défilé sur les Champs-Elysées pour lui rendre hommage à sa disparition.
Sheila – Petite fille de français moyen
C’est en 1968 que sortira son album Petite fille de français moyen contenant certaines de ces plus célèbres chansons comme Dalila, Isabelle, La vamp ou encore Long sera l’hiver. Mais l’album paraît quelques jours seulement avant les événements de mai 68 et certains intellectuels de l’époque la jugeront réactionnaire. Ces critiques n’empêcheront pas Sheila d’être désignée artiste préférée des français cette même année.
The Beatles- Revolution
De l’autre côté de la Manche, l’ambiance n’est pas beaucoup plus calme. Plusieurs groupes révolutionnaires agitent l’Angleterre cette année-là et demandent, entre autre, à John Lennon son soutien. C’est pour leur répondre que les Beatles sortiront leur premier titre ouvertement politique Revolution.
Aretha Franklin – Think
Une petite révolution est également en marche de l’autre côté de l’Atlantique et c’est la grande Aretha Franklin qui en deviendra l’un des symboles. En scandant «Freedom» (liberté), tout au long du morceau, cette chanson est au reflet de l’époque. Un titre universel qui traversera les âges.
The Rolling Stones – Sympathy for the Devil
Écrite par l’icône MickJagger, cette chanson est enregistrée quelques jours seulement après les événements de mai 68. Les caméras de Jean-Luc Godard seront présentes pour immortaliser ce moment. Inspiré du roman Le Maître et Marguerite, ce titre deviendra culte.
Marvin Gaye - I heard it through the Grapevine
Il s’agit probablement de l’une de chansons le plus célèbre de MarvinGaye mais également de l’histoire de la musique soul. Aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, ce tube sera couronné numéro 1 des ventes de singles pour l’année1968.
1968 réserve bien d’autres surprises. Cette année a aussi vu naitre deux stars internationales : Celine Dion et Kylie Minogue. Le monde a pu découvrir la formation du groupe Led Zepplin et cette même année s’est tenue la toute première représentation de la comédie musicale Hair. Une année définitivement hors du commun.
Paroles et traduction de la chanson «You Shook Me» par Led Zeppelin
You Shook Me (Tu M'as Choqué)
You know you shook me,
Tu sais que tu m'as choqué
You shook me all night long.
Tu m'as choqué toute la nuit
You know you shook me, baby,
Tu sais que tu m'as choqué, bébé
You shook me all night long.
Tu m'as choqué toute la nuit
You shook me so hard baby,
Tu m'as choqué si fort bébé
Baby, baby, please come home.
Chérie, chérie s'il-te-plait reviens à la maison
I have a bird that whistles,
J'ai un oiseau qui siffle
And I have birds that sing.
Et j'ai un oiseau qui chante.
I have a bird that whistles,
J'ai un oiseau qui siffle
And I have birds that sing.
J'ai un oiseau qui chante
I have a baby, won't do nothing, oh !
J'ai une chérie qui ne veut rien faire, oh !
Oh, oh, buy a diamond ring.
Oh, oh, achete un anneau de diamants
You know you shook me, baby,
Tu sais que tu m'as choqué, bébé
You shook me all night long.
Tu m'as choqué toute la nuit
I know you really, really, did baby.
Je sais tu le fais vraiment
I said you shook me
J'ai dit tu m'as choqué
You shook me all night long.
Tu m'as choqué toute la nuit
You shook me so hard baby,
Tu m'as choqué si fort chérie
You shook me all night long.
Tu m'as choqué toute la nuit
Traduction provenant de <a href="http://pyzeppelin.free.fr" target="_blank">PYZeppelin.free.fr</a>
Publié par grungy 5401 2 2 4 le 17 mars 2004.
Led Zeppelin I (1968)
Chanteurs : Led Zeppelin
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Brésil "E Proibido proibir" : épisode 4/5 du podcast 1968, la chanson au pouvoir
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L'année où les États-Unis ont basculé : épisode 5/5 du podcast 1968, la chanson au pouvoir
AUDIO * 1968, la chanson au pouvoir, épisode 5/5 : L'année où les États-Unis ont basculé. Une série inédite proposée par France Culture. Écoutez La Série musicale d'été, et découvrez n...
La Complainte des filles de joie
Chanson de Georges Brassens
Paroles
Bien que ces vaches de bourgeois, bien que ces vaches de bourgeois
Les appellent des filles de joie, les appellent des filles de joie
C'est pas tous les jours qu'elles rigolent, parole, parole
C'est pas tous les jours qu'elles rigolent
Car même avec des pieds de grue, car même avec des pieds de grue
Faire les cent pas le long des rues, faire les cent pas le long des rues
C'est fatigant pour les guibolles, parole, parole
C'est fatigant pour les guibolles
Non seulement elles ont des cors, non seulement elles ont des cors
Des yeux de perdrix mais encore, des yeux de perdrix mais encore
C'est fou ce qu'elles usent de grolles, parole, parole
C'est fou ce qu'elles usent de grolles
Y a des clients, y a des salauds, y a des clients, y a des salauds
Qui se trempent jamais dans l'eau, qui se trempent jamais dans l'eau
Faut pourtant qu'elles les cajolent, parole, parole
Faut pourtant qu'elles les cajolent
Qu'elles leur fassent la courte échelle, qu'elles leur fassent la courte échelle
Pour monter au septième ciel, pour monter au septième ciel
Les sous croyez pas qu'elles les volent, parole, parole
Les sous croyez pas qu'elles les volent
Elles sont méprisées du public, elles sont méprisées du public
Elles sont bousculées par les flics, elles sont bousculées par les flics
Et menacées de la vérole, parole, parole
Et menacées de la vérole
Bien qu'toute la vie elles fassent l'amour, bien qu'toute la vie elles fassent l'amour
Qu'elles se marient vingt fois par jour, qu'elles se marient vingt fois par jour
La noce est jamais pour leur fiole, parole, parole
La noce est jamais pour leur fiole
Fils de pécore et de minus, fils de pécore et de minus
Ris pas de la pauvre Vénus, ris pas de la pauvre Vénus
La pauvre vieille casserole, parole, parole
La pauvre vieille casserole
Il s'en fallait de peu mon cher, il s'en fallait de peu mon cher
Que cette putain ne fût ta mère, que cette putain ne fût ta mère
Cette putain dont tu rigoles, parole, parole
Cette putain dont tu rigoles
Source : LyricFind
Paroliers : Georges Charles Brassens / Joel Favreau
Paroles de La Complainte des filles de joie © Universal Music Publishing Group
Billet de blog 26 octobre 2018 Jean-Marc B sur : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/261018/1968-en-chansons-et-musiques
Article n°111 de ma série "1968". Mai-Juin 68, entre révolte de la jeunesse et grève générale secoue la torpeur de la variété française, déjà mise en cause par les sons du monde anglo-saxon.
26 oct 2018
Chansons et musiques de 1968 sont à la fois cri et moteur des révoltes, en France et bien au delà. Toutefois, en ce début 1968, l’essentiel de la France écoute la chanson de variété, pour l’essentiel insouciante et diffusée sur les antennes télé et radio. La jeunesse écoute Europe n°1, et lit le mensuel musical Salut les copains. On peut écouter ici les titres qui occupaient les premières places des hit-parades de Mai et Juin 68, et ici le hit parade de l’année 1968 sélectionné par l’INA.
Mais la jeunesse écoute aussi d’autres sons, venant du monde anglo-saxon, notamment les Beatles, les Rolling Stones, Janis Joplin, James Brown, Joan Baez, Jimi Hendrix et Bob Dylan… qui reçoit près de 50 ans plus tard, en 2016, le prix Nobel de littérature. En France même apparait avant 1968 une génération d’auteurs compositeurs, tels, Georges Moustaki, Michel Jonas, ou Julien Clerc qui ne se doute pas que sa chanson La Cavalerie sera adoptée par la jeunesse en révolte. La jeunesse libertaire écoute aussi depuis des années Léo Ferré. La playlist 1968 de France Inter, avec 97 chansons, en rend bien compte.
Georges Moustaki chante « sans la nommer » la révolution permanente, « joli fruit de Mai »
En Mai et Juin, la France vit un tournant musical. Pendant la grève générale, soit plus de trois semaines, aucun disque ne sort et la plupart des concerts sont annulés. Toutefois Léo Ferré chante pour la première fois Les Anarchistes le 10 mai. Un reportage radio de France Info en rend compte: Léo Ferré, après mai et avant la rentrée. Quelques artistes rejoignent immédiatement la révolte, comme Bernard Lavilliers qui parcours les usines, ou comme Colette Magny et Dominique Grange, qui raconte 50 ans plus tard que Mai 68 a changé sa vie à jamais. Collette Magny sort en 1969 un album unique, Magny 68/69, fait de collages entre chansons et reportages tournés par Chris Marker et William Klein et dont plusieurs titres sont accessibles ici.
Dominique Grange - Grève illimitée (version originale)
Musiciens et chanteurs montent des comités d’action, dont le Comité révolutionnaire d’agitation culturelle (CRAC). Ils écrivent des chansons comme: Ah ! le joli mois de mai à Paris du Comité d’action de l’Épée de bois, La Faute à Nanterre d’Évariste ou Grève illimitée, À bas l’État policier de Dominique Grange. Renaud, qui n’a que16 ans, croise Jacques Higelin qui vient de transporter son piano dans l’amphi de la Sorbonne. Renault adhère au CRAC et griffonne Crève salope qui devient un des chants de ralliement de la révolte.
Assez vite, plusieurs chansons sont inspirées de Mai comme Au printemps de quoi rêvais-tu ? de Jean Ferrat, Paris, Mai de Nougaro (interdit de radio), ou la Ballade au vent des collines d’Anne Vanderlove. Sous l’impulsion du mouvement hippie californien, 1968 marque aussi la naissance de l’underground français, depuis le Rock progressif jusqu’au free jazz.
Même le Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSMDP) rentre dans la danse. Un groupe d’étudiants du Conservatoire défile le 13 mai dans la manifestation unitaire, qui contribuera par sa puissance à la naissance de la grève générale. Leur banderole surprend plus d’un:« Plus de Gounod, du Xenakis ! ». Le 19 mai, c’est la grève avec occupation, puis la création d’une section de l’UNEF, et le 22 mai le saccage par le groupe d’extrême-droite Occident. Une assemblée de compositeurs se réunit à la Sorbonne. Ils interdisent par solidarité avec la grève générale la diffusion et l’exécution de leurs œuvres, et appuient l'occupation du Conservatoire. Autant d’évènements relatés en détail dans un article de Victor Tribot Laspière.
Evidemment, l’idéologie réactionnaire revient au galop avec la trahison de la grève générale. Elle s’exprime aussi bien à travers une yéyé comme Sheila, un vieux cheval de retour comme Philippe Clay ou un rocker sous bon contrôle comme Johnny Halliday.
Tubes and Co : "Le Jazz, la Java et Claude Nougaro"
Tubes and Co dans le 7/9 par Rebecca Manzoni (7h23 - 2 Octobre 2015) Retrouvez toutes les chroniques de Rebecca Manzoni sur www.franceinter.fr
Dans les années qui suivent, apparait une nouvelle scène musicale libertaire qui doit beaucoup à Mai et Juin 68. Les nostalgiques, les historiens et les curieux en trouveront une évocation sonore dans ce reportage de France Culture. Les 4 reportages qui suivent celui sur la France rendent en partie compte des chansons qui ont accompagné après 68 les grands évèvements politiques en Tchécoslovaquie, en Italie, au Brésil et aux Etats-Unis.
La meilleure source d’information sur les chansons de 1968 est toutefois un article de Jacques Serieys écrit en 2007. Ignatus rend compte dans la conférence ci-dessous de l’explosion des conventions musicales après 1968:
Billet de blog 26 octobre 2018 Jean-Marc B sur : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/261018/1968-en-chansons-et-musiques
Le blog de Jean-marc B (de son vrai nom Jean-Marie Burgaud.)
Billet de blog Jean-Marc B Lire : Ma série « 1968 » sur : https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/
- Première partie « Mise en jambes »: 37 articles à consulter ici
- Deuxième partie couvrant Mai et Juin, « La plus grande grève générale en France ». 42 articles déjà parus à consulter ici
- Troisième partie, « Bilans et secousses ». Déjà publiés à cette date:
- Mai 68: une situation révolutionnaire ?
- Bilan et leçons de la grève générale de 68
- Lettre d'un enfant de 1968 à un jeune de 2018
- Un bilan de 68 par Ludivine Bantigny et Alain Krivine
- La deuxième vague féministe, fille légitime de 68
- 18 Juillet 68: les CRS chargent les festivaliers d’Avignon
- 1968, année de l'autogestion ?
- Une féministe révolutionnaire ouvrière chez Renault Flins- vidéo
- 28 juillet 68: Mao dissout les « Gardes Rouges »
- 1968: toute une jeunesse transformée
- Le contexte international de 68
- Mieux soixante-huitard que jamais
- 1968: Bilans à chaud
- 11 Août 68: Opération Teresita à Santiago du Chili
- 1968: Bilans 10 ans plus tard
- 1968: Bilans 20 ans plus tard
- 1968 : Bilans 30 ans plus tard
- 21 Août 68: une armada stalinienne fond sur le peuple tchécoslovaque
- Un Mai 68 écolo ?
- Bilans de 1968 40 ans plus tard
- 1968: Bilans 50 ans plus tard
- 7 septembre 68: No more Miss America !
- Le PCF ne se remettra jamais de Mai
- Contre-offensive de la bourgeoisie, résistances et effets dans l’après 68
- 1968 jusque dans les églises
- Mai 68 : la révolution de la psychiatrie
- Sources et secousses intellectuelles de 68
- 2 octobre 68: la dictature ouvre les jeux de Mexico avec un massacre
- Bibliographie 1968
- Les années 68 à l'écran
JAMAIS COMMÉMORER. TOUJOURS S'UNIR POUR NE PAS SUBIR !
Billet de blog 26 octobre 2018 Jean-Marc B (de son vrai nom Jean-Marie Burgaud.) sur :
https://blogs.mediapart.fr/jean-marc-b/blog/261018/1968-en-chansons-et-musiques
"Merci oh merci" Chanson d'Anne Sylvestre )
Extrait de la Taverne Schnoggelse (1968)
Paroles :
Toi le grand dépendeur d'andouilles
La terreur du mont Valérien
Ô Don Juan chef de patrouille
A qui mes yeux ne disaient rien
Et toi le chéri des cheftaines
Qui portais si bien le bâton
Et brandissais un coeur de laine
Accroché à ton mousqueton
Merci oh merci
De n'avoir jamais rien compris
A mes 15 ans timides
Merci oh merci
De ne m'avoir jamais rien appris
De m'avoir laissé les mains vides
Libre libre libre
De venir jusqu'ici
Vous les faux dragueurs de banlieue
Qui n'en faisiez pas tant que ça
Camouflant une frousse bleue
Qu'on vous trébuche dans les bras
Me faisant danser mal à l'aise
Chacun son tour bien poliment
Et m'abandonnant sur ma chaise
Dans les chaussures de Maman
Merci oh merci
De n'avoir jamais rien compris
A mes 20 ans timides
Merci oh merci
De ne m'avoir jamais rien appris
De m'avoir laissé les mains vides
Libre libre libre
De venir jusqu'ici
Vous les amies de tous les âges
Toujours plus belles mieux coiffées
Grâce à qui même mon visage
Me semblait ennemi fieffé
Et vous qui plus tard si gentilles
Parliez doucement chirurgie
Pour ce nez mon bien de famille
Qui ne m'a jamais fait de vacheries
Merci oh merci
De n'avoir jamais rien compris
A mes vingt ans en cage
Merci oh merci
De n'm'avoir jamais rien appris
De m'avoir donné cette rage
Libre libre libre
De venir jusqu'ici
La vie est une étrange fête
Et je vous remercie vraiment
Car c'est bien vous qui m'avez faite
Vous ne pouviez faire autrement
Il fallait bien que je sois laide
Et bête pour avoir envie
Sans jamais demander votre aide
De me faire une belle vie
Merci mais merci
Aux rares qui avaient compris
Qu'il valait mieux attendre
Merci oui merci
De ne m'avoir jamais rien dit
Et d'avoir bien voulu comprendre
Que je devais libre arriver jusqu'ici
Libre libre libre
Arriver jusqu'ici
Paroles de la chanson Partie simple par Anne Sylvestre
Les enfants qui jouent à la balle
Contre le mur de mon jardin
Les enfants qui jouent à la balle
En chantant leur petit refrain
Ne savent pas comme il est triste
Mais le découvriront demain
Ne savent pas comme il est triste
Leur petit refrain de chagrin
Partie simple, sans bouger
Sans rire et sans parler
Partie simple, je te rencontre
Tu me souris, le ciel est bleu
Partie simple, tu me rencontres
C'est si simple, on est tous les deux
Sans bouger, on va vivre ensemble
Sans tricher, on sera si bien
Sans bouger, comme on se ressemble
Tiens-moi si fort que je te tiens
Partie simple, sans bouger
Sans rire et sans parler
Mais sans rire, tu me délaisses
Tu t'en vas, tu t'en vas de moi
Mais sans rire, que tu me blesses
La partie est finie, je crois
Sans parler, on va se défaire
Que c'est dur de se dénouer
Sans parler, on va se défaire
J'aurais bien dû ne pas jouer
Partie simple, sans bouger
Sans rire et sans parler
D'une main, que tu m'abandonnes
Et de l'autre, que tu m'oublies
Sur un pied, moi, je te pardonne
Et sur l'autre, c'est bien fini
Petit moulin, y avait ma tête
Grand moulin, et aussi mon cœur
Petit tourbillon, ça s'arrête
Grand tourbillon, c'est le malheur
Partie simple, sans bouger
Sans rire et sans parler
Partie simple, sans bouger
Sans rire et sans parler
Partie simple, sans bouger
Sans rire et !
Paroles de la chanson Marine par Anne Sylvestre
Avez-vous connu Marine
La cousine
De Bertrand ?
Avez-vous connu sa mère
La commère
Des étangs ?
C'était une étrange fille
Mais Camille
Le savait
Quand il en fit la conquête
À la fête
Du Favet
Farandole Marine
Farandolera
Farandole gamine
Au diable se perdra
Marine
Il lui a dit, le Camille,
"Tes yeux brillent
Tellement
Livre-moi tes sortilèges
Faits de neige
Faits de vent
Si tes yeux sont une source
Que ma course
Prenne fin
Je veux m'y noyer tranquille
Comme une île
Comme rien"
Farandole Marine
Farandolera
Farandole gamine
Au diable se perdra
Marine
Il a dit "Si tu es folle
Farandole
Moi, je cours
Si tes mains sont une lande
Et si grandes
Nos amours
Je me perdrai dans tes lignes
Dans les signes
De tes doigts
Je me perdrai, sois sans crainte
Dans l'empreinte
De tes pas"
Farandole Marine
Farandolera
Farandole gamine
Au diable se perdra
Marine
Il a dit aussi, Camille,
"Ta résille
De cheveux
Est si mouvante et si chaude
Que j'y rôde
Et que je veux
Que je m'y veux pendre, belle
Si rebelle
Tu deviens
Et me prives de ton rire
Qui chavire
Mes matins"
Farandole Marine
Farandolera
Farandole gamine
Au diable se perdra
Marine
On a vu rire la fille
Et Camille
Rire aussi
Mais on n'a pas vu la suite
Car bien vite
Sont partis
On a vu Bertrand le sombre
Comme une ombre
Tournoyer
Les a cherchés sous la lune
Mais les dunes
L'ont noyé
Farandole Marine
Farandolera
Farandole gamine
Au diable se perdra
Marine
Avez-vous connu Marine
La cousine
De Bertrand ?
Avez-cous connu Camille
Qui aux filles
Plaisait tant ?
Est-ce l'amour ou le diable
Qui en fable
Les changea ?
L'amour est le pire piège
Fût-il neige
Ou feu de bois
Farandole Marine
Aux étangs là-haut
On t'appelle "Marine"
Il n'y a que l'écho
Marine, Marine
1968, année de révoltes et d'espoirs dans le monde
AFP. Publié le 20/12/2017 sur : https://www.lepoint.fr/monde/1968-annee-de-revoltes-et-d-espoirs-dans-le-monde-20-12-2017-2181443_24.php
Les Etats-Unis tenus en échec au Vietnam, la jeunesse en ébullition à Berlin, Paris ou Mexico, Moscou défiée en Tchécoslovaquie: l'année 1968, il y a un demi-siècle, a été celle des révoltes et des espoirs, souvent déçus.
- Vietnam: Washington doit négocier
Depuis 1961, et surtout 1964, les Etats-Unis ont engagé un nombre croissant de forces pour venir en aide au régime au pouvoir au Sud Vietnam, en butte à une guérilla, le Vietcong, soutenue par le Nord Vietnam communiste. Fin janvier, lors du Têt (nouvel an lunaire), Vietcong et Nord-Vietnam attaquent des centaines de villes du Sud, dont Hué et Saïgon. Cette offensive surprise décrédibilise l'administration du président Lyndon Johnson, en montrant qu'une guérilla peut tenir tête au colossal effort de guerre américain.

1968, année des révoltes et des espoirs dans le monde
© Cecilia SANCHEZ AFP
Fin mars, Johnson annonce un arrêt partiel des bombardements américains sur le Nord. Des négociations s'ouvrent en mai à Paris. C'est le début d'un long processus de désengagement américain qui aboutira en 1976 à la réunification du Vietnam sous la houlette du Nord.
- Les jeunes se rebellent

Des étudiants tiennent une réunion dans une salle mise à leur disposition après la fermeture de l'université, le 1er avril 1968 à Nanterre
© AFP/Archives
Au milieu des années 60, la dénonciation de la guerre du Vietnam est, dans les campus américains et les universités européennes, le point de ralliement des contestataires scandant "US Go Home !"
En 1968, le mouvement prend de l'ampleur et s'élargit à une remise en cause globale de la société : aux critiques classiques du capitalisme -souvent accompagnées d'une fascination envers la Chine communiste-, s'agrègent des revendications nouvelles : liberté sexuelle, féminisme, et, déjà, écologie.
En Allemagne, une tentative d'assassinat le 11 avril contre le meneur étudiant Rudi Dutschke, blessé par balles, déclenche une émeute à Berlin. La révolte s'étend à des dizaines de villes allemandes.
En France, l'université de Nanterre, près de Paris, fer de lance de l'agitation, est fermée en avril mais les troubles tournent à l'insurrection dans la capitale dans la nuit du 10 au 11 mai. Deux jours plus tard, la révolte devient aussi ouvrière et une grève générale paralyse le pays pendant plusieurs semaines.
Un temps décontenancé, le général de Gaulle, président de la République, dissout l'Assemblée nationale le 30 mai: ses partisans organisent à leur tour le même jour une énorme manifestation et remportent les élections législatives de juin.
Le mouvement fait tache d'huile: Italie, Turquie ou Japon. A Mexico, des étudiants (33 selon les chiffres officiels, 200 à 300 selon des témoins étrangers) sont tués par les forces de l'ordre, le 2 octobre, peu avant l'ouverture des Jeux olympiques, où deux médaillés noirs américains monteront sur le podium, le poing levé, pour protester contre le sort de leur communauté aux Etats-Unis.
- Droits civiques et assassinats

Le pasteur Martin Luther King lors d'un rassemblement sur le Mall, le 28 août 1963 à Washington © - AFP/Archives
L'année 1968 est en effet tragique pour les militants contre la ségrégation raciale aux Etats-Unis: le pasteur noir Martin Luther King, prix Nobel de la Paix 1964, est assassiné le 4 avril par un ségrégationniste blanc à Memphis (Tennessee).
Des émeutes secouent alors les grandes villes américaines, dont Washington. Peu après, le président Johnson signe une des dernières lois sur les droits civiques réclamée par Luther King, celle contre la ségrégation contre le logement. Un autre assassinat politique secoue les Etats-Unis: le 5 juin, à Los Angeles, au soir de sa victoire aux primaires démocrates de Californie, le sénateur Bob Kennedy, frère cadet de John F. Kennedy, assassiné en 1963, est atteint de plusieurs balles tirées à bout portant par le Palestinien Sirhan Sirhan, et meurt le lendemain.
- Le Printemps de Prague
Le vent de révolte ne souffle pas seulement à l'Ouest. En Tchécoslovaquie, Alexander Dubcek, nommé à la tête du parti communiste en janvier, tente une expérience originale de "socialisme à visage humain" et libéralise le régime. Mais ce "printemps de Prague" est inacceptable pour Moscou, qui envoie le 21 août les chars du Pacte de Varsovie envahir le pays. Il faudra attendre vingt ans avant que l'espoir ne renaisse au delà du rideau de fer.
- Le martyr du Biafrar
Cet été-là, les images d'enfants mourant de faim au Biafra, province sécessionniste du Nigeria, émeuvent le monde. Le conflit, et surtout le blocus imposé par le pouvoir central, feront plus d'un million de morts, principalement de faim et de maladie, entre 1967 et 1969. L'action sur le terrain de quelques médecins français marquera le début d'un nouveau type d'engagement humanitaire, avec la création en 1971 de Médecins sans frontières.
20/12/2017 Paris (AFP) © 2017 AFP Sur : https://www.lepoint.fr/monde/1968-annee-de-revoltes-et-d-espoirs-dans-le-monde-20-12-2017-2181443_24.php
Rain And Tears (La Pluie Et Les Larmes)
[Chorus]
[Refrain]
Rain and tears are the same
La pluie et les larmes sont identiques
But in the sun
Mais au soleil
You've got to play the game
Tu dois jouer le jeu
When you cry in winter time
Quand tu pleurs durant l'hiver
You can pretend
Tu peux prétendre
It's nothing but the rain
Qu'il ne s'agit que de gouttes de pluie
How many times I've seen
Combien de fois ai-je vu
Tears coming from your blue eyes
Les larmes venir à tes yeux bleus
[Chorus]
[Refrain]
Give me an answer of love
Donne-moi une preuve d'amour
I need an answer of love
J'ai besoin d'une preuve d'amour
Rain and tears, in the sun
La pluie et les larmes, au soleil
But in your heart
Mais dans ton coeur
You feel the rainbow waves
Tu ressens les ondes de l'arc-en-ciel
Rain and tears both I shun
La pluie et les larmes, je fuis aussi bien l'un que l'autre
For in my heart
Car dans mon coeur
There'll never be a sun
Il n'y aura jamais de soleil
[Chorus]
[Refrain]
Publié par Auron 12289 4 4 7 le 11 janvier 2004 à 17h40.
En cette année anniversaire de Mai 68, ce reportage récapitule les mouvements étudiants de l'année 1968 dans le monde, au travers d'un commentaire sur un montage d'archives et de l'interview de l'écrivain Olivier TODD. Sont tour à tour évoqués le mouvement anti-guerre contre la guerre du Viêtnam dans de nombreux pays, le Printemps de Prague en Tchécoslovaquie, les émeutes raciales aux Etats-Unis, où les noirs revendiquent les mêmes droits que les blancs, et plus largement la résistance à toutes formes de pouvoir.
Producteur / co-producteur France 2
Générique Journaliste : Gérard Grizbec Présentateur : Béatrice Schönberg Participant : Olivier Todd
Lire ci-dessous
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En cette année anniversaire de Mai 68, ce reportage récapitule les mouvements étudiants de l'année 1968 dans le monde, au travers d'un commentaire sur un montage d'archives et de l'interview de...
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/cab98020376/mai-68-dans-le-monde
Geneviève Dreyfus-Armand
Dans mensuel 330 daté avril 2008 lire sur : https://www.lhistoire.fr/les-ann%C3%A9es-1968-ou-la-jeunesse-du-monde
Entre 1965 et 1970, de Berkeley à Tokyo, d’Amsterdam à Mexico, de Rome à Madrid et Varsovie, la jeunesse contestataire fait irruption sur la scène mondiale. S’affirmant comme nouvel acteur social.
Réduits bien souvent à leur seule dimension parisienne et étudiante, circonscrits au seul mois de mai, les « événements de 1968 » sont encore l’objet de clichés tenaces, loin de la réalité. En France, les temps forts des mois de mai et juin, restés ancrés dans la mémoire collective, occultent l’avant et l’après. La contestation n’est pas apparue soudainement en mai 1968, pas plus qu’elle ne s’y termine. Elle émerge progressivement au milieu des années 1960 et se poursuit dans les années 1970 quand de nouveaux mouvements sociaux font évoluer en profondeur la société.
Il faut rendre aux « années 1968 » leur durée mais aussi leur extension géographique : Paris n’a pas le monopole de la contestation hexagonale et, bien au-delà des frontières, « l’espace 68 » se déploie au niveau international. Au cours des années 1960 et 1970, de Berkeley à Tokyo, d’Amsterdam à Mexico, de Rome à Madrid et Varsovie, des mouvements de contestation surgissent. La jeunesse fait son apparition comme nouvel acteur social.
CHRONOLOGIES DÉCALÉES
On n’a souvent retenu de l’article de Pierre Viansson-Ponté publié dans Le Monde du 15 mars 1968 que son titre : « La France s’ennuie ». Un titre resté symbole de l’aveuglement face au surgissement de l’imprévu. Mais le journaliste n’a pas tort lorsqu’il écrit : « Les étudiants manifestent, bougent, se battent en Espagne, en Italie, en Belgique, en Algérie, au Japon, en Amérique, en Égypte, en Allemagne, en Pologne même. Ils ont l’impression qu’ils ont des conquêtes à entreprendre, une protestation à faire entendre, au moins un sentiment de l’absurde à opposer à l’absurdité. » Ainsi, les étudiants japonais ont, depuis le début des années 1960 et, plus encore, à partir de 1967, manifesté contre les liens particuliers que leur pays entretient avec les États- Unis. Surtout, cela fait plusieurs années que la contestation s’exprime outre-Atlantique.
TOUT COMMENCE EN AMÉRIQUE
Multiforme, la remise en cause de l’ordre établi émerge aux États-Unis au début des années 1960 – elle se poursuivra jusqu’en 1972. La « révolte des campus » prend naissance à Greensboro, en Caroline du Nord, en 1960, lorsque des étudiants noirs, victimes de ségrégation, improvisent un sit-in*, suivi de multiples manifestations du même type dans les États du Sud. Alors que le mouvement pour les droits civiques prend son essor, les étudiants blancs se mobilisent pour l’arrêt des essais nucléaires, la liberté d’expression à l’Université, le respect des libertés civiques ou la neutralité envers le régime castriste. La contestation culmine à l’automne 1964, dans l’université californienne de Berkeley où le Free Speech Movement remporte une grande victoire en obtenant un assouplissement des règlements universitaires relatifs au droit d’expression politique sur le campus. Parallèlement, l’organisation de jeunesse d’une vieille ligue sociale- démocrate créée au début du siècle, le Students for a Democratic Society, se montre capable d’articuler entre elles, sur le plan théorique, les diverses revendications des étudiants.
Avec l’intensification de l’engagement militaire américain au Vietnam, en 1965, le SDS devient le symbole de l’esprit de résistance à la guerre et voit ses effectifs croître considérablement. D’environ 4 000 adhérents en 1965, il passera à près de 100 000 en 1968, avec plusieurs dizaines de milliers de sympathisants [1]. Le SDS organise à Washington, le 17 mars 1965, l’une des premières manifestations nationales contre la guerre.
Lorsque les jeunes sont envoyés massivement combattre (les effectifs américains au Vietnam passent de 24 000 hommes en 1964 à 184 000 en 1965 pour atteindre 500 000 en 1968), l’opposition à la guerre prend une dimension nouvelle. Le mouvement des teach-in se développe, une centaine d’universités et de collèges sont touchés. Sortes de forums multiformes, constitués de débats, conférences, projections de films et concerts, les teach-in organisés par les étudiants dans les universités pour protester contre l’intervention américaine au Vietnam comptaient souvent avec la participation d’enseignants et d’intellectuels de renom. Le premier teach-in d’importance s’est tenu à l’université du Michigan en mars 1965 et le plus considérable a réuni quelque 30 000 personnes en mai 1965 à Berkeley. En 1966, des conscrits refusent de partir, renvoyant leurs livrets militaires ou les brûlant.
En 1967, parallèlement aux émeutes raciales, des manifestations constantes contre la guerre se déroulent autour de la Maison-Blanche. Le mouvement se poursuit en 1968. Mais une issue au conflit semble proche (le 31 mars, Johnson a annoncé l’arrêt des bombardements au nord et s’est dit prêt à négocier) et la contestation se porte sur d’autres terrains. La grève étudiante du 26 avril 1968, encore relativement massive, est suivie sans véritable mot d’ordre. Et les grandes manifestations de l’été doivent autant à l’opposition à la guerre qu’à la contre-culture, qui a pris la relève du phénomène beatnik en s’opposant aux valeurs, aux coutumes et aux goûts de l’American way of life [2].
LA FRANCE AVANT MAI
En France, depuis 1966, les principales mobilisations étudiantes se font contre l’intervention américaine au Vietnam ; elles cristallisent d’autant mieux les aspirations de toute une jeunesse qu’elles se font hors de la gauche traditionnelle. Depuis le début de 1967, le climat social dans son ensemble se durcit. Des conflits de type nouveau font leur apparition : des jeunes ouvriers, souvent fraîchement issus du milieu rural, se heurtent parfois aux forces de l’ordre et des usines sont occupées.
Le milieu étudiant est en profonde mutation : le nombre des étudiants, qui dépasse le demi-million, a plus que doublé en sept ans et les structures traditionnelles de l’enseignement paraissent mal adaptées. Les Héritiers de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, où sont mis en évidence les mécanismes d’un enseignement de classe reproducteur des clivages sociaux, devient vite un ouvrage de référence des étudiants politisés. A l’automne 1967, des comités d’action, les CAL, se créent dans les lycées. L’Unef refuse l’Université traditionnelle, marquée par le mandarinat, et la réforme Fouchet, jugée technocratique. Mais elle est affaiblie, divisée. Le 9 novembre 1967, elle organise sa première mobilisation depuis la fin de la guerre d’Algérie, pour protester contre les conditions de la rentrée.
Dans la lignée du philosophe Henri Lefebvre puis des situationnistes* qui, à partir de 1966, investissent l’Association générale des étudiants de Strasbourg, le privé fait irruption dans le champ du politique. Le monde clos des cités universitaires se révolte contre des règlements rigides. A partir de 1965, des incidents se produisent, assortis d’interventions policières, notamment à Montpellier et Antony. En 1967, l’agitation s’étend et touche Lille, Rennes et Nancy ; à Nanterre, le 21 mars, une centaine d’étudiants et étudiantes occupent les bâtiments des filles. La presse ironise.
A partir de janvier 1968, les contestations – sur l’enseignement, la condition étudiante, la guerre du Vietnam – convergent et leur intensité ne cesse de croître jusqu’à l’explosion de Mai. Dans les autres pays européens touchés par la contestation, l’année 1968 en constitue souvent aussi l’apogée, sans coïncider forcément avec le tempo français.
RFA : UNE CONTESTATION PRÉCOCE
Le 11 mai 1968, à Bonn, une manifestation réunit 100 000 personnes. Mais, en dépit de son ampleur, elle apparaît aux participants comme la fin du mouvement. C’est qu’en RFA la contestation étudiante a débuté deux ans plus tôt pour faire échec à la législation sur l’état d’urgence. Cette dernière avait été proposée par la coalition gouvernementale – chrétiens-démocrates et sociaux démocrates – afin d’en finir avec les importants droits conservés par les Alliés, en montrant la capacité du pays à assurer lui-même sa défense en cas de guerre. La protestation contre les lois d’urgence s’organise autour du mouvement d’opposition extraparlementaire (Ausser-Parlamentarische Opposition, APO).
Dans une Allemagne coupée en deux, la politique américaine et la partition du monde en deux blocs sont condamnées à égalité. La jeunesse renvoie dos à dos les impérialismes américain et soviétique. Elle affirme sa solidarité avec le tiers-monde et dénonce la guerre du Vietnam. Berlin-Ouest, sous tutelle occidentale, que le Mur sépare de la partie sous influence soviétique, est saisi d’une incroyable effervescence. Francfort, où une base américaine sert de support logistique à la guerre du Vietnam, est l’autre pôle de la contestation.
En février 1966 à Berlin-Ouest, les manifestants défi lent contre la guerre du Vietnam, à l’appel des étudiants socialistes du Sozialistischer Deutscher Studentenbund (SDS), et accusent le gouvernement de complicité. En décembre, les effigies du président Johnson et d’Ulbricht, premier secrétaire du Parti communiste de RDA, sont brûlées. Le SDS, influencé par les analyses de l’École de Francfort, étend le champ de sa critique à l’ensemble de la société ; il reprend les formes d’action, notamment les teachin, imaginées aux États-Unis.
Interdites dans le centre de Berlin- Ouest, les manifestations ne s’en poursuivent pas moins. Le 5 avril 1967, la visite du vice-président américain Humphrey donne lieu à des affrontements. Celle du Shah d’Iran se solde, le 2 juin 1967, par la mort d’un étudiant, Benno Ohnesorg. La presse du groupe Springer – près de 40 % des quotidiens allemands – se félicite de la vigueur de la répression et désigne Rudi Dutschke, principal porte-parole du SDS, organisateur de nombreuses manifestations contre la réforme universitaire, contre la coalition gouvernementale, contre les lois d’état d’urgence et contre la guerre du Vietnam, comme l’ennemi public numéro un.
Après le drame du 2 juin, le mouvement étudiant gagne tout le pays. Le 11 juillet 1967, l’Université critique est créée à Berlin, en présence d’Herbert Marcuse. Cet espace de liberté et de discussion sera le lieu de convergence de l’opposition européenne à la guerre du Vietnam : les 17 et 18 février 1968, une manifestation réunit plusieurs milliers de jeunes venus d’une dizaine de pays d’Europe occidentale.
Rudi Dutschke, opposé à l’action violente d’une minorité, sera victime d’une agression le 11 avril 1968 et le SDS se dissoudra en 1970. Mais, dès le printemps 1968, se produira la première action de la « bande à Baader » qui deviendra la Fraction armée rouge.
LE « MAI RAMPANT » ITALIEN
En Italie aussi, la contestation a saisi les étudiants dès 1966. Le mouvement se poursuivra pendant près de trois ans, au moins jusqu’à « l’automne chaud » de 1969 au cours duquel les conflits sociaux atteindront une intensité sans précédent. C’est le « mai rampant ».
Il débute à Trente : grève des cours, occupation de locaux, rédaction de textes contre « l’université de classe », organisation de « contrecours ». En février 1967, c’est le tour des étudiants de Pise qui diffusent un manifeste. A partir de novembre, l’occupation de l’université catholique de Milan et des facultés littéraires de Turin marque le début d’une longue période d’agitation. En décembre 1967, lorsque le gouvernement présente son projet de réforme universitaire, une vague d’occupation de locaux gagne les universités de Naples, Pavie, Salerne et Gênes.
Ici aussi, le mouvement étudiant trouve dans la lutte contre la guerre du Vietnam un moyen d’exprimer sa volonté de rupture avec la classe politique. Quand le président Johnson arrive à Rome, fi n décembre 1967, la ville est en état de siège.
En janvier 1968, la vague contestataire a gagné des dizaines de villes. A Padoue, Pise, Venise ou Milan, les heurts entre manifestants et policiers sont très vifs. Devant la brutalité de la répression, le recteur de Florence démissionne. Le 23 février, des manifestations contre la réforme de l’enseignement se déroulent dans les villes universitaires. C’est à Rome, le 1er mars, qu’ont lieu les affrontements les plus violents : la « bataille de la Valle Giulia » fait plusieurs centaines de blessés. L’agitation se poursuivra dans la capitale pendant dix-huit mois. D’autres événements de même type surviennent à Turin en mars et novembre, à Pise en avril, à Milan en mars et décembre 1968.
Les principales organisations politiques et syndicales manifestent une attitude d’ouverture envers le mouvement étudiant. Ici et là s’opère une jonction avec les ouvriers qui restera impossible en France. Le déracinement social qui affecte une partie de la population étudiante issue des nouvelles couches moyennes rejoint les frustrations du monde ouvrier. L’on voit même, en avril 1968, le secrétaire général du Parti communiste, Luigi Longo, discuter stratégie et tactiques révolutionnaires avec des étudiants, chose impensable en France, ce qui aura pour effet de favoriser la récupération du mouvement étudiant après les batailles syndicales de l’automne 1969 [3].
DU NORD AU SUD
On peut poursuivre ce tour de l’Europe des jeunes en rébellion contre les sociétés dans lesquelles ils vivent. Aucun pays n’est véritablement épargné, mais les temps et les modalités de la contestation sont très divers. La Grande- Bretagne qui ne connaît guère, en 1968, que deux grandes manifestations contre la guerre au Vietnam et quelques grèves et occupations étudiantes a vu, depuis le début des années 1960, sa jeunesse battre en brèche les tabous de l’ère victorienne. Avec leurs colorations culturelles propres, parfois opposées, « mods », rockers, beatniks, hippies et skinheads, portés par les succès sans précédent de groupes musicaux – au premier rang desquels les Beatles ou les Rolling Stones – ont fait évoluer sans soubresaut majeur la vieille Albion.
Entre 1965 et 1967, les Pays-Bas ont connu les actions spectaculaires du mouvement Provo*, dont l’influence a perduré. Le 10 mars 1966, lors du mariage de la princesse héritière Beatrix avec un aristocrate allemand ancien de la Wehrmacht, ils jettent des fumigènes dans la ville et un poulet blanc dans la voiture officielle. Ce mouvement hétérogène composé de créateurs ludiques, d’anarchistes et d’écologistes, a marqué la vie politique néerlandaise par ses projets alternatifs écologistes avant la lettre, en particulier celui des « vélos blancs », vélos municipaux disponibles sur abonnement.
En Suède, en mars 1968, des étudiants jettent des œufs sur un diplomate américain et perturbent le Sommet des pays développés ; un comité de déserteurs américains est constitué. Le 24 mai, la Maison des étudiants de Stockholm est occupée pour protester, là aussi, contre une réforme universitaire.
La Suisse ne reste pas à l’écart de la contestation. Indéniablement influencé par les événements français, le mouvement étudiant suisse romand reprend slogans et répertoire d’actions. Mais si le printemps et l’été 1968 voient se mobiliser une partie de la jeunesse étudiante, notamment à Zurich, la contestation se développera davantage les années suivantes à Genève et Lausanne.
Dans les pays non démocratiques, bien qu’avec des formes différentes, la contestation se déploie aussi. En Espagne, les étudiants ont commencé à secouer le joug de la dictature franquiste à partir de 1956 ; en 1967 et 1968, ils se mobilisent pour créer des syndicats démocratiques. Le 10 janvier 1968, le pouvoir riposte en fermant la faculté des sciences politiques et économiques de Madrid, puis celles de lettres, de philosophie, des sciences. Les 30 avril, 1er et 2 mai, à l’appel de nombreuses organisations clandestines, des manifestations se déroulent dans les villes universitaires et industrielles, non sans affrontements. Du 14 au 31 mai, plusieurs facultés sont occupées, des barricades* sont même édifiées, quelques voitures renversées. Des événements certes moins spectaculaires qu’ailleurs, mais importants par la mise en cause du régime qu’ils impliquent [4].
EN AMÉRIQUE LATINE
Les événements de l’automne 1968 au Mexique (cf. Gilles Bataillon, p. 40) sont un sanglant épilogue à la lutte opposant depuis longtemps l’Université à l’État. L’Amérique du Sud est touchée également. Au Brésil, un mouvement étudiant clandestin commence à affronter la dictature dès 1966 et s’intensifie à partir de mars 1968. La riposte du pouvoir militaire est violente et des dispositions constitutionnelles sont prises pour empêcher toute opposition. L’Argentine soumise à un régime militaire est touchée en mai 1969. Des événements de type insurrectionnel se déroulent dans la ville de Cordoba : les étudiants se joignent aux ouvriers en grève, l’armée intervient brutalement mais la révolte contre le pouvoir militaire s’amplifiera.
EFFETS DE MIROIR ?
Quels liens tracer entre ces mouvements divers, mais dont les parentés sont éclatantes ? La mobilisation contre la guerre du Vietnam est, dans de nombreux pays, un catalyseur et un élément important de politisation de la jeunesse. Elle conduit les contestataires à nouer des relations et à échanger mots d’ordre et méthodes d’action. Le 15 octobre 1966, une manifestation réunit à Liège des milliers de jeunes Européens proclamant leur soutien au FNL : c’est la première affirmation internationale de l’existence, en marge des partis communistes et socialistes, de groupes d’extrême gauche. Les 11 et 12 mars 1967, à Bruxelles, une conférence visant à une coordination européenne des actions menées en faveur du Vietnam rassemble, comme à Liège, des représentants de la Jeunesse communiste révolutionnaire, des étudiants socialistes unifiés et du SDS.
La grande manifestation de Berlin- Ouest des 17 et 18 février 1968 est l’occasion pour quelques centaines de militants français d’apprendre de nouvelles méthodes de manifestation qu’ils appliquent à leur retour à Paris, le 21 février, et surtout au mois de mai : des lignes de manifestants bras dessus bras dessous s’élancent au pas de course en scandant « Ho, Ho, Ho- Chi-Minh ! Che, Che Guevara ! ».
Lorsque le FNL lance, le 30 janvier 1968, l’offensive du Têt contre le Sud-Vietnam et ses alliés américains, la mobilisation en faveur du peuple vietnamien s’intensifie en France. Le 7 février, les comités Vietnam de base s’affrontent avec la police en tentant d’interrompre un meeting d’extrême droite anti-FNL ; le 13, le Comité Vietnam national manifeste devant l’ambassade américaine ; le 21, traditionnelle journée de lutte contre le colonialisme et l’impérialisme pour l’Unef, le Quartier latin est « occupé » pour la première fois de l’année 1968. Le 20 mars, une manifestation éclair du Comité Vietnam national lors de laquelle les vitrines de l’American Express, rue Scribe, près de l’Opéra, sont brisées conduit à l’arrestation d’un étudiant de Nanterre. Une centaine de ses camarades occupent le bâtiment administratif de la faculté pour obtenir sa libération et le droit à l’expression politique ; ils décident d’organiser des débats politiques et une journée « université critique » à l’instar des étudiants allemands. Baptisé en référence ironique au mouvement cubain du 26 juillet, le mouvement du 22 mars est né autour d’un porte-parole au verbe vif, Daniel Cohn- Bendit.
Le 12 avril, l’attentat dont a été victime, la veille, à Berlin, Rudi Dutschke, provoque des manifestations dans plusieurs villes allemandes. En France, les heurts sont vifs au Quartier latin et, à Toulouse, dans la foulée, un mouvement du 25 avril se crée à l’image du mouvement de Nanterre. A partir du 3 mai, les événements se précipitent.
L’imaginaire politique de toute une génération est marqué par un certain nombre d’idéaux et de mythes communs, incarnés par quelques personnalités emblématiques de la rupture, ardemment souhaitée, avec le « vieux monde ». Certains se réclament de Trotski, opposant vaincu à Staline, d’autres des grandes figures de l’anarchisme – de Bakounine et Makhno à Durruti –, mais, parmi les contemporains, Castro, Ho Chi Minh, Mao et Che Guevara symbolisent, pour beaucoup, la résistance à la toute puissance américaine et un changement social radical. Le leader chinois et le révolutionnaire argentino- cubain ont, de plus, le mérite de s’opposer à l’hégémonie de l’Union soviétique qui n’est plus porteuse d’espoir. L’impact de ces personnalités érigées au rang de mythes de leur vivant et, plus encore, celui du Che après sa mort dans le maquis bolivien, tient au fait que leur image fédère des sensibilités diverses mais rassemblées autour de l’antiimpérialisme, du tiers-mondisme et du romantisme révolutionnaire.
Si l’on trouve bien des parentés dans les références idéologiques, il en est de même des modes d’intervention – sit-in, happenings, occupations d’universités – de ces différents foyers de contestation. Tout naturellement, les idées, les mythes et les personnes circulent [5]. Il y a influences réciproques, effets de miroir et de répétition.
Au-delà de leurs différences, ces mouvements participent d’une même contestation du statu quo politique et social. Il s’agit d’une remise en cause globale de l’ordre mondial, figé dans sa bipolarité, légué par la Seconde Guerre mondiale.
N’oublions pas enfin que cette contestation s’enracine dans une contre-culture dont les modes d’expression circulent facilement d’un pays à l’autre et contribuent sans doute à cimenter, pour une partie de la jeunesse, une identité commune. Les grands festivals de pop music rassemblent, en 1967 à Monterrey, en 1969 à Woodstock et à l’île de Wight en 1970 des centaines de milliers de jeunes autour de Jimi Hendrix, des Doors ou des Who. Selon l’expression d’Éric J. Hobsbawm, « une culture mondiale de la jeunesse est née ».
Mots clés :
Mai 1968
Jeunesse
Révolte
* Cf. lexique.
1. M.-C. Granjon, L’Amérique de la contestation, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 1985.
2. J. Portes,
Les Américains et la guerre du Vietnam, Bruxelles, Complexe, 1993.
3. P. Milza, « Italie 1968 : “le mai rampant” », Mai 68. Les mouvements étudiants en France et dans le monde, Nanterre-Paris, BDIC, 1988, pp. 38-41.
4. A. Bachoud, « Ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre, mai 68 en Espagne », Mai 68. Les mouvements étudiants en France et dans le monde, op.cit.
5. Sous la direction de G. Dreyfus- Armand, R. Frank, M.-F. Lévy, M. Zancarini- Fournel (dir.), Les Années 68. Le temps de la contestation, Bruxelles, Complexe-IHTPCNRS, 2000.
L’AUTEUR
Geneviève Dreyfus-Armand dirige la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) et son musée d’Histoire contemporaine. Outre ses nombreux travaux sur l’exil des républicains espagnols, elle a codirigé plusieurs ouvrages sur Mai 68. A paraître : Les Années 68. Audelà des mythes (BDIC, 2008).
Geneviève Dreyfus-Armand
Dans mensuel 330 daté avril 2008 lire sur : https://www.lhistoire.fr/les-ann%C3%A9es-1968-ou-la-jeunesse-du-monde
/https%3A%2F%2Fwww.radiofrance.fr%2Fs3%2Fcruiser-production%2F2018%2F08%2F5b249590-b343-4915-989a-b066f40a1ecb%2F1200x680_3._manifestazione_autonomia_operaia_-_wikimedia_commons.jpg)