La harpe et sa place dans l'orchestre

La harpe, un instrument… divin !
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Elégante, raffinée, imposante, mystérieuse, onirique : quand il s’agit d’évoquer la harpe, les adjectifs sont légion et la fascination qu’elle exerce sur l’auditeur tient autant à sa carrure qu’à sa palette sonore magique et presque surnaturelle. De par ses origines qui se perdent dans la nuit des temps, elle est très certainement l’un des plus vieux instruments du monde et s’exprime dans des domaines aussi variés que le folklore, le répertoire classique occidentale, les musiques celtique et chinoise ou encore le jazz. Retour rapide sur cet instrument à codes pincées qui n’a cessé de se perfectionner malgré une histoire sinueuse.
Des origines très anciennes

Un joueur de harpe devant Rê-Horakhty – Une harpe angulaire (1000-800 avant J.-C.) © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Christian Decamps ; Hervé Lewandowski
C’est en Mésopotamie que l’on retrouve les traces les plus anciennes de la harpe sur des reliefs et des peintures datant de 3 500 ans avant notre ère. Elle est alors arquée ou angulaire. Vers le IIe siècle avant J.-C., elle apparaît en Grèce, puis dans l’Empire romain, en Inde et en Chine. A cette époque, on différencie la lyre et la harpe en raison de leur conception légèrement différente : la lyre possède des cordes de longueurs égales partant d’un même point de fixation alors que la harpe a des cordes parallèles de longueur inégale. Leur fonction est en revanche commune : communiquer avec les dieux et célébrer le culte, fonction qui se poursuit durant toute l’Antiquité.
Une parenthèse technique
Harpe médiévale – Cologny, Fondation Martin Bodmer
Son entrée dans la sphère occidentale n’est pas renseignée précisément, mais il semble que l’Egypte, dès la VIe dynastie, ait eu des échanges commerciaux avec l’Irlande pour ses mines d’étain. Elle est également signalée au sud-est de l’Ecosse sur les pierres pictes aux alentours du IXe siècle après J.-C. A cette époque les harpes sont petites et facilement transportables. Sculptées dans un tronc de saule, elles possèdent entre 12 et 16 cordes que l’on pince avec les ongles. Alors que le chromatisme envahit peu à peu la musique, la harpe reste diatonique au Moyen-Age et à la Renaissance (rappelons-nous que Gargantua apprend à jouer de la harpe). Parallèlement, la naissance et le perfectionnement des instruments à clavier entraîne une désaffection de l’instrument.
Une invention majeure
Mais les luthiers italiens n’ont pas dit leur dernier mot : ils construisent la arpa doppia (harpe double), constituée d’une double rangée de cordes parallèles, qui se pose au sol et que l’on joue debout… celle-là même dont les sons enchanteurs feront fléchir le dieu Hadès dans l’Orfeo de Monteverdi.
En 1697, le luthier bavarois Jacob Hochbrücker imagine un mécanisme qui permet d’effectuer certaines modulations à l’aide de pédales. Cet instrument à simple mouvement est introduit en France en 1749 et devient un véritable instrument de salon, à la popularité duquel Marie-Antoinette a largement contribué : c’est probablement ce qui a créé ce cliché romantique (et un brin misogyne !) d’un instrument « féminin ».

Schéma d’une harpe à pédale
Mais c’est au célèbre facteur de pianos Sébastien Erard que l’on doit la plus grande innovation : le système de fourchettes à double mouvement. Situées au bas de l’instrument sur le socle pour pouvoir être actionnées avec les pieds, les pédales (3 pour le pied gauche, 4 pour le pied droit) sont reliées à la partie supérieure de la harpe (console) par de longues tiges qui passent dans la colonne. Au sommet on trouve deux disques métalliques appelés fourchettes (qui doivent leur nom aux deux petits cylindres fixés dessus et que l’on nomme… des dents) qui tournent lorsqu’on actionne la pédale : la corde, bloquée entre les deux dents, se trouve ainsi raccourcie et on obtient un son un demi-ton plus haut. Les deux crans de la pédale permettent de jouer le bécarre et le dièse. Les facteurs de harpes continueront à perfectionner la mécanique de la harpe, notamment la famille Naderman, qui inventera une huitième pédale à l’instrument, permettant ainsi de modifier le volume et la couleur du son.
Ainsi pourvue de ses 47 cordes lui octroyant un ambitus de plus de six octaves, la harpe reprend des couleurs et peut ainsi rivaliser avec les autres instruments chromatiques. Après Mozart, qui compose en 1778 un unique concerto pour flûte et harpe (instrument… qu’il n’aime pas !), l’instrument est boudé par les compositeurs. Hector Berlioz sera l’un des premiers à le remettre à l’honneur dans ses œuvres, notamment dans le Bal de sa Symphonie fantastique. Saint-Saëns, Debussy, Ravel, Hindemith ou encore Caplet intégreront à leur tour des pièces pour harpe à leur corpus.
Pour son concert avec l’Orchestre de chambre de Paris, Xavier de Maistre a choisi le Concerto pour harpe de Boieldieu, l’un des fleurons du répertoire classique de la harpe : nul doute qu’elle sera… divinement mise en valeur, servie par l’un des (rares) dieux de l’instrument !
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Par Isabelle Frouvelle lire sur https://lelivreetlaharpe.com/
Évolution de la harpe à travers le temps
La harpe est un des plus anciens instruments à cordes. Depuis ses origines, la harpe était un instrument sacré qui permettait aux prêtres et prêtresses de communiquer avec les dieux.
On trouve sa trace dans des tombeaux en Mésopotamie 5 siècles avant notre ère.
Elle avait alors entre 5 et 7 cordes. Le nombre de harpes découvertes en Mésopotamie est infime par rapport à celles découvertes en Égypte.
La harpe est alors représentée par des peintures ornant des tombes thébaines, des stèles, des statues de musiciens et des objets de la vie quotidienne.

Durant 3 dynasties égyptiennes la harpe évoluera dans sa forme et son nombre de cordes. Elle apparait d’abord de forme arquée (ou cintrée) sans colonne.
Dans l’Ancien Empire d’Égypte (vers 2700 av. J.-C.), la harpe arquée atteint 1,50 à 2 mètres de hauteur. Le nombre de cordes va de 5 à 7, puis passera de 10 à 14 sous le Nouvel Empire (1500 à 1085 av. J.-C.).
À l’époque Saïte (-664 à -525 av. J.-C.) les égyptiens importent d’Assyrie (Nord de l’Irak – Nord-Est de Syrie) des harpes angulaires formées de deux parties : caisse de résonance et joug de fixation.




Harpe birmane
Puis cette harpe angulaire se répand dans le Proche-Orient, Perse, Asie mineure et chez les hébreux.
Les syro-phéniciens rajoutent une colonne pour la consolider.
Puis la harpe se propage à travers la Grèce, à Rome, puis en Inde (IIe siècle av. J.-C.) avec une harpe arquée, et au XVIIe siècle avec une harpe angulaire, toutes deux disparues, tandis qu’en Birmanie subsiste une harpe arquée de 13 cordes, encore jouée aujourd’hui.
En Chine, elle est présente sous le nom de Kong hou entre 700 et 400 avant Jésus-Christ.
Elle s’est éteinte à la Dynastie Ming, pour réapparaître au XX° siècle sous une forme proche de notre harpe occidentale, mais quand-même très exotique.
Harpe plus récente

La harpe a occupé une place importante dans l’antiquité orientale. Son apparition en Occident semble se situer au début de l’ère chrétienne.
Les Égyptiens commerçaient l’étain avec l’Irlande et c’est par ce courant d’échanges que la harpe est arrivée en Irlande.
Elle gagnera ensuite l’Europe. On parlera de la harpe dans la poésie Irlandaise, Scandinave antique, en Russie.
Chez les Hébreux, le Roi David jouait de la harpe. Il y est représenté dans ce tableau du Moyen-Âge.

Harpe irlandaise attribuée au roi d’Irlande Brian Boru (XI°siècle).

En Europe, bardes et ménestrels en joueront jusqu’au 15° siècle.
Au Moyen-Âge, la harpe est diatonique et comprend 12 cordes.
Il y a deux types de harpes :
La harpe romane, en vogue jusqu’au XII° siècle et utilisée pour accompagner une mélodie vocale.
Elle peut aussi interpréter des solos relativement simples.

La harpe gothique est jouée du XII° au XVI° siècle. Les cordes, entre 21 et 28 sont en boyau.
Il y a des harpions en bas des cordes pour donner un effet de frisement alors à la mode dans l’esthétique de l’époque. Cette harpe sera détrônée par le luth.


A la Renaissance, la harpe médiévale diatonique s’avère insuffisante pour moduler.
Elle bénéficie alors d’une évolution majeure : elle reçoit une rangée de cordes supplémentaires pour devenir entièrement chromatique.
Elle est nommée Arpa Doppia (harpe double).
Elle est surtout utilisée comme instrument de basse continue (instrument d’accompagnement).
Sa tessiture est étendue et peut aller aussi bas que la contrebasse.
La première apparition de la harpe se fera dans l’Orfeo de Monteverdi avec la Arpa Doppia en 1607 à Mantova en Italie.
Orfeo est le premier opéra. Il marquera la transition entre la musique de la renaissance et la musique baroque par l’écriture verticale (en accords) en opposition au contrepoint de la musique de la Renaissance.
L’instrument était surtout présent en Italie.
La harpe renaissance (arpa doppia) est constituée d’une rangée de cordes diatoniques (touches blanches du piano) et une rangée de notes altérées (touches noires du piano).

https://youtu.be/W1-yO8lVq7A photo Eric Harps, http://eric-harps.de
Reportage sur la harpe triple galloise
Au XVI° siècle apparait la Harpe Galloise à trois rangées de cordes.
Les cordes diatoniques sont au milieu et les cordes faisant les demi-tons sont de chaque côté.
Elle est également utilisée dans le continuo et notamment dans les concertos de Vivaldi.

En parallèle à l’évolution de la composition musicale de l’époque, l’évolution de la harpe continue. La complexité du jeu sur plusieurs plans de cordes aboutira à la recherche de nouveaux perfectionnements pour revenir à une seule rangée de cordes. Celles-ci seront raccourcies par différents procédés.
1660 : HARPE A CROCHETS
Vers 1660 des facteurs tyroliens imaginent de changer la tension de certaines cordes au moyen d’un crochet actionné par la main de l’exécutant.
Ce système modifiait le son d’une seule corde. C’est le principe des harpes celtiques.

La harpe à crochets est devenue la harpe celtique (ici les crochets sont en plastique) et sont actionnés à la main.
Le crochet raccourcit la corde et la fait monter d’un demi-ton.

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En Amérique Latine, la harpe a été importée par les Espagnols.
D’abord pour accompagner les cérémonies religieuses, elle est devenue très populaire et très présente dans le folklore local (Mexique, Venezuela, Paraguay…).
C’est la harpe Llanera.
En Europe, l’instrument continue son évolution. Raccourcir la corde par un crochet placé en haut de celle-ci permet de monter la note d’un demi-ton. Des luthiers cherchent alors un moyen de jouer dans toutes les tonalités par le raccordement de pédales pour actionner ces crochets et libérer les mains.
1697: LA HARPE À CROCHETS ET À PÉDALES
En 1697, un facteur de harpes allemand du nom de HOCHBRÜCKHER trouve le moyen de mettre les crochets en mouvement, tirant les cordes sur le plan latéral, par le jeu de sept pédales placées à la base de l’instrument et reliées aux crochets par une ingénieuse mécanique qui se trouve à l’intérieur de la colonne.
Chaque pédale peut être abaissée d’un cran. Cette invention sera perfectionnée en 1720. La harpe est accordée soit en si bémol, soit en mi bémol.
Cette harpe comportait environ 35 cordes.
C’est la harpe à simple mouvement.
Comment ça marche : Il y a trois pédales à gauche et quatre pédales à droite.
Chaque pédale va actionner toutes les notes de même nom (par exemple tous les Ré).
La pédale est reliée à la mécanique par une tringle qui passe dans la colonne, puis un système en chaîne va mettre simultanément en action toutes les notes du même nom à toutes les octaves à la fois.

La Reine Marie-Antoinette était autrichienne.
Elle arrive en France et fait découvrir la harpe à pédales en 1770 en donnant son premier concert à la cour.
L’instrument devient à la mode à Paris, et de nombreuses filles de bonne famille suivront sa voie.
Vers 1780, un luthier français, Cousineau, remplace les crochets par des béquilles qui pincent la corde sans la décaler du plan principal.

Puis les béquilles seront remplacées par des disques avec une fourchette, qui en tournant pincera la corde et la soumettra à moins de tenson, donc à moins de casse.
C’est Sébastien Erard qui inventa ce système en 1796.
En 1786 également,
J.H. Nadermann munit la harpe à simple mouvement d’une huitième pédale, ouvrant ou fermant un volet, à l’arrière de la caisse de résonance, pour modifier le volume et la couleur du son.
Celle-ci a été abandonnée au début du XXe siècle.

LA HARPE A DOUBLE MOUVEMENT
C’est en 1811 à Londres, que Sébastien Erard (émigré pour fuir la Révolution), présenta son nouveau modèle de harpe à double mouvement de pédales.
Peu avant, Sébastien Erard pense que chaque pédale, à la base de la harpe, pourrait avoir deux crans, ce qui permettrait, pour chaque corde d’avoir les hauteurs de sons possibles :
– la note bémol,
– la note naturelle, bécarre
– la note dièse.
Elle se nomme pour cette raison la harpe à double mouvement et possède au maximum 47 cordes. Les aigus et les médiums sont montés en boyau de mouton et les graves en métal filé.
Si la harpe à double mouvement avait rapidement conquis le public européen, Nadermann, luthier et facteur au service de la Reine et professeur à l’Académie Royale de Musique de Paris n’y était pas favorable et lui préférait la harpe à simple mouvement. Il fallut attendre 1835 pour que l’enseignement officiel de la harpe à double mouvement fût imposé en France.
1894 : LA HARPE CHROMATIQUE (sans pédales) est inventée par Gustave Lyon de la firme Pleyel.
Cette harpe à cordes croisées possède 78 cordes fixées parallèlement en deux rangées sur la table, les cordes diatoniques étaient placées du côté gauche et les altérations du côté droit. (Ou plus simplement un plan pour les touches blanches du piano et un plan pour les touches noires).
Il n’y avait donc plus besoin de mécanique.
Cette harpe fut enseignée au Conservatoire de Paris jusqu’en 1933.
L’emploi très peu commode de la harpe chromatique lui fera préférer par les harpistes la harpe à double mouvement, qui permettra un des plus jolis effets de la harpe, le glissando.

Harpe chromatique
1890: Henry Greenway construit une double harpe chromatique (avec deux colonnes) à Brooklyn, New-York.
(Il en reste seulement deux dans le monde).
Plusieurs facteurs de harpes ont fait des tentatives de modifications du système des pédales.
Les plus intéressant sont :
– Comte Michel Oginski (1731 – 1803)
– Pierre Cousineau (1753 – 1803) avait essayé de mettre une deuxième rangée de pédales
– François- Joseph Naderman (1773 – 1835)
L’innovation des harpes modernes
– Joël Garnier (1941-2000) inventeur de la harpe à mémoire (1984), véritable prouesse technologique, mais difficilement exploitable commercialement.
Cette harpe révolutionnaire fait partie des collections du Musée de la Cité de la Musique à Paris.
– Jean-Marie Panterne invente la harpe automatique en 2005.
C’est un système électromécanique de passage des pédales d’une harpe selon un schéma programmé et automatiquement exécuté par une machine.
Le modèle définitif est un système électro-pneumatique alimenté par un compresseur.
Pour faire face à l’évolution de la harpe vers le Jazz et les musiques actuelles, en 1984, Joël Garnier, de la maison Camac, lance l’Electroharpe, pendant que Salvi sort sa première harpe amplifiée.
Pour éviter les effets de larsen, la harpe sans caisse ni table d’harmonie, la « Solid-body » est commercialisée par Camac vers 1990.
La harpe Electroacoustique (Harpe à pédales ayant un capteur par corde) permet d’être jouée en version acoustique ou électrique.
La harpe celtique bénéficie également de cette évolution, contribuant ainsi au développement d’un nouveau répertoire.
Harpe celtique électrique de Camac, sans caisse de résonance.

La Blue, harpe électroacoustique de Camac
Par Isabelle Frouvelle lire sur https://lelivreetlaharpe.com/
Lire sur https://pad.philharmoniedeparis.fr/histoires-d-instruments-la-harpe.aspx?_lg=fr-FR

Selon une légende gréco-romaine, c’est Apollon, qui, charmé du son que rendait l’arc de Diane en se détendant, aurait ajouté plusieurs cordes, donnant ainsi naissance à la harpe. Les récits celtiques nous content des histoires mettant en scène la harpe. L’histoire de Gwion (VIe siècle après Jésus-Christ), par exemple, narre la bataille les Celtes contre les Angles : …Nous ne sommes pas des rois, nous sommes des harpeurs et les gens de notre race sont du royaume de la lune.
Et cet autre Dagda, Dieu-druide, qui possède trois attributs dont une harpe magique. Au Moyen Âge, l’iconographie de David (d’abord simple berger, puis devenu roi d’Israël) accompagné de sa harpe est abondante.
Dans la mythologie finnoise, Waïnämoïnen invente la harpe et plonge dans l’extase tout être vivant atteint par le charme de cette musique.
Autant de contes, de récits mythologiques, de légendes médiévales qui rendent compte de la valeur symbolique de la harpe, instrument de liaison entre le ciel et la terre.
Histoire de l’instrument.
Les origines
Qu’est-ce qu’une harpe ?
La harpe à pédales
L’engouement pour la harpe en France
La harpe en musique
Les origines
Originaire d’Asie mineure, la harpe apparaît vers le IIIe millénaire avant Jésus-Christ sous la forme d’une harpe arquée puis, en Egypte, aux environs de 1500 ans environ avant Jésus-Christ une terre cuite révèle une harpe angulaire .
La harpe est importée en Europe occidentale jusqu’en Grèce vers le VIIIe siècle avant Jésus-Christ. Une harpe triangulaire est représentée sur un vase dans le cimetière d’Athènes : une colonne a été ajoutée pour consolider l’instrument. Elle présente les mêmes caractéristiques que celle retrouvée en Syrie, au Xe siècle avant Jésus-Christ sur le relief de Tell’Ades. Ce qui témoigne de l’échange culturel et commercial entre l’Orient et la Grèce. Pendant tout le Moyen ge occidental (Ve-VIe siècles - XIVe siècle), la harpe ne subit que très peu de modification : elle comporte entre 11 et 31 cordes en boyau, montées d’inégales longueurs jouées à vide. Sa console s’incurve et la colonne se bombe vers l’extérieur. Les harpes romanes, assez trapues puis les harpes gothiques, élégantes, à la colonne plus fine, ornent les manuscrits. Les harpes médiévales sont munies de harpions, qui servent à modifier le timbre et à renforcer le son.
C’est dans les pays celtiques puis nordiques que l’usage de la harpe devient courant. L’Irlande, au XIIIe siècle, inscrit la harpe triangulaire sur son blason. Légère et de petite taille, la harpe celtique est facilement transportable et devient l’instrument de prédilection des bardes, des poètes musiciens puis des gens de cour. La harpe irlandaise, plus haute,à la colonne fortement incurvée et munie de cordes métalliques est réputée pour la beauté de son timbre.
Mais le langage musical évolue au cours de la Renaissance (XIVe siècle – XVIe siècle): la musique polyphonique s’épanouit dans toute l’Europe occidentale. Resté diatonique, incapable de moduler, l’instrument est concurrencé par le luth, les claviers ou la guitare. Seule, la harpe irlandaise résiste mais disparaît à la fin du XVIIIe siècle pour renaître au début du XXe siècle.
Les luthiers des XVIe et XVIIe siècles ne cessent d’expérimenter et d’inventer des systèmes de chromatisme : harpes à double rangée de cordes (58 cordes), harpes triples (78 cordes), harpes à crochets manuels. Il faut attendre la fin du XVII, en 1697, pour que la harpe sorte vraiment de son diatonisme. Un luthier bavarois, Jacob Hochbrucker (1673-vers 1763), a l’idée géniale d’utiliser les pieds du harpiste pour modifier l’accord de la harpe. Il crée la première harpe à pédales qui ouvre la voie à la harpe «moderne».
Depuis 1990, Benjamin Bagby a captivé le public du monde entier avec ses performances de l’épopée en vieil anglais Beowulf. Bagby a rejoint Jennifer Hambrick de Classical 101 dans le Radio Performance Studio de WOSU pour une performance émouvante de l’ouverture de Beowulf. En détail cinématographique, cette sélection nous emmène au bord du navire sur lequel Scyld est enterré, empilé d’armes et d’armures et perdu à la dérive sur la mer.

Reconstitution de harpe portative, Erard et Cie, Paris, fin XIXe siècle. Cité de la musique - Photo : Jean-Marc Anglès
Qu’est-ce qu’une harpe ?
La harpe appartient à la famille des cordes pincées même si certains pédagogues préfèrent utiliser le terme de « tirer » les cordes pour les mettre en vibration.
Jusqu’au XVIe siècle, le mot désigne indistinctement harpe, luth et lyre. Une des caractéristiques propres à l’instrument (et qui le distingue des lyres) est la disposition du plan des cordes, toujours perpendiculaires à celui de la table d’harmonie.
Connue depuis l’Antiquité, la harpe adopte en occident la forme d’un triangle composé de la caisse de résonance, la console et un pilier, la « colonne ». Elle se décline en plusieurs modèles.
La harpe de concert (ou d’orchestre) « classique » est constituée d’un cadre métallique.
. La caisse de résonance, en érable, est percée d’ouïes sur sa face bombée pour laisser passer le son.
. La table d’harmonie, en épicéa, s’élargit vers sa base. Sur les modèles les plus luxueux, les tables s’ornent de décors peints à la main.
. La colonne supporte la tension des cordes. Sur une harpe de concert, les cordes (46 ou 47 selon les modèles) exercent une pression d’environ deux tonnes et demie. Sa tessiture, de 6 octaves et demie, est la plus importante des instruments après celles de l’orgue et du piano. Les cordes de couleur, rouge pour les do, noir ou bleu pour les fa, permettent de se repérer plus facilement.
. Le socle (ou cuvette) reçoit les pieds, la colonne et les pédales.
. 7 pédales modifient les 7 notes de la gamme sur toutes les octaves. La harpe est ainsi qualifiée « à double mouvement » et facilite le jeu chromatique .
. Des tringles (reliées aux pédales) passent par la colonne et dirigent un mécanisme complexe « à fourchettes », logé dans la console.
Il existe un modèle dit « harpe d’étude » qui diffère de la harpe de concert par la forme de sa table d’harmonie et le nombre de cordes (entre 40 et 46).
La harpe baroque est aussi grande (environ 1m90) mais plus légère que la harpe « classique ». Ses trois rangées de cordes (89) permettent de jouer toutes les notes.
La harpe celtique, expression d’une culture irlandaise, écossaise et plus tardivement bretonne, est plus petite (environ 90cm). Munie de 32 à 38 cordes, elle est reconnaissable à sa colonne arquée. L’instrument, diatonique, couvre une étendue de 4 octaves et 1 note. Des taquets (ou palettes ou leviers), fixés sous les chevilles de la console, peuvent néanmoins modifier la hauteur d’un demi-ton. Elle est parfois utilisée de nos jours comme instrument d’étude.
La harpe à pédales

La harpe ne connaît son réel développement qu’au début du XVIIIe siècle : de diatonique, elle devient chromatique afin de répondre aux exigences du répertoire.
Cette évolution se fait en deux temps : l'apparition de la harpe à simple mouvement (des années 1720 aux années 1800) qu’on pourrait appeler « semi-chromatique », puis l’invention par Sébastien Erard de la harpe à double mouvement qui devient pleinement chromatique. En 1728, un luthier bavarois Jacob Hochbrucker (1673-vers 1763) présente à la cour de Vienne une invention capitale, laquelle est accueillie à Paris en 1749 : la première harpe à pédales. Elle comporte dorénavant 7 pédales (une par note) dont le mouvement est transmis, par l’intermédiaire de triangles logés dans la colonne, à des mécaniques à crochets qui raccourcissent toutes les cordes de la longueur équivalente à un demi-ton. La harpe est alors accordée en bémols et l’action des crochets permet d’atteindre les bécarres, mais pas les dièses.
Vers 1780, les luthiers Cousineau mettent au point la mécanique à béquilles qui pincent la corde sans que celle-ci ne sorte de son plan initial. Mais ce nouveau système entraîne souvent la rupture de la corde. Ils tentent alors une amélioration grâce à un système de chevilles tournantes.
Sébastien Erard (1752-1831) brevète en 1794 le système à fourchettes qui a l’avantage de laisser la corde parfaitement parallèle aux autres cordes et libres de tout mouvement latéral dans le plan vertical.
C’est encore Sébastien Erard qui apporte en 1811 le dernier perfectionnement à l’instrument, qui n’a guère évolué depuis : le double mouvement. Ce système permet à chaque corde de subir deux altérations (dièse et bémol) : la harpe moderne est née. Depuis, la conception actuelle de la harpe n’a pratiquement pas bougé. Les progrès technologiques, l’apparition de nouveaux matériaux au XXe siècle ont permis néanmoins une amélioration notable de l’instrument et une standardisation d’un produit artisanal.
Les entreprises Lyon-Healy et Salvi concourent à la maîtrise de la fabrication : fiabilité, justesse, mécanique, vieillissement de l’instrument ont été améliorées et permettent l’exportation des harpes sous tous les climats et tous les continents.
La lutherie électrique, électroacoustique et numérique n’a pas délaissé ce type d’instrument. Salvi et Camac commercialisent des harpes électriques et numériques. La petite harpe celtique a conquis la musique pop-rock et s’est aussi amplifiée.
L’engouement pour la harpe en France
Paris est devenu un centre de facture célèbre et attractif avec l’arrivée en France en 1770 de Marie-Antoinette (1755-1793), future Reine de France et elle-même harpiste. Elle incite la cour à suivre son penchant pour l’instrument qui devient indissociable de l’engouement des français pour le genre de la romance.
Dans la capitale, de nombreux facteurs parisiens (les frères Louvet, Renault & Chatelain, Cousineau père & fils, Naderman) côtoient plusieurs facteurs originaires d’Allemagne (Krupp, Godefroy, Henry, Jean Baptiste Holtzman, Zimmermann). Une soixantaine de professeurs est recensée pour l’année 1784.
La facture des harpes à l’époque de Louis XVI atteint un raffinement jamais égalé, reflet de sa clientèle aristocratique : consoles terminées par de volutes somptueusement décorées, colonnes ouvragées, tables d’harmonie décorées de bouquets, guirlandes et scènes peintes. A côté d’instruments de prestige réservés à l’aristocratie et dont les prix atteignent des sommets (une harpe peut être plus coûteuse qu’un clavecin à deux claviers), on trouve aussi des instruments plus simples sans doute destinés à des gens moins fortunés (dont les musiciens eux-mêmes). Mais seules les harpes ornées de beaux décors ont été conservées.
Si le nom de Marie-Antoinette est indissociable de l’histoire de la Harpe en France, une autre femme joue un rôle non négligeable : Mademoiselle de Saint Aubain, qui prend le nom de Comtesse de Genlis en 1764, après son mariage avec le marquis de Sillery, Comte de Genlis. Devenue elle-même maître de harpe, Madame de Genlis a découvert la harpe dans le salon parisien d’Alexandre Jean-Joseph Le Riche de La Pouplinière. Comme Beaumarchais (1732-1799), elle a pour maître le célèbre virtuose Georges Adam Goepfert.
Parmi les nombreux salons aristocratiques et bourgeois qui se développent au cours du XVIIIe siècle, lieux propices aux concerts privés, celui de La Pouplinière se distingue par son intense activité artistique. Il emploie notamment deux harpistes germaniques.
C’est également au Concert Spirituel que le public français peut entendre des virtuoses de la harpe, notamment Christian Hochbrucker et Philippe-Jacques Meyer (1737- 1819).
La littérature pour harpe est extrêmement abondante dans les années 1780 où les airs d’opéras à la mode sont commercialisés sous la forme d’arrangements. Plusieurs grands harpistes ont laissé des œuvres qui appartiennent toujours au répertoire : outre Christian Hochbrucker et Philippe-Jacques Meyer, auteur de la première méthode de harpe en 1763, Jean-Baptiste Krumpholtz joue un rôle important dans l’évolution de l’écriture pour harpe, mais aussi Francesco Petrini (1744-1819) ainsi que Jacques Georges Cousineau (1760-1824), fils de Georges et Jean François Joseph Naderman (1781-1835), fils de Jean Henri.
Au tournant du siècle, la vogue pour la poésie ossianique de James Macpherson et pour l’Arioste renouvelle l’intérêt en faveur de la harpe, évocatrice de l’Antiquité celte et porteuse d’un certain exotisme du Nord. Sous l’Empire, Jean-François Le Sueur introduit douze harpes dans une romance de son opéra Ossian ou les Bardes (1804) et Etienne-Nicolas Méhul emploie l’instrument dans son ouverture romantique d’Uthal (1806). Adrien Boieldieu compose en 1800 un Concerto pour harpe.

La harpe en musique
Jusqu’au milieu du XVIIIe, beaucoup d’œuvres portent la mention « clavecin ou harpe » de sorte qu’il est délicat de parler de « répertoire pour harpe » pour les transcriptions ou les pièces à caractères pédagogiques.
A partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, la harpe connaît une vogue croissante. Elle s’épanouit d’abord en solo au sein des salons que tiennent les grands de la noblesse et de la finance, accompagne la voix, puis rivalise avec les claviers, la flûte ou le violon dans la musique de chambre.
Le répertoire de la harpe est encore destiné à un instrument à simple mouvement auquel Carl Philipp Emanuel Bach (1714-1788) consacre une pièce en trois mouvements (Solo, 1762). De même, Mozart (1756-1791), de passage à Paris, écrit pour Melle de Guînes, célèbre harpiste, son Concerto pour flûte et harpe k 299 (1778).
Mais les contributions principales reviennent aux grands harpistes de l’époque, notamment le plus célèbre d’entre eux, Jean Baptiste Krumpholtz (1742-1790), qui est également à l’origine de divers aménagements apportés à la harpe. Comme Mozart, il dédicace son recueil de Douze préludes et petits airs, opus 2 à Mlle de Guînes. Johann Ludwig Dussek (1760-1812) et Louis Spohr (1784-1859) ont également laissé des œuvres importantes, inscrites au répertoire de la harpe.
Au XIXe siècle, les qualités incontestables de la harpe à fourchettes et à double mouvement d’Erard lui permettent de s’intégrer plus systématiquement à l’orchestre. Hector Berlioz (1803-1869) introduit des parties de harpes dans sa Symphonie fantastique (1830) et dans Harold en Italie (1824). Richard Wagner (1813-1883), Piotr Illitch Tchaïkovski (1840-1893) dans Le Lac des cygnes ou Gustav Mahler (1860-1911) la traitent comme un instrument à part entière de l’orchestre symphonique.
Parallèlement, la virtuosité du répertoire soliste est illustrée par la production du compositeur et harpiste Elias Parish-Alvars (1808-1849).
Les compositeurs français du XXe siècle s’attachent à explorer les timbres de l’instrument. C’est dans la musique de chambre, principalement française, que le répertoire pour harpe s’enrichit. Claude Debussy (1862-1918), écrit ses Deux danses pour harpe et orchestre à cordes (1904) pour la harpe chromatique inventée par la maison Pleyel, puis la Sonate pour flûte, alto et harpe (1915) ; Maurice Ravel (1875-1937), Introduction et allegro pour harpe (1906), Albert Roussel (1869-1937), Joueurs de flûte (1924) et Jean-Michel Damase (1928-) lui consacrent des œuvres solidement ancrés au répertoire.
Dans les années 1970, en France, le renouveau de la musique celtique favorise la redécouverte de la harpe irlandaise. Le chanteur breton Alan Stivell (1944-) remporte un vif succès à la sortie de son album Renaissance de la harpe celtique (1971), dans lequel il joue sur une harpe amplifiée. Ce modèle s’intègre aussi dans les musiques contemporaines, pop-rock et jazz.

Numéro d'inventaire :
E.981.6.1
Facteur :
Erard Frères
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1799
Cette harpe est l’une des plus anciennes harpes Erard conservées, en témoigne son numéro de série : « 7 ».
À la fin du XVIIIe siècle, la harpe connaît un vif succès en France notamment sous l’impulsion de la reine Marie-Antoinette. Harpiste, celle-ci encourage la pratique de l’instrument à la cour, stimulant ainsi le développement d’ateliers de facture à Paris.
En France, l’usage de la harpe à « simple mouvement » perdure longtemps après l’invention, par Sébastien Erard du système « à double mouvement » (dont le brevet est déposé en Angleterre, en 1810).
Actionné par des pédales, le « simple mouvement » raccourcit la corde pour permettre à l’instrumentiste de hausser la note naturelle d’un demi-ton. Vers 1790, Sébastien Erard perfectionne ce système en mettant au point une « mécanique à fourchettes » : la corde est raccourcie par une fourchette fixée sur un disque mobile mis en mouvement par la pédale. Elle est alors maintenue entre les deux ergots de la fourchette. Ce système fut d’emblée jugé bien plus fiable que les précédents qui désaccordaient l’instrument, fragilisaient les cordes et allaient parfois jusqu’à les casser.
Toujours exploité de nos jours, le « double mouvement » permet, lui, de jouer les demi-tons supérieur et inférieur de la note naturelle. L’utilisation de la harpe à « simple mouvement » jusqu’à la date tardive de 1835 est due, en France, à l’enseignement de François-Joseph Naderman au Conservatoire Royal : facteur de harpes, il fut aussi le premier professeur de harpe du Conservatoire et ne formait ses élèves qu’avec des instruments à « simple mouvement ».
En concert à la Cité de la musique, Marielle Nordmann interprète une Chaconne de Georg Friedrich Händel
La console de cette harpe est sculptée et laquée noir et or, la colonne dorée et cannelée est surmontée d’un chapiteau dorique à têtes de béliers.
Harpe à simple mouvement
Maison Erard
1799
Paris
E.981.6.1
Cette harpe est l’une des plus anciennes harpes Erard conservées, en témoigne son numéro de série : « 7 ».
À la fin du XVIIIe siècle, la harpe connaît un vif succès en France notamment sous l’impulsion de la reine Marie-Antoinette. Harpiste, celle-ci encourage la pratique de l’instrument à la cour, stimulant ainsi le développement d’ateliers de facture à Paris.
En France, l’usage de la harpe à « simple mouvement » perdure longtemps après l’invention, par Sébastien Erard du système « à double mouvement » (dont le brevet est déposé en Angleterre, en 1810).
Actionné par des pédales, le « simple mouvement » raccourcit la corde pour permettre à l’instrumentiste de hausser la note naturelle d’un demi-ton. Vers 1790, Sébastien Erard perfectionne ce système en mettant au point une « mécanique à fourchettes » : la corde est raccourcie par une fourchette fixée sur un disque mobile mis en mouvement par la pédale. Elle est alors maintenue entre les deux ergots de la fourchette. Ce système fut d’emblée jugé bien plus fiable que les précédents qui désaccordaient l’instrument, fragilisaient les cordes et allaient parfois jusqu’à les casser.
Toujours exploité de nos jours, le « double mouvement » permet, lui, de jouer les demi-tons supérieur et inférieur de la note naturelle. L’utilisation de la harpe à « simple mouvement » jusqu’à la date tardive de 1835 est due, en France, à l’enseignement de François-Joseph Naderman au Conservatoire Royal : facteur de harpes, il fut aussi le premier professeur de harpe du Conservatoire et ne formait ses élèves qu’avec des instruments à « simple mouvement ».

Numéro d'inventaire :
E.983.8.1
Facteur :
Pleyel
Lieu de fabrication :
Paris, France
Date de fabrication :
1900
La période de fabrication de ce type de harpe s’étend sur à peine plus de trente-cinq ans. Bien que l’enseignement de la harpe chromatique se soit poursuivi jusqu’en 2005 à Bruxelles, cet instrument n’est plus fabriqué depuis l’entre-deux guerres.
Au XVIe siècle, en Irlande et en Italie, sont fabriquées des harpes doubles (arpa doppia), munies de deux rangées de cordes. Ces instruments, qui constituent le premier essai de harpes chromatiques se jouent avec une inversion du rôle de chaque main au registre médium.
En 1894, à la demande de plusieurs musiciens, Gustave Lyon, directeur de la maison Pleyel, dépose un brevet pour un nouveau modèle de harpe sans pédale baptisée « harpe chromatique ». Les altérations ne sont plus obtenues par une modification de la longueur vibrante de la corde, mais par l’adjonction d’un second plan de cordes qui croise le premier de manière à reproduire la disposition des touches blanches et noires du piano.
La tension supportée par l’instrument, plus élevée que sur une harpe classique, oblige à construire la console et la colonne en métal, et à accrocher les cordes non plus à la table, mais à un sommier métallique situé à l’intérieur de la caisse. Les progrès réalisés par la métallurgie de l’aluminium à cette période permettent l’emploi de cet alliage plus léger dans la harpe. L’instrument, qui présente selon son inventeur de nombreux avantages par rapport à l’ancien système (rapidité de jeu et stabilité de l’accord), jouit alors d’un certain succès parmi les musiciens.
Vanessa Gerkens joue la Barcarolle de Mario van Overeem sur cette harpe chromatique.
Soixante-dix-huit cordes sont montées sur cette harpe. La caisse est en palissandre verni, la console en métal et la colonne en métal plaqué de palissandre.
Une partition, semblable à une partition Mustel (sorte de jeu de timbres qui guide l’accord des instruments à son fixe) a été intégrée à l’instrument, afin de faciliter l’accord de ces deux séries de cordes.
Harpe chromatique
Maison Pleyel
1900
Paris
E.983.8.1
La période de fabrication de ce type de harpe s’étend sur à peine plus de trente-cinq ans. Bien que l’enseignement de la harpe chromatique se soit poursuivi jusqu’en 2005 à Bruxelles, cet instrument n’est plus fabriqué depuis l’entre-deux guerres.
Au XVIe siècle, en Irlande et en Italie, sont fabriquées des harpes doubles (arpa doppia), munies de deux rangées de cordes. Ces instruments, qui constituent le premier essai de harpes chromatiques se jouent avec une inversion du rôle de chaque main au registre médium.
En 1894, à la demande de plusieurs musiciens, Gustave Lyon, directeur de la maison Pleyel, dépose un brevet pour un nouveau modèle de harpe sans pédale baptisée « harpe chromatique ». Les altérations ne sont plus obtenues par une modification de la longueur vibrante de la corde, mais par l’adjonction d’un second plan de cordes qui croise le premier de manière à reproduire la disposition des touches blanches et noires du piano.
La tension supportée par l’instrument, plus élevée que sur une harpe classique, oblige à construire la console et la colonne en métal, et à accrocher les cordes non plus à la table, mais à un sommier métallique situé à l’intérieur de la caisse. Les progrès réalisés par la métallurgie de l’aluminium à cette période permettent l’emploi de cet alliage plus léger dans la harpe. L’instrument, qui présente selon son inventeur de nombreux avantages par rapport à l’ancien système (rapidité de jeu et stabilité de l’accord), jouit alors d’un certain succès parmi les musiciens.
Lire sur https://pad.philharmoniedeparis.fr/histoires-d-instruments-la-harpe.aspx?_lg=fr-FR
La harpe, comment ça marche ? Par Émilie Gastaud
Première harpe solo de l'Orchestre national de France, la harpiste Émilie Gastaud présente la harpe à travers son histoire et son répertoire. Elle explique le fonctionnement de son instrument ...
https://www.radiofrance.fr/francemusique/la-harpe-comment-ca-marche-avec-emilie-gastaud-9014668
Félix GODEFROID
1818 - 1897
Compositeur, Harpiste, Pianiste
Date naissance : 24/07/1818
Date décès : 07/07/1897
Né dans une famille de musiciens belges, Godefroid a étudié le piano avant de se consacrer à la harpe. Élève de François-Joseph Naderman au Conservatoire de Paris, il obtient un second prix en 1834. La harpe à double mouvement inventée par Érard n’ayant pas sa place dans l’établissement, il décide de se familiariser avec le fonctionnement de cet instrument auprès de Théodore Labarre et d’Elias Parish-Alvars. Admiré de Berlioz, il devient rapidement l’un des plus grands harpistes de son temps et se produit dans toute l’Europe. Il contribue à émanciper la technique de la harpe de celle du piano, développant notamment le jeu de la main gauche. En 1894, Godefroid et Joseph Hasselmans suggèrent à Gustave Lyon, directeur de la firme Pleyel, de reprendre la construction des harpes à double mouvement. Le facteur conçoit alors la harpe chromatique sans pédales. Godefroid est l’auteur de nombreuses partitions et ouvrages pédagogiques pour son instrument : Étude de concert en mi bémol mineur (1878), École mélodique (1876), Mes exercices pour la harpe (1891), etc. Mais ce musicien prolifique, dont le catalogue compte environ trois cents œuvres, a également écrit de nombreuses pièces pour piano, des œuvres de musique de chambre, l’oratorio La Fille de Saül (1883) et deux messes. En 1858, La Harpe d’or est représentée à Paris, au Théâtre-Lyrique ; cet opéra-comique contient plusieurs solos de harpe, joués alors par le compositeur. Sa ville natale de Namur lui a commandé une cantate, créée lors de l’inauguration de la statue de Léopold Ier en 1869.
Une petite société au Yukon cultive l’espoir d'acquérir une harpe à pédales au territoire.
Texte et photos : Sarah Xenos
Illustrations : Elliott Sloan
Publié le 26 décembre 2023 Lire sur ; https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/7791/harpe-musique-yukon-decouverte.

Associée à la fois à la musique classique, au folklore celtique et à la musique romantique, la harpe a quelque chose d’envoûtant, voire de magique. Et cette magie a gagné le cœur d’amoureux inconditionnels de l’instrument, enracinés dans le territoire vaste et montagneux du Yukon.
Qu’ils soient des musiciens enthousiastes ou simplement sous le charme de la harpe, ils s’efforcent d’encourager le public à tendre l’oreille et à se laisser émouvoir par ses délicates harmonies. Ils cultivent l’espoir que l’instrument se taille une place de choix sur le territoire et que ce dernier se dote un jour d’une grande harpe accessible à tous.
Un instrument qui rassemble
Un dimanche après-midi de novembre, quelques semaines avant le grand concert de Noël au Centre des arts du Yukon, sept personnes – cinq harpistes et deux violoncellistes – se partagent l’espace dans une salle à manger reconvertie en classe de musique chez la professeure de harpe Elayne Sayney.
Difficile de circuler entre les musiciens, tant les harpes à leviers sont imposantes pour l’espace restreint, et impossible de s’installer plutôt dans le salon, puisque ce dernier est déjà occupé par un grand piano à queue.
Ici, tout rappelle la musique, jusqu’à la sculpture d’une harpe en pierre qui trône sur les marches devant le foyer. Pour éviter que le soleil, qui est bas à l’horizon en cette période de l’année au Yukon, ne dérange la lecture des partitions, de gros rideaux ont été tirés partout dans la pièce, ce qui en accentue l'exiguïté.
Le temps de se mettre en place et de bavarder un peu, Elayne Sayney donne le signal. La pièce Carol of the Bells s’élève, portée par des harmonies scintillantes. C’est le morceau qu’interprétera l’ensemble de harpes de Whitehorse qu’elle dirige, Strings Attached, lors du concert qui met en vedette les différents chœurs de la ville. Cet après-midi est donc l’occasion parfaite de peaufiner les sonorités et de délier les doigts.
Pour Elayne Sayney, toutes les occasions sont bonnes pour mettre de l’avant la harpe et pincer les cordes de l'un des plus vieux instruments du monde. La harpe est toujours peu connue, et Elayne souhaiterait la voir plus souvent en concert au Yukon. Elle y travaille d'ailleurs.
Ayant grandi en Irlande, où l’apprentissage de la harpe était quasi obligatoire à l’école qu’elle fréquentait, la musicienne est devenue une passionnée et une référence en matière de harpe. Installée au Yukon depuis plus de 20 ans, elle perpétue la tradition sonore magique en l’enseignant à des élèves motivés, petits et grands.
« C’est un instrument qui est difficile, comme tous les instruments. C’est difficile parce qu’on doit se tenir d’une certaine manière et avoir les mains relevées. On découvre ainsi des muscles dont on ignorait l’existence. Mais, ensuite, c’est comme tous les instruments. Il faut connaître ses notes et s'exercer. »
— Une citation de Elayne Sayney, professeure de harpe
Il y a quelques années, l’une de ses élèves, alors adolescente, est parvenue à décrocher l’or durant des épreuves musicales à l’échelle du pays, une belle surprise pour la communauté.
C’était merveilleux; nous sommes devenus célèbres! s’exclame Elayne Sayney. Elle raconte que quelques professeurs de la région de Toronto lui ont même écrit, surpris que l’on puisse retrouver de la harpe au Yukon. Oui! On ne nous entend peut-être pas beaucoup, mais nous sommes là, leur a-t-elle répondu.
Ce qui peut sembler surprenant à première vue dans une ville à des milliers de kilomètres des grandes salles de concert classique n’a pourtant rien d’inusité aux yeux de Sue Edelman, présidente de la Société de la harpe du Yukon, fondée il y a environ cinq ans.
Selon elle, le territoire compterait une cinquantaine de harpistes et, lorsque l’instrument est proposé dans le cadre de camps musicaux, l’intérêt et la curiosité sont au rendez-vous. La harpe a donc tout à fait sa place dans le territoire.
La harpe à pédales, l’espoir des harpistes d’ici
Le grand désir de la Société de la harpe du Yukon, le but même de sa création, est l’acquisition d’une harpe à pédales afin de l’intégrer dans la collection des instruments permanents du Centre des arts du Yukon, qui n’en possède pas encore. Ce type de harpe, plus grand que les autres, se retrouve fréquemment dans les orchestres et les grands concerts.
La Société, dont Elayne Sayney fait aussi partie, espère ainsi permettre aux artistes en visite d’en jouer tout en assurant la formation de la relève dans le domaine.
Avec une harpe à pédales, nous pouvons jouer avec des chœurs; cela nous donne une portée complète comme un piano. Les harpes celtiques ne peuvent avoir qu’une gamme réduite, explique Elayne Sayney.


Photo: Claude Germain (Philharmonie de Paris)
Aussi appelée harpe classique ou grande harpe, la harpe à pédales est le plus grand instrument à corde pincée. Il possède 47 cordes et 7 pédales, une pour chaque note de la gamme. Chaque pédale permet de jouer les notes en bémol, en bécarre ou en dièse selon les besoins, ce qui donne une grande possibilité pour les modulations.
Les jeunes qui le souhaitent pourraient poursuivre leur formation sur place avant de se rendre dans les différentes universités du sud du pays pour y poursuivre leur parcours musical. C’est une avenue incontournable puisqu’aucun établissement supérieur n’offre d’étude en musique au nord du 60e parallèle.
Lorsqu’on arrive au niveau universitaire, on doit savoir jouer de la harpe classique, et cela ne peut pas qu’être une petite harpe, explique Sue Edelman, ajoutant que l’organisation est encouragée dans sa démarche par le soutien de professeurs de musique du territoire.
Ils savent que les jeunes doivent être en mesure de jouer sur des harpes à pédales pour se rendre à ce niveau, ajoute-t-elle.
Par ailleurs, comme il est très difficile de transporter un instrument aussi volumineux jusqu’ici, peu de musiciens d’ailleurs au pays viennent se produire dans le Grand Nord. Le fait de disposer d’une grande harpe permettrait de renforcer encore davantage l’amour des Yukonnais pour la harpe.
Lorsqu’un orchestre qui comporte normalement une harpe vient ici, le harpiste ne suivra pas, et nous perdons cette partie de la musique, déplore Sue Edelman.
On ne peut pas mettre sa harpe à pédales de plus de 1,50 m dans le compartiment à bagage [dans un avion], dit-elle à la blague
La Société de la harpe du Yukon souhaite donc acquérir une harpe classique, mais pas n’importe laquelle. Plutôt qu’une harpe avec un cadre de bois, elle opterait pour un instrument avec un cadre en fibre de carbone, ce qui le rendrait beaucoup plus léger et plus facile à transporter.
La fibre de carbone éviterait également d’avoir à l’accorder constamment, puisque, contrairement au bois, son cadre ne prend pas d'expansion à la chaleur ni ne se rétracte au froid, ce qui permet de maintenir une tension constante dans les cordes.
Nous tentons de faire venir un très grand instrument au Yukon, et nous voulons être en mesure de l’emporter quand nous nous rendons ailleurs au territoire. Donc, il est logique d’utiliser un instrument en fibre de carbone, affirme Sue Edelman, qui souhaite organiser des concerts à Dawson ou encore à Haines Junction afin d’attirer le public partout en région.
Une harpe à pédales traditionnelle peut peser jusqu’à 40 kg, ce qui rend son transport difficile. Le cadre en fibre de carbone permet toutefois d’alléger ce poids et de le faire passer à environ 17 kg.

Meta Epstein avait 11 ans lorsqu’elle a commencé à jouer de la harpe.
Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos
La harpe recherchée est fabriquée par l’entreprise Heartland Harps, à Zirconia, en Caroline du Nord, et devra traverser plus de 5700 km jusqu’à Whitehorse. Le prix pour sa fabrication, les accessoires et le transport s’élève à près de 56 000 $.
Pour aider à amasser les fonds nécessaires, plusieurs concerts ont été organisés au fil des années, notamment avec une harpiste invitée de l’est du pays, Meta Epstein, qui a eu l’occasion d’accompagner l’ensemble de harpes Strings Attached lors du concert de Noël, au début du mois de décembre.
C’était extraordinaire. Je suis contente d’être ici pour faire ça. J’adore l’ensemble de harpes et Elayne, la prof, elle fait un très beau travail avec ça. Ce n’est pas évident de mener un ensemble, dit sur un ton enthousiaste celle qui joue depuis qu’elle est enfant.
Meta Epstein avait 11 ans lorsqu’elle a commencé à jouer de la harpe, après être tombée sous le charme de ces harmonies célestes durant un concert. Sa première harpe n’avait toutefois rien de divin. Mon père m’a fait une harpe avec deux skis, un balai et du fil de pêche pour commencer, raconte-t-elle en riant.
Aujourd’hui, celle qui se décrit comme faisant partie des troubadours errants transporte sa petite harpe ou emprunte un instrument lorsqu’elle pose les pieds au Yukon. Éventuellement, il y a la Société de harpe du Yukon qui va avoir une harpe aussi, alors ce sera plus facile; je n’aurai pas besoin d’apporter la mienne, dit-elle.
Un don hors du commun
En attendant l’arrivée de la harpe classique, les harpistes peuvent se réjouir d’un don peu commun dans le monde de la musique, puisque, il y a quelques semaines, une nouvelle harpe celtique a fait son entrée au Yukon. Sur son cadre, une petite plaque dorée porte le nom de Nathalie Teevin, une harpiste de Québec, aujourd’hui retraitée.
Je me demandais ce que je pourrais faire pour rendre des gens heureux et, en fait, ma harpe me regardait avec de grands yeux tristes, et je me disais : oui, je vais la donner, explique la principale intéressée avec un grand sourire.
Ancienne harpiste au sein de l’Orchestre symphonique de Québec, Nathalie Teevin a également joué avec les orchestres de Winnipeg, d’Halifax, d’Ottawa et de Montréal, en plus d’enseigner au Conservatoire de musique de Québec. Pourtant, elle n’a jamais mis les pieds au territoire. Alors, pourquoi faire don d’un tel instrument au Yukon?
Une photo d'archives de Nathalie Teevin.
Une photo d'archives sur laquelle des musiciens et des musiciennes jouent de leurs instruments.
Une photo d'archives de Nathalie Teevin.
J’ai une corde sensible justement pour le Yukon et Whitehorse, spécialement parce que mon ancien beau-père, qui est décédé maintenant, du nom de Pierre Dufour, a fait plusieurs voyages à Whitehorse. Il m’a parlé de Robert Service, le grand poète, explique-t-elle.
Elle fait ainsi référence à Robert William Service, surnommé le barde du Yukon, qui a écrit, au début du siècle dernier, sur l’enchantement et la beauté d’un territoire vaste et sauvage dont l’attrait va bien au-delà de la ruée vers l’or, et dont l’amour pour cette terre est encore visiblement contagieux, plus d’un siècle plus tard.
LE SAVIEZ-VOUS?
Une des premières harpes arrivées en sol yukonnais aurait été acheminée à dos de mule jusqu’au Klondike en 1898, durant la ruée vers l’or. Il s’agirait de la harpe à pédales d’Evangeline Booth, évangéliste et générale dans l’Armée du Salut. Mesurant près de 1,70 m, elle était alors utilisée pour accompagner les séances de prière. L’instrument est aujourd’hui exposé au deuxième étage de la bibliothèque de musique de l’Université de l’Indiana, à Bloomington, aux États-Unis.
Lorsque Nathalie Teevin a été mise au courant par son amie harpiste Meta Epstein de l'existence d’une société de la harpe et d’un amour partagé pour cet instrument dans le Nord canadien, il ne lui en a pas fallu plus pour être convaincue d’envoyer la sienne au pays de son poète favori.
« Moi, je suis heureuse; la harpe a besoin d’être jouée, et je crois qu’elle est entre bonnes mains. »
— Une citation de Nathalie Teevin, harpiste de Québec
Il n’est pas simple, pourtant, d’envoyer un instrument aussi fragile à l’autre bout du pays. Il a fallu créer une boîte de transport et contacter une entreprise de déménagement de Montréal pour faire le transport. En tout, il aura fallu trois semaines pour que la harpe de Nathalie parvienne au territoire.
C’est l’aboutissement d’un projet qui, vraiment, je pense, va aider, parce qu’on manque toujours d’instruments. Alors, il y a des jeunes qui vont pouvoir s’exercer dessus, et une autre harpe, ce n’est jamais de trop, a souligné Meta Epstein lors de son passage au Yukon en décembre pour accompagner le groupe de harpes.
C’est d’ailleurs sous ses doigts que les notes se sont élevées de la harpe de Nathalie Teevin pour la première fois au Centre des arts du Yukon, devant la foule rassemblée pour le concert annuel de Noël.
Pour l’occasion, une grande harpe trônait aussi sur la scène baignée de lumière bleue. La présidente de la Société de la harpe du Yukon, Sue Edelman, elle-même choriste durant le concert, explique que l’instrument a été emprunté auprès d’un particulier de la région.
Pour le moment, nous supplions, nous empruntons et nous prenons tout ce que nous pouvons, explique-t-elle, les yeux rieurs, quelques minutes avant de monter sur scène.
Sur un ton plus sérieux, elle ajoute que c’est toutefois loin d’être idéal, puisque cela empêche, notamment dans le cas de la harpe classique, de la transporter vers d’autres communautés pour y organiser des spectacles. Elle attend donc la harpe à pédales du Centre des arts avec impatience.
L’avenir de la harpe dans le Nord
La professeure Elayne Sayney transmet son savoir et son amour pour le son pur de la harpe depuis plus d’une dizaine d’années à Whitehorse. Elle dit que, avant le début de la pandémie, il y avait un véritable engouement pour cet instrument de musique, un engouement qu’elle souhaite raviver.
Il y a beaucoup de harpes au Yukon, beaucoup [...] et beaucoup de petites harpes, assure-t-elle, sans toutefois pouvoir en expliquer la raison. Elle a pour quête personnelle de dénicher les harpes du territoire qui prennent la poussière dans les salons et les greniers afin de leur donner une seconde vie.
Depuis quelques années, elle profite également du camp d’été musical dans la ville pour initier de petits groupes de jeunes à la harpe. Avec la harpiste Meta Epstein, elle souhaite aussi mettre en place des ateliers pour attirer un plus large public et lui permettre d’essayer l’instrument.
LE SAVIEZ-VOUS?
La plupart des cordes d’une harpe sont fabriquées à partir de boyaux de mouton, comme c’est le cas pour plusieurs instruments à cordes. Les cordes des notes les plus basses sont quant à elles composées de métal filé, tandis que celles des notes les plus hautes sont faites de nylon.
Toutefois, l’un des plus grands rêves que caresse Elayne Sayney est la création d’un programme d’enseignement de la harpe dans une des écoles de la région.
Cela prendra du temps; ce n’est pas quelque chose qui peut se faire en une nuit, mais ce serait bien d’avoir un programme dans au moins une de nos écoles [...]. Mais nous avons besoin de harpes. C’est la première étape, dit-elle, précisant qu’il faudrait six instruments pour démarrer un tel programme.
De son côté, la Société de la harpe espère recevoir sa harpe à pédales en juillet 2024, et elle compte bien organiser un concert pour souligner son arrivée après des années d’efforts pour amasser les fonds nécessaires à son achat.
Entre-temps, les harpistes et les aspirants harpistes du Yukon peuvent se réjouir d’avoir une harpe celtique supplémentaire pour s’exercer grâce au don de Nathalie Teevin.
La harpe va donner des connaissances aux jeunes [...]. Il y a beaucoup de jeunes harpistes et des moins jeunes qui aiment la musique, et je suis très contente de commencer quelque chose là-bas. On m’a dit que les nuits sont très longues, alors il faut s’occuper avec de la belle musique, conclut la harpiste à des milliers de kilomètres, des étoiles dans les yeux.
Texte et photos : Sarah Xenos
Illustrations : Elliott Sloan
Publié le 26 décembre 2023 Lire sur ; https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/7791/harpe-musique-yukon-decouverte.
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