Autour de Ana Alcaide


Ce monde
est un endroit plus beau…
Contempler un coucher de soleil méditerranéen,
embaumé par le parfum des figuiers,
un verre de vin à la main
et une chanson d'Ana Alcaide.
Mardi 22 Octobre 2019 sur :
https://www.jetsetmagazine.net/FR.6.culture.musique.ana_alcaide.1121
Biographie
Ana Alcaide - Espagne
Ana Alcaide, est une spécialiste et chercheuse de la musique de la Péninsule Ibérique médiévale.
A travers la musique de trois cultures, réunissant des fragments de la tradition andalouse avec des compositions séfarades et des thèmes de la musique médiévale chrétienne.
Ana Alcaide introduit dans la musique médiévale ibérique un instrument de musique traditionnel à cordes frottées (archet) d'origine suédois "Le nyckelharpa" autrefois fabriqué et pratiqué par les fermiers et les artisans de l'Uppland du nord en Suède. Apparu au XVIIe siècle, cet instrument était le plus pratiqué dans cette région, utilisé pour des danses et à l'occasion de cérémonies et de rituels.
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Ana Alcaide est une interprète et compositrice de Tolède qui développe une activité de recherche autour des traditions et des cultures anciennes. Pendant ses études de biologie, elle s'est rendu en Suède et y est tombée amoureuse du «Nyckelharpa», un instrument médiéval qu'elle a appris Í jouer de façon autodidacte dans les rues de sa ville. Sa musique est généralement décrite comme "La bande originale de Toledo".
Elle est l’une des artistes espagnoles avec la plus grande projection internationale. Elle a donné plus de 500 concerts sur 4 continents et participé aux festivals de folk et de musique du monde les plus importants de la planète.
Elle a actuellement 5 albums publiés, acclamés par la presse et des critiques spécialisés, et a collaboré et partagé la scène avec des artistes tels que Loreena Mckenitt.
Mardi 22 Octobre 2019 sur :
https://www.jetsetmagazine.net/FR.6.culture.musique.ana_alcaide.1121
Ana ALCAIDE – La Cantiga Del Fuego
9 juin 2013 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-la-cantiga-del-fuego/
Au chapitre des réconciliations entre cultures du Nord et cultures du Sud, Ana ALCAIDE paraît être une ambassadrice attitrée puisqu’elle a introduit un instrument archaïque scandinave dans une tradition musicale qui a ses sources dans la péninsule ibérique. Cette Madrilène d’origine a en effet abandonné ses études de biologie et de botanique pour se consacrer à la musique, suite à sa découverte, en Suède, du nyckelharpa, un instrument médiéval à cordes frottées de la même famille que la vielle à roue, et qui peut justement se traduire par « vièle à clavier ».
Au début des années 2000, Ana a ainsi passé son temps alternativement entre l’Université de Lund, en Suède, où elle a perfectionné son jeu au nyckelharpa, et Tolède (dans la communauté de Castille-la-Manche, dans le Centre de l’Espagne), où on pouvait la voir jouer de cet instrument – pour le coup très exotique ! – dans les rues. Du reste, elle y vit toujours… (à Tolède, pas dans la rue !).
À travers ses deux albums précédents, Ana ALCAIDE avait témoigné à la fois de sa maîtrise du nyckelharpa et de sa prédilection pour un répertoire méditerranéen, et à vrai dire très ancré dans la culture de la communauté judéo-espagnole, dont on sait qu’elle a été, dans l’Espagne de 1492 (fin de la « Reconquista »), la victime d’une forme antique d’épuration ethnique de la part des monarques catholiques en place.
Cet attachement au répertoire séfarade, Ana ALCAIDE l’a de plus entériné en enregistrant en 2009 un DVD dans la somptueuse synagogue El Tránsito (datée du XIVe siècle) de Tolède, ville qui, rappelons-le, est restée connue pour la tolérance religieuse dont elle a fait preuve durant l’époque Al-Andalus, où les trois communautés chrétienne, juive et musulmane cohabitaient en paix.
Et c’est une fois encore l’histoire et les légendes de la capitale de la communauté de Castille-la-Manche, ainsi que les chants traditionnels séfarades provenant des régions balkaniques et méditerranéennes où se sont exilés les Séfaradim après leur expulsion de la péninsule ibérique, qui fournissent la matière littéraire et musicale de ce troisième CD, La Cantiga del Fuego (le chant du feu).
Ana ALCAIDE y chante en espagnol et en ladino (langue espagnole-hébraïque) les histoires d’une jeune fille juive qui, forcée de quitter sa maison, se fait guider par la lune, d’un beau jeune homme qui a « poussé » dans les jardins de la Reine, d’un serpent volant qui enlève une fille, d’un incendie qui ravage toute une ville, d’un amour tragique entre un chrétien et une juive, les événements survenus sous le règne de la reine Esther, etc. Airs de danse, ballades intimistes ou complaintes religieuses se côtoient ainsi pour circonscrire un univers qui emprunte autant à l’Histoire authentique qu’à la Légende.
9 juin 2013 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-la-cantiga-del-fuego/
La production entière est le fait d’Ana ALCAIDE, qui a opté pour des paysages sonores aux couleurs « world », impliquant plusieurs musiciens qui l’accompagnent régulièrement au psaltérion et santour, aux guitares acoustique et espagnole, à la basse et aux percussions. Des timbres supplémentaires ont été ajoutés pour souligner ou évoquer l’origine de telle ou telle pièce, comme une clarinette, un ney turc, une mandole, un accordéon chromatique, une vîna, un oud, une gaida, un pandero, une moraharpa, une furulya hongroise, etc. C’est dire si un soin tout particulier a été pris pour que chaque thème se pare d’effluves reflétant des échos d’un passé onirique ou douloureux. Et sur le thème final (Mikdash, qui signifie prière en hébreux), Ana invite une voix masculine à prendre les devants, celle du musicien iranien Reza SHAYESTEH, féru de musique persane.
9 juin 2013 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-la-cantiga-del-fuego/
La Cantiga del Fuego s’avère passionnant et envoûtant d’un bout à l’autre. La musicienne et chanteuse tolédane a cherché à rendre son monde accessible même à des auditeurs non spécialistes en tradition séfarade, sans jamais sacrifier la dimension poétique, voire sacrée, de ses pièces.
S’il fallait situer la démarche d’Ana ALCAIDE dans le vaste champ de la world music, on pourrait dire qu’elle est en quelque sorte une version judéo-espagnole de Loreena McKENNITT (rapprochement d’autant plus induit par le fait qu’Ana ALCAIDE joue aussi occasionnellement de la harpe celtique).
Cet album est son premier à bénéficier d’une diffusion internationale. Il ne faut pas rater cette occasion de découvrir une artiste singulière qui mérite bien plus qu’un succès confidentiel.
Stéphane Fougère
9 juin 2013 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-la-cantiga-del-fuego/
Site : http://www.anaalcaide.com/
Label : www.arcmusic.co.uk
Ana ALCAIDE – Como la Luna y el Sol
16 septembre 2014 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-como-la-luna-y-el-sol/
Ana ALCAIDE – Como la Luna y el Sol
(ARC Music
Fort du succès rencontré par La Cantigua del Fuego, l’album de 2013 qui a révélé la chanteuse et musicienne Ana ALCAIDE à un public en principe plus large que celui de sa Terre natale, l’Espagne, et de sa tradition judéo-espagnole, le label ARC Music publie déjà un autre album, qui est en fait le précédent enregistré par cette artiste de Tolède.
Il s’agit donc d’une réédition, mais la confidentialité dans laquelle a baigné ce disque auparavant fait qu’il sera appréhendé comme une nouveauté pour la plupart des auditeurs, à moins d’avoir séjourné un temps à Tolède, d’y avoir croisé le chant et la musique d’Ana ALCAIDE et de s’y être procuré ses deux premiers opus, à supposer qu’ils soient encore disponibles sur place… (Bien sûr il y a aussi le site Web de l’artiste, pour qui maîtrise l’espagnol…).
Cinq ans séparent Como la Luna y el Sol de La Cantiga del Fuego, mais l’approche musicale y est assez similaire. La différence est en revanche plus marquée avec le premier album d’Ana ALCAIDE (qui reste à rééditer…). Dans celui-ci elle cherchait surtout à mettre en avant sa maîtrise du nyckelharpa dans un registre judéo-espagnol (rappelons que cet instrument n’a strictement aucun lien avec la tradition juive et renvoie plus volontiers à la musique traditionnelle suédoise – et c’est bien ce qui fait la singularité de la démarche d’Ana ALCAIDE).
Como la Luna y el Sol fait déjà état d’une plus grande ambition artistique autour d’un recentrage thématique, plus nettement ancré dans le répertoire séfarade (dont Tolède est une source d’inspiration évidente), et évoque ce sentiment de perte éprouvé par le peuple juif suite à son expulsion hors des terres espagnoles, à la fin du XVe siècle, et la séparation avec cette Terre aimée. C’est l’histoire d’une quête de l’inaccessible, « comme la lune avec le soleil »… C’est au fond l’histoire de tout « réfugié », toutes traditions confondues…
16 septembre 2014 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-como-la-luna-y-el-sol/
Ana ALCAIDE nous livre ici une sélection de douze chansons (en langue ladino) et instrumentaux provenant de Turquie, de Salonique, de Rhodes, de Bulgarie, de Grèce, et même du Maroc, tous reflétant l’exil de la diaspora juive séfarade. Ces morceaux ont été dûment réarrangés pour l’instrument de prédilection d’Ana ALCAIDE. Celle-ci est de plus entourée de trois autres musiciens sur ce disque, l’un aux instruments à cordes, l’autre aux instruments à vent, et le troisième aux percussions. Le quartette ainsi constitué fait montre d’une grande variété et inventivité dans les arrangements, en exploitant des combinaisons instrumentales différentes sur chaque pièce.
Outre le nyckelharpa, Ana joue aussi du santour, du hardanger, du violon et ajoute occasionnellement de discrètes touches de clavier. Carlos BECEIRO alterne ou superpose mandole, lauto, baglama, saz, vielle à roue, guitares acoustique et électrique, viola braguesa (luth à dix cordes portugais), cümbüs (banjo turc), etc. Jaime MUŇOZ est pour sa part en charge des flûtes, (bansuri, kaval…), de la clarinette et du chirimia (hautbois), et Jose Manuel CASTRO étale ses percussions. Enfin, quelques voix tirées d’archives audio se font également entendre au début et à la fin du disque afin d’en appuyer la thématique.
16 septembre 2014 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-como-la-luna-y-el-sol/
Peut-être un peu moins pléthorique en termes d’instrumentation que son successeur (mais déjà fort généreux), Como la Luna y el Sol affiche avec aplomb l’orientation d’Ana ALCAIDE vers une musique évolutive richement élaborée mais évitant la surproduction clinquante. Son choix d’un répertoire séfarade arrangé aux couleurs méditerranéennes (dans lesquelles se fond admirablement le nyckelharpa) est parfaitement raisonné et cohérent. Et surtout, la sensibilité d’Ana ALCAIDE y resplendit tout du long.
Si vous avez aimé La Cantiga del Fuego, n’hésitez pas à vous procurer Como la Luna y el Sol. Si vous êtes un parfait néophyte dans l’univers d’Ana ALCAIDE, vous pouvez aussi commencer votre découverte par cet opus, qui vous ouvrira les portes du suivant.
Stéphane Fougère
16 septembre 2014 Stéphane Fougère Chroniques sur : https://rythmes-croises.org/ana-alcaide-como-la-luna-y-el-sol/
Site : http://www.anaalcaide.com/
Label : www.arcmusic.co.uk
Traditions musicales suédoises et espagnoles
FolkWorld Issue 42 07/2010; Article by
Pío Fernández sur :
https://www.folkworld.eu/42/e/ana.html
Madrid, Malmö, Tolède, ...
Ana Alcaide est née et a grandi à Madrid, capitale et centre géographique de l'Espagne, où elle a obtenu sa licence en biologie. Grâce à une bourse Erasmus pour étudier à l'université de Lund, en Suède, elle a vécu à Malmö (dans la province suédoise de Scanie, la plus méridionale du pays). Durant son séjour, Ana a également consacré du temps à la pratique du violon, instrument qu'elle apprenait depuis l'enfance. Cela l'a amenée à découvrir la nyckelharpa, un instrument traditionnel suédois à clavier, qui combine un clavier à cordes pincées, comme sur la vielle à roue, avec un archet qui frotte les cordes, à la manière d'une viole ou d'un violon.
Après avoir terminé ses études, elle est retournée à Madrid et a joué de ses instruments à cordes avec plusieurs groupes de musique folk et celtique locaux. Elle a également travaillé sur ses propres projets musicaux et, depuis 2006, Ana a sorti deux CD et un DVD en collaboration avec des musiciens locaux et étrangers.
Depuis 2006, Ana vit à 70 km au sud de Madrid, dans le centre de Tolède. Pour une passionnée de musique castillane, séfarade et médiévale, s'installer dans la ville voisine de Tolède est un choix judicieux. Cette ville possède une magnifique et vaste vieille ville, avec ses bâtiments en pierre, ses ruelles étroites, ses églises, ses mosquées et ses synagogues, offrant un cadre idéal pour se concentrer et s'inspirer du riche patrimoine historique et culturel des lieux.
Lors de notre visite à Ana à Tolède, nous avons également eu le plaisir de rencontrer Renzo Ruggiero, joueur de nyckelharpa et de vielle à roue, membre du groupe italien PÌVARI TRIO. Ana et Renzo participent tous deux à un projet européen trinational (Suède, Allemagne, Italie) visant à promouvoir la nyckelharpa et la connaissance de cet instrument au-delà des frontières suédoises. Ce projet s'intitule : EUROPEAN NYCKELHARPA TRAINING.
Mais voyons d'abord ce qu'Ana nous a raconté sur ses expériences dans la musique folklorique suédoise et avec la nyckelharpa.
Découvrir la musique traditionnelle et folklorique en Suède
Ana Alcaide est partie en Suède pour étudier la biologie, puis est revenue en Espagne pour devenir musicienne professionnelle. Elle apprenait le violon depuis son enfance. Ainsi, pendant son année d'études à l'université de Lund, le violon lui a permis de s'intégrer à la scène musicale locale et de se familiariser avec le nyckelharpa. Une fois ses études de biologie terminées, elle a décidé de poursuivre son expérience suédoise. Elle est retournée à l'Académie de musique de Malmö pour y étudier pendant trois ans, cette fois-ci afin de parfaire sa formation musicale, principalement axée sur le nyckelharpa.
En Suède, Ana a constaté que, bien que la musique traditionnelle locale soit relativement méconnue dans le reste de l'Europe (comparée à la musique irlandaise, par exemple), la population reste très respectueuse et attachée à son patrimoine musical. Ana AlcaideUne tradition continue y règne, où jeunes et moins jeunes se réunissent pour chanter, jouer et danser leur musique folklorique (la polska étant l'air de danse le plus caractéristique), à l'instar des céilí ou cèilidh en Irlande et en Écosse.
De plus, les conservatoires et écoles de musique suédoises ne se limitent pas à l'enseignement de la musique classique. Ils ont intégré l'apprentissage des musiques populaires dans leurs programmes officiels : jazz, rock, folk… et pas seulement celles issues de la tradition suédoise.
Durant cette période, Ana a eu l'occasion de se produire en public, notamment avec la chanteuse danoise Sussie Nielsen et le musicien iranien Reza Shayesteh . Reza était également l'un des professeurs de musique traditionnelle d'Ana à l'université de Malmö, et il a continué à jouer avec elle lors de quelques concerts ces dernières années. Je me souviens d'un concert au bar musical Galileo Galilei à Madrid où Ana et Reza ont tous deux joué du tambourin, un instrument à cordes traditionnel persan.
Ana est passionnée par tous les instruments à cordes traditionnels, outre le violon, la nyckelharpa et le tambourin. Lors de son séjour en Scandinavie, elle a eu l'occasion d'apprendre et d'acquérir d'autres instruments comme la moraharpa et le violon de Hardanger. La moraharpa est également un ancien instrument à cordes à clés, découvert pour la première fois dans la ville suédoise de Mora. Sa configuration est plus simple que celle de la nyckelharpa. Le violon de Hardanger est utilisé dans la musique traditionnelle norvégienne. Il possède une tonalité plus aiguë que le violon classique et des cordes sympathiques, ou cordes de résonance, placées sous chacune des quatre cordes frettées supérieures. À cet égard, il est similaire à la viola d'amore, voire à la nyckelharpa.
Harpe clé, harpe Mora et autres
Le mot suédois Nyckelharpa est composé de :
« nyckel », qui signifie « clé », et
« Harpa », qui signifie « instrument à cordes » (harpe, mais aussi violon, viole, etc.).
Au cours des derniers siècles, la Suède, et plus particulièrement la province d'Uppland (située sur la côte est du pays, au nord de Stockholm), est devenue en Europe le berceau de la tradition de cet instrument particulier. Les nyckelharpas d'Ana et RenzoOn retrouve néanmoins des références et des illustrations de ce type de violon à clés dans des documents et des sculptures datant du Moyen Âge et de la Renaissance, provenant d'autres régions d'Europe (Norvège, Finlande, Allemagne, Belgique, Italie, etc.).
La figure suédoise la plus marquante de la renaissance du nyckelharpa ces dernières années est Eric Sahlström. Musicien, compositeur et facteur de nyckelharpa, il a suscité un vif intérêt pour cet instrument et la fabrication de milliers d'exemplaires en Suède dès 1970 environ. Décédé en 1986, son œuvre est perpétuée par sa fille Sonia et l' Institut Eric Sahlström, situé dans le village de Tobo (comté d'Uppsala).
Les nyckelharpas suédoises actuelles sont construites avec des caisses de résonance étroites et allongées. La longueur totale de l'instrument et la manière de le tenir (à l'aide d'une lanière autour du cou) sont similaires à celles d'une guitare. La différence réside dans le fait que (pour un musicien droitier) les doigts de la main gauche appuient sur les clés situées sur le côté du manche, tandis que la main droite frotte les cordes à l'aide d'un archet d'une longueur environ deux fois moindre que celui d'un violon.
La nyckelharpa traditionnelle possède trois cordes aiguës qui vibrent par frottement direct de l'archet. Ce sont les cordes mélodiques. Sous chacune de ces cordes aiguës frettées se trouvent des cordes plus fines, accordées pour vibrer par résonance ou « sympathie ». La nyckelharpa chromatique moderne compte 16 cordes : 3 cordes mélodiques, 12 cordes sympathiques et une corde bourdon (sans cordes de résonance en dessous). Le mécanisme des clés coulissantes en bois placées sous les cordes est similaire aux tangentes de la vielle à roue (probablement plus complexe). Leur fonction est d'appuyer sur les cordes correspondantes à différentes intensités afin d'obtenir la gamme chromatique de notes sur différentes octaves. La nyckelharpa a une tessiture de 3 octaves, à partir du même sol grave que la quatrième corde d'un violon. Au final, cela définit un clavier pouvant comporter jusqu'à 37 touches disposées sur 3 rangées sur les nyckelharpas suédoises traditionnelles, et jusqu'à 4 rangées de touches dans les instruments moins traditionnels.
Les nyckelharpas sont fabriquées avec des bois comme l'épicéa ou le noyer pour la caisse de résonance, et du bouleau pour les touches.
Les fabricants traditionnels de nykelharpa se trouvent en Suède (plus de dix aujourd'hui), bien qu'il existe également des luthiers dans d'autres pays. Ana Alcaide possède des nykelharpas fabriquées par :
le fabricant suédois Olle PLAHN ,
l'Allemande Annette OSANN , et
le luthier français Jean-Claude CONDI .
Mais il existe aussi des luthiers, par exemple en Italie, comme Paolo CORIANI à Modène, ou Lino MOGNASCHI à Parme.
Une version plus primitive de ces instruments à cordes pincées est la moraharpa. Elle tire son nom de la ville de Mora, située dans la province suédoise de Dalécarlie. La moraharpa possède une caisse de résonance formée de deux corps ronds imbriqués. Ana Alcaide et Renzo RuggieroElle ne compte que trois cordes mélodiques (aucune n'est résonnante) et son clavier diatonique est composé d'une seule rangée de touches. La moraharpa d'Ana est l'œuvre de Leif Eriksson , mais d'autres facteurs suédois, comme Björn Björn, fabriquent également d'autres variantes de ces instruments à cordes pincées, telles que la Kontrabassharpa et la Silverbasharpa.
Il existe également d'autres types comme l'Enkelharpa, la Mixturharpa et l'Öysterbyharpa. Tous sont décrits sur la page web de l'ANA (American Nyckelharpa Association) dans la section Accueil » À propos » Qu'est-ce qu'une nyckelharpa ? » Histoire de la nyckelharpa .
Nous avons demandé à Ana ALCAIDE quelles étaient ses recommandations d'enregistrements pour une personne souhaitant se familiariser avec la musique de ces instruments fascinants. Sa liste est exhaustive (principalement des groupes et musiciens suédois, bien sûr), mais pour donner un bref aperçu, elle a mentionné les célèbres VÄSEN [ FW#41 ]et HEDNINGARNA [ FW#28 ], ainsi que des groupes moins connus:
- https://www.nordicmusic.nu
- https://johanhedin.com/
- https://www.bazarbla.com/
- PETTERSON & FREDRICKSSON , jouant de la contrebasse.
Pour trouver des informations variées sur ces instruments à cordes frottées sur Internet, il suffit de faire une recherche avec l'orthographe correcte du mot, par exemple en consultant le site web de l'ANA ( American Nyckelharpa Association ). Ce site est l'un des plus importants et propose des liens vers plusieurs autres organisations majeures consacrées à la nyckelharpa dans le monde entier.
Nous avons ensuite interrogé Ana Alcaide sur la meilleure façon de se lancer pleinement dans le monde du nyckelharpa et d'apprendre à en jouer. Elle a admis qu'aujourd'hui, suivre des cours dans une école en Suède (comme elle l'a fait) est la solution la plus directe. Cependant, il est possible de trouver des professeurs dans d'autres pays européens comme l'Allemagne, l'Italie ou la Belgique, par exemple grâce aux projets dérivés de ceux décrits plus bas dans cet article.
L'ouvrage sur la musique espagnole et séfarade
Après avoir terminé ses études en Suède, Ana ALCAIDE est retournée à Madrid et a joué de ses instruments à cordes lors de concerts et d'enregistrements avec plusieurs groupes locaux de musique folk, celtique et médiévale, tantôt en tant que membre du groupe, tantôt en tant qu'artiste invitée :
- XTRAMONIO
- NEMO
- DANS LA BALBA
- Luis Delgado
- Efrén López
- Eduardo Paniagua
- Josep Maria RIBELLES
- Inspiration LOULIDI
- La MUSGAÑA ...
C'est Carlos Beceiro, surnommé « Musgaño », qui a produit le premier CD d'Ana, « Viola de Teclas »/« Viole à touches » (2006), suivi de « Como la Luna y el Sol »/« Comme la lune et le soleil » (2007). Les deux albums ont été publiés par le label de La Musgaña : Lubican Records.
Aujourd'hui, le duo composé d'Ana ALCAIDE (nyckelharpa, violons, …) et Carlos BECEIRO (vielle à roue, instruments à cordes pincées) se produit fréquemment dans le légendaire pub irlandais et folk de Madrid, LA TABERNA DE ELISA , ainsi que dans d'autres lieux.
Sur le CD « Viola de Teclas », Ana présente une compilation de chansons traditionnelles et de pot-pourris d'origines diverses :
De Suède : la « Dorotea » polonaise de Scanie
Issu de la Renaissance espagnole, mais présent dans le « Cancionero de Uppsala » en Suède
De Castille : Seguidillas de Burgos, Charros de Zamora, Rabeladas de Palencia, une Bulería, une Danza de León, un Corrido de Ségovie, …
Depuis l'Aragon, du côté espagnol de la chaîne de montagnes des Pyrénées centrales
Des communautés juives
D'Allemagne : "Unter den Linden" de Walther von der Vogelweide
FolkWorld Issue 42 07/2010; Article by
Pío Fernández sur :
https://www.folkworld.eu/42/e/ana.html